U.S. Plans ISIS Detainee Transfers From Syria to Iraq (Full Transcript)

Amid shifting control in northeast Syria and reported prison escapes, Washington says it will move up to 7,000 ISIS detainees to Iraq.
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[00:00:00] Speaker 1: Les Etats-Unis vont procéder à des transferts de djihadistes. Washington annonce prendre en charge le transfert de combattants du groupe Etat islamique de la Syrie vers l'Irak. 150 pour l'instant jusqu'à 7000 à terme. Il faut dire que les choses ont changé dans le nord de la Syrie. Les forces loyales à Damas ont pris le contrôle notamment du camp de Al-Hol. Après des combats et une tentative d'accord, elles ont fait reculer les Kurdes des FDS qui contrôlaient la région. Ce camp abrite notamment des familles de djihadistes syriens et irakiens du groupe Etat islamique. Des annonces alors que des évasions ont été signalées dans certaines prisons. Reportage Stéphanie Pérez, Nicolas Oer.

[00:00:38] Speaker 2: Les combinaisons orange de prisonniers abandonnés à la Hatz. Des cellules vidées de leurs occupants. Au moins une centaine de membres du groupe Etat islamique se sont enfuis de cette prison du nord-est syrien où ils étaient détenus. Pas de Français parmi eux. Tous ont profité des conditions. Des combats entre les forces kurdes qui administraient la région et l'armée du nouveau pouvoir de Damas qui cherche à reconquérir son territoire. La gestion des anciens djihadistes, un point épineux du chaos actuel. Après des affrontements, les Kurdes ont aussi été contraints d'abandonner le camp de Al-Hol où croupissent 24 000 femmes et enfants de combattants syriens et irakiens. Devant les caméras, l'armée syrienne déployée en force cherche à prouver qu'elle a le contrôle. Mais un nombre indéterminé de prisonniers. Ceux qui sont restés espèrent une amélioration de leur statut. Le camp nous a détruits. On n'est pas sortis depuis qu'on est arrivés. On n'a reçu aucune éducation. La cinquantaine de Françaises et les 110 enfants encore retenus se trouvent, eux, dans cet autre camp, à Roj. Pour l'heure, toujours sous autorité kurde. Leurs familles sans nouvelles s'inquiètent.

[00:01:49] Speaker 3: La région est à présent de nouveau en proie au chaos et à la guerre. Il est temps de rapatrier toutes les familles détenues dans le camp.

[00:01:57] Speaker 2: Le président al-Shahra, lui-même ancien djihadiste, sera-t-il complaisant avec ces prisonniers dont il a partagé un temps l'idéologie ? Il a rejoint la coalition contre le groupe Etat islamique pour prouver ses bonnes intentions, rappelle ce spécialiste.

[00:02:12] Speaker 4: Il est dans l'intérêt de Damas de garder les djihadistes sous cloche, qu'ils soient français, irakiens, américains ou peu importe. C'est dans leur intérêt de les garder sous cloche. C'est aussi dans leur intérêt de régler le problème des camps.

[00:02:27] Speaker 2: L'armée américaine annonce qu'elle a débuté le transfert d'une centaine de prisonniers ici, en Irak, pour soulager le pouvoir syrien et contrôler la sécurité de la région. Au total, près de 7000 combattants pourraient être concernés. L'été dernier, déjà une cinquantaine de français a été rapatriés en Irak.

[00:02:44] Speaker 1: Voilà pour ce reportage. Pour aller plus loin, ce matin, nous sommes en ligne avec le journaliste Chris Huby, reporter, documentariste. Merci beaucoup d'être avec nous. L'an dernier, vous avez notamment réalisé un documentaire pour France Télévisions. Spécial sur les enfants français dans le Kurdistan syrien. Alors déjà, pour bien comprendre la situation, on va remettre à l'antenne une carte qu'on a vue dans ce reportage. Parce qu'il y a des situations différentes lorsqu'on parle des deux principes au camp. Celui de Roj et celui de Al-Hol. Expliquez-nous.

[00:03:18] Speaker 5: C'est assez simple en fait. Le camp Al-Hol est le camp historique. Il y a eu au début 70 000 prisonniers des familles de l'État islamique. Et Roj est arrivé un petit peu plus tard et a été construit un peu plus au nord, effectivement, comme on voit sur la carte. Et a intégré des gens de Al-Hol petit à petit jusqu'à arriver à 10 000, 7 000, 8 000 prisonniers il y a quelques années. Et cette particularité en fait à Al-Hol, c'est qu'il y a surtout des prisonniers européens dedans. Donc par exemple, aujourd'hui... On ne sait pas exactement ce qui se passe à Al-Hol, mais ça concerne d'abord des familles syriennes. Les gens de Al-Hol, c'est d'abord des Européens aujourd'hui.

[00:04:02] Speaker 1: Et alors les prisonniers qui doivent être transférés notamment par les Américains, ce sont ceux qui se trouvent dans les camps passés sous contrôle de Damas ?

[00:04:12] Speaker 5: Eh bien, je ne sais pas. Parce qu'effectivement, hier soir, les Américains ont annoncé qu'ils allaient transférer 7 000 prisonniers. C'est à peu près... C'est à peu près effectivement le chiffre qui concerne le camp de Roj. Et effectivement, Roj étant sous administration kurde et sous ce qu'on pourrait appeler l'ancien partenaire américain, on imagine que c'est ceux-là qui pourraient aller en Irak. De fait, les quelques prisonniers qui ont été déjà ramenés en Irak il y a quelques mois venaient de Roj. Donc on pourrait estimer que ce sont ces gens-là qui pourraient partir en Irak.

[00:04:49] Speaker 1: Et Damas aurait intérêt à coopérer ? Pour l'instant, notamment avec les puissances étrangères. Je pense notamment aux combattants étrangers qui se trouvent encore dans les camps contrôlés par les Kurdes.

[00:05:04] Speaker 5: Comme l'a dit Wassim Nasser chez vous, en fait, je pense que Damas a intérêt à contrôler tous les camps. Parce que ce sont autant de problématiques à gérer pour eux. Mais c'est aussi bien évidemment quelque chose qui leur permettrait d'avoir plus de pouvoir dans la région. C'est le cas de Roj. Il n'y a pas que des familles qui concernent. Les Syriens, il y a aussi le fait d'avoir des djihadistes étrangers. C'est une monnaie d'échange, tout simplement. Donc je pense que Hol intéresse tout le monde. Voilà, moi, maintenant, j'ai tendance à croire que, justement, les Américains pourraient avoir plus de pouvoir sur les djihadistes étrangers s'ils les rapatraient en Irak. Voilà, c'est aussi simple que ça. Ça reste une monnaie d'échange. Et malheureusement pour les Kurdes, cette monnaie d'échange est en train de disparaître. Donc la question se pose aussi autour du Rojava. Parce que ça a été très longtemps quelque chose qui leur permettait d'exister.

[00:05:51] Speaker 1: Voilà, des Kurdes qui sont en Syrie. Ils sont en train de reculer face au coup de boutoir de l'armée syrienne, ou en tout cas des forces de sécurité syriennes. Et le territoire sous contrôle kurde est en train de se réduire.

[00:06:07] Speaker 5: Oui, ça, depuis quelques jours, c'est comme l'an dernier, avec la chute de Bachar el-Assad. Ça va très vite. On a du mal à suivre. Tous les jours, on voit que des territoires, des points clés sont pris par l'armée syrienne de Damas. Et aujourd'hui, les Kurdes ont... Enfin, en tout cas, les... Les forces démocratiques syriennes, un mélange de Kurdes et de tribus arabes, initialement, ont perdu les deux tiers de leur territoire. Et notamment Raqqa et Deir ez-Zor. On en parle un petit peu, mais je trouve qu'on ne met pas... On ne met pas ça en avant que Raqqa est la source de l'eau. Et donc de l'électricité, parce que tous les barrages qui sont dans la région appartiennent aujourd'hui à Damas. Ce qui était aussi une clé économique en Syrie. Et évidemment, Deir ez-Zor, c'était les champs pétroliers. Donc les champs pétroliers qui faisaient vivre le Kurdistan. C'est... Les Kurdes vendaient le pétrole à toutes les factions en Syrie, y compris aux régions de Bachar el-Assad, pendant très longtemps. Aujourd'hui, ils ont perdu tout ça. Donc leur dernier monnaie des champs, si on peut dire comme ça, ce sont effectivement les camps qui détiennent les familles de djihadistes. Voilà, donc... Il ne reste plus grand-chose. Sachant que les forces démocratiques syriennes, effectivement, n'existent plus. Parce que, de fait, les tribus arabes qui en faisaient partie ont fait défection. Donc il ne reste plus que le Yé Pégué, c'est-à-dire... La force kurde à 100%. Donc on verra bien l'une des villes qui est symbole aujourd'hui, c'est Assaké. Elle appartient encore au territoire kurde. Il y a des prisons là-bas de haute sécurité. On voit que les Américains patrouillent avec les forces kurdes autour de ça. Parce qu'il y a énormément de djihadistes étrangers dans ces prisons-là. Et ce n'est pas les plus faciles. Donc Assaké, si ça tombe, ce serait une autre histoire.

[00:07:50] Speaker 1: C'est-à-dire qu'il y a un véritable... Le risque pour que des djihadistes se retrouvent dans la nature et commettent des attentats dans un Irak qui est devenu stable ou dans une Syrie où la concurrence va se faire avec le pouvoir actuel ?

[00:08:01] Speaker 5: Alors, beaucoup de mes chers confrères et moi-même, sur certains moments, on parlait de bombes à retardement, on parlait de ces camps. Parce qu'évidemment, au début, 70 000 familles de djihadistes ou djihadistes directement dans les prisons, on parle de milliers de gens. On parle de plus de 70 nationalités différentes. Effectivement, là, on a vu que la prison de Cheydade a été ouverte il y a 150 djihadistes ou plus dans la nature. C'est la même chose avec Ol. Les chiffres, selon les Kurdes ou l'armée syrienne, évidemment, changent énormément. On parle de quelques centaines, quelques milliers de gens dans la nature. Et ce sont quand même parmi les pires, si j'ose dire. C'est que moi, j'ai documenté beaucoup. C'est quand, ces dernières années, et je me suis adressé aux plus extrémistes, que ce soit dans les prisons ou à Ol, et ils n'étaient pas déradicalisés. J'aurais tendance à même dire qu'ils étaient encore plus radicalisés. Enfermés depuis des années dans ces camps, avec, en gros, une violence les concernant. C'est des gens, aujourd'hui, dans la nature, qui sont évidemment dans la mentalité de l'État islamique. Il ne faut pas se mentir. Maintenant, on ne sait pas où ils sont. Effectivement, ils peuvent commettre des attentats partout.

[00:09:20] Speaker 1: — Merci beaucoup. Merci, Chris Huby, de nous avoir éclairés sur cette épineuse question. On va continuer à suivre l'évolution de la situation, et notamment l'évolution de la ligne des Kurdes face à Damas. À propos de la région, d'ailleurs, à noter la mort de celui qui était surnommé le boucher de Hama, Rifat Al-Assad, l'oncle de Bachar Al-Assad, est décédé en exil à l'âge de 88 ans, selon plusieurs sources. Peut-être aux Émirats Arabes Unis, où il aurait trouvé refuge après la chute de son neveu en décembre 2024, lorsqu'il était en prison. Il est chef des forces d'élite du régime, sous son frère Hafez. Rifat Al-Assad aurait notamment mené la répression sanglante d'une insurrection des frères musulmans à Hama en 82, massacre qui aurait fait entre 10 000 et 40 000 morts.

ai AI Insights
Arow Summary
Report discusses U.S. plan to transfer Islamic State detainees from Syria to Iraq (initially ~150, potentially up to 7,000) amid renewed instability in northeast Syria as Damascus-aligned forces regain territory from Kurdish-led SDF. Escapes reported from prisons; Al-Hol camp (tens of thousands, mostly women/children) has shifted control, while Roj camp (holding remaining French women/children among others) remains under Kurdish authority. Journalist Chris Huby explains differences between Al-Hol and Roj, the strategic leverage camps provide, and how Kurdish territorial losses (Raqqa water/electricity infrastructure, Deir ez-Zor oil fields) reduce their bargaining power. Experts warn detainees are not deradicalized and escapes create significant regional/international security risks. Segment ends noting death of Rifaat al-Assad, linked to 1982 Hama massacre.
Arow Title
U.S. to Move ISIS Detainees as Syria’s Northeast Shifts
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Arow Key Takeaways
  • The U.S. says it will transfer ISIS fighters from Syria to Iraq, scaling from ~150 to as many as 7,000.
  • Damascus-backed forces have retaken key areas, including Al-Hol, as Kurdish-led SDF loses territory.
  • Prison escapes in northeast Syria highlight fragility of detention arrangements.
  • Al-Hol and Roj camps differ in history and composition; Roj still holds remaining French women and children under Kurdish control.
  • Kurdish leverage is shrinking after losing strategic assets (water/electricity near Raqqa; oil fields in Deir ez-Zor) and Arab tribal defections.
  • Experts warn detainees remain highly radicalized; escapes may translate into attacks in Syria, Iraq, or beyond.
  • Damascus has incentives to keep detainees contained and use foreign fighters as bargaining chips; U.S. transfers aim to manage security.
Arow Sentiments
Negative: Tone is тревожный/concerned, emphasizing chaos, prison breaks, unresolved detainee camps, and heightened terrorism risk, with additional mention of past mass atrocities.
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