U.S. cold wave exposes strained services amid unrest (Full Transcript)

An analyst links weakened disaster response to major budget cuts and warns Minneapolis protest violence could fuel broader confrontation over federal power and ICE.
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[00:00:00] Speaker 1: Et nous rejoignons à New York, Romuald Sciorra, bonjour, vous dirigez l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis de l'IRIS, vous êtes notamment l'auteur de « L'Amérique est éclatée », c'est chez Armand Collin, je vous remercie beaucoup d'être avec nous, vous venez d'arriver aux Etats-Unis, quelle est la situation, qu'est-ce que vous avez découvert en arrivant sur le sol américain, et new-yorkais plus précisément ?

[00:00:22] Speaker 2: – Déjà qu'il fait très très froid, deuxièmement, écoutez, toujours les mêmes tensions que l'on peut trouver ici, juste une petite anecdote entre guillemets, le maire de New York a donc déclaré un état d'urgence et a demandé à la population de rester chez elle, et il y a de très nombreux employés qui se sont vus forcés ce matin, il n'est que 7h03 ici, mais le New York Times l'a déjà noté, à aller travailler, et ces pauvres personnes, bien souvent des personnes en situation irrégulière, se voient obligées, malgré le danger, de se rendre à leur travail. Écoutez, aujourd'hui c'est un petit peu la confusion, pas tant à New York, qui est quand même une ville bien organisée, que dans le reste des Etats-Unis, et surtout sur la côte Est, qu'est-ce que vous voulez, avec toutes les coupes budgétaires qui ont été faites par Elon Musk et Donald Trump, il est beaucoup plus difficile aujourd'hui pour les services publics de fonctionner. Donc il y a vraiment un sentiment de pas.

[00:01:21] Speaker 1: Oui, parce que ces coupes concernent les agences qui sont là pour faire de la prévention, avertir notamment les agences météorologiques, qui permettent de bien diagnostiquer et évaluer quel va être le risque pour la population locale, mais aussi des agences qui doivent prendre en charge les personnes touchées par ces événements météorologiques.

[00:01:42] Speaker 2: Exactement. Alors d'abord les agences qui sont là pour alerter quant à ce genre de problèmes, que ce soit durant l'été, ouragans, ou tempête hivernale, les coupes ont été plus que drastiques, dans certaines d'entre elles ces 80%, certaines agences ont été fermées. Donc aujourd'hui on se retrouve aux Etats-Unis, avec sans aucun doute le service météorologique le plus pauvre parmi les pays occidentaux, ce qui est quand même quelque chose d'assez étonnant. Et puis effectivement, les autres coupes qui ont été faites au niveau fédéral, tout d'abord concernant les services, différents départements liés aux États prêts à agir normalement pour ce genre de catastrophe. Il se trouve aujourd'hui que le nombre est environ 60-70% à nouveau de coupes budgétaires concernant ces départements. Mais au-delà de cela, ce qui est significatif, c'est que de nombreux gouverneurs républicains ont voulu emboîter le pas à Donald Trump au début 2025 et à Elon Musk et ont eux-mêmes procédé à des coupes budgétaires. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on se retrouve dans de très nombreux États, essentiellement dans le Midwest, avec des aides fédérales devenues quasi inexistantes, mais également des aides d'États qui ont diminué drastiquement. D'où ce sentiment un petit peu de panique, mais aussi d'abandon de la part de la population dans de nombreuses villes et de nombreux États. Encore une fois, ici à New York, les choses sont un petit peu différentes. Mais juste un exemple, justement, le métro new-yorkais qui, comme vous le savez, et les infrastructures, les métros sont vraiment plus que délabrés. Il avait été question d'une aide fédérale à la fin du mandat de Biden, d'une enveloppe d'environ un milliard de dollars, le chiffre demeure à vérifier, pour essayer un petit peu, le métro est quasi d'époque, de retravailler un petit peu tout ça et de mettre les choses en ordre. Vous savez, chaque matin, j'attends entre 15 et 18 minutes à mon métro. Donc quand on se plaint à Paris des deux ou cinq minutes d'attente, on ferait bien de regarder du côté d'ici. Et donc, effectivement, puisqu'il n'y a eu aucun drapeau qui a pu être effectué, Donald Trump a supprimé l'aide fédérale qui était destinée au métro new-yorkais et que la ville de New York, à elle seule, et l'État de New York ne peuvent pas, évidemment, totalement rénover celui-ci, eh bien, nous nous trouvons avec un métro totalement paralysé. Donc, des gens qui ne peuvent même pas se rendre, si nécessaire, à l'hôpital, puisque les ambulances ont du mal à circuler, ou les gens qui doivent se rendre à leur travail, qui sont obligés, les personnes dont je parlais précédemment, de se rendre à pied. C'est pour ça qu'on a vu, depuis l'aube, des personnes traverser à pied le pont de Brooklyn.

[00:04:16] Speaker 1: Romuald, on sait que l'état d'urgence a été déclaré dans 20 États, à Washington aussi, dans la capitale. Que l'on comprenne bien, comment est-ce que les choses s'organisent, à la fois localement, entre l'État et localement ?

[00:04:32] Speaker 2: Alors, on va prendre l'exemple, par exemple, de New York, qui est une ville que je connais bien. Donc, une fois encore, c'est l'une des rares villes où il y a un minimum d'infrastructures prêtes à répondre à ce genre de besoins, de centres d'accueil. Et aussi, d'employés municipaux qui peuvent faire le tour de la ville. A noter, par exemple, que vous n'avez que quelques villes où vous avez des services municipaux, avec des personnes qui se rendent auprès des sans-abris pour leur demander de se joindre à eux, pour aller dans des centres. Vous avez la très, très grande majorité des grandes villes américaines n'ont pas de services sociaux comme ceux-ci. Ils ont des bénévoles, ou alors ce sont les églises qui s'occupent de ce genre de choses. Donc, à New York, on a ces services. Donc, la municipalité, conjointement avec l'État, quand j'entends l'État, l'État de New York, œuvre à la protection des New Yorkais. Donc, il y a des personnes, des agents municipaux qui circulent à travers la ville pour voir toute personne qui pourrait être en besoin. On s'occupe aussi un minimum des personnes dont l'électricité a été coupée. Et nous avons aussi le bonheur à New York d'avoir un service d'aide alimentaire pour des personnes âgées qui n'ont pu ou qui ne peuvent pas se déplacer dans les magasins, pour en tout cas ceux qui resteraient ouverts. Mais une fois encore, New York est vraiment une exception. Dans le reste des États-Unis, vous n'avez rien de tout cela. Donc, pour répondre clairement à votre question, dans, on en parlera plus tard, dans des villes comme Minneapolis, Houston, Texas, etc., vous n'avez rien. Alors, Houston, ça va, n'est pas touché par cette vague de froid, mais vous n'avez rien. C'est-à-dire que vous avez quelques aides fédérales, avec quelques personnes qui viennent prêter main-forte au gouverneur ou à la ville. Alors, on peut ouvrir deux, trois centres d'accueil, mais vous n'avez personne qui va sillonner la ville pour essayer, secourir les sans-abris, personne qui va se déplacer pour aller voir les personnes âgées et encore moins pour apporter de la nourriture aux citoyens, aux citadins en détresse alimentaire, puisqu'ils n'auront pas pu se rendre dans un centre commercial avant cette tempête. Donc, une aide quasi inexistante à travers la plupart du pays.

[00:06:36] Speaker 1: Ce qui fait craindre un bilan lourd, effectivement, on se souvient qu'en 2021, dans le Texas, il y avait eu 200 victimes à cause du froid. Eh bien, Minneapolis, il faut en parler, effectivement, ce froid n'a aucun impact sur la mobilisation. On l'a vu encore, un homme a été abattu lors d'une manifestation contre les opérations de la police de l'immigration. Une nouvelle fois, je le disais en titre, deux versions s'opposent.

[00:07:01] Speaker 3: Alors, je vous propose, Romain Le Serrat, de découvrir ce reportage de nos envoyés spécials, Émilie Musset et Jessica Lemazurier, puis vous partagerez avec nous ensuite votre analyse.

[00:09:09] Speaker 4: Un arsenal militaire lourd, c'est le produit du trumpisme, de l'autoritarisme, du fascisme.

[00:09:20] Speaker 3: Minneapolis pleure à nouveau. Un meurtre commis par des agents fédéraux.

[00:09:27] Speaker 1: Romain Le Serrat, les manifestations sont rares aux Etats-Unis. Un mort, c'est évidemment tragique. Est-ce que cela peut marquer une bascule dans ce mouvement de résistance qui, jusqu'à présent, était pacifique ?

[00:09:40] Speaker 2: Écoutez, peut-être, oui. Les choses ont quand même allé très loin. Ce que vient de dire la dernière personne interrogée dans votre reportage est tout à fait exact. Et on peut, on est en droit de se demander s'il n'y a pas derrière cela une stratégie, quand même, de la fuite en avant du gouvernement, en tout cas une volonté de voir les choses exploser. Il y a une quinzaine de jours, donc une première personne a été assassinée à Minneapolis. Il aurait été possible pour le gouvernement fédéral de calmer un petit peu le jeu, de dire oui, cet agent a commis une dévue, un crime, il va y avoir une investigation, cette femme était innocente. Cela aurait véritablement calmé les choses et permis à ICE, la police de l'immigration, de poursuivre son travail. Non, rien. On a menti hontément devant les foules. Cette femme était une terroriste de la gauche radicale. Aujourd'hui, cela recommence. Il s'agit évidemment d'un meurtre. L'homme, qui est un infirmier, était venu pacifiquement manifester. Il était au sol en train d'essayer de secourir une femme lorsqu'il a été, j'allais dire exécuté, lorsqu'il a été tué. Donc, oui, bien évidemment, cela peut être la chose, de trop, qui fasse que les manifestations se poursuivent, voire dégénèrent. Mais, une fois encore, on est en droit de se demander pourquoi l'administration n'a pas tenté de calmer le jeu. Ce ne sont pas des gens idiots. Le vice-président qui est derrière tout cela est un homme, un intellectuel de haut niveau. Donc, je crains, je peux me tromper, j'espère me tromper, mais je crains qu'il y ait là une stratégie de la fuite en avant qui est pour objectif que les manifestations s'enveniment, non pas seulement à Minneapolis, qu'il y ait donc des violences à l'encontre de la police ICE qui permettraient à Donald Trump de déclarer un état d'urgence dans cet état, dans le Minnesota, voire à l'échelle nationale. N'oublions pas qu'il en a plusieurs fois menacé la population.

[00:11:31] Speaker 1: Qui permettrait, Romuald Sciorra, pardonnez-moi, mais ce qui permettrait du coup de suspendre les élections de mi-mandat, par exemple, qui sont assez mal engagées pour lui ?

[00:11:40] Speaker 2: Oui, alors, bien évidemment qu'il y a quand même, on peut se poser des questions sur comment vont se dérouler ces élections, mais elles sont quand même un petit peu loin. Imaginons que Trump déclare un état d'urgence ces jours-ci liés à la situation à Minneapolis. Celui-ci devrait être levé au moment des élections. Mais bon, il est vrai qu'avec cette administration, les choses vont tellement vite que l'on peut tout imaginer. À l'heure qu'il est, comme je vous le disais, il est à craindre effectivement qu'il y ait cette stratégie de la fuite en avant pour le gouvernement. Mais dans tous les cas, même s'il s'agissait non pas d'une stratégie, d'une bêtise liée à la violence intrinsèque de l'administration Trump-Vence, oui, le meurtre de cet infirmier exécuté lorsqu'il était au sol prêtant main-force à une femme, peut être un moment de bascule. La seule petite chose qui joue en défaveur de ceci, c'est quand même le très très grand froid dont on vient de parler. Et malgré le courage et la volonté de ces manifestants se retrouver dans les rues lorsqu'il fait moins 30 et un ressenti de moins 50, c'est un moment de bêtise. C'est quand même quelque chose d'assez difficile.

[00:12:46] Speaker 1: Mais on sait que bien que cette vague de froid risque de durer un peu, elle va s'arrêter à un moment donné et il semblerait que la population américaine soutienne de moins en moins, ce qui n'était pas le cas au début, les actions de cette police d'immigration.

[00:13:00] Speaker 2: Vous avez tout à fait raison. Cette police est de plus en plus impopulaire, mais n'oublions pas qu'une grande majorité d'Américains, dans le même temps, soutient la politique anti-immigration illégale du gouvernement. Ce que la population, refuse d'accréditer, ce sont les violences de ICE, mais non pas les objectifs de ICE. Donc il y a quand même une petite nuance qui nous démontre une fois encore que Trump a quand même une bonne partie de la population derrière lui et qu'en tout cas sa base est prête à le soutenir jusqu'au bout. Mais oui, nous sommes peut-être, je reste prudent, mais nous sommes peut-être à la veille d'un moment de bascule dans ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis et la montée de surveillance, le régime autoritaire qu'ils ont commencé à mettre en place il y a un peu plus d'un an. Maintenant, tout va dépendre de la volonté des manifestants, tout va dépendre de la réponse du gouvernement et de celle du gouverneur du Minnesota, Tim Walz, qui essaye, essaye de calmer le jeu parce qu'il craint vraiment des représailles encore plus violentes de la part des agents fédéraux contre la population du Minnesota. En tout cas, une chose est sûre pour conclure, nous ne sommes pas, encore dans une guerre civile au sens où on l'entend traditionnellement, mais néanmoins, nous voyons ici des forces fédérales s'opposer, commencer à s'opposer à des forces de police locale et en tout cas à la population comme cela n'a jamais été le cas aux Etats-Unis depuis des décennies.

[00:14:32] Speaker 1: Je vous remercie beaucoup, Romuald Seurat, pour tous ces éléments de compréhension avec tout ce qui se déroule en ce moment aux Etats-Unis. Je rappelle que vous êtes l'auteur de L'Amérique éclatée, mais aussi de America, une histoire graphique des Etats-Unis avec Bastien Bertin. C'est à paraître chez les nouveaux éditeurs d'ici quelques jours.

ai AI Insights
Arow Summary
Interview in French about the U.S. amid an extreme cold wave and political tensions. Analyst Romuald Sciorra describes New York’s emergency measures, workers—often undocumented—still forced to commute, and broader confusion on the East Coast. He attributes weakened disaster response to drastic federal and state budget cuts under Trump and Elon Musk, including major reductions/closures in meteorological and emergency agencies and the cancellation of federal funds for NYC subway upgrades, worsening infrastructure and mobility. The discussion shifts to Minneapolis protests against ICE where an unarmed healthcare worker was killed by federal agents; Sciorra argues the administration failed to de-escalate and may be provoking escalation to justify emergency powers, potentially affecting democratic processes. Public opinion is nuanced: growing rejection of ICE violence but continued support for tougher anti–illegal immigration policies. He warns of escalating confrontation between federal forces, local police, and civilians, short of civil war but unprecedented in decades.
Arow Title
Cold wave, budget cuts, and escalating ICE protests in the U.S.
Arow Keywords
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Arow Key Takeaways
  • Extreme cold prompted emergencies across many states, exposing gaps in preparedness.
  • Interviewee claims drastic federal cuts weakened weather warning and disaster-response capacities.
  • New York is depicted as better organized than most U.S. cities, with more social services and outreach.
  • Cancellation of federal funds and aging infrastructure contribute to NYC transit dysfunction during crises.
  • In Minneapolis, a protest-related killing by federal agents risks radicalizing or expanding resistance.
  • De-escalation is portrayed as absent; the administration is suspected of seeking escalation to justify emergency powers.
  • Public sentiment may oppose ICE brutality while still supporting stricter immigration enforcement goals.
  • Rising friction between federal forces, local authorities, and civilians signals heightened instability though not civil war.
Arow Sentiments
Negative: The tone is тревelling and critical, emphasizing public service breakdowns, abandonment, infrastructure paralysis, lethal violence at protests, and fears of deliberate escalation by the federal government.
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