[00:00:00] Speaker 1: Les Etats-Unis, où des dizaines de milliers de personnes ont investi la rue à Minneapolis, dans l'état du Minnesota, une marche des indignés n'ont pas hésité, une fois encore, à braver le froid polaire pour dénoncer la brutalité avec laquelle agit l'Aïs, cette police anti-immigration déployée au cœur même de la ville. Bonjour à vous, Cécile Coquemot-Coco, vous êtes professeure de civilisation américaine à l'université Versailles-Saint-Quentin. Merci de prendre quelques instants pour répondre à nos questions sur France 24. Je vais rappeler brièvement le contexte de création de cette police. L'Aïs a été fondée en 2001 dans la foulée des attentats, sous bouche pour renforcer la surveillance et les procédures d'expulsion des personnes considérées comme des menaces pour le pays. Mais est-ce que cette agence, aujourd'hui, n'est-elle pas en train de se transformer en bras armés du président Trump ? Certains même la qualifient de milice. Quelle analyse vous vous faites ?
[00:00:49] Speaker 2: Effectivement, on a une mobilisation d'une police qui est assez problématique au sens où ces agences sont formées de manière assez expéditive et qui est utilisée comme une police anti-immigrés, chose qui n'avait pas été faite auparavant par les précédents gouvernements. Donc là, il est clair que Donald Trump l'emploie comme un bras armé pour montrer à ses électeurs que ses promesses de campagne concernant les immigrés criminels dont il fallait purger le pays, sont des promesses tenues. Mais on voit que dans les sondages, même ses propres électeurs commencent à douter de la validité de ces méthodes. Un électeur républicain sur cinq estime que les méthodes ne sont pas appropriées, que l'usage de la force n'est pas justifié. Et au plan national, on a à peu près entre 61 et 63% d'Américains sondés qui estiment que l'ice va tomber. Et parmi les électeurs indépendants, cette proportion atteint 71%.
[00:02:02] Speaker 1: Il y a parmi ces Américains, ceux qu'on voit à l'image, qui n'hésitent pas donc à manifester à plusieurs reprises. Il y a beaucoup cet exemple de Minneapolis qui se dresse presque en ville symbole et qui résiste à l'ice. Pourquoi particulièrement Minneapolis d'après vous ? Et comment est-ce qu'on devrait qualifier ce mouvement ? Est-ce que ce sont des manifestations spontanées ou elles sont en train de se structurer ?
[00:02:24] Speaker 2: Alors le but des manifestations est de montrer effectivement qu'il y a des gens qui sont en train de se structurer. Alors le but des manifestations est de montrer effectivement qu'il y a des gens qui sont en train de se structurer. Qu'ils sont organisés, qu'ils n'ont pas peur du gouvernement fédéral et de sa police, y compris de son département de la justice qui est devenu une sorte aussi de bras armés, avec notamment des démissions de procureurs et même d'enquêtrices du FBI qui étaient chargés de vérifier les conditions dans lesquelles une militante, Renée Gould, avait été tuée à bout portant par un de ses agents de ICE. Effectivement, on a une focalisation sur le Minnesota qui remonte à la campagne de 2024 où Trump avait fait de cet État une cible, notamment parce que le colistier de Kamala Harris était le gouverneur de l'État du Minnesota, Tim Walz, qui d'ailleurs ne brigue pas un troisième mandat en 2026, pour la raison supplémentaire qu'il y a actuellement une enquête très large qui est menée sur un réseau de détournement de fonds publics. Ça a été lancé sous l'administration Biden en 2022 par le département de la justice qui, rappelons-le, est censé être politiquement indépendant. Et la ville de Minneapolis a été critiquée pour son système de sécurité sociale inspiré du modèle scandinave, ce qui n'est pas très courant aux États-Unis. Et dont ont profité apparemment des dizaines de personnes, toutes citoyennes américaines mais d'origine somalienne, qui ont détourné, comme je le disais, des millions de dollars d'aides publiques qui étaient normalement destinées, depuis la période de la pandémie, à nourrir les enfants. Et donc ça a évidemment représenté une sorte de point de campagne, d'allumant de campagne pour Trump qui a fait... ... Et donc, de cette cette exemple de fraude, un argument pour prouver, au reste de l'électorat, que si on élisait Kamala Harris et Tim Walz, cette corruption s'étendrait à l'ensemble du Pays. Les démocrates n'ont pas réagi parce que le bloc des Somaliens américains est important pour l'État de Minnesota en règle générale, et notamment pour les villes de Minneapolis et Saint-Paul, ce qu'on appelle les villes jumelles... Conséquent, il y a eu une sorte de flou qui a amené notamment à cette cristallisation des critiques contre Tim Walz.
[00:05:02] Speaker 1: Et je reviens à ce que vous disiez précédemment sur ce département de la justice dont la position est problématique et qui s'était même dépêché de tirer des conclusions hâtives après la mort de René-Nicole Goode. Comment est-ce que vous voyez les choses, d'une part avec ce sentiment d'impunité qui habite les agents de la haie, cette banalisation de la force, est-ce qu'ils peuvent se retourner contre les Américains, même contre ces gens qu'on voit manifester dans la rue ? Est-ce qu'il peut y avoir une forme de violence qui les vise, eux, très rapidement, s'il vous plaît ?
[00:05:29] Speaker 2: C'est déjà le cas. On a déjà des gens qui sont plaqués au sol, qui sont menottés, qui protestent, qui sont citoyens américains, voire juges fédéraux, et les agents d'Aïs qui disent « j'en ai rien à faire ». Merci, merci d'avoir été concis sur la fin.
[00:05:43] Speaker 1: Cécile Coquemococo, merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions sur France 24.
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