[00:00:02] Speaker 1: Après des semaines de déclarations agressives, Donald Trump a donc subitement annoncé le cadre d'un futur accord sur le Groenland. Alors, si ses contours restent encore flous, on en sait un petit peu plus sur cet accord, Cécile.
[00:00:16] Speaker 2: Et la première chose que l'on sait, c'est qu'une figure centrale a œuvré en coulisses. C'est Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, mercredi sur son réseau social. Trump écrivait qu'il avait eu une réunion très fructueuse avec le Néerlandais qui, on le sait, soigne ses relations avec le président américain, au point de l'avoir appelé « daddy papa » lors du dernier sommet de l'alliance en juin 2025. Mark Rutte est même surnommé par certains « celui qui murmure à l'oreille de Trump ». Pourtant, après leur rencontre, on a vu deux visions. Celle du président américain, c'est un accord fantastique, il nous apporte tout ce que nous voulions. Et celle de Mark Rutte, il reste beaucoup de travail. La prise de contrôle du Groenland n'a pas été abordée par le président Trump, nous dit-il.
[00:01:06] Speaker 1: Que se sont-ils réellement dit ?
[00:01:08] Speaker 2: Il a visiblement clair été question de l'accord de défense de 1951. En fait, depuis la seconde guerre mondiale, l'armée américaine est au Groenland à la fin du conflit. Alors que les tensions avec l'URSS se profilent, Washington veut y maintenir un contrôle et négocie avec le Danemark un traité qui lui offre une grande marge de manœuvre militaire, à savoir regarder, construire, installer, entretenir et exploiter des bases militaires de manière illimitée, seule condition prévenir le Danemark de leurs intentions et de leurs opérations. Depuis 2004, ils doivent aussi, en amont, en référer aux autorités du Groenland. Donc c'est cet accord que Trump veut renégocier pour exercer pleinement sa souveraineté. Sur la dernière base qui lui reste au Groenland, c'est Pitoufic, au nord-ouest de l'île. Ce changement de souveraineté est à l'image des bases britanniques sur l'île de Chypre, que l'on voit ici en rose, où Londres est souverain et peut y mener ses activités sans avertir ni causer.
[00:02:09] Speaker 1: Alors que représente la base de Pitoufic pour les Américains ?
[00:02:12] Speaker 2: C'est l'œil le plus éloigné de la défense américaine. D'abord, c'est l'une des installations les plus isolées du monde, située à plus de 1200 kilomètres au-dessus du cercle polaire. 150 militaires américains y vivent en permanence, les conditions climatiques sont extrêmes, moins de 30 degrés en hiver. Le lieu est stratégique car c'est la trajectoire la plus courte pour cibler les Etats-Unis depuis la Russie. Et inversement d'ailleurs, la base sert de poste radar avancé. Elle dispose d'un système d'alerte pour détecter les missiles balistiques. Elle est aussi dotée d'équipements spatiaux contribuant à la surveillance de l'espace.
[00:02:52] Speaker 1: Alors quels sont les autres points de l'accord qui ont été évoqués ?
[00:02:56] Speaker 2: Il y a aussi jouir d'une souveraineté sur de nouvelles portions de terre au Groenland pour avoir d'autres bases militaires ou plutôt les réactiver. Car regardez, si l'armée américaine ne possède aujourd'hui, on l'a vu, qu'une seule base, elle en a eu par le passé jusqu'à 13. Comme on peut voir sur cette carte ici, les petits points qui sont en bleu, tout le long de la côte, des installations pour mener des opérations militaires, de renseignements, de formations et aussi pourquoi pas permettre l'exploitation minière de terres rares. Ces bases américaines seraient alors considérées comme des territoires américains. Et voici la réponse de la première ministre danoise. Regardez, elle nous dit, l'OTAN connaît parfaitement la position du Royaume du Danemark. Nous pouvons négocier tous les aspects politiques, sécurité, investissement, économie, mais nous ne pouvons pas négocier notre souveraineté. Il a aussi été question du dôme d'or. Et oui, le président américain l'a dit. Il veut mettre en place au Groenland le plus grand dôme d'or jamais construit. Il fait ici référence au dôme de fer, le système de défense anti-missiles d'Israël qui protège contre les attaques de missiles étrangers, qui peut abattre des missiles hypersoniques, balistiques et de croisières, ainsi que des drones, même s'ils sont lancés depuis l'autre bout du monde ou même depuis l'espace. Un dôme d'or notamment doté du système que l'on voit ici, le système Patriot. Selon l'accord, Etats-Unis et Européens travaillent main dans la main sur ce projet. Un chantier qui coûte très cher, 175 milliards de dollars. Merci beaucoup Cécile Guellou-Tchou.
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