[00:00:00] Speaker 1: Donald Trump qui poursuit sa prise de parole et répond actuellement aux questions, vous le découvrez sur ces images sur France 24, on prend tout de suite la direction de Washington où nous y attend notre correspondant Mathieu Mabin, bonjour Mathieu, les discours de Donald Trump vous en avez l'habitude, qu'est-ce que vous retenez aujourd'hui ? Discours somme toute classique mais avec quelques surprises.
[00:00:24] Speaker 2: Oui, on ne pouvait pas attendre de Donald Trump autre chose qu'un exposé à la manière de Donald Trump, Karim l'a fort bien formulé à l'instant, c'est un travers assez marqué chez lui, où qu'il se trouve sur la planète et quel que soit le sujet sur lequel il est attendu, ici c'était évidemment le Groenland, le président américain ne peut pas s'empêcher de nous parler de politique intérieure américaine, de son bilan économique, des mesures qu'il a prises pour les américains, comme s'il était à Atlanta ou à Détroit, et peu importe ce qu'il a fait pour les Américains, il a fait ce qu'il a fait pour les Américains, et peu importe que le public de Davos aujourd'hui n'avait pas du tout envie d'assister à un énième exercice d'autosatisfaction du numéro 1 américain. Pourtant, parmi les approximations dont Donald Trump est coutumier, on est bien obligé de reconnaître, effectivement, Karim le rappelait à l'instant, que le bilan économique qu'il a présenté aujourd'hui, même si la presque totalité des chiffres sont à revoir, ce bilan contredit, c'est vrai, les prédictions des plus optimistes de ses détracteurs et ceux qu'ils se trouvent d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique. C'est vrai que la croissance américaine est plutôt bonne, c'est vrai que l'inflation est moins préoccupante, et c'est vrai que les salaires des Américains ont globalement augmenté au cours de l'année écoulée. C'est vrai également que le programme nucléaire iranien inquiète moins le monde, que la population de Gaza meurt beaucoup moins qu'il y a un an, et c'est vrai que le secrétaire général de l'OTAN, interpellé d'ailleurs par le président américain, a dû, à de nombreuses reprises cette année, saluer l'indispensable contribution américaine à la lutte. On a également entendu Donald Trump mettre en garde l'Europe, c'est vrai, encore une fois, en reprenant les punchlines de son vice-président J.D. Vance, il a été question d'immigration et de la menace civilisationnelle, je cite, qui pèse sur le vieux continent. Donald Trump a encouragé les dirigeants européens à mettre un terme à l'immigration en rappelant les chiffres de son propre pays, de sa propre administration. 90% de franchissement en moins à la frontière. Une frontière sud-américaine et une frontière nord qui voit désormais s'enfuir vers le Canada plusieurs centaines de clandestins par jour. Les caméras de Davos n'étaient pas braquées sur la salle pour filmer les visages des dirigeants qui écoutaient religieusement le président américain, mais on devine néanmoins qu'ils ont pu éprouver, après un peu d'agacement, une forme de soulagement, quand Donald Trump a enfin parlé d'engager des négociations avec le Danemark pour prendre le contrôle du Groenland. Et puis, il a fini par affirmer qu'il avait... qu'il avait renoncé à l'usage de la force pour s'en emparer.
[00:02:54] Speaker 1: Recul aujourd'hui. Je posais la question tout à l'heure à Karim Mathieu. Pardon ? Je n'ai pas entendu votre question. Est-ce qu'on peut parler du coup de recul sur le Groenland aujourd'hui avec ces annonces de Donald Trump ? Ah.
[00:03:09] Speaker 2: Alors, Donald Trump a d'ailleurs... Oui, il a ironisé sur l'impatience de l'auditoire à l'entendre s'exprimer sur le Groenland. Bien sûr, comment est-ce qu'il aurait pu en être autrement ? Il dit que je n'en parlerai pas, mais je crois que vous avez envie de m'entendre, n'est-ce pas ? Ce sont les mots assez exacts du président Donald Trump, du président américain. Donald Trump renonce à l'usage de la force. En fait, c'est la phrase qu'il faut retenir de son intervention. C'est celle que tout le monde attendait. Mais ce n'est pas vraiment une surprise. Est-ce qu'il s'agit là d'une rétractation sous la pression européenne qui, ces derniers jours, c'est vrai, a défendu l'intégrité d'un territoire administré par l'un de ses membres ? Ce n'est évidemment pas la description qu'en fait le président américain. On l'a entendu justifier cette fois de manière plutôt rationnelle les raisons de l'intérêt de l'Amérique pour ce qu'il a qualifié de gros bloc de glace. Il a rappelé qu'il n'était pas le premier président non plus à convoiter le Groenland. Mais il a surtout parlé d'engager des discussions avec le Danemark. Et c'est ça qu'il faut retenir. À Davos et dans les chancelleries européennes, certains y verront une victoire diplomatique. Sûrement d'autres, un simple soulagement, tout simplement, marquer une rupture définitive entre alliés. Ce qui serait, chacun est d'accord pour l'affirmer, une catastrophe pour tout le monde. Ce qui est certain, c'est que l'histoire n'est pas terminée. Cette prise de parole marque sans doute une pause dans cette actualité qui sera remplacée par une autre. Puisque la seule chose dont on peut être certain avec Donald Trump, c'est que nous dirons encore son nom plusieurs fois par jour. Et ce, au moins jusqu'au terme de son mandat, dans trois longues années.
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