[00:00:00] Speaker 1: RFI et France 24 prƩsentent Mardi Politique.
[00:00:16] Speaker 2: C'est l'heure de Mardi Politique sur France 24 et RFI. Bonsoir Frédéric Rivière.
[00:00:25] Speaker 3: Bonsoir Roselyne, bonsoir Ć tous.
[00:00:27] Speaker 2: Et ensemble nous recevons Dominique de Villepin, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères et peut-être futur candidat à la présidentielle en 2027, on verra.
[00:00:40] Speaker 1: Nous irons.
[00:00:42] Speaker 2: Alors est-ce que l'Europe est en train de vivre un moment existentiel ?
[00:00:46] Speaker 1: Oui, c'est vĆ©ritablement un dĆ©fi central pour la survie de l'Europe, la survie de l'Union europĆ©enne, la survie de l'OTAN, toutes les institutions sont menacĆ©es aujourd'hui par le trumpisme qui franchit une Ć une toutes les bornes de ce que nous imaginions ĆŖtre la morale, la politique, les rĆØgles Ć©conomiques et bien sĆ»r les rĆØgles de la gĆ©opolitique. On l'a vu avec la riviĆØre Ć Gaza, on l'a vu au Venezuela avec l'enlĆØvement d'un prĆ©sident en fonction, on l'a vu au Groenland et on le voit aujourd'hui avec ce Conseil de l'Ćtat, la paix où il se propose de substituer au Conseil de sĆ©curitĆ© des Nations unies un Conseil de paix dirigĆ© par lui en majestĆ©, seul et dominant ainsi l'univers. Donc c'est bien, oui, c'est bien un autre monde dans lequel nous avanƧons et il est essentiel de savoir ce que nous voulons, ce que nous entendons dĆ©fendre et bien Ć©videmment pour nous EuropĆ©ens, l'Union europĆ©enne, c'est la ligne de front qui doit nous permettre de faire face Ć ces incertitudes mondiales.
[00:01:56] Speaker 3: Dominique de Villepin, la question aujourd'hui se pose de savoir si les Ćtats-Unis sont encore des alliĆ©s. Quelle est votre rĆ©ponse, vous, Ć cette question ?
[00:02:03] Speaker 1: Donald Trump est celui qui apporte la rĆ©ponse et c'est pour cela que l'affaire du Groenland est si importante parce qu'elle touche directement la souverainetĆ© des EuropĆ©ens. Un territoire autonome en lien avec le Danemark et vouloir acquĆ©rir par la force le Groenland, c'est bien Ć©videmment s'en prendre Ć l'intĆ©rĆŖt de tous les EuropĆ©ens. Je pense que lĆ , il y a une ligne rouge qui est marquĆ©e où les Ćtats-Unis passeraient du statut d'alliĆ©s Ć celui d'ennemis dĆ©clarĆ©s puisque agissant de faƧon tout Ć fait contraire aux intĆ©rĆŖts des EuropĆ©ens et au respect mĆŖme de l'Europe.
[00:02:44] Speaker 2: Alors ce Conseil de paix, vous en avez parlé, il faudrait pour y rentrer un milliard de dollars en cash, je crois. Pour être membre permanent.
[00:02:51] Speaker 1: Pour être membre permanent. Il distingue les membres non permanents pour trois ans, les soixante qui sont élevés, élus et ceux qui pourraient devenir membre permanent, mais à condition de payer un milliard de dollars. On voit bien qu'on est dans un monde en espèce.
[00:03:04] Speaker 2: Il n'y a pas beaucoup de candidats. Il n'y a pas beaucoup de candidats.
[00:03:07] Speaker 1: Il n'y a pas beaucoup de candidats. Macron a dit non. C'est vrai. La vraie question que se pose la communautĆ© internationale pour entrer dans les petits secrets d'Alcove, c'est de savoir s'il vaut mieux dire non tout de suite Ć Donald Trump. C'est ce qu'a fait Macron. Pas tout Ć fait. Mais il a dit que vraisemblablement, c'est quelque chose qui... paraissait difficile ou ne pas rĆ©pondre, ce qui est une faƧon de ne pas froisser sa majestĆ© impĆ©riale, Donald Trump. Donc, on est lĆ devant un choix essentiel et on voit Ć quel point la psychologie est devenue centrale. On est passĆ© d'un monde où c'est la diplomatie qui gĆ©rait les relations d'Ćtat Ć Ćtat. Aujourd'hui, c'est la psychologie. On aurait besoin, les uns et les autres, tous ceux qui rĆ©flĆ©chissent sur le monde, d'avoir des psychologues, des psychanalystes pour nous dire quelle est la bonne faƧon de faire cheminer les idĆ©es pour les rendre acceptables Ć Donald Trump.
[00:03:57] Speaker 2: Est-ce qu'il est un cas psychiatrique ?
[00:03:59] Speaker 1: Je ne rentrerai pas dans ce dĆ©bat. Mais ce qui est certain, c'est que nous devons aujourd'hui revenir Ć la rĆ©alitĆ© et cesser de parler aux Ćtats-Unis, Ć l'administration Trump, comme s'il s'agissait d'un grand enfant qu'il faudrait mĆ©nager. Il faut dire les choses telles que nous les pensons, telles que nous les voyons. Et lĆ , l'administration Trump s'Ć©gare. Elle rentre dans cette zone assez dangereuse où... Tout devient ridicule et on a du mal, y compris Ć le prendre au sĆ©rieux. Quand Donald Trump, hier, parle dans la nuit, parle d'augmenter de 200%, tout simplement parce qu'Emmanuel Macron aurait contrariĆ©... LĆ , on est dans le rĆ©el, pour le coup. On est dans le rĆ©el, mais on voit bien. On est dans le rĆ©el, non. On est dans le monde alternatif de Donald Trump qui croit qu'il peut dĆ©crĆ©ter des augmentations de droits de douane. Enfin, on est revenu au temps des empereurs trĆØs cruels Ć l'image de Caligula. Tout Ƨa est absurde.
[00:04:57] Speaker 3: Tout ça est fantaisiste. Dominique de Villepin, ce Conseil de paix, vous l'avez évoqué tout à l'heure, vous pensez vraiment que l'intention de Donald Trump, ce soit de le substituer à l'ONU et d'avoir cette sorte de contre-organisation des Nations Unies totalement à sa main ?
[00:05:12] Speaker 1: Je crois qu'il veut pouvoir dire tout seul, avec quelques affidĆ©s, ce qu'est la guerre et ce qu'est la paix. DĆ©crĆ©ter, en quelque sorte, ce qu'il considĆØre ĆŖtre bon pour le monde. Ou mauvais pour le monde. Et il le fait avec, Ć l'Ć©vidence, un sentiment de toute puissance. Il l'a trĆØs clairement dit au New York Times. Il n'y a qu'une limite que je pourrais reconnaĆ®tre. C'est ma propre moralitĆ©, ma propre vision des choses. On est dans une sorte de narcissisme Ć l'Ć©chelle mondiale qui est Ć©videmment inacceptable. Donc il ne faut, je crois, pas prĆŖter trop d'attention Ć tout cela. Nous sommes aujourd'hui obsĆ©dĆ©s par Donald Trump. On le voit en ce jour Ć Davos. Non, mais on prend un peu de distance. Donald Trump n'est que le symptĆ“me d'une AmĆ©rique qui est en train de dĆ©river. Et il faut donc considĆ©rer que Donald Trump exprime cette part d'irrationalitĆ©, d'inquiĆ©tude et qui doit ĆŖtre une alerte pour nous FranƧais. Parce que cette Ć©volution des Ćtats-Unis, c'est peut-ĆŖtre demain... Ce que nous connaĆ®trons, nous, en Europe, c'est-Ć -dire un changement de rĆ©gime passĆ© d'une dĆ©mocratie libĆ©rale Ć une dĆ©mocratie illibĆ©rale. Et l'on voit bien qu'entre l'intĆ©rieur et l'extĆ©rieur, il n'y a plus de frontiĆØres.
[00:06:39] Speaker 2: Alors si on vous entend, on a l'impression que vous dites « Laissons-le faire mumuse avec son conseil de paix. » Cessons de répondre.
[00:06:46] Speaker 1: Cessons la diplomatie du tweet. J'avais conseillĆ© Ć Emmanuel Macron d'arrĆŖter la diplomatie de la papouille. Si j'ai un conseil de paix... Si j'ai un conseil de paix... Si j'ai un conseil de paix... Si j'ai un conseil de paix, aujourd'hui, arrĆŖtons la diplomatie du tweet. Entre deux Ćtats, on ne communique pas directement entre chefs d'Ćtat... D'autant que Donald Trump, il oublie les tweets qu'il reƧoit. On a besoin de filtres. On voit bien, Donald Trump, il se rĆ©veille, il tweet. Et lĆ , on lui tend un micro, 200 %, et pourquoi pas 400 %, et pourquoi pas 1000 %. Donc je crois qu'il faut mettre un peu de distance, un peu de temps, ne pas rĆ©agir trop vite. Il faut du sang-froid, de l'expĆ©rience, et laisser les choses retomber. Il y a bien un moment où il se rendra compte qu'il est en train de se tirer une balle dans le pied.
[00:07:30] Speaker 2: Est-ce qu'il peut inspirer, puisque de devenir des démocraties libérales, donc ça pourrait nous arriver, de devenir... C'est un risque. Voilà . Est-ce que, en quelque sorte, Donald Trump est en train de faire des petits ?
[00:07:43] Speaker 1: Je pense que le trumpisme est hautement contagieux. C'est ce sentiment de toute puissance, cette volontĆ© de se libĆ©rer de l'Ćtat de droit, de se libĆ©rer des contre-pouvoirs. C'est tellement agrĆ©able pour un chef d'Ćtat de ne plus avoir de comptes, Ć rendre Ć quiconque, de se passer des mĆ©dias, de se passer de la justice. C'est la tentation de M. Orban et d'un certain nombre d'EuropĆ©ens aujourd'hui. Donc c'est une tentation qui peut effectivement devenir contagieuse. C'est pour Ƨa qu'il faut arrĆŖter l'hĆ©morragie maintenant, adresser des signaux trĆØs forts aux Ćtats-Unis, et le Groenland est l'occasion de le faire, que nous n'accepterons pas ce chantage auquel Donald Trump se lie vis-Ć -vis des EuropĆ©ens. Et marquer une coupure forte... Par des actes, nous avons gelĆ© l'augmentation des droits de douane Ć la suite des menaces qui avaient Ć©tĆ© celles de Donald Trump. Le Parlement europĆ©en vient de rejeter l'application, la mise en Åuvre de cette augmentation des droits de douane. Le prĆ©sident Macron, Ć juste titre, a indiquĆ© la possibilitĆ© d'utiliser l'instrument anti-coercition. Nous devons aujourd'hui marquer les limites qui doivent ĆŖtre... ...absolument opposĆ©es Ć toute action de Donald Trump, dĆØs lors qu'il s'agit de la souverainetĆ© et de l'intĆ©rĆŖt de l'Europe.
[00:09:03] Speaker 3: Dominique de Villepin, vous avez parlé de l'ivresse de pouvoir, en quelque sorte, qui anime... Sorte du brice, oui. Oui, oui, qui anime Donald Trump. D'après vous, les institutions américaines, est-ce qu'elles pourraient brider Donald Trump, si elles le jugeaient nécessaire, si elles estimaient qu'il allait trop loin, ou est-il vraiment en situation d'exercer sa toute puissance, sans aucune entrave ?
[00:09:26] Speaker 1: Alors, nous voyons dĆ©jĆ , aux Ćtats-Unis, une contre-offensive s'organiser, y compris dans son propre camp. AprĆØs l'intervention militaire au Venezuela, il y a eu, et il y a aujourd'hui au CongrĆØs et au SĆ©nat, tenu par les RĆ©publicains, des rĆ©actions trĆØs fortes de la part des sĆ©nateurs qui considĆØrent que de telles pratiques sont inacceptables et que si demain, Donald Trump voulait intervenir militairement sur un autre théâtre, et bien Ć©videmment, il devrait... DeuxiĆØmement, nous allons avoir des mid-terms en novembre. Et on voit bien que les choses ne sont pas simples, et en particulier la politique anti-immigration, avec cette police de l'immigration qui sĆØme le dĆ©sordre aux Ćtats-Unis, suscite des rĆ©actions extrĆŖmement profondes. Et puis, il y a partout dans le monde un constat que nous pouvons faire les uns et les autres. La politique de Donald Trump au Proche-Orient, est-ce qu'elle a vĆ©ritablement rĆ©ussi Ć regarder la situation Ć Gaza, en Cisjordanie, s'est un cessez-le-feu trĆØs prĆ©caire ? En Ukraine, il n'a absolument pas Ć©tĆ© capable de tordre le bras, ni mĆŖme de convaincre Vladimir Poutine. Au Venezuela, les AmĆ©ricains sont dans l'impasse. Ils ont enlevĆ© le prĆ©sident en fonction, mais ils n'ont absolument pas engagĆ© une transition dĆ©mocratique ni rĆ©pondu aux aspirations Ć la libertĆ© du peuple vĆ©nĆ©zuĆ©lien. Ils n'ont mĆŖme pas rĆ©ussi Ć obtenir Ć ce stade la libĆ©ration des quelques encore 800 prisonniers politiques qui sont dans les geĆ“les de Carabas. Donc nous voyons bien que Donald Trump ne marque pas de point. Mais, et c'est Ƨa sa force, il est engagĆ© dans une altĆØre rĆ©alitĆ© et dans ce monde qui est le sien, il a tout rĆ©ussi. Il a mĆŖme obtenu le prix Nobel par procuration de Corina Machado. Il a fait la paix partout dans huit lieux de la planĆØte. Huit et plus, dit-il. Huit et plus, Ƨa ne veut pas dire qu'il n'a rien fait, puisqu'il a au moins rĆ©ussi Ć passer un cap entre l'ArmĆ©nie et l'AzerbaĆÆdjan et entre le Rwanda, et le Congo. Donc il y a malgrĆ© tout certaines choses qui sont faites. Mais le grand tableau du grand pacificateur que Donald Trump reste encore Ć propos. Est-ce qu'il met la gomme aujourd'hui, justement parce que les mid-term peuvent ĆŖtre Ć un moment pour lui problĆ©matiques ? Oui, mais vous connaissez les Ćtats-Unis aussi bien que moi. Les mid-term se font pour l'essentiel sur l'Ć©conomie et l'apprĆ©ciation par les AmĆ©ricains de leur pouvoir d'achat et de leur situation personnelle. Or, aujourd'hui, il y a encore une inflation Ć©levĆ©e, 3 %, mĆŖme si la croissance a Ć©tĆ© plus Ć©levĆ©e que prĆ©vue, Ć 3 %. Il y a encore une situation d'incertitude pour l'Ć©conomie amĆ©ricaine, mĆŖme si certaines grandes entreprises, les grandes plateformes numĆ©riques, ne cessent de marquer des points et que l'investissement continue Ć ĆŖtre trĆØs fort. Donc les AmĆ©ricains, le ressenti par les AmĆ©ricains, n'est pas aujourd'hui pleinement favorable Ć Donald Trump. Il y a de profondes inquiĆ©tudes qui se perpĆ©tuent dans le pays.
[00:12:29] Speaker 3: Un mot sur l'Europe encore, parce qu'on connaĆ®t la formule cĆ©lĆØbre de Bossuet, Ā« Dieu se rit des hommes qui se plaignent des effets dont ils fĆ©rissent les causes Ā». Mais est-ce que depuis des dĆ©cennies, une partie des pays de l'Union europĆ©enne, et en l'occurrence peut-ĆŖtre mĆŖme le Danemark particuliĆØrement, ne se sont pas dĆ©libĆ©rĆ©ment mis dans la position de vassaux des Ćtats-Unis ?
[00:12:51] Speaker 1: Alors, vous avez raison si on prend cette pĆ©riode, vous avez sans doute encore plus raison si on prend la pĆ©riode rĆ©cente, où il y a eu beaucoup d'occasions perdues de rĆ©agir. On l'a vu sur les questions commerciales, on l'a vu quand Donald Trump a durci ses positions sur l'Ukraine. Les EuropĆ©ens n'ont pas eu des rĆ©actions Ć la hauteur, y compris sur le Venezuela, où nous n'avons pas marquĆ© clairement le refus des entorses au droit international. Il ne faut rien laisser passer Ć une puissance qui s'Ć©rige en protectrice du monde et qui a un rĆ“le aussi important vis-Ć -vis des EuropĆ©ens que les Ćtats-Unis. Nous avons historiquement une liaison essentielle entre nos peuples et de ce fait, tout ce que dĆ©cident les Ćtats-Unis nous affecte. Ć partir de lĆ , il est important d'en tirer les conclusions. La premiĆØre conclusion qu'on doit en tirer, nous avons besoin d'un pacte de souverainetĆ© europĆ©en. Nous avons besoin d'affirmer notre souverainetĆ©. La souverainetĆ©, elle n'est pas une dĆ©cision, elle est une dĆ©cision. Elle n'est pas uniquement dans l'ordre militaire. Elle est aussi, on le voit bien, dans l'ordre Ć©conomique, dans l'ordre technologique, dans l'ordre financier. Cette souverainetĆ©, c'est un tout. Nous devons ĆŖtre indĆ©pendants. Et pour cela, il faudra, et il faut dĆØs maintenant, amĆ©nager notre Union europĆ©enne qui n'est pas prĆ©parĆ©e Ć ce choc avec les Ćtats-Unis. Il y a encore au sein de l'Union europĆ©enne une majoritĆ© d'Ćtats qui sont prĆŖts Ć peu prĆØs Ć tout accepter de la part de Donald Trump, pourvu que le principe, j'allais dire le mythe, d'une protection militaire, d'un parapluie nuclĆ©aire, soit maintenu. Et c'est pour cela qu'il faut rassembler les Ćtats qui sont dĆ©sireux aujourd'hui de dĆ©fendre leur souverainetĆ© pour que nous avancions plus vite dans la voie d'une Europe capable de s'affirmer sur la scĆØne internationale.
[00:14:41] Speaker 2: Le journaliste Christophe Glaise est toujours dans les geƓles algƩriennes. Les relations sont au point mort avec l'AlgƩrie. Est-ce que vous pensez qu'il faut encore parler du gouvernement algƩrien ou alors c'est peine perdue ? Et en clair, est-ce que c'est un otage du rƩgime algƩrien ?
[00:15:00] Speaker 1: Nous ne pouvons pas baisser les bras et nous taire face à ces situations. Christophe Glaise est injustement retenu aujourd'hui en Algérie et il faut dire à nos amis algériens que nous ne pouvons pas accepter cela et que le peuple français tout entier attend son retour. Le problème sans salle a pu rejoindre la France via l'Allemagne il y a maintenant quelques mois et il est impératif que ce geste soit fait parce que nous risquons d'aller de difficulté en difficulté, de malentendu en malentendu et le prix de la réparation pour remonter la pente, on a vu l'Assemblée nationale algérienne franchir un pas supplémentaire dans la criminalisation de la colonisation, je crois qu'il faut revenir à une rationalité, une rationalité nécessaire et ça commence par rétablir une exigence de justice. Christophe Glaise doit revenir en France et c'est le message que je veux adresser ce soir aux autorités algériennes.
[00:16:03] Speaker 3: Vous avez dit qu'il faut que nos amis algĆ©riens, vous demandez au dĆ©but de notre entretien si les Ćtats-Unis sont encore des alliĆ©s, est-ce qu'aujourd'hui l'AlgĆ©rie est encore l'ami de la France ou est-ce que la France est encore l'ami de l'AlgĆ©rie ? On peut le tourner comme on veut.
[00:16:15] Speaker 1: Vous avez raison de poser la question parce qu'il y a beaucoup de gestes qui peuvent permettre d'en douter. Les contentieux sont lourds. On peut aussi ressentir à travers les paroles qui ont été prononcées au cours des derniers mois, on peut aussi se poser cette question. Aujourd'hui, il faut se concentrer sur l'essentiel et il faut dans un monde dangereux et difficile agir. Ma conviction, c'est qu'entre l'Algérie et la France, il y a une nécessité historique de proximité, d'histoires partagées, de souffrances de part et d'autre et qu'il est temps que nous tournions la page. Alors évidemment, c'est difficile à dire qu'il y aura 15-16 mois d'une élection présidentielle. L'essentiel sera donc vraisemblablement fait plus tard. Mais aujourd'hui au moins, essayons d'éviter des drames humains comme celui que vit aujourd'hui Christophe Glaise et donc d'apporter une réponse humaine, humanitaire à cette situation.
[00:17:07] Speaker 2: Vous l'avez dit, dans ce monde brutal et dangereux, est-ce que vous pensez que la présidentielle 2027, d'ordinaire la politique étrangère ne pèse pas trop sur un scrutin, est-ce qu'aujourd'hui vous pensez que le désordre du monde va nécessiter, un, que les Français s'y intéressent un peu plus et deux, d'une personnalité qui aura déjà une expérience ?
[00:17:29] Speaker 3: Sachant qu'il nous reste Ć peine 30 secondes.
[00:17:31] Speaker 1: Ma conviction, c'est que, je l'ai dit au dĆ©but, c'est un enjeu de survie. C'est un enjeu de survie pour la France, c'est un enjeu de survie pour l'Union europĆ©enne et c'est un enjeu de survie pour la dĆ©mocratie franƧaise. Vous savez, les Ćtats-Unis sont en train de passer de l'autoritĆ© d'un rĆ©gime qui dĆ©fend une autoritĆ© nĆ©cessaire dans un cadre dĆ©mocratique Ć un rĆ©gime marquĆ© par l'autoritarisme. Et on le voit Ć travers la police. Mais le comportement de la police aux Ćtats-Unis, eh bien nous devons refuser Ƨa de faƧon rĆ©solue.
[00:18:01] Speaker 2: Merci beaucoup Dominique de Buitvin, c'était bien trop court. Merci à Camille Néron et à Flore Simon d'avoir préparé cette émission. Merci à toute l'équipe technique, à très vite.
[00:18:16] Speaker 1: Sous-titrage MFP.
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