Turkey mediates as Iran signals nuclear talks with U.S. (Full Transcript)

Iran’s FM visits Istanbul as regional powers push diplomacy to avert U.S.-Iran conflict; Tehran offers nuclear talks but rejects limits on missiles.
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[00:00:00] Speaker 1: Sous pression et sous menace américaine, le président iranien adresse un message aux Etats-Unis. Il faut laisser une chance à la diplomatie, plaide Massoud Pézechkian. Il en appelle à la Turquie et c'est justement à Istanbul qu'il a dépêché ce vendredi son chef de la diplomatie. Abbas Arakci a été reçu par son homologue turc Hakan Fidan. Les deux hommes ont même donné une conférence de presse. Bonjour à vous, Siavosh Ghazi, correspondant d'RFI France 24 à Téhéran. Merci d'être avec nous, Siavosh. Tout d'abord, cette première question. Pourquoi le ministre des Affaires étrangères iranien s'est rendu en Turquie ? Pourquoi a-t-il été dépêché sur place ?

[00:00:35] Speaker 2: Les pays de la région, notamment la Turquie, essayent de désamorcer la crise et éviter une guerre entre l'Iran et les Etats-Unis. D'ailleurs, c'est pour cette raison qu'Abbas Arakci a fait son voyage en Turquie. Il a affirmé que l'Iran était prêt à reprendre les négociations avec les Etats-Unis. À condition que ces négociations se déroulent de manière équitable, de manière juste et dans l'intérêt national des deux pays. Donc, c'est une main tendue vers les Etats-Unis. Il a affirmé, par ailleurs, que l'Iran ne négociera pas sur son programme balistique. Donc, il n'est pas question de réduire la portée des missiles iraniens. En revanche, sur la question nucléaire, l'Iran est prêt à reprendre les négociations qui avaient été déroulées. Il y a plusieurs pays de la région, notamment la Turquie, l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Égypte, les Émirats arabes unis ou encore Oman ou l'Ouvaquistan sont opposés à une guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, à une attaque américaine contre l'Iran par force d'une déstabilisation de toute la région. Et les responsables militaires iraniens ont affirmé que si jamais les Etats-Unis attaquent l'Iran, eh bien, la guerre ne se limitera pas. Elle ne se limitera pas aux frontières iraniennes. Elle s'étendra à toute la région, Israël, mais aussi les pays, les monarchies arabes du Golgothersique, où il y a des bases américaines. Donc, c'est une menace très claire. Mais l'Iran essaye de reprendre l'initiative diplomatique pour éviter l'escalade et éviter une attaque américaine.

[00:02:16] Speaker 1: L'une des premières raisons à cette situation, Siavosh, c'était lorsque le président américain disait qu'il fallait soutenir cette révolte populaire en cours en Iran. Que reste-t-il aujourd'hui de ce vent de colère, de ce mouvement de contestation, tant la répression ? On le sait, on l'a vu, a été sanglante. Elle se poursuit même manifestement jusque dans les hôpitaux aujourd'hui.

[00:02:39] Speaker 2: Il y a de nombreuses arrestations qui sont annoncées tous les jours par les forces de l'ordre ou les services de renseignement à travers le pays, à Téhéran, mais aussi dans de nombreuses villes de province. Aujourd'hui, le gouvernement iranien... Est-ce vraiment utile l'arrestation de tout médecin ? Alors, c'est très difficile à vérifier. Il y a eu des témoignages à l'étranger faisant état de l'arrestation de médecins, ce que moi, je ne peux pas confirmer ici, sur place. Mais toujours est-il que depuis le 12 janvier dernier, il n'y a plus de manifestation. La répression a permis au pouvoir de reprendre la situation en main. Avec des milliers de morts et des milliers de blessés et des dizaines de milliers d'arrestations qui se poursuivent encore. Et donc, il y a un semblant de retour, je dis bien un semblant de retour à la normale. Mais beaucoup de gens craignent aujourd'hui une guerre qui va encore aggraver encore la situation avec le risque d'une déstabilisation, d'un chaos, avec toutes les conséquences sur l'économie iranienne et la vie de tous les jours des Iraniens.

[00:03:54] Speaker 1: Merci beaucoup, Siavosh. Siavosh Ghazi. Directeur de Téhéran pour France 24. Et on accueille maintenant notre invité, Sebu Hasni Abidi. Bonjour à vous. Vous êtes directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen. Merci de prendre quelques instants pour répondre à nos questions sur France 24. Arrêtons-nous d'abord, si vous le voulez bien, sur la séquence du jour en Turquie. Quel intérêt le président Erdogan a-t-il à tenter une médiation dans ce conflit qui oppose les États-Unis et l'Iran ?

[00:04:22] Speaker 3: La Turquie veut lancer une alliance. On est encore loin d'une alliance, mais on a bien vu un grand rapprochement entre la Turquie et l'Arabie saoudite. Et on sait que les pays du Golfe, et notamment Riyad et Doha, redoutent finalement une guerre en Iran, avec des conséquences désastreuses sur la région. Et c'est pourquoi la Turquie est devenue aujourd'hui le chef de file pour justement jouer, non seulement le médiateur, mais aussi un allié des États-Unis qui demande aux Américains de remporter ou de revoir l'Iran. Et c'est pour ça qu'on a fait ces plans en Iran.

[00:04:56] Speaker 1: Pour rejoindre ce que disait notre correspondant à Téhéran, c'est aussi l'objectif prioritaire d'éviter la déstabilisation de la région ? C'est ça l'urgence aujourd'hui ?

[00:05:07] Speaker 3: Oui, c'est éviter finalement une guerre qui aura des conséquences pas seulement sur les Iraniens, mais aussi sur tous les pays voisins. Même si les Américains essayent de rassurer tous leurs alliés en leur disant que s'il y a une guerre ou des frappes vont plutôt viser des positions stratégiques, mais aussi nucléaires, et des positions qui sont proches du guide suprême. Donc on voit bien que les Américains veulent rassurer, veulent aussi dire que la décision est prise, mais malgré cela, il y a une course contre la montre organisée par les pays du Golfe et la Turquie pour justement dissuader les Iraniens à accepter ou finalement à céder face à une autre pression, celle qui vient d'Israël. C'est rare, mais vous avez noté cette semaine que le prince hérétique saoudien a dépêché son frère, le prince Khaled, ministre de la Défense aux États-Unis, qui coïncide avec l'arrivée aussi du chef du Mossad israélien à Washington.

[00:05:58] Speaker 1: L'Arabie saoudite, comme les Émirats arabes unis d'ailleurs, qui interdisent aux Américains d'utiliser leur espace aérien pour attaquer l'Iran. Quelle analyse il faut faire de ce positionnement de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et d'autres États dans la région qui ne veulent absolument pas être impliqués d'une manière ou d'une autre dans une attaque sur l'Iran ? Pourquoi ?

[00:06:16] Speaker 3: Parce que les menaces, elles étaient claires, et maintenant des Iraniens, que tous les objectifs ou toutes les positions américaines, ou les pays qui accueillent des bases militaires et même, ce qu'on appelle dans le jargon des experts militaires, mais on sait que c'est des positionnements militaires américains, seront les cibles de l'Iran. Comme vous le savez, le Qatar accueille la base al-Aïdid, qui a été touchée déjà par les Iraniens, et les Américains disposent des bases militaires, non seulement en Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis, au Bahreïn, au Koweït, et donc on sait très bien que toute la région sera cible. Sans oublier bien sûr le détroit de Hormuz, les Iraniens, ils ont dit, s'il y a une attaque aussi contre leur position pétrolière, c'est pas l'Iran qui n'aura plus le droit d'exporter, mais tous les autres pays du Golfe n'auront plus le droit aussi d'exporter leur pétrole, et donc on sait que les Iraniens disposent encore de relais dans la région, qui sont capables de porter des coups durs, non seulement aux positions américaines dans la région, mais aussi aux États, et c'est pourquoi les pays du Golfe ne veulent surtout pas que des frappes américaines soient lancées à partir de certaines bases situées dans le Golfe.

[00:07:24] Speaker 1: On a en tous les cas l'impression d'être aujourd'hui un cran en dessous des déclarations guerrières et des menaces de part et d'autre, peut-être manifestement aussi parce que l'Iran est acculé, mais lorsque le chef de la diplomatie iranienne dit que son pays est prêt à reprendre des négociations sur un pied d'égalité, c'est déjà une main tendue vis-à-vis des Américains qui n'excluent pas non plus la reprise du dialogue ?

[00:07:47] Speaker 3: Oui, c'est une main tendue, non seulement le ministre des Affaires étrangères Abbas Harraji, mais aussi le président iranien, et ça c'est un élément important. Et d'autres pays, il ne faut pas oublier ce que la Russie fait. Depuis plusieurs semaines, les Russes disent qu'ils peuvent jouer un rôle de gobetouine entre Israël et l'Iran, et ça c'est très important. La semaine prochaine, normalement, nous assisterons à des manœuvres maritimes importantes entre la Chine et la Russie et l'Iran, et ça aussi c'est un élément important qui intervient dans un contexte très tendu dans la région. Difficile d'imaginer des manœuvres militaires entre ces trois pays, alors que les Américains et les Israéliens se préparent à une guerre contre des positions iraniennes. Donc on voit aujourd'hui, c'est vrai, qu'une main tendue, les Iraniens qui sont prêts à lâcher du laisse sur certains dossiers, qui demandent juste le respect entre Américains et Iraniens, et en même temps on a l'accélération de plusieurs médiataires dans la région.

[00:08:40] Speaker 1: Et quand le président américain dit lui espérer ne pas devoir frapper l'Iran, alors qu'il a montré les muscles, qu'il a communiqué sur le déploiement militaire dans la région, qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Est-ce qu'il joue le temps ? Est-ce qu'il joue sur les nerfs des Iraniens ? Est-ce que c'est une stratégie ? Est-ce qu'il sait où il va ?

[00:09:00] Speaker 3: Rien n'empêche le président américain de frapper, même s'il y a une pression diplomatique ou disons une demande de ses alliés de ne pas le faire. Souvenez-vous, quand la négociation a été déjà en cours entre Iraniens et Israéliens, d'une manière indirecte, le président Donald Trump et les Iraniens, souvenez-vous, la guerre de 12 jours, ça c'est le premier élément. Sauf qu'aujourd'hui, les Américains ont perdu, en quelque sorte, l'effet de surprise, les leçons de cette guerre de 12 jours. Et ils essayent un peu de se préparer à cet énième épisode, en quelque sorte, avec les Américains. Troisième élément important, c'est que ce déploiement militaire ne se fait pas avec un coût énorme juste pour impressionner. Mais s'il y a vraiment une pression diplomatique, c'est clair que ce déploiement militaire de grande envergure, il est en mesure d'exercer une pression sur les Iraniens pour non seulement accepter de venir à la table de négociation, chose déjà faite par les Iraniens, sans des conditions sur le niveau avant, il y avait toujours des conditions avant de reprendre une négociation, et dans une position de force plutôt des Américains pour négocier. Sinon, il y a une troisième option, c'est-à-dire que des frappes bien limitées, on est loin de changement de régime, mais des frappes limitées sur des positions nucléaires ou stratégiques, c'est-à-dire balistiques, sans vraiment déranger ou sans apporter un coup dur pour le système politique iranien, pour ne pas justement... causer une déflagration, c'est le jour d'après qui n'est pas clair pour les pays du Golfe et pour la Turquie, et c'est pourquoi ils redoublent des vigilances pour essayer d'éviter la région de cette escalade.

[00:10:34] Speaker 1: Ce sera ma dernière question, Asni Abidi, et peut-être la plus importante. En quoi les États-Unis veulent-ils absolument contrôler le nucléaire iranien ? Si attaque nucléaire il y a, les Américains géographiquement sont les plus éloignés, ils ne sont pas les premiers exposés, ce sont d'autres États de la région. Pourquoi les États-Unis cherchent-ils absolument à la contenir ?

[00:10:52] Speaker 3: Ils ne veulent pas la contenir, ils veulent plus que ça, ils ne veulent plus de programme nucléaire. Alors on a deux objectifs, la fin de l'enrichissement de l'uranium, qui est un objectif évidemment qui existe déjà avec cet élément de 3,5, mais aujourd'hui les Iraniens veulent que les Iraniens renoncent au développement nucléaire. Pour les Américains et pour les Israéliens, et là il y a une seule version, c'est un Iran nucléarisé devient une menace. Pour la stabilité et la sécurité de la région.

[00:11:25] Speaker 1: Merci beaucoup Asni Abidi, merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions sur France 24.

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Arow Summary
Iran, under U.S. pressure, signals willingness to resume negotiations via a diplomatic push involving Turkey. Iranian FM Abbas Araghchi in Istanbul says talks can restart if fair and mutually respectful, but Iran will not negotiate its ballistic missile program; nuclear talks are possible. Regional states (Turkey, Gulf monarchies, Egypt, Qatar, UAE, Oman) seek to avert a U.S.-Iran war due to risks of regional destabilization, attacks on U.S. bases, Israel, and potential disruption of Hormuz and oil exports. Inside Iran, protests have largely ceased after severe repression, but fears of war and economic chaos remain. Analysts say Turkey is positioning itself as a mediator amid Gulf anxieties; Saudi Arabia and UAE resist facilitating U.S. strikes from their territory/airspace due to Iranian retaliation threats. The U.S. military buildup is seen as coercive leverage for talks or as preparation for limited strikes on nuclear/strategic sites, with uncertainty about the “day after.” The U.S. and Israel aim to end Iranian uranium enrichment and ultimately prevent an Iranian nuclear capability viewed as a regional security threat.
Arow Title
Iran-Turkey diplomacy aims to avert U.S.-Iran escalation
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Arow Key Takeaways
  • Turkey and several regional states are actively mediating to prevent U.S.-Iran war.
  • Iran signals openness to nuclear negotiations but refuses talks on its missile program.
  • Gulf states oppose hosting or enabling U.S. strikes due to retaliation risks and oil shipping vulnerability.
  • U.S. military deployments may be intended to pressure Iran into talks or enable limited strikes.
  • Iranian domestic protests have subsided after harsh repression, but war fears and economic anxiety persist.
  • The U.S./Israel objective is to prevent Iranian nuclear capability, especially by ending uranium enrichment.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is analytical and cautionary, emphasizing de-escalation efforts alongside clear threats and risks of retaliation and regional destabilization.
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