Bonaire residents win landmark climate case vs Netherlands (Full Transcript)

A Dutch court orders binding emissions cuts and stronger adaptation to protect Bonaire, highlighting growing climate litigation and state duties under Paris.
Download Transcript (DOCX)
Speakers
add Add new speaker

[00:00:04] Speaker 1: Bonjour Audrey, merci d'être là. On va parler aujourd'hui avec vous de justice climatique parce que des habitants d'un territoire d'outre-mer néerlandais ont réussi à faire condamner les Pays-Bas. Un tribunal a reconnu que le pays ne faisait pas assez justement pour protéger l'île de Bonaire face aux effets du changement climatique.

[00:00:21] Speaker 2: Oui, l'île de Bonaire est située dans les Caraïbes au large du Venezuela et des habitants de cette île qui est donc assaillie par la montée des eaux et les difficultés météorologiques dans les Caraïbes se sont associés à Greenpeace pour intenter ce procès à l'État néerlandais. Le tribunal de l'AE a condamné l'État dans les deux volets de l'atténuation, c'est-à-dire que le tribunal a ordonné au gouvernement néerlandais de fixer au pays des objectifs contraignants de réduction des gaz à effet de serre et de l'adaptation au changement climatique, c'est-à-dire qu'il doit faire plus pour protéger Bonaire. Le tribunal a reconnu les fragilités particulières de ce territoire insulaire. Écoutez cette décision.

[00:01:05] Speaker 3: Il existe des différences géographiques et climatiques importantes entre Bonaire et les Pays-Bas européens. L'égalité de traitement ne signifie pas que les mêmes mesures doivent être prises dans les deux régions, mais que des politiques appropriées doivent être élaborées et mises en œuvre. Les mesures prises pour Bonaire ont pris du retard par rapport à celles prises pour les Pays-Bas européens, alors que les différences entre Bonaire et la métropole rendent l'élaboration d'une politique climatique pour Bonaire encore plus urgente.

[00:01:34] Speaker 2: Et en quoi, Audrey, cette décision est historique ? Eh bien parce que c'est la première condamnation d'un État pour inaction climatique depuis que la Cour internationale de justice a rendu un avis consultatif. C'était à l'été dernier. On va voir cet avis. Et la Cour a déclaré que la coopération entre États est la pierre angulaire d'une action internationale effective en matière de changement climatique. La Cour reconnaît que le devoir de coopérer laisse aux États une certaine discrétion quant aux moyens qu'ils choisissent pour réguler leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour autant, et c'est là que c'est important, ceux-ci ne sauraient s'abriter derrière cette discrétion pour se dispenser de coopérer avec le niveau de diligence requise. Qu'est-ce que ça veut dire ? Eh bien que les États sont tenus de réguler leurs émissions. Même les États-Unis de Donald Trump, même s'ils ont quitté l'accord de Paris. Sinon, eh bien la Cour prévient toujours dans cet avis qu'elle pourrait condamner ces États à verser des réparations aux pays victimes de catastrophes climatiques. La justice climatique, elle est relativement récente. Le premier procès, c'était déjà aux Pays-Bas. C'était en 2015, donc l'année de l'accord de Paris. La fondation Urgenda avait attaqué le pays qui ne faisait pas assez pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Et la fondation avait gagné. Mais quelle est l'efficacité réelle de ces procédures ? Eh bien, j'ai posé la question à une juriste de Notre Affaire à Tous. Ça, c'est une ONG qui a mené et remporté un recours contre l'État français en inaction climatique.

[00:03:03] Speaker 4: Forcément, le droit ne peut pas faire la révolution. Je ne vais pas vous dire que le droit par lui seul va permettre d'endiguer la crise climatique. Mais par contre, c'est un outil et c'est un outil puissant. C'est un outil puissant puisqu'on l'a vu. Donc, cette décision du tribunal de district de la Haie, c'est la deuxième décision d'ampleur en matière climatique. La première était en 2015. Elle s'appelle Urgenda. Et ça a été la première décision climatique en Europe. Et de cette décision sont nées après, dans le prolongement, quelque part, des nouveaux procès climatiques un peu partout dans les pays de l'Union européenne, notamment en France avec l'affaire du siècle. Ça a aussi permis, et on voit les conséquences, puisque les Pays-Bas ont pris des objectifs climatiques. Suite à cette décision, on a enclenché un certain nombre de politiques publiques de diminution de leurs émissions qui sont insuffisantes, mais qui n'auraient pas été enclenchées s'il n'y avait pas eu ce procès devant ce tribunal de district de la Haie.

[00:04:04] Speaker 2: Alors, ce que me disait Adeline Paradès, c'est qu'en attaquant l'État français devant la justice internationale pour le forcer à se conformer à ses obligations en matière climatique, eh bien, l'association le protégeait en quelque sorte d'éventuels futurs procès. En poursuite, devant la Cour internationale de justice, cette association, elle attaque d'ailleurs une nouvelle fois l'État français en ce moment même pour qu'il fasse ce qu'ils appellent sa part juste de l'effort mondial pour le climat. Voilà, décision prise après la COP 30 qui a été malheureusement pas très efficace en matière de réduction des gaz à effet de serre.

[00:04:40] Speaker 1: Et ces condamnations, Audrey, il y en a de plus en plus.

[00:04:42] Speaker 2: Oui, il y a un effet d'entraînement, en fait, de voir que les institutions judiciaires tranchent. C'est-à-dire des citoyens et des associations contre les États. Selon le programme des Nations unies pour l'environnement, ce genre de procès a augmenté de 75% entre 2017 et 2020, au début du Covid. Tous ces procès, ils donnent du poids, en fait, à l'accord de Paris. Les pays se sont engagés en 2015 à lutter contre le réchauffement climatique, à limiter le réchauffement à 2 degrés et, si possible, à 1,5 degré. Donc aujourd'hui, ils peuvent être tenus pour responsables devant des instances judiciaires du non-respect, et de cette promesse qui a été faite et signée. Et si le réchauffement climatique paraît encore bien abstrait pour certains, eh bien, ces décisions, elles rendent les choses concrètes, en fait. Parce qu'on va voir avec cet exemple des retraités suisses qui étaient inquiètes pour leurs petits-enfants et qui avaient attaqué leur État devant la Cour européenne des droits de l'homme. Eh bien, la justice européenne leur a donné raison et estimé que leur droit à une protection de l'État pour le respect de leur santé, de leur bien-être, de leur qualité de vie, n'était pas respecté. Vous voyez ainsi que les justices nationales et extra-nationales inscrivent comme une certitude dans leurs décisions, et non pas une supposition, les graves conséquences à venir de notre retard dans la lutte contre le changement climatique. Merci beaucoup, Audrey. Merci pour cette chronique.

ai AI Insights
Arow Summary
Discussion on a landmark climate justice ruling: residents of Bonaire, a Dutch overseas territory in the Caribbean, with Greenpeace, won a case ordering the Netherlands to strengthen both mitigation (binding GHG reduction targets) and adaptation measures to protect Bonaire, recognizing its particular vulnerabilities. The segment situates the decision within the growing field of climate litigation, referencing the ICJ’s recent advisory opinion on states’ duty to cooperate and regulate emissions, potential reparations, and earlier landmark cases like Urgenda (2015) and France’s “Affaire du siècle.” A jurist notes law can’t solve the crisis alone but is a powerful tool that spurs public policy. The piece highlights a rise in climate lawsuits and cites the European Court of Human Rights ruling for Swiss elderly women, affirming states’ obligations to protect health and well-being against climate harms.
Arow Title
Bonaire ruling: Dutch state condemned for climate inaction
Arow Keywords
climate justice Remove
Bonaire Remove
Netherlands Remove
Greenpeace Remove
climate litigation Remove
mitigation Remove
adaptation Remove
sea level rise Remove
International Court of Justice Remove
Paris Agreement Remove
Urgenda Remove
Notre Affaire à Tous Remove
Affaire du siècle Remove
European Court of Human Rights Remove
state obligations Remove
Arow Key Takeaways
  • Bonaire residents and Greenpeace secured a court order against the Netherlands for insufficient climate action.
  • The ruling covers both emissions mitigation (binding targets) and adaptation (greater protection for Bonaire).
  • Equal treatment can require different, tailored measures for vulnerable territories.
  • The ICJ advisory opinion reinforces states’ duty to cooperate and regulate emissions with due diligence, with potential reparations for harm.
  • Climate litigation has expanded rapidly and helps operationalize Paris Agreement commitments.
  • Past cases like Urgenda and France’s climate inaction rulings have influenced broader waves of lawsuits and policy shifts.
  • Courts increasingly recognize climate harm as a concrete threat to rights, health, and quality of life (e.g., Swiss seniors at the ECHR).
Arow Sentiments
Neutral: Informative and analytical tone, emphasizing legal developments and obligations; concern about climate impacts and policy insufficiency but presented as factual reporting.
Arow Enter your query
{{ secondsToHumanTime(time) }}
Back
Forward
{{ Math.round(speed * 100) / 100 }}x
{{ secondsToHumanTime(duration) }}
close
New speaker
Add speaker
close
Edit speaker
Save changes
close
Share Transcript