[00:00:03] Speaker 1: Sur les réseaux sociaux, cette influenceuse groenlandaise prend Donald Trump à partie. La vidéo génère plusieurs millions de vues et inspire rapidement d'autres internautes à faire de même.
[00:00:22] Speaker 2: Hello Mr Trump, I'm an ordinary dude from Denmark. I will fight you to the death, you hear me ?
[00:00:30] Speaker 1: Cette vague de révolte répond aux menaces récentes de Donald Trump. Depuis son premier mandat, le président américain veut s'approprier le Groenland. Il prévoit tantôt de l'acheter, tantôt de l'envahir.
[00:00:41] Speaker 3: One way or the other we're gonna get it. It's a large real estate deal. We need Greenland. I would like to make a deal, you know, the easy way, but if we don't do it the easy way, we're gonna do it the hard way. Pourquoi Donald Trump veut-il posséder le Groenland ?
[00:01:01] Speaker 1: Le Danemark et l'Europe pourront-ils lui résister ? Les Etats-Unis ont-ils même la capacité militaire d'envahir l'île ? On décrypte tout ça ensemble.
[00:01:09] Speaker 4: Of course we are not for sale.
[00:01:27] Speaker 1: Devant les dirigeants du monde à Davos, Donald Trump réitère la sécurité nationale des Etats-Unis est en jeu.
[00:01:34] Speaker 3: Greenland is a vast, almost entirely uninhabited and undeveloped territory. Sitting undefended in a key strategic location between the United States, Russia and China. That's exactly where it is, right smack in the middle.
[00:01:50] Speaker 1: Pour la première fois, il écarte cependant l'option d'une attaque militaire.
[00:01:54] Speaker 3: Mais son annonce n'a pas vraiment convaincu les Groenlandais.
[00:02:05] Speaker 5: Dans les rues de Nuuk, la capitale, les passants sont sceptiques.
[00:02:13] Speaker 4: Au cœur de la stratégie militaire de Trump, une promesse de campagne, le Dôme d'or, un bouclier anti-missiles.
[00:02:28] Speaker 1: Selon lui, le Groenland est le lieu idéal, mais tous les experts ne sont pas d'accord.
[00:02:33] Speaker 6: D'un point de vue purement technique, installer des infrastructures pour ce Dôme d'or au Groenland n'aurait aucun bénéfice majeur compte tenu de tout ce que Donald Trump a déjà promis ou envisagé d'installer en Europe ou sur le continent nord-américain lui-même. Le Groenland ici n'apporterait rien de significativement intéressant si ce n'est une dimension symbolique que le Groenland participe à ce dôme d'or.
[00:02:58] Speaker 1: Pour autant, l'Arctique reste un lieu stratégique. Le Groenland est sur le chemin le plus court que pourrait emprunter la Russie si elle était amenée à tirer des missiles sur les Etats-Unis, ce qui nourrit le désir américain de posséder l'île. Et ce rêve ne date pas d'hier. Déjà en 1946, les Etats-Unis proposent au Danemark 100 millions de dollars en lingots d'or pour acheter l'île. En 1951, un traité scelle une alliance forte avec les Danois. Encore en vigueur aujourd'hui, il permet une présence américaine quasi illimitée au Groenland. Mais certains membres de la base de Donald Trump aimeraient qu'il aille plus loin. Les MAGA insistent qu'il faut prendre le Groenland, comme cet influenceur proclamait expert.
[00:03:37] Speaker 7: Un député de droite danois s'est empressé de répondre et il n'a pas mâché ses mots.
[00:04:00] Speaker 1: Rasmus Jorlof est aussi président du comité de défense danois. Pour lui, les portes sont grandes ouvertes aux Américains, l'ami et allié historique.
[00:04:11] Speaker 8: Mais alors, qu'apporterait aux Etats-Unis la possession de l'île et qu'ils n'ont pas aujourd'hui ?
[00:04:47] Speaker 1: D'abord, la question de la fonte des glaces générée par le réchauffement climatique est souvent évoquée. A terme, elle pourrait permettre l'ouverture de nouvelles routes maritimes. Mais plusieurs experts considèrent que ce phénomène est trop imprévisible et à échéance trop longue pour expliquer la crise actuelle.
[00:05:02] Speaker 9: Si le changement climatique fait fondre la glace, il ne la fait pas fondre très rapidement, d'une part, et d'autre part, il y a des événements climatiques extrêmes qui se développent, qui font qu'on peut avoir des événements d'intensité majeure qui compliquent la navigation.
[00:05:18] Speaker 1: Il faut donc trouver une autre explication. La rhétorique de Donald Trump, elle, est centrée autour d'un argument.
[00:05:24] Speaker 3: Si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine prendra Greenland, et nous n'aurons pas la Russie ou la Chine comme voisins.
[00:05:31] Speaker 1: Il pourrait notamment être attiré par les ressources très importantes de l'île. Selon l'Institut américain de géophysique, un cinquième des réserves de pétrole non découvertes de la planète se situeraient au nord du cercle polaire. Et 23 des 34 minerais considérés comme critiques par la Commission européenne sont présents dans les sous-sols du territoire.
[00:05:51] Speaker 6: On va retrouver du zinc, on va retrouver du nickel, on va retrouver de l'or, on va retrouver de l'anthrozyte, on va retrouver même des rubis, des pierres précieuses. Il y a énormément de métaux.
[00:06:01] Speaker 1: Une grande partie de ces métaux sont essentiels au développement des nouvelles technologies et représentent donc un potentiel économique considérable pour celui qui les exploite. Cette mine au sud du Groenland, par exemple, a l'intention de devenir la plus grande productrice occidentale de terres rares. Le directeur prévoit des bénéfices très importants.
[00:06:26] Speaker 10: Mais les Etats-Unis ont tardé à s'intéresser à ces terres rares.
[00:06:35] Speaker 6: Il y a eu un vide stratégique dans les années 2010, dont la Chine a bénéficié, notamment à travers ce secteur minier, mais aussi dans le secteur des télécommunications, par exemple. Et dans ce contexte-là, c'est en 2018 que les Etats-Unis d'un côté et le Danemark de l'autre se sont, entre guillemets, réveillés. Et on dit, mais oh là là, ce vide stratégique, on a ouvert la porte beaucoup trop grande aux Chinois.
[00:06:59] Speaker 1: Et là, il faut qu'on réagisse. Selon le directeur du Centre pour la Sécurité et la Résilience de l'Arctique, les États-Unis ne peuvent plus se permettre d'être à la traîne sur ce sujet.
[00:07:09] Speaker 11: Les Groenlandais, eux aussi, savent ce que ces minerais représentent.
[00:07:27] Speaker 1: mais ils souhaitent protéger leurs terres et lutter contre le réchauffement climatique.
[00:07:31] Speaker 12: Il y a effectivement le droit de l'environnement qui est beaucoup plus respecté aujourd'hui au Groenland et qui ne passe pas forcément après les intérêts économiques. Dans le sud de l'île, il y a un gisement de Kvernefjell qui est exploité par une entreprise qui a eu l'accord de l'exploitation de l'uranium puisque dans ce gisement, Les terres rares sont mêlées à l'uranium, donc on ne peut pas exploiter les unes sans l'autre. Et cette entreprise est maintenant à l'arrêt parce que justement le gouvernement a changé sa position et a rétabli le moratoire sur l'exploitation de l'uranium.
[00:08:10] Speaker 1: Mais ces restrictions ne conviennent pas à Donald Trump, alors il préférerait être chez lui. En 2025, un sondage montre que 85% des Groenlandais ne souhaitent pas faire partie des Etats-Unis. Alors au Groenland comme au Danemark, la réponse est ferme. Le 17 janvier, des manifestations à Copenhague et à Nuuk rassemblent plusieurs milliers de personnes. C'est la plus grande manifestation de l'Histoire au Groenland. Naja Nathan-Nielsen est ministre des ressources naturelles du Groenland.
[00:08:50] Speaker 13: Elle aussi est descendue dans la rue pour s'opposer à Trump.
[00:09:06] Speaker 1: Cécile Pellaudet est historienne et spécialiste de l'Arctique. Elle a vécu au Groenland et cela fait 15 ans qu'elle y retourne souvent. Selon elle, ces manifestations peuvent toucher les électeurs américains.
[00:09:18] Speaker 12: C'est un signal fort qui est envoyé aussi à la population américaine, aux représentants du Congrès américain. Les propositions de Trump sont illégales, on ne devrait jamais se lasser de répéter la force du droit international.
[00:09:31] Speaker 1: 75% des Américains sont opposés à l'annexion du Groenland, selon un sondage récent. Donald Trump aura, un peu malgré lui, souligné l'unité entre le Groenland et le Danemark, et ce, malgré leur passé colonial douloureux. La colonisation danoise au Groenland commence au XVIIIe siècle, Depuis, les autorités ont été très critiquées pour leur traitement des populations inuites pendant la colonisation et après. En août 2025, Copenhague présente des excuses publiques longtemps attendues aux 4 500 femmes victimes de contraception forcée au Groenland dans les années 60 et 70. Britta est l'une d'entre elles.
[00:10:11] Speaker 14: J'avais 15 ans quand je suis allée à une école d'enfance au Danemark. Ma soeur m'a dit que j'allais à l'hôpital. J'ai dit non, mais tu dois y aller, même si tu dis non, tu dois aller à l'hôpital.
[00:10:31] Speaker 1: À 75 ans, elle parle enfin pour la première fois de ce qui lui est arrivé.
[00:10:37] Speaker 15: De telles violences ont nourri la volonté indépendante de l'âge de l'adolescent. C'est ce que l'on appelle la violence de l'âge de l'enfant. C'est la violence de l'âge de l'enfant. C'est ce que l'on appelle la violence de l'âge de l'enfant. À ce moment-là, j'avais 15 ans et je n'avais pas encore 16 ans.
[00:11:02] Speaker 1: De telles violences ont nourri la volonté indépendantiste des Groenlandais. Encore en mars dernier, le sujet était sur toutes les lèvres lors de l'élection parlementaire de Lille. Mais ces dernières semaines, les menaces américaines ont rapproché les deux pays.
[00:11:16] Speaker 16: Je suis d'accord avec le fait qu'il y a des menaces américaines. Je suis d'accord avec le fait qu'il y a des menaces américaines.
[00:11:23] Speaker 17: Mais je suis d'accord avec le fait qu'il y a des menaces américaines.
[00:11:33] Speaker 1: Au côté de la première ministre danoise, le premier ministre groenlandais partage un message sans équivoque.
[00:11:40] Speaker 3: Et si on doit choisir entre les Etats-Unis et le Danemark ici et maintenant, on choisit le Danemark.
[00:11:50] Speaker 1: Mais les Etats-Unis ont-ils vraiment la capacité militaire d'envahir le Groenland. Le pays a beau avoir la plus grande armée du monde, l'Arctique n'est pas une région comme les autres.
[00:12:00] Speaker 11: Troy Buffard est un vétéran américain en Alaska et il connaît bien le Groenland.
[00:12:20] Speaker 1: Le Danemark est certes un petit pays, Mais il a la connaissance du terrain.
[00:12:24] Speaker 11: Les forces américaines n'auraient pas duré une semaine dans l'Arctique. Et il a raison. Les opérateurs les plus élites dans l'Arctique sont les forces danois.
[00:13:03] Speaker 1: Pourtant, à plusieurs reprises, Donald Trump a reproché au Danemark de ne pas prendre les questions de défense suffisamment au sérieux.
[00:13:10] Speaker 3: Vous savez ce que fait le Danemark récemment ? Pour améliorer la sécurité sur la Grenlande ? Ils ont ajouté une autre chute d'oiseaux. C'est vrai . Ils pensaient que c'était un bon mouvement.
[00:13:21] Speaker 1: Les Danois ont compris le message, et acceptent qu'ils doivent renforcer leur présence militaire. En octobre 2025, ils annoncent 3,5 milliards d'euros supplémentaires pour la défense de l'Arctique et du Nord-Atlantique, avec des navires, des avions, des drones, et un nouveau poste de commandement à nuque. Ses alliés européens, eux aussi, se mobilisent. L'Europe a tenu à rappeler aux États-Unis ses capacités militaires en déclenchant en janvier 2026 un exercice prévu de longue date, l'opération Arctique Endurance.
[00:13:51] Speaker 6: Ce que le Danemark a montré en cinq jours, c'était qu'il était capable de repositionner au Groenland deux fois plus de troupes que ce que les Américains ont aujourd'hui sur le territoire. Et ils ont pu montrer en cinq jours qu'ils étaient capables de venir maîtriser, contrôler, grosso modo, les sept points stratégiques du Groenland qu'il faut contrôler si vous voulez contrôler le territoire.
[00:14:16] Speaker 1: Une question reste désormais en suspens. L'OTAN sera-t-elle se remettre de cette menace entre pays alliés ? Le premier ministre britannique a tenu à rappeler où l'OTAN trouve sa force. Que Donald Trump envahisse ou pas le Groenland, ces menaces fragiliseront forcément les relations entre alliés.
[00:14:40] Speaker 11: Et les premiers bénéficiaires pourraient justement être ceux dont l'influence au Groenland fait peur à Donald Trump.
[00:15:05] Speaker 1: Dans l'OTAN, aux États-Unis, les oppositions à Donald Trump sont très fortes, notamment de la part de Gavin Newsom, gouverneur de Californie et figure de l'opposition démocrate aux États-Unis.
[00:15:17] Speaker 18: Mais selon lui, les Européens se doivent de réagir de manière plus ferme.
[00:15:38] Speaker 1: L'avenir de l'Europe pourrait même être en jeu.
[00:15:44] Speaker 12: on pourrait presque dire que c'est l'avenir de l'Union européenne qui se joue. Parce que nous sommes sur le fond Est menacés par la Russie et maintenant du côté de notre allié le plus solide, les États-Unis, nous sommes aussi menacés. Les États-Unis veulent défaire l'Union européenne. Ce qui se passe au Groenland c'est très important parce qu'il faut absolument mettre des limites au président Trump. C'est aussi l'avenir de la démocratie qui est en jeu d'une certaine façon.
[00:16:17] Speaker 1: En disant qu'il voulait le Groenland à tout prix, Donald Trump a choqué les Européens. Des alliés historiques qui doivent donc maintenant se préparer à toutes les éventualités.
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