[00:00:00] Speaker 1: Et notre focus de ce samedi soir s'intéresse à ceux qui partent, à ces hommes, ces femmes, africains pour la plupart, qui quittent leur pays dans l'espoir d'un avenir meilleur et se retrouvent confrontés aux réalités brutales des frontières et de l'administration. Des parcours invisibles faits d'attentes, de silence, de lutte pour exister. Une bande dessinée collective idée noire donne la parole à ceux qu'on entend rarement des sans-papiers africains qui racontent eux-mêmes leur exil. C'est une autre façon d'aborder l'immigration ce soir. Et pour en parler, on reçoit deux membres du collectif Baraka Grafica. Merci à vous d'être avec nous, Margot Perram et Alberto Isifine Chama. Voilà, merci à vous deux. Je voudrais commencer par Margot, justement, Perram. Dites-nous comment est née tout simplement cette bande dessinée ?
[00:00:55] Speaker 2: Alors, cette bande dessinée est née... à la faveur d'ateliers de dessin qui ont lieu dans cette pièce, là où nous sommes maintenant, qui est une pièce de l'occupation de la voie des sans-papiers, donc le collectif de militants dont Alberto fait partie. Donc, ça a commencé par des ateliers de dessin sans vraiment de but très précis, il y a quatre ans. Un peu plus de quatre ans. Et puis, progressivement et avec l'aide de Thierry Van Asselt, qui nous suit depuis le début sur le projet, après quelques magazines de plus petit format, ça s'est concrétisé par l'édition de cette bande dessinée. De cette bande dessinée. Pardon ? Oui, allez-y, allez-y. Oui, non, désolée, il y a eu un petit décalage de son. J'ai terminé.
[00:01:57] Speaker 1: OK. Alors, j'aimerais entendre Alberto Tchama à présent, parce que souvent, effectivement, les sans-papiers, on ne les entend pas parler directement. Là, c'est ce qui change dans cette bande dessinée. Qu'est-ce que ça change pour vous, justement, quand ce sont les sans-papiers eux-mêmes qui écrivent et qui dessinent leurs récits ?
[00:02:20] Speaker 3: Justement, et comme vous l'avez dit, en tant que personne sans-papiers, et ici en Belgique, ça fait des années qu'on a avec notre collectif, donc le fait d'avoir participé aussi à écrire notre l'histoire et de le faire dessiner aussi en tant que personne concernée des sans-papiers, c'est une fierté à savoir qu'il y ait cette histoire, qu'on peut laisser la trace aussi, quelle que soit la situation administrative qu'on a ici en Belgique, mais on continue à lutter, à savoir quand même montrer notre compétence et la capacité aussi qu'on a et se placer dans ces pays-là. Mais surtout, laisser l'exemple aussi pour tous les pays européens, il y a d'autres migrants aussi qui se trouvent dans d'autres pays, et pourquoi pas d'avoir montré cet exemplaire aussi à d'autres étrangers qui se trouvent là-bas. Merci.
[00:03:26] Speaker 1: On vous entend très bien. Une chose qui frappe, moi je vais vous dire par exemple ce qui m'a plu dans la bande dessinée au départ, c'est vraiment au début de chaque histoire, il y a un passeport qui est dessiné de chaque personnage, et j'ai beaucoup aimé ça parce que finalement on parle de sans-papiers, mais ils ont des papiers, ils n'ont pas peut-être des papiers européens, mais ils existent. C'est comme si en faisant ça, vous leur rendez une part de leur humanité. Est-ce que ça aussi, c'était important pour vous ?
[00:04:04] Speaker 3: Ben oui, si on parle des passeports, donc on a déjà notre passeport de notre pays, mais ici, le système mis en place, c'est juste que c'est ça aussi qu'avec un nom, nommer ici une personne étrangère, on le considère, on le nomme un nom que soi-disant vous êtes des sans-papiers, mais nous sommes tous des personnes avec des papiers, et c'est pour ça aussi qu'on amène notre passeport, et ça montre aussi que si vous nous dites qu'on n'a pas de papiers, mais nous on a nos papiers.
[00:04:36] Speaker 1: Voilà, vous avez des papiers, peut-être pas les papiers estampillés européens ou autres, mais en tout cas vous avez des papiers. Margaux Peram, j'aimerais vous entendre sur, visuellement, la bande dessinée est néanmoins variée, même si on voit une unité, grâce aux noirs et blancs, comment vous avez travaillé à plusieurs mains, il y a huit auteurs, est-ce que cette diversité de styles, c'était aussi fait exprès pour refléter quelque part la diversité des parcours ?
[00:05:07] Speaker 2: Oui, alors comme je disais, la bande dessinée n'a pas tout à fait notre premier travail tous ensemble, donc on a eu le temps de trouver notre style, je vais dire, par le biais d'autres publications plus artisanales, et effectivement, quasiment sur chaque page, les huit personnes ont dessiné, c'est assez naturel entre nous, on ne décide pas forcément à l'avance de qui va dessiner quoi, c'est un peu sur le moment, avec le temps, c'est un peu sur le moment, avec le temps, avec le temps, avec les envies de chacun, et effectivement, le crayon permet d'avoir une unité quand les éléments pourraient être un peu contrastés les uns des autres, l'ajout des volumes, des ombres, etc. crée l'unité des différents éléments.
[00:06:13] Speaker 1: Alors, comment ce livre circule aujourd'hui ? Est-ce que vous imaginez une suite, que ce soit d'autres bandes dessinées, des ateliers, ou même une adaptation à travers un autre médium, comme une pièce de théâtre, quelque chose ?
[00:06:26] Speaker 2: Alors, effectivement, on a des contacts un peu dans le théâtre, mais pour l'instant, ce n'est pas d'actualité. Là, pour l'instant, effectivement, on va animer des ateliers, je crois, en mars, à la Fête du Livre de Bruxelles, avec plutôt de jeunes publics, et on va aussi, normalement, en 2027, participer à une exposition dans un centre d'art contemporain, ici, à Bruxelles. Donc, ce n'est pas tout à fait le même médium que la bande dessinée, qui est plutôt éditoriale. On nous a invités, donc on ne sait pas encore exactement ce qu'on va faire, mais voilà, on va être plutôt dans des œuvres plastiques qui s'accrochent aux murs. Très bien. On réfléchira à tout ça.
[00:07:18] Speaker 1: On le note. Alberto Tiamat, rapidement, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour la suite ?
[00:07:31] Speaker 3: Juste pour donner la visibilité aussi, la continuité, et d'avoir notre papier pour notre motivation aussi, à ces exemplaires-là qu'on a laissés aussi, qu'on a donnés, et pourquoi pas de vraiment avoir réussi beaucoup plus par rapport à celles-là, et qu'on soit sortis de ça, et ce qu'on est en train de penser à obtenir.
[00:07:58] Speaker 1: OK, on vous entend. Merci. On vous souhaite le meilleur de toute façon. Idées noires, justement, la bande dessinée, Baraka Grafica. Merci beaucoup. Merci d'être venu sur le journal de France 24. C'est ainsi que nous fermons cette édition. Merci à tous ceux qui nous ont suivis partout dans le monde, d'Abidjan à Bangui, en passant par Bruxelles. Restez avec nous, car l'actualité continue sur France 24. Merci.
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