Uvira at Risk, Kenya Evacuates Fighters, Mozambique Floods (Full Transcript)

France 24 covers Uvira’s fragile calm, Kenya’s repatriation of nationals drawn into Ukraine’s war, and devastating floods hitting Mozambique and neighbors.
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[00:00:02] Speaker 1: Vous êtes sur France 24 et vous avez raison, bienvenue dans votre journal de l'Afrique. A la une ce soir, Ouvira libérée mais toujours menacée, la ville située dans l'est de la RDC est sous pression des rebelles de la FCM 23. Bien qu'ils aient quitté la ville, ils réclament l'installation d'une force neutre tandis que Kinshasa organise un retour progressif de son administration. Le Kenya annonce qu'une trentaine de ses ressortissants a été évacués de Russie après avoir pris part à des combats en Ukraine. Un recrutement irrégulier et opaque dénoncé par Nairobi. Nous irons sur place dans cette édition. Et notre invité de ce soir est un poète engagé, slameur, rappeur, réalisateur qui présente son deuxième long métrage, bouleversant, furci, né libre, une figure majeure de la mémoire coloniale, né esclave. Il s'est battu pendant 27 ans pour sa liberté. Son combat historique devient aujourd'hui un film puissant. Signé Abdelmalik, il est notre invité. Il nous a aussi présenté le nouvel album qui accompagne cette oeuvre, Furci, héritage. On ouvre ce journal en allant dans l'est de la RDC. Ouvira, les villes, les civils sont exposés à de graves risques d'abus. Si on en croit l'alerte lancée par le nouveau rapport de l'ONG Human Rights Watch. Ouvira, c'est cette ville située au sud. Qui vous ? Qui avait été prise par les rebelles, l'AFCM 23, mi-décembre. Juste après l'accord de paix signé à Washington, sous pression diplomatique, les rebelles se sont retirés. La ville est désormais aux mains des autorités congolaises. Les explications de notre correspondante à Kinshasa, Aurélie Bazaraki-Bangula.

[00:01:38] Speaker 2: À Ouvira, les civils sont pris en étau. D'abord, lors du contrôle de la ville par l'AFCM 23, Human Rights Watch affirme que de multiples meurtres et recrutements forcés ont été signalés par les habitants. Puis, lorsque l'armée congolaise et les Wazalendos ont repris le contrôle de la ville, Human Rights Watch affirme que par crainte de représailles, des membres de la communauté Banya Moulengi ont fui la ville. Alors, ils appartiennent à une minorité Tutsi congolaise et ils disent craindre d'être accusés de collaboration avec le M23. Human Rights Watch affirme que courant 2025, les Wazalendos ont déjà menacé et enlevé des membres de cette communauté. Alors, cette question autour des Banya Moulengi est récurrente dans le conflit de l'Est congolais. À plusieurs reprises, l'AFCM 23 et le Rwanda ont invoqué la sécurité de cette communauté pour justifier leurs offensives. De son côté, Kinshasa rejette les accusations. Le gouvernement évoque une instrumentalisation de la peur et des déplacements forcés de Banya Moulengi. Ce vendredi, les autorités provinciales du Sud Kivu se sont rendues à Ouvira. Le gouverneur de la province a appelé les habitants à vivre dans la cohésion.

[00:02:52] Speaker 1: Et par ailleurs, le président congolais est arrivé à Paris. Félix Tshisekedi a eu un tête-à-tête avec Emmanuel Macron après Davos. Au menu, coopération bilatérale, soutien financier et situation explosive dans le Grand Lac. Paris pousse pour un dialogue intercongolais et rappelle son rôle moteur à l'ONU sur la RDC. On passe au Kenya, où les autorités ont annoncé que 28 de leurs sortissants ont été évacués de Russie après avoir pris part à des combats en Ukraine. Un recrutement irrégulier et opaque, dénoncent les autorités, qui estiment que d'autres pourraient toujours être sur le front. Les précisions de notre correspondant, Bastien Renoué.

[00:03:32] Speaker 3: Il est particulièrement compliqué pour les combattants kényans en Ukraine de parvenir à quitter la ligne de front. Ceux qui y parviennent doivent ensuite se rendre jusqu'à Moscou pour aller à la rencontre du consulat kényan pour espérer être rapatriés ici à Nairobi. C'est un parcours semé d'embûches. Entre décembre et janvier, 28 personnes ont pu être rapatriées. Mais selon le chef de la police, le président de la République, le chef de cabinet du ministère des Affaires étrangères kényan, beaucoup seraient toujours pris au piège sur la ligne de front. Mais impossible de savoir exactement combien, puisque beaucoup d'entre eux ont perdu le contact avec leur famille. Certains ont, semble-t-il, été blessés, d'autres tués. Et certains ont également été faits prisonniers par l'armée ukrainienne. Il y a des discussions en cours entre le gouvernement kényan et l'Ukraine pour essayer de les rapatrier. Du côté des autorités, ici, un seul mot d'ordre. Ce conflit doit cesser le plus rapidement possible. Elle décourage les Kényans d'aller y participer. Alors comment les combattants se sont-ils retrouvés sur la ligne de front ? La très grande majorité s'est fait piéger ici, à Nairobi. Des agences de recrutement leur ont proposé de devenir chauffeurs ou encore bûcherons en Russie. Une fois arrivés sur place, ils se sont vus remettre des armes et ont dû partir sur la ligne de front. Que leur cas soit particulièrement tragique, ce n'est pas une affaire isolée. Le gouvernement kényan encourage les citoyens à partir à l'étranger pour travailler, pour gagner de l'argent qu'ils pourront réinvestir ici, au Kenya. Récemment, ce sont des pays d'Asie qui ont défrayé la chronique, à savoir notamment la Birmanie ou encore le Cambodge. Centaines de kényans ont été rapatriés et tous décrivaient des conditions de travail qui ressemblaient à de l'esclavage.

[00:04:57] Speaker 1: Direction le Mozambique, où des inondations ont causé d'importants dégâts. Les eaux montantes ont submergé des routes, des maisons et des écoles. Selon les Nations Unies, plus d'un demi-million de personnes ont été touchées. Récit d'Emily Boy.

[00:05:12] Speaker 4: Main dans la main et transportant leur bien sur la tête, ces Mozambiquains sont évacués de leur village par des hélicoptères de l'Afrique du Sud.

[00:05:25] Speaker 5: La route menant à Maputo est coupée. Environ 800 kilomètres de route ont été endommagés ou détruits. Et les eaux de crues empêchent ou rendent très difficile l'accès à certaines des communautés où nous travaillons. Nous utilisons des bateaux et des hélicoptères qui ont été déployés pour distribuer des vivres.

[00:05:44] Speaker 4: Après plusieurs semaines de pluies incessantes, plus de 620 000 personnes ont été touchées par les inondations au Mozambique. La montée des eaux augmente considérablement le risque d'épidémies et de malnutrition et pousse des animaux sauvages dangereux, notamment des crocodiles, à se déplacer vers les zones urbaines inondées. Ici, à Maputo, cet entrepreneur local a presque tout perdu depuis que les eaux ont englouti son magasin et sa maison.

[00:06:11] Speaker 6: Je dois continuer mon activité, comme je peux.

[00:06:20] Speaker 7: Car c'est mon gagne-pain. Je suis à la retraite depuis trois ans.

[00:06:25] Speaker 6: Donc je dois continuer.

[00:06:28] Speaker 7: Je ne vais pas abandonner. Mais ça va être très, très difficile. Car depuis la semaine dernière, j'ai commencé à appuyer dans ce qui me reste d'économie.

[00:06:40] Speaker 4: Les inondations ne se limitent pas au Mozambique. Les pays voisins, l'Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Botswana sont également touchés. Plusieurs décès ont été signalés par les autorités locales des autorités qui s'attendent à un bilan lourd dans les prochains jours.

[00:06:55] Speaker 1: Allez, on passe au reste de l'actualité africaine en bref et en images. Rationnement inédit au Mali face à la pénurie d'essence persistante. Un plein tous les deux ou trois jours selon le type de véhicule. Objectif affiché par les autorités, lutter contre le marché noir malgré les limites technologiques humaines du dispositif. Mais la mesure, jugée insuffisante par nombre de Maliens, suscite déjà exaspération. Le contournement pour beaucoup, cet aveu d'impuissance sonne comme une installation durable de la crise. En Ouganda, une semaine après la présidentielle officiellement remportée par le président sortant Youveri Musevini, l'opposant Bobby Wine rejette les résultats dans un entretien accordé à nos confrères de RFI. Il affirme être en fuite, évoque un climat de répression et dit disposer d'éléments sur les fraudes. Par ailleurs, l'état de santé préoccupant de Kiza Bizegwe alimente les inquiétudes. L'opposant de 69 ans, détenu depuis plus d'un an, a été brièvement hospitalisé avant d'être reconduit en cellule. Abidjan Alassane Ouattara a tranché. Un nouveau gouvernement est en place, marqué par la montée en puissance de son frère, Tenebiraima Ouattara, dit photocopie pour sa ressemblance avec le président ivoirien. Désormais, il est vice-premier ministre. Si quelques ajustements ont été opérés, le message est clair. Le président Ouattara capte sur la continuité la promesse d'un renouvellement générationnel. Elle attendra. L'opposition, elle, s'organise déjà pour les prochaines échéances. On passe à notre page culturelle de ce vendredi avec un projet artistique puissant. Fursy, né libre, retrace le combat réel d'un esclave de l'île Bourbon, actuellement en réunion, qui passe près de 27 ans à se battre en justice pour faire reconnaître sa liberté. Un film poignant accompagné d'un album engagé, Fursy Héritage, co-réalisé avec le rappeur Mathéo Falcon. Et à l'origine de ce projet, la lecture du livre de Mohamed Assaoui, Abdelmalik a déclaré « Fursy, c'est moi ». On lui a demandé pourquoi cette identification si profonde. Voici sa réponse.

[00:09:01] Speaker 8: – Je me suis dit « Fursy, c'est moi » parce qu'en réalité, si Fursy n'avait pas appris à lire et à écrire, certes en cachette, parce qu'il était illégal qu'un esclave ait accès au savoir, ou en tout cas quelqu'un qui était considéré comme tel. Et moi, quand j'ai lu ça, en fait, je me suis dit, c'est finalement l'éducation qui lui a permis de transcender sa condition. Sans le savoir, il n'aurait pas pu arriver là où il est allé, il n'aurait pas pu avoir gain de cause. Et je me suis dit, moi-même qui ai grandi dans une cité HLM, dans un quartier populaire, comme on dit, si je n'avais pas rencontré le savoir, l'éducation, la culture, je ne serais pas devenu l'homme que je suis devenu. Et en ce sens-là, je me suis dit, c'est fondamental, c'est aussi une histoire finalement qui met l'éducation au centre.

[00:09:44] Speaker 1: – L'éducation au centre, j'aimerais savoir aussi vous, que vous êtes penché. Et totalement investi dans ce film pendant des années. Qu'est-ce que vous avez appris sur la nature humaine en suivant ce personnage ?

[00:09:55] Speaker 8: – Ce que j'ai appris sur la nature humaine, c'est qu'on gagne toujours à s'accrocher, à faire confiance finalement aux droits et à la justice. Parce qu'in fine, on est dans un monde où on voudrait que les choses changent immédiatement, on est sur le temps de l'immédiateté finalement. Mais il y a aussi la notion du temps long. Et les grandes choses, les choses les plus importantes s'inscrivent dans le temps long. Et précisément, en faisant preuve comme ça de tenue intellectuelle et de retenue émotionnelle, ce qu'il a fait, c'est fabuleux. Et donc, il est exemplaire. Mais aussi, ça nous montre à quel point aussi, notamment quand on parle du code noir, où l'homme noir, où l'esclave était considéré comme un meuble, donc moins qu'un animal d'une certaine manière. Et bien, ça nous montre aussi à quel degré d'horreur l'être humain est capable d'aller. Donc, il y a ce combat perpétuel qu'on doit avoir pour lutter contre tout ça. Contre toutes les formes d'esclavage moderne, d'une certaine manière.

[00:10:50] Speaker 1: Ce film à regarder est très difficile à certains endroits, parce qu'évidemment, il y a une dureté de l'histoire qui est réelle. C'est une histoire vraie. Je me demandais comment vous avez tenu, d'ailleurs. Et je sais que vous avez eu une expérience de tournage qui était assez bouleversante. Racontez-nous.

[00:11:07] Speaker 8: On a eu des moments, on savait qu'on faisait un cinéma qui était peut-être un tout petit peu plus que du cinéma. Et que finalement, c'était aussi un travail de deuil. Le travail de, finalement, le travail mémoriel. Le devoir de mémoire, c'est aussi un travail de deuil. Nous autres, et moi-même, aux racines africaines, aux racines congolaises, l'idée des esprits, ça veut dire quelque chose. Et il y a des esprits, là, le fait de pouvoir raconter ces histoires-là, c'est aussi le fait de pacifier les esprits. Dire, finalement, je me souviens, on a fait une scène où certains, donc les figurants, ceux qui jouaient les esclaves, je fais une scène un peu compliquée. Je termine, j'entends un hurlement, je viens voir ceux qui jouent les esclaves. Un qui s'est ouvert au niveau du tendon, il y a du sang partout. Et je lui dis, mais pourquoi tu nous as pas appelés ? Et il dit, mais quand tu nous as expliqué qu'on travaille sur... C'est aussi un travail de deuil. On est en train de faire quelque chose qui est du cinéma, mais un peu plus que du cinéma. Je me suis dit qu'il y avait des gens comme moi qui me ressemblaient, qui, eux, n'ont pas fait un film, c'était réel. Et on souffert réellement. Donc je pouvais pas... Et il dit ça, et on se met tous à pleurer. Et c'est ça, en fait. On a vécu une expérience qui était très, très forte. Mais encore une fois, c'est une histoire qui nous concerne toutes, qui nous concerne tous.

[00:12:17] Speaker 1: Et vous pourrez d'ailleurs retrouver l'intégralité de notre entretien sur notre chaîne WhatsApp et sur les réseaux sociaux avec Abdelmalik. Et donc on se quitte d'ailleurs avec un morceau extrait de l'album Forci Héritage, ça s'appelle Cynéconos.

[00:12:32] Speaker 8: Je te kippe pas dans ma poitrine, je ne serai que l'ombre de moi-même Si tu ne m'aimes pas, mais dans justice, il y a justesse, n'est-ce pas ? Si tu savais le mal qu'on m'a fait, qu'on me fait Demande à Johnny, voir son enfant blessé dans sa chair Dans sa chair, demande à Marie, oh, on ne cherche...

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France 24’s Journal de l’Afrique reports on escalating risks to civilians in Uvira, eastern DRC, after M23/AFC withdrawal and amid fears of reprisals against the Banyamulenge community; discusses President Tshisekedi’s Paris talks with Macron; covers Kenya’s evacuation of 28 nationals recruited under opaque schemes and sent to fight in Ukraine; details severe floods in Mozambique affecting over 620,000 people; briefs on Mali’s fuel rationing, Uganda’s contested election and opposition repression claims, and Côte d’Ivoire’s new government; and features artist Abd Al Malik’s film and album project “Fursy, né libre / Fursy Héritage,” highlighting education, justice, and colonial memory.
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DRC Uvira tensions, Kenyan fighters repatriated, Mozambique floods
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Arow Key Takeaways
  • Human Rights Watch warns civilians in Uvira face abuse risks from multiple actors; Banyamulenge fear reprisals after shifts in control.
  • M23/AFC withdrawal follows diplomatic pressure, while rebels call for a neutral force and Kinshasa restores administration.
  • Tshisekedi met Macron in Paris to discuss cooperation and the Great Lakes security crisis; France urges inter-Congolese dialogue and cites its UN role.
  • Kenya repatriated 28 nationals from Russia after they were recruited under misleading job offers and pushed to fight in Ukraine; others may remain trapped.
  • Mozambique floods have affected more than 620,000 people, damaging infrastructure and raising health and safety risks; neighboring countries are also impacted.
  • Mali introduces fuel rationing amid persistent shortages; public frustration grows and the black market remains a concern.
  • Uganda’s opposition disputes election results and alleges repression; concerns rise over detained opposition figure Kizza Besigye’s health.
  • Côte d’Ivoire’s new government signals continuity and consolidates power around President Ouattara’s camp.
  • Abd Al Malik’s “Fursy” project links education to emancipation, emphasizes faith in long-term justice, and confronts the brutality of slavery and modern forms of exploitation.
Arow Sentiments
Neutral: Overall journalistic tone combining concern and urgency (civilian abuses, forced recruitment, floods) with informational reporting; cultural segment adds reflective, somber notes about memory, justice, and resilience.
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