Trump’s reversals: Greenland, Gaza plan, Syria fallout (Full Transcript)

France 24 panel weighs Trump’s Greenland U-turn, Gaza ‘Peace Council’ backlash, and Syria’s Kurdish setback amid fears of ISIS detainee instability.
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[00:00:00] Speaker 1: Générique

[00:00:00] Speaker 2: Et bienvenue à tous dans Une semaine dans le monde. Retour sur les trois grandes actualités qui ont marqué cette semaine. Avec à mes côtés ce soir Patricia Alemonière, grand reporter et spécialiste des questions internationales. Bonsoir Patricia. Face à vous Ziyad Limam, directeur du mensuel Afrique magazine, numéro de décembre, janvier 2026 je le rappelle. Ziyad, l'Afrique du futur et la révolution IA en marche sur le continent africain. A vos côtés Julie Conant, adjointe au chef du service monde à La Croix, en charge du Proche et du Moyen-Orient. Bonsoir Julie. A la une de La Croix ce vendredi, Volodymyr Zelensky qui appelle les Européens à agir. Et puis Nicolas Vado, dessinateur pour les quotidiens belges, le vif et l'écho, est également avec nous ce soir pour Cartooning for Peace. Bonsoir à vous également Nicolas. Au sommaire donc ce soir, ce revirement spectaculaire de Donald Trump à Davos sur la question. Le gouvernement du Groenland, plus question d'annexer le territoire par la force. Un accord cadre aurait été trouvé grâce notamment au secrétaire général de l'OTAN. Les Européens aussi entre soulagement et extrême méfiance. Le lien transatlantique semble en tout cas largement endommagé. Trump qui s'en est pris aussi personnellement à Emmanuel Macron, premier dirigeant, a refusé de participer à son conseil de la paix pour Gaza. L'arme du chantage et des droits de douane a aussi été dégainée sur ce sujet. Le conseil de la paix présenté à Davos, dont la composition laisse pour le moins perplexe, les plans pour Gaza, semblent quant à eux complètement déconnectés de la réalité gazaouie. Et puis en Syrie, le lâchage des Kurdes par les Occidentaux, notamment par les Etats-Unis, alors que les forces armées du nouvel homme fort Ahmed Al-Shara, soutenu par la Turquie, ont reconquis de larges pentes du territoire syrien. Ces Kurdes bénéficiaient d'une large autonomie dans le nord et le nord-est du pays. Ils sont désormais repliés sur des droits de poche. Des droits de poche territoriales et puis incertitudes sur le sort des djihadistes présents dans les camps que ces Kurdes surveillaient. On en parle dans quelques instants. Et premier thème d'une semaine dans le monde, donc, ce soir. Les partenaires européens des Etats-Unis, pour le moins, échaudés et méfiants après ce feuilleton en multiples soubresauts autour de la volonté américaine d'annexer le Groenland. Chantage à la surtaxe douanière qui aurait pu atteindre de 10 à 25% contre les huit pays européens ayant envoyé des soldats sur place. Avant ce rétro-pédalage de Donald Trump à Davos, s'annonçant qu'il ne recourra pas à la force pour acquérir le territoire. Virage à 180 degrés, donc, après que les Européens ont envisagé une riposte. On va écouter Donald Trump.

[00:02:41] Speaker 3: Je n'ai pas à utiliser la force. Je ne veux pas le faire. Je ne vais pas le faire. Mais tout ce que les Etats-Unis demandent, c'est un endroit appelé Groenland. On l'a déjà eu en tant que curateur, mais respectueusement, on l'a rendu au Danemark. Il n'y a pas si longtemps. Après avoir gagné contre l'Allemagne, le Japon, l'Italie et d'autres pendant la Seconde Guerre mondiale, on l'aura rendu. Nous étions puissants à l'époque, nous le sommes encore plus aujourd'hui. Ils ont le choix. Vous pouvez dire oui, mais ils ne nous montreront qu'un reconnaissant. Ou vous pouvez dire non, et ils ne nous en souviendront.

[00:03:20] Speaker 2: Patricia, décidément, sur cette question du Groenland, on a beaucoup de mal à suivre. Il semblerait qu'un accord cadre a été trouvé. Pour la question de ce territoire, de quoi s'agit-il exactement ?

[00:03:31] Speaker 4: Je ne dirais peut-être pas tant un accord cadre, je dirais qu'au cours d'une discussion informelle entre le secrétaire général de l'OTAN, qui est le patron administratif de l'OTAN, mais qui connaît très bien Trump et que Trump apprécie. Souvenez-vous, Ruther, il avait appelé Trump « daddy », « papa ». Donc il y a cette relation incroyable. Au cours de cette discussion entre les deux hommes a émergé ce plan. C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de réunion, où il serait question... Alors, après, on n'en sait rien. Parce que quand Ruther est sorti de la réunion, il a dit « on n'a pas parlé de souveraineté ». Et puis Trump est resté par rapport aux questions « on va voir ». C'était très flou. Donc les seuls éléments que l'on a tangibles aujourd'hui sont ceux donnés, finalement, par la presse anglo-saxonne. Bon, vraiment, ça, c'est un peu tangible. Alors, vers quoi s'avancerait-on, si tant est que l'on s'avance ? Il va y avoir... Il y a deux niveaux. Il y a un niveau de négociation entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis pour revoir un accord qui avait été signé, un accord stratégique de défense, qui avait été signé au début des années 50, puis revu en 2004, qui octroyait la possibilité aux États-Unis d'établir des bases militaires, autant qu'ils en voulaient, sur le Groenland. Ils n'en ont plus qu'une aujourd'hui, après en avoir eu à peu près 6, je crois, et 10 000 hommes. Donc, ils renégocieraient dans le cadre de cet accord. Mais, à l'inverse de ce qui se passait durant cet accord, où les bases étaient toujours sous souveraineté danoise et groenlandaise, là, les bases passeraient sous souveraineté américaine. C'est-à-dire qu'il y a des petits bouts de territoire groenlandais qui échapperaient totalement à la souveraineté groenlandaise et danoise, à l'image, à propos de Rutte, apparemment, à l'image de ce qui s'est passé à Chypre. Les Anglais ayant ce type de base sous souveraineté britannique. Et puis, il y aurait ce grand projet de dôme d'or dont rêve Donald Trump, où là, l'OTAN, l'Europe, etc., se mettraient sous la coupe de Donald Trump pour construire son grand dôme d'or protecteur contre tous les missiles. Les spécialistes disent que ce dôme d'or n'a pas besoin forcément d'être installé dans cette zone-là pour être vraiment efficace. Mais je ne suis pas spécialiste en tir de missiles balistiques, donc je fermerai la parenthèse. Et, quand on dit que Trump a reculé, je n'en suis pas entièrement persuadée, d'où la prudence aujourd'hui, effectivement, des Danois et des Groenlandais. Trump a fait un pas de côté face à la pression diplomatique qui s'est exercée avec les Européens qui se sont installés, qui ont envoyé quelques piou-piou, mais néanmoins, ils étaient unis sur le sol groenlandais et surtout à la pression financière, le Dow Jones a dégringolé, et à la pression des sondages, puisque je crois qu'il n'y avait que 7% des Américains qui étaient favorables à cette annexion par la force.

[00:06:25] Speaker 2: Ziad, votre regard, effectivement, sur ce qu'on présente comme un rétro-pédalage de Donald Trump, la pression des marchés financiers, notamment, a pu jouer ?

[00:06:35] Speaker 5: Moi, je pense qu'il y a plusieurs choses. Il y avait une part de bluff. D'abord, il y a une volonté inscrite, ancienne. Le Groenland doit faire partie de la zone d'influence américaine en tous les cas, et puis ce n'est pas nouveau, et c'est une vieille histoire, et ça revient tous les 20 ans, tous les 30 ans, etc. Il y a une deuxième chose qui, à mon avis, ne changera plus, c'est cette idée d'hémisphère qu'ils ont imposée, qui est, en gros, tout ce qui va de l'Arctique canadien jusqu'au Chili, en bas, y compris les Caraïbes, c'est chez nous. Et ce qui doit se passer là ne peut se passer qu'avec notre accord. C'est pour ça qu'il y a des relations exécrables avec la Colombie, avec Cuba, avec toutes sortes de gens qui ne sont pas en ligne avec Washington. Donc ça, cette idée d'hémisphère, ça va durer. Après, sur le Groenland, je pense qu'il a un peu joué au poker. Il a tenté le coup, sachant quand même que sur le plan constitutionnel, c'était absolument invraisemblable, même aux États-Unis, de trouver une solution. Il y avait les oppositions intérieures, Wall Street, l'opinion publique américaine. Et puis je pense aussi, pour une fois qu'on va dire des gentillesses sur l'Europe, que la réaction européenne n'était pas prévue aussi ferme et pas autant de division qu'attendue. C'est-à-dire bon, il y a toujours les mêmes qui disent, il y a toujours une partie... Même l'extrême droite est gênée, ce qui est assez rigolo. Pour des gens qui devraient être pro-américains à fond, ils sont embêtés par cette idée de souveraineté qu'on nous prendrait. Donc l'Europe a tenu. Les Canadiens ont tenu. Emmanuel Macron a tenu. Les Allemands ont louvoyé, mais globalement, ils ont tenu. Mélanie a louvoyé, mais elle a tenu. Et donc, du coup, on a dit 20% de taxes, bon, pour la première fois, on n'a pas entendu une bande d'irléennes dire on va trouver un deal. Donc, du coup, ça aussi, ça a joué, mais ça ne change pas le fond. Le fond, c'est l'hémisphère. C'est chez nous. Les Européens nous emmerdent, excusez-moi du terme. Il faut qu'on trouve le moyen de les neutraliser parce qu'ils sont décadents, etc. Donc ça, ça ne changera pas. C'est parti pour durer.

[00:08:40] Speaker 2: Et Julie, on n'est par contre pas à l'abri d'une nouvelle volte-face et c'est pourquoi les Européens restent pour le moins méfiants.

[00:08:47] Speaker 1: Absolument, je rejoins Patricia. Je pense que la menace n'est pas du tout écartée. Et c'est aussi ce qui explique le fait que les Européens aient maintenu ce sommet qui a été monté à Lavaville de jeudi.

[00:08:59] Speaker 2: Et ils parlent toujours d'éventuellement utiliser le cas échéant, ce fameux instrument anti-coercition de l'UE.

[00:09:06] Speaker 1: Un petit peu barbare qu'on a tous découvert. Bazooka. Le bazooka, alors que ça a été créé en 2023. Et effectivement, le fait de brandir cette menace à leur tour, peut-être même pas d'adopter son langage, mais en tout cas de se montrer, de vouloir afficher une unité, même si on sait que ça reste une unité de façade. C'est un message très fort, peut-être auquel Donald Trump ne s'attendait pas. Il y a eu à la fois ce ton de fermeté, mais aussi une volonté de déconfliction qui, je pense, est importante. Et aussi le fait que les Européens ont expliqué à quel point la relation avec les Etats-Unis était chère à leur cœur, à nos intérêts. Et ça, je pense que c'est un message...

[00:09:45] Speaker 2: Une relation qui est quand même bien abîmée.

[00:09:48] Speaker 1: Qui est abîmée, voilà. Mais je pense qu'il y avait une volonté un petit peu répartie, réparatrice, en même temps que ce message de fermeté. Ce qui était intéressant, je trouve, c'est la réaction de Volodymyr Zelenskyy, qui l'a appuyé là où ça faisait mal, en déclarant à Davos que l'Europe était un kaléidoscope fragmenté de petites et moyennes puissances. C'est vrai qu'il appuie là où ça faisait mal. Et là où je rejoins, c'est un diplomate qui a dit ça à l'AFP, qui dit qu'on est à un tweet, les Européens sont à un tweet, c'est un tweet d'une nouvelle crise. Et je pense que chacun en a tout à fait conscience. Les États-Unis, Patricia, sont-ils encore nos alliés ?

[00:10:31] Speaker 4: Oui, évidemment, les États-Unis, pour l'instant, il faut faire la différence entre les États-Unis et Trump, d'abord. Alors, est-ce que Trump est notre allié ? Je dirais que Trump n'a pas d'allié. Il a des... Des alliés de circonstance. Il a des alliés de circonstance. Et même ses alliés sont des vassaux, à la limite. Ils doivent servir ses propres intérêts. Et en face de lui, il y a d'autres puissances, la Russie et la Chine, qui sont des partenaires de jeu. Mais ce ne sont pas des alliés non plus, puisque même ce sont des partenaires de jeu avec lesquels il peut être en confrontation. Mais les alliés, pour lui, ça doit le servir et c'est tout. Donc nous, nous avons besoin, et vous avez tout à fait raison, de cette alliance américaine, parce que notre réveil, si tant est qu'il y a un réveil d'une unité européenne, est très tardif. Et donc nous ne sommes absolument pas prêts à, j'ai envie de dire, à une indépendance, à quitter papa, justement. Nous ne sommes pas prêts parce que nous ne sommes pas prêts économiquement. Nous sommes totalement dépendants sur un plan financier, sans visa, Mastercard, etc. Qu'est-ce qu'on fait ? On est totalement dépendants sur le plan d'Internet. Alors on peut peut-être... Le cloud, on est dépendants. On est dépendants militairement parce que les F-16 qui sont en Europe, achetés par nos partenaires européens, si les Américains disent finalement, la clé, on va modifier un peu le programme à l'intérieur, les F-16 ils restent sur le sol, ils décollent pas. Bon, donc, si vous voulez, avant d'acquérir cette autonomie stratégique, voire même politique, et ce qui se pose comme question, c'est que, oui, les Américains, et je pense, on voit bien dans les réactions des sondages, le peuple américain reste notre allié. Et dans leur tête, c'est même impossible, à part la basse MAGA, les 20%, etc. Mais c'est même impossible d'être fracturé avec nous. Mais le Président Trump, lui, nous considère effectivement comme des vassaux, sauf quand on serre un peu les coudes, et quand on essaye de montrer une forme d'autonomie, ça, effectivement, il se dit, tiens, ils existent. Et donc, on dit beaucoup, les Européens appellent à parler le Trump. Mais ça veut dire qu'on essaye de l'ouvoyer, parce que agiter toutes ces... dans l'outil anti-coercition, c'est bien beau, mais il faut se préparer à la rétorsion. Et la rétorsion, aussi, peut être brutale, mais il est vrai que, si on ne se prépare pas à ce genre de mesures, on ne sera jamais prêt, et donc, il faut accepter totalement notre vassalité, et dans ce cas-là, y aller à fond. Et si on veut jouer entre les deux, je crois que ce n'est pas la bonne mesure. Et plusieurs, le rapport Draghi, notre ancien commissaire européen Thierry Breton, etc., appellent sans arrêt à un sursaut, et à même créer un fonds de pension européen. Parce que l'essentiel de nos économies, c'est de dire, si l'Union Européenne et l'Union Européenne se réunissent pour financer l'économie américaine,

[00:13:23] Speaker 2: avec un fonds de pension européen, les Danois en ont, pourquoi pas nous ? Ziad, vous voyez réagir à cette question de la dépendance extrême à l'égard des États-Unis ?

[00:13:32] Speaker 5: Non, on a des atouts, quand même . Non, moi, je pense que la vraie dépendance, c'est la sécurité. Et ce n'est pas mal que le problème se pose, enfin, de manière concrète, parce que, quand on parlait de sécurité commune en Europe, c'était toujours de manière un peu philosophique, puisqu'on avait, de toute façon, les Américains pour nous soutenir. On s'aperçoit que, si on pose des questions très, très claires en termes d'application de l'article 5 de protection et de sauvegarde commune, ben, on n'est pas tout à fait sûrs à 100% que ça s'appliquerait avec les États-Unis sur des cas, par exemple, qui seraient à l'extrême limite des intérêts, je ne sais pas moi, un petit coin de la Roumanie, un petit coin des Pays-Bas. On ne sait pas trop, en fait. Donc, ça, c'est bien que ce débat, maintenant, soit posé dans les termes réels. Et la dépendance des services digitaux, ça, c'est une catastrophe. Et ça, on peut se... On peut vraiment se flageller en se disant que, depuis 25 ans, on ne fout rien et qu'on a sous-traité aux Américains et à toutes ces grandes entreprises, y compris notre propre intimité digitale. C'est-à-dire que vous, moi, tous nos cinq, là, on est tous fichés quelque part aux États-Unis sur ce qu'on regarde, ce qu'on fait, etc. Donc, ça, c'est une catastrophe. Mais sur le plan économique, moi, je mettrais...

[00:14:38] Speaker 4: On a deux atouts.

[00:14:40] Speaker 5: D'abord, on est les premiers investisseurs aux États-Unis. Donc, quand même, ce n'est pas de la blague. On achète des bons du trésor. Je n'ai pas vu le chiffre exact, mais on est presque les premiers ou les deuxièmes acheteurs de bons du trésor américain. On finance l'économie américaine. Ils viennent, ils investissent en Europe. Il y a un lien transatlantique. C'est le premier lien commercial au monde entre les États-Unis et l'Union européenne. Donc, on peut parfaitement la coercition, mais on peut aussi tout simplement monter des droits de douane. On peut avoir des tas de petites manœuvres pour dire attention, les gars, vous pouvez... Vous pouvez gueuler fort, mais on a des capacités de... Là où je suis moins d'accord avec toi, c'est que je pense que, pour le middle class américain, tout ça, ils s'en tapent.

[00:15:21] Speaker 4: Ah non, mais je suis d'accord avec toi.

[00:15:24] Speaker 5: L'Europe, c'est très loin et je ne sais même pas où c'est. Non, ce n'est pas ça. C'est que l'argument de Trump, qui est quand même très racial, très défense de la pauvre communauté blanche qui serait en danger, etc., ça résonne. Et l'Europe, c'est cette espèce de continent qui ne défend pas suffisamment son identité judéo-chrétienne, qui se laisse envahir par les migrants, qui ceci, qui cela, et qui est décadente. Et ça, je pense que c'est quand même un discours qui dépasse un peu la basmaga, en tous les cas, qui ne mobilise pas une contre-base qui dirait « Mais non, l'Europe, c'est nos amis », etc. Bon, ils aiment bien venir au restaurant à Paris, ils aiment bien, mais est-ce que c'est plus que ça ?

[00:16:01] Speaker 2: Nicolas, les dessins sur ce premier thème ?

[00:16:03] Speaker 6: Oui, parce que le monde va mal, mais le dessin de presse va très bien, grâce à Donald Trump. Très inspiré. Donc, je vais commencer par un dessin de Patrick Chapat, dessinateur suisse pour le temps. C'est l'arrivée de Trump à Davos, vous voyez, où il fout tout en l'air, évidemment, ça ne s'est pas exactement passé comme ça, mais c'est évidemment ce qu'on pouvait voir en tant que, nous, dessinateurs de presse, parce qu'évidemment, tout nous est mis sur un plateau comme dessinateur de presse, et je vais y revenir. Un dessin de Kac aussi, dessinateur de l'opinion, qui est un dessin très drôle, où il imagine Donald Trump en train de prendre, j'espère qu'on va voir le dessin, en train de prendre les amendes sur les tarifs. Vous voyez, toutes les voitures sont garées, et lui, il colle des amendes avec les tarifs. Ça, c'était avant son discours, évidemment.

[00:16:46] Speaker 2: C'est ça, parce que, comme je le disais, on a du mal à suivre sur les dessins.

[00:16:50] Speaker 6: Et puis, un dessin de Herman pour la tribune de Genève, où là, ce n'est plus la base MAGA, mais la base GAGA, parce que moi, j'ai trouvé que Donald Trump était quand même assez éteint pendant son discours. Et quand je vous dis que c'était vraiment, on est dans un monde de rêve pour les dessinateurs de presse, on a un président américain de plus en plus gâteux, et puis on a un président français qui ressemble à Tom Cruise dans Top Gun. Donc ça, je vais vous montrer un dessin à moi qui est paru aujourd'hui dans l'écho, vous allez le voir. Parce que j'ai fait, évidemment, Macron a lancé la tendance, les bisounours, c'est terminé, on change de film. Et vous voyez, j'ai mis tous les dirigeants européens, j'ai mis l'autre, j'ai mis Bart De Wever quand même derrière, parce qu'en plus, il l'a ramené à Davos. C'est quand même assez amusant de voir un président comme ça avec ses lunettes de soleil. Avouez que ça le fait.

[00:17:32] Speaker 2: Merci beaucoup Nicolas. Et justement, la France et son président à lunettes, Emmanuel Macron, spécifiquement ciblé par le président américain cette semaine dans le contexte de la mise en place de ce Conseil de la paix pour Gaza, auquel Paris a tout de suite dit qu'il ne voulait pas participer. Donald Trump a alors menacé de 200% de droits de douane sur les vins et champagne français. Le président américain qui en a profité pour rendre public un échange de SMS avec Emmanuel Macron, avec sans aucun doute pour objectif de l'humilier. Celui-ci n'a pas manqué de lui répondre lors de son discours à Davos. On va l'écouter.

[00:18:07] Speaker 7: Face à la brutalisation du monde, la France et l'Europe doivent défendre un multilatéralisme efficace, car il sert nos intérêts et ceux de tous ceux qui refusent de se soumettre à la loi du plus fort. Et pour moi, les deux réponses sont d'une part plus de souveraineté et plus d'autonomie pour les Européens. D'autre part, un multilatéralisme efficace pour obtenir des résultats grâce à la coopération.

[00:18:39] Speaker 2: Julie, ce ciblage personnel d'Emmanuel Macron par Donald Trump, pourquoi ? Est-ce que c'est l'un des rares à lui tenir tête ?

[00:18:47] Speaker 1: Oui, je pense qu'il l'appuie là où ça fait mal et Donald Trump n'aime pas ça. On avait déjà un petit peu vu ça à Sharm el-Shar quand Emmanuel Macron avait refusé, enfin ce n'était pas un refus manifeste, mais quand même de monter sur la tribune aux côtés d'une trentaine de chefs d'État, de gouvernement, y compris Antonio Guterres. Et Donald Trump lui avait fait, lui avait lancé une petite pique sur le thème pourquoi tu résistes ? Pourquoi tu ne viens pas ? Et c'est au-delà du petit jeu entre eux, on sent bien que Donald Trump n'est pas quelqu'un à qui on résiste.

[00:19:21] Speaker 2: 27 millions de bouteilles de champagne exportées par an vers les États-Unis, 18% des exportations de la France, ça aurait frappé fort en tout cas Ziad et cette menace est récurrente en tout cas du côté de Donald Trump ?

[00:19:34] Speaker 5: Le problème, c'est qu'à force de sortir son marteau tout le temps, on n'y comprend plus rien. Donc bon, c'est vrai que ça a pu inquiéter probablement à un moment. C'est-à-dire qu'à force de sortir son marteau tout le temps, on n'y comprend plus rien dans la profession, ce que je comprends très bien. Après, on vient de signer le Mercosur, peut-être qu'on les vendra au Brésil ou en Argentine, je n'en sais rien. Mais ce que je veux dire, c'est qu'à force de dire 220, 150, 30, 10, ça perd de sa force. Et puis, en en parlant avec les gens, parce que des fois, l'opinion publique des gens est intéressante, les gens disent oui, mais regardez, les Chinois, ils ont résisté et il a laissé tomber. Il n'y a qu'à résister et on verra bien. Après tout, ça ne peut durer qu'un jour, trois semaines. C'est un peu étiolé. Et puis, en Europe, en fait, il y a trois clubs en ce moment. Il y a le club des durs, Macron, Sanchez, les Espagnols qui ne comptent pas pour grand-chose. Excusez-moi les Espagnols, mais je parle diplomatiquement, mais Sanchez a la voix. Notamment sur Gaza. Oui, non, il parle. Et puis sur les États-Unis, il n'hésite pas. Il y a les louvoyants qui sont les Allemands et les Italiens principalement, parce qu'ils ont des énormes intérêts pour le moment. Je pense qu'on peut négocier. Et puis, il y a les amis, mais qui n'ont pas la voix. Donc, je pense que Macron a une séquence là qui est très intéressante parce que d'abord, sur le plan de l'opinion publique française, ça sonne. On aime bien. Nous, on est un peu gaulliens. On aime bien dire non aux États-Unis.

[00:20:59] Speaker 2: Il y a une sorte d'union sacrée bizarrement autour de lui. Enfin, c'est la classe politique sur cet épisode.

[00:21:04] Speaker 5: Il est quand même en train de mandat, mais on sent bien que ce n'est pas un sujet sur lequel il faut attaquer le président en ce moment. Et les voix discordantes sont quand même très, très hautes. Je pensais à l'extrême droite, à Bardella, etc. Les voix discordantes sont quand même très, très complexes et confuses sur le sujet. Et du coup, le président a une parole assez cohérente et qui, probablement, résonance avec l'opinion.

[00:21:22] Speaker 2: Donc, Patricia, sur le fond, Donald Trump a quand même présenté à Davos son fameux Conseil de la paix. Le meilleur et le plus prestigieux conseil jamais formé, a-t-il dit, aux côtés de 18 dirigeants internationaux qui ont accepté son invitation, sachant qu'il avait sollicité une soixantaine de pays et beaucoup ont dit non. Alors, il y a des trumpistes comme l'argentiste, l'argentin Javier Milei, beaucoup de pays arabes, le Qatar, l'Arabie saoudite et puis le dictateur biélorusse Loukachenko, entre autres. Et le Hongrois. Pardon ? Et le Hongrois. Et le Hongrois, Viktor Orban, trumpiste lui aussi de la première heure. Comment qualifier ce Conseil de la paix ?

[00:21:58] Speaker 4: Moi, je dirais que ce n'est pas un flop, non, mais ce n'est pas un franc succès. Parce que, pour l'instant, le projet de remplacer l'ONU, à mon avis, c'est plus de quelques dizaines d'États qui siègent. Donc, ce n'est pas un franc succès. Et puis, surtout, ce que je relève, c'est que pour poursuivre sur le président Macron, il était un des premiers à dire non. Le premier. Oui, le premier à dire non, suivi d'autres après. Et l'Europe est unie, là encore. Et là, si vous voulez, on voit... J'ai envie de dire qu'il y a un paradoxe. On a l'impression que Trump, en tapant aussi bien sur le président français en France, ça a un effet drapeau. Ce n'est pas le président qu'on soutient, mais la France qu'on sent attaquer. Et paradoxalement, l'Europe aussi, là, d'un seul coup, elle est plus solidaire, même si elle a toutes les fractures que tu as soulignées. Mais elle est plus solidaire. Il y aurait comme aussi un effet drapeau à multiples étoiles qui se joue. Et donc, paradoxalement, Trump va à l'encontre de la politique qu'il veut mener, puisque c'est la politique qu'il veut mener, c'est la dislocation européenne, tout comme Poutine. Poutine a échoué à disloquer l'Europe. Il l'a plutôt réunie. Et ne voilà pas que le président américain, dans sa grande proximité avec Vladimir, fait réussir la même chose, à créer un effet drapeau européen. On verra le temps qu'il durera. Mais il y a les chefs d'État qui n'ont pas supporté ce genre de choses et qui se sont réunis. Donc, ce Conseil, effectivement, pour la paix, a eu cet effet-là pour l'instant. Il n'est pas suivi d'effet. Et on va sûrement débattre sur le contenu de ce Conseil. Qui est effectivement très gadget et très loin de Gaza.

[00:23:41] Speaker 2: Et il a pour mission de piloter la reconstruction de Gaza avec des plans futuristes, dont on a vu quelques images, il y a quelques instants à l'antenne, présentées à Davos et détaillées notamment par le gendre de Donald Trump, Jared Kushner. Ils sont complètement déconnectés de la réalité à Gaza. Oui, c'est dystopique.

[00:24:00] Speaker 1: C'est-à-dire que c'était une présentation PowerPoint complètement scandaleuse. Cela dit, sur le fond, Jared Kushner parle de 30 milliards de dollars. Évidemment, il n'explique pas comment ça va être financé. Il y a énormément de zones d'ombre derrière ce PowerPoint.

[00:24:15] Speaker 2: Alors, il y a déjà 1 milliard que Donald Trump demande comme ticket d'entrée à ce fameux Conseil de la paix.

[00:24:22] Speaker 6: Ça en fait 18 puisqu'il est 18 mois. Ça fait déjà 18. Ils ne vont pas payer. Ils ne paient pas tous.

[00:24:27] Speaker 2: Ils ne paient pas tous.

[00:24:28] Speaker 1: Ce n'est pas très clair. Non, ce qui est intéressant malgré tout, c'est que Donald Trump utilise Gaza comme laboratoire. Et c'est dramatique vu la situation là-bas. La deuxième chose qui me semble intéressante, c'est que ce n'est pas nouveau. C'est-à-dire que Jared Kushner, en 2019, quand il était conseiller déjà du président lors de son premier mandat, avait esquissé lors d'une conversation, d'une interview, ses ambitions d'en faire un grand projet immobilier avec un immense détachement. Rendez-vous compte, c'est une côte magnifique. Ce serait vraiment dommage de… La rivière. Voilà. De rien en faire. C'était la rivière avant l'heure. Et finalement, je pense qu'on voit le cœur de leur projet. C'est-à-dire, je pense, faire du business tout simplement. C'est-à-dire que l'aspect politique, le mandat de ce conseil reste très flou.

[00:25:19] Speaker 2: Dans la charte, on ne parlait initialement pas du tout de Gaza.

[00:25:22] Speaker 1: Absolument. Et c'est en ça qu'il dit qu'on va s'occuper de Gaza et ensuite on réglera le reste. Mais Gaza devient une espèce de side project.

[00:25:29] Speaker 5: Ou de laboratoire, comme vous le disiez. C'est-à-dire la technique, on pourra l'appliquer ailleurs, etc.

[00:25:33] Speaker 2: C'est ce qu'ils ont dit, d'ailleurs. Une fois qu'on aura réussi à Gaza, on s'occupera de bien d'autres choses.

[00:25:37] Speaker 5: D'abord, je pense que le mot scandaleux est assez juste et que ça a été perçu globalement comme scandaleux sans qu'on soit forcément les plus pro-palestiniens acharnés. Je veux dire, de dessiner des immeubles futuristes et des hôtels 5 étoiles sur un charnier, il y a quelque chose qui est dystopique ou même au-delà de dystopique et qui est aussi très politique, qui est en fait, au fond, d'effacer l'identité palestinienne. C'est l'identité palestinienne de Gaza, de la transformer en une espèce de ville touristique business où les Palestiniens seraient finalement les serviteurs de ceux qui se seraient installés. Donc, franchement, ça ne marchera pas. Donc, on sait d'avance que ça ne marchera pas. La deuxième chose, c'est que là aussi, encore une fois, un tout petit peu en désaccord avec toi, je trouve que quand même, c'est pathétique, cette image. Ils passent devant une bande de dictateurs à peu de choses près. Non, non. C'était pas mal. Tu disais... Bon... Non, vas-y, dis-moi, parce que moi, je trouve ça absolument pathétique. C'est-à-dire, ce club, à part les Alliés arabes...

[00:26:39] Speaker 4: Je dis que c'est un échec, son truc, déjà.

[00:26:41] Speaker 5: Ah bon, donc échec. Excusez-moi, échec. Mais c'est... À part les monarchies du Golfe, les copains conservateurs et deux, trois autres, il n'y a rien. C'est le néant absolu. Et quand il passe devant ces gens-là, lui accepte... Moi, je serais Trump, dans ma mégalomanie personnelle, je serais Trump, je ne passe pas, je ne monte pas, je ne fais pas ça. C'est une débâcle diplomatique et politique.

[00:27:07] Speaker 2: Il parle, en tout cas, de la naissance d'une nouvelle organisation internationale, donc concurrente de l'ONU. C'est ça, son objectif ?

[00:27:14] Speaker 4: C'était. On va presque parler à l'imparfait, parce qu'on ne sait jamais. Mais il déteste les organisations internationales. Donc, ce qu'il veut dans son projet, c'était de se détacher de l'ONU, de devenir le patron à vie, avec droit de veto sur toutes les décisions de ce Conseil, avec des membres pour trois ans, et puis il y aurait les membres fondateurs. C'est une machine qui est finalement au service de sa puissance. Parce que l'ONU, si ça lui permet de faire un beau discours, c'est très bien, bien qu'il critique l'escalator qui ne marche pas, l'ascenseur qui est en panne, le prompteur, vous vous en souvenez quand il a fait son grand discours ? Oui. L'administrateur de l'ONU, avec tous les milliards qu'on lui a donnés, n'est même pas capable de faire marcher les prompteurs. Enfin bref, il n'a pas de mots assez durs pour qualifier les administrateurs de l'ONU. Donc, il veut effectivement avoir sa propre... son jouet à lui. Mais pour l'instant, on le voit bien, il n'y a que des dictateurs qui ont répondu, ou des gens qui sont inféodés dans une doctrine illibérale,

[00:28:22] Speaker 2: en ce qui concerne la façon, disons, de gouverner leur pays. Et pendant ce temps, Julie, la situation est même plus grave. La situation humanitaire, on le rappelle, dans la bande de Gaza, est absolument catastrophique et encore aggravée par l'hiver.

[00:28:33] Speaker 1: Oui, c'est encore cette nuit. Les informations disaient qu'un bébé de six mois était mort de froid. Donc, évidemment, le tourbillon Trump fait qu'on en parle beaucoup moins. C'est aussi l'effet de sa politique. Et les gens, effectivement, quand il y a des tempêtes, le froid, n'ont plus les moyens de même reconstruire leurs tentes. Donc, ils sont les pieds dans l'eau. C'est absolument catastrophique. Et l'aide humanitaire ne parvient pas du tout dans la mesure qui était prévue par son plan aux 20 points et la deuxième phase qui s'enclenche.

[00:29:08] Speaker 4: Et il y a toujours des bombardements qui se poursuivent. Il y a quelques jours, il y a encore des journalistes, dont un de l'AFP, qui ont été tués alors qu'ils filmaient avec leur drone une distribution alimentaire. Enfin, je veux dire, sans parler effectivement des morts civiles et des conditions de vie dont on se moque totalement. Mais l'idée de Trump... Bref, c'est de nous submerger d'informations pour nous faire perdre la tête. Il ne réussit pas un coup, il en attaque un autre, etc. Pour nous faire croire qu'il est fou, mais il n'est pas fou du tout, je pense.

[00:29:37] Speaker 2: Nicolas, le regard des dessinateurs de presse...

[00:29:40] Speaker 6: Je vais commencer par un dessin qui nous vient des États-Unis, de Coterba, qui illustre bien tout ce que vous venez de dire sur ce fameux Conseil de la paix. Vous voyez, c'est-à-dire qu'il s'assoit d'abord sur l'ONU. C'est un dessin qui se passe de commentaires, qui est très, très beau, je trouve. Oui. Et en plus, cette cape ressemble quasiment à une mare de sang, ou alors à sa cravate en même temps. Et puis, un dessin de Placide, qui nous vient de France, que j'ai trouvé très, très drôle. The Board of Peace. Vous voyez la tête de Donald Trump et vous voyez les autres autour de lui. C'est un peu les Rolling Stones en dessous, mais je trouve ça très fort parce que ça illustre ce qu'est Trump et le rapport qu'il a avec ses affidés. Un dessin très drôle. Et puis, un dessin de Truy en dessin français aussi. Le plan de Jared Kushner. La grille tarifaire. La paix. Le cessez-le-feu. Les bombardements. L'enlèvement. Witkoff, c'est 50 millions par jour. Et Jared Kushner s'est offert, en revanche. Donc, je trouve ça très, très drôle aussi. Très, très fort. Et puis, je termine par un dessin paru aujourd'hui, le soir, en Belgique, de mon ami Pierre Krol. Vous n'allez pas réclamer un milliard de dollars au Pape pour parler de la paix. Il fait ça tous les jours pour rien. Et sans succès, évidemment. Donc, je trouvais ça très amusant aussi.

[00:30:48] Speaker 2: Merci beaucoup, Nicolas. Et puis, dernier thème ce soir d'une semaine dans le monde. La situation en Syrie. Où les forces armées du nouvel homme fort du pays, Ahmed Alshara, ont reconquis ces derniers jours de très larges pans du territoire syrien. Jusque-là, sous contrôle kurde. On voit donc à l'antenne l'ampleur de ces reconquêtes. Les Kurdes qui bénéficiaient jusque-là d'une large autonomie dans le nord et le nord-est du pays sont désormais repliés, vous le voyez, sur les zones, ces poches territoriales qui figurent en jaune sur cette carte des poches d'où ils comptent visiblement pour l'instant. Poursuivre leur lutte. Ziad, l'Occident et surtout les États-Unis ont une nouvelle fois lâché les Kurdes.

[00:31:32] Speaker 5: On en parlait. Il vaut mieux pas être son ami, Donald Trump. En fait, ils ont fait un choix très cohérent en disant Alshara, on l'accepte. On l'a reçue à la Maison-Blanche avec les honneurs. Et on a contresigné son plan d'un État unitaire qui supposait la défaite des Kurdes qui, eux, avaient... D'abord, il y a le rêve d'un État kurde depuis très longtemps.

[00:32:02] Speaker 2: Depuis le début du XXe siècle.

[00:32:04] Speaker 5: Depuis le début du XXe siècle. Et donc, c'est carte blanche. Visiblement, si j'ai bien compris, on n'a pas prévenu les autres alliés, la France et d'autres. Donc, on a monté l'opération d'exfiltration des prisonniers. C'est une très grosse opération de guerre pour une Syrie unifiée en faisant confiance à Alshara et son régime, en estimant probablement du côté américain que, quels que soient leurs défauts, quels que soient leurs passifs, quelle que soit l'influence de l'EI, l'État islamique, etc., c'est la meilleure solution pour le plan du Moyen-Orient trumpien. Alors, les Turcs sont très contents, visiblement. J'ai vu un communiqué de notre ami Erdogan.

[00:32:48] Speaker 2: Ils ont largement soutenu cette reconquête.

[00:32:50] Speaker 5: Après, je ne sais pas si les Israéliens sont totalement online sur une Syrie réunifiée sous un régime, disons, centralisé.

[00:33:02] Speaker 2: Avec laquelle ils sont en train de négocier toujours un accord.

[00:33:05] Speaker 5: En grignotant eux-mêmes ce qu'ils peuvent. Moi, ce que je vois dans cette question, dont je ne suis pas spécialiste, c'est quand même la tragédie kurde, chapitre X, est infinie.

[00:33:19] Speaker 2: Julie, sur ce lâchage des Kurdes, une nouvelle fois.

[00:33:22] Speaker 1: Oui, alors, moi, je mettrais un petit bémol. Je ne suis pas certaine que ce soit proprement trumpien comme choix. J'entends que Washington, dans tous les cas, se dirigeait vers un choix avec ou sans Trump. Et on voit également que la France, au final, s'aligne à ça. Les communiqués le montrent. C'est-à-dire, les premiers communiqués de l'Élysée, c'était oui à l'unité de la Syrie et, évidemment, fidélité aux Kurdes. Donc, moi, je ne dirais pas que c'est forcément... C'est forcément trumpien. Dès l'instant, je pense, où Ahmed Alshara a fait tomber Bachar Al-Assad, le 8 décembre 2024, les plans pour regagner ce territoire qui avait été donné, effectivement, par les Occidentaux étaient là, en fait. Je pense que ça n'a surpris personne. Ce qui a surpris, c'était la vitesse à laquelle ça s'est passé et le fait qu'Ahmed Alshara, effectivement, n'a pas prévenu les alliés traditionnels. Mais le fait de vouloir regagner ce territoire, et j'en suis désolée pour les Kurdes, ne doit surprendre personne. Une ville comme Raqqa reste une ville arabe en très grande majorité et la population le réclamait. On l'a raconté dans nos reportages. Après, je comprends tout à fait le sentiment d'abandon des Kurdes puisque, pendant des années... Qui ont fait le sale boulot. Ils ont fait le sale boulot. Le tweet...

[00:34:43] Speaker 2: Contre l'organisation islamique. Absolument. Et qui ont géré. Eux-mêmes, pendant 10 ans, ces prisons... Absolument.

[00:34:50] Speaker 1: Où figuraient des milliers de djihadistes. Voilà. Et le tweet de Tom Barak... Ce qui arrangait bien les Européens. Absolument. Ils leur ont fait faire le sale boulot. Le tweet de Tom Barak, l'envoyé spécial américain en Syrie, est cinglant. C'est merci, vous avez fait le job, au revoir. Je pense que tout était dit, en fait, en lisant ce tweet.

[00:35:07] Speaker 2: Patricia, sur cette progression effectivement spectaculaire sur le terrain de l'armée syrienne ces derniers jours, ça s'explique aussi par le soutien actif. De la Turquie.

[00:35:17] Speaker 4: En tout cas, sur un plan factuel, il y a une image, moi, qui me marque beaucoup. C'est Kobané. Kobané, il y a quelques... Enfin, je ne sais plus maintenant combien de temps. Plus de 10 ans. Ou autour de 10 ans, je n'ai plus... Enfin, on y était tous. Il était encerclé par les djihadistes de l'EI.

[00:35:32] Speaker 3: Et ils luttaient.

[00:35:33] Speaker 4: Et là, maintenant, ils sont encerclés par l'armée... L'ex-armée syrienne libre soutenue par la Turquie, j'ai envie de dire, qui s'est rangée dans l'armée de la Syrie de nouveau. Enfin, c'est assez compliqué. Les composantes de l'armée syrienne, des forces armées syriennes du gouvernement sont assez complexes. Et donc, il y a des rancœurs. Il va y avoir des exactions parce que... Voilà, ça va être assez difficile. Cette reculade est due, à mon avis, à plusieurs choses. Un, effectivement, l'abandon des Américains. Mais cet abandon était prévisible dans la mesure où, effectivement, ils s'étaient mis d'accord avec les Saoudiens et les Turcs, etc., pour donner le pouvoir... Enfin, pour enteriner le pouvoir à Damas. Donc, là, les Turcs, les Kurdes ont manqué de jugement. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas anticipé. Mais ils n'ont pas anticipé parce qu'ils sont divisés en factions. Il y a les factions radicales, il y a des factions qui étaient plus modérées à l'intérieur. Et, franchement, l'administration kurde, haraka par rapport aux tribus arabes qui avaient vu leurs biens pétroliers, etc., enfin, leurs business pétroliers switchés dans le sens kurde, n'a pas favorisé les rapports. Il y avait une opposition, une hostilité forte... Des populations sur place. Voilà, des populations arabes. Et puis, qui remontent, qui est très ancienne, qui remontent au début des années 2000 et même plus anciennes. Et là, il y a eu la défection. C'est-à-dire, ces SDF qu'on appelle, il y a les trois quarts des soldats qui composaient cette force kurde qui étaient arabes et qui ont fait défection. On en a tous rencontré...

[00:37:10] Speaker 2: Et, désormais, il n'y a plus que les Kurdes au sein de ces FDS.

[00:37:13] Speaker 4: Il n'y a pas que des Kurdes. Il y a beaucoup de combattants arabes, comme moi et nous tous, qu'on a rencontrés sur le terrain. Donc, ça s'est fracturé. Les Kurdes n'ont pas compris qu'il fallait qu'ils modifient. Leur responsable militaire a bien tenté de passer un accord, de signer un accord, mais il n'a pas été suivi par des tas de chefs militaires sur le terrain. Donc, c'est encore la fatalité qui s'abat sur les Kurdes. Ils n'arriveront pas à construire leur État, mais c'est aussi... ... ...un problème de manque de volonté et d'unité.

[00:37:47] Speaker 2: Et Julie, incertitude, je le disais, désormais sur le sort de ces camps de djihadistes jusque-là. Donc, sous supervision kurde, qui passe maintenant sous supervision de l'armée syrienne. Certains récifs font état d'évasion. L'Union européenne fait part de son inquiétude. C'est effectivement un énorme problème sécuritaire. Et, d'ailleurs, les États-Unis ont transféré plusieurs milliers de personnes, je crois 7 000 de ces prisonniers, vers l'Irak. C'est dire l'inquiétude que ça suscite.

[00:38:15] Speaker 1: Oui, alors c'est pareil. Dans un premier temps, Washington a dit on fait toute confiance à l'armée syrienne, à Al-Shara pour sécuriser. Quelques heures plus tard, on apprend ce transfert massif. Donc là, par contre, on a des déclarations contradictoires. C'est évidemment un énorme défi pour Al-Shara. Encore une fois, il le savait en prenant le pouvoir en décembre 2024. Donc, il est question de 25 prisons et camps. C'est-à-dire qu'il n'y a pas que des djihadistes. Il n'y a pas que des membres de l'UE qui sont incarcérés. Il y a aussi les familles, des enfants, y compris des enfants qui sont nés dans ces camps, qui vivent dans des conditions déplorables. Certains ont été transférés en Irak en amont. Des détenus français ont été transférés en décembre en Irak. La question, c'est vrai que les pays ne veulent pas forcément reprendre ces populations. Et là, un appel a été lancé par un responsable irakien, le Premier ministre. Oui, le Premier ministre qui demande à l'Europe de reprendre. Prenez vos responsabilités. La ligne de la France pendant un moment, et je crois que c'est toujours le cas, était de dire, nous, on veut que ces gens soient jugés dans le pays. Donc, il y a des jugements qui ont lieu en Irak. Et maintenant que la Syrie est souveraine et en train de retrouver un pouvoir judiciaire digne de ce nom, même si ça prend du temps, l'idée est de les juger sur place et éventuellement de les rapatrier en France dans un second temps. Mais la question des évasions est importante. Après, on est dans des zones désertiques. Il fait froid. Il fait froid. Les experts sécuritaires les plus optimistes disent qu'ils ne peuvent pas aller bien loin. Voilà, quand on est optimiste.

[00:39:51] Speaker 2: Patricia, la Syrie de demain pourrait redevenir un foyer djihadiste ?

[00:39:57] Speaker 4: On a bien vu ces derniers mois, l'État islamique est ressorti. Il y a eu des attentats commis par l'État islamique dans la région effectivement de cette zone désertique, au sud de Deir ez-Zor, Palmyre, tout ça. Il y a des familles, on bouge comme on veut. Enfin, il y a des cellules dormantes et il y a même eu des déplacements à Damas. Enfin, je veux dire, les attentats qui ont été commis n'ont pas été commis par des gens qui sont arrivés de l'extérieur les deux mains dans les poches. Donc, il y a bien eu cette grosse inquiétude au sein de l'État islamique. Il y a eu des frappes américaines très fortes ces derniers temps contre et même auxquelles ont participé les Français. Donc, il y a bien une... La coalition, si vous voulez. La coalition, si vous voulez, continue à surveiller effectivement ces cellules djihadistes qui ne demandent qu'à se reconstituer. Mais la crainte, ce n'est pas qu'on assiste à une résurgence de l'État islamique, mais qu'on assiste à des tas de pulvérisations sur le territoire syrien de petites cellules dormantes qui peuvent commettre des attentats à droite et à gauche et qui fragilisent donc forcément le pouvoir en place avec le but ultime de l'État islamique, c'est d'abattre Ahmad el-Sheikh. Voilà.

[00:41:08] Speaker 2: Nicolas, sur ce dernier thème syrien.

[00:41:11] Speaker 6: J'ai deux dessins qui viennent de la région, deux dessins muets. Un dessin de Fares Garabet qui vient de Syrie que je trouve très beau. Rojava, c'est donc cette partie de l'Est où se trouvent les Kurdes. Et vous voyez ce que ce tank est en train de faire. Il est en train de fermer toutes les écoutilles. Évidemment, c'est un dessin qui se passe de commentaires, qui est très, très beau, je trouve.

[00:41:32] Speaker 2: Tous les rêves d'un État...

[00:41:33] Speaker 6: Voilà. Et les couleurs sont très bien aussi. Et puis, un dessin de Yemada. Voilà. Un montage. Je montre souvent ces dessins, des dessins jordaniens qui montrent la fragmentation, presque la balkanisation de l'Irak, de la Syrie aujourd'hui avec le nouveau drapeau syrien. C'est un dessin muet qui est, je trouve, très efficace.

[00:41:49] Speaker 2: Merci beaucoup, Nicolas. Et merci à tous les dessinateurs de presse d'avoir participé à cette émission. Merci Patricia, Ziad, Julie d'y avoir participé également. Cette émission est à retrouver sur notre site et nos réseaux sociaux. Restez avec nous sur France 24. Prochain point complet sur l'actualité internationale dans quelques minutes.

[00:42:07] Speaker 1: Sous-titrage ST' 501

ai AI Insights
Arow Summary
Discussion from France 24’s “Une semaine dans le monde” reviewing three major stories: (1) Donald Trump’s abrupt shift on Greenland—after tariff threats and talk of annexation, he says he won’t use force; commentators see bluff, market and diplomatic pressure, and enduring U.S. hemispheric/strategic ambitions. Europeans respond with unusual unity and consider the EU anti-coercion “bazooka,” while debating deep dependencies on the U.S. (security, tech, finance). (2) Trump targets Emmanuel Macron after France refuses to join a new “Peace Council for Gaza,” threatening massive tariffs on French wine/champagne and unveiling questionable Gaza “reconstruction” plans pushed by Jared Kushner; panelists call the plans dystopian, business-driven, and disconnected from Gaza’s humanitarian catastrophe. The council looks like a weak, illiberal alternative to the UN with limited buy-in. (3) Syria: forces loyal to new strongman Ahmed al-Shara, backed by Turkey, retake large areas previously under Kurdish control. Panelists describe another Kurdish abandonment, internal Kurdish divisions, Arab defections, and rising uncertainty over ISIS detainee camps and potential jihadist resurgence via dispersed cells rather than a full caliphate revival. Cartoonists’ works are referenced throughout to capture the themes of chaos, coercion, and geopolitical cynicism.
Arow Title
France 24 panel: Trump, Greenland, Gaza ‘Peace Council,’ and Kurds in Syria
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Arow Key Takeaways
  • Trump’s Greenland rhetoric is viewed as coercive bluffing constrained by markets, domestic opinion, and European pushback, but U.S. strategic aims in the Arctic persist.
  • Europe showed atypical unity, discussing the EU anti-coercion instrument, yet remains vulnerable due to dependence on U.S. security, tech infrastructure, and financial rails.
  • Trump’s personalized pressure on Macron via tariff threats highlights a tactic of humiliation and transactional diplomacy.
  • The proposed Gaza ‘Peace Council’ and Kushner’s reconstruction visuals are criticized as detached, commercially oriented, and politically erasing Palestinian identity.
  • The council’s limited membership and illiberal cast undercut its ambition to rival the UN.
  • In Syria, Kurdish territorial losses reflect both external abandonment and internal fragmentation; Turkey’s role is pivotal in the reconquest.
  • Control of ISIS prisons/camps shifting away from Kurdish forces raises escape and reconstitution risks; the likely threat is dispersed cells and destabilizing attacks rather than a full ISIS comeback.
  • Cartoons serve as a barometer of perceived chaos and cynicism in current geopolitics.
Arow Sentiments
Negative: Overall tone is alarmed and critical: distrust of U.S. reliability under Trump, concern over coercive tariffs and damaged alliances, outrage at Gaza plans amid humanitarian suffering, and pessimism about Kurdish fate and jihadist security risks in Syria.
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