Camélia’s suicide spotlights gaps in anti-bullying efforts (Full Transcript)

After 17-year-old Camélia’s death, a report and advocate warn that training, sanctions, and program rollout lag behind growing awareness of bullying.
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[00:00:00] Speaker 1: Bienvenue dans votre magazine, elle s'appelait Camélia, elle avait 17 ans et la vit devant elle. Mais le 13 janvier dernier, la souffrance est telle qu'elle met fin à ses jours. Lycéenne en classe de terminale, Camélia se disait victime de harcèlement scolaire depuis décembre 2025 à Mitrimori. La commune où elle vivait, l'émotion est toujours aussi grande. Anthony Joly.

[00:00:22] Speaker 2: Dix jours après le suicide de Camélia, l'atmosphère est toujours empreinte du drame à Mitrimori. Les fleurs et les petits mots devant le lycée où elle était scolarisée, la voiture de police en stationnement et les pensées des élèves, toutes tournées vers la jeune fille.

[00:00:37] Speaker 3: De dire que ça arrive dans notre lycée aussi proche de nous alors qu'on pensait que ça arrivait qu'aux autres, ça a fait bizarre.

[00:00:43] Speaker 4: Ça a été un choc pour l'ensemble du lycée. On essaye de reprendre un peu à la normale mais c'est compliqué quand même parce que même les profs sont chamboulés.

[00:00:50] Speaker 2: Le 13 janvier, Camélia, 17 ans, met fin à ses jours dans cette gare. L'élève de terminale se disait victime de harcèlement scolaire. Depuis plus d'un an, le jour du drame, Camélia est reçue par le proviseur pour parler de ses problèmes. D'après le journal Le Parisien, voici les messages qu'elle envoie à sa mère après l'entretien.

[00:01:08] Speaker 5: Ils ont dit que c'est moi la fautive et que j'aurai une sanction disciplinaire. Je t'aime de tout mon cœur. Il a dit que je me victimise.

[00:01:16] Speaker 2: 45 minutes après, la jeune fille se suicide. Une enquête a été ouverte. La famille a porté plainte contre le proviseur et les harceleurs présumés. Au-delà du lycée, c'est tout Mitrimori qui est chamboulé. Cette mort soudaine. La famille de la jeune fille venait souvent dans cette boulangerie. Alors, pour témoigner son soutien, le gérant offre des friandises et une baguette de pain à chaque client.

[00:01:37] Speaker 6: C'est juste un geste solidaire pour la famille, pour montrer aussi qu'on est avec eux dans cette épreuve. C'était une jeune du quartier, donc forcément, ça nous a tous émus et tous touchés d'apprendre cette disparition.

[00:01:54] Speaker 2: Le geste symbolique est apprécié.

[00:01:57] Speaker 4: Vous savez, ça fait mal au cœur. Et puis, je pense que c'est une bonne initiative, déjà, pour sa mémoire.

[00:02:04] Speaker 2: Dimanche matin, une marche blanche est organisée en hommage à l'adolescente, à l'initiative de la famille. Avec un mot d'ordre, ensemble contre le harcèlement scolaire.

[00:02:14] Speaker 1: Et on n'a qu'un autre invité sur ce plateau, c'est vous, Nora Thirane. Bonjour à vous. Merci d'être avec nous. Vous êtes la présidente de l'association Marion. La main tendue, cette association, porte le prénom de votre fille, Marion, victime, elle aussi, de harcèlement au collège. Marion, en grande souffrance en février 2013, vous racontez cette histoire, la vôtre, dans cet ouvrage. Voilà, Marion, 13 ans pour toujours, aux éditions Calment les vies. Je le disais, vous menez ce combat contre le harcèlement scolaire au sein de cette association. Il y a eu Marion, il y a eu Nicolas, il y a eu tant d'autres enfants, jusqu'à Camélia aujourd'hui. Un drame effroyable et le constat, sans doute, d'un échec collectif, d'abord. De se dire que ses enfants ne sont pas protégés aujourd'hui face au harcèlement. Le harcèlement scolaire qui continue.

[00:02:58] Speaker 7: Oui, parce que c'est un échec collectif, parce qu'en 2013, quand Marion est décédée, on n'en parlait pas. On parlait de violences en milieu scolaire, de faits divers. Aujourd'hui, ce n'est plus un tabou. Le mot, il est posé par vous, par nous, par les parents, par les enfants. Donc, oui, c'est un constat d'échec, d'échec collectif. Oui, absolument.

[00:03:17] Speaker 1: Quand vous écrivez cet ouvrage, derrière la couverture, il y a ce chiffre que vous annoncez en 2015. Vous l'écrivez en 2015, ce livre. Un élève sur dix est victime de harcèlement à l'école. Aujourd'hui, c'est un sur six, d'après les derniers chiffres de Santé publique France. Comment vous les regardez, ces chiffres en hausse ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

[00:03:35] Speaker 7: Mais déjà, en 2015, moi, je reprenais les chiffres du ministère de l'Éducation nationale qui nous indiquaient que 10% des enfants étaient victimes de harcèlement, soit plus d'un million d'élèves tout de même. Et nos derniers chiffres à nous de notre baromètre, c'est un élève sur cinq au collège et au lycée. Et en effet, Santé publique France indique un élève sur six, c'est-à-dire en moyenne 4 à 5 enfants par classe de 25. Donc, ça veut dire que je ne dis pas qu'à l'époque, je ne dis pas que les chiffres ont augmenté, mais je pense que ce n'était pas mesuré comme on le mesure aujourd'hui avec la connaissance du sujet. Parce que c'est difficile pour un enfant de dire qu'il est harcelé alors qu'il ne connaît pas la définition et qu'on lui a toujours dit que c'était des jeux d'enfants, que ça allait passer et que ça n'était pas grave. Donc, aujourd'hui, je pense que la parole s'est libérée.

[00:04:16] Speaker 1: On fait bien la distinction entre des taquineries, des chamailleries et un harcèlement caractérisé. Oui, les enfants comprennent. Oui, oui, tout à fait.

[00:04:22] Speaker 7: D'abord, ils ont compris la répétition, ils ont compris qu'il y avait de la souffrance. Et ils minimisent toujours les enfants. Ce sont mes amis, c'est pour rigoler parce qu'ils sont dans le déni et puis ils veulent garder leur amitié. Non, non, ils ont bien conscience que dans notre enquête, on interroge aussi pour la première fois des harceleurs en leur demandant pourquoi tu t'es mis dans ce groupe parce que c'est une dynamique de groupe. À l'époque, on ne savait pas que c'était une dynamique de groupe. Donc, les enfants disaient c'est mon copain, ce n'est plus mon copain. Donc, ils confondaient harcèlement et conflit parce que des conflits, il y en a. Et voilà, oui, aujourd'hui, ils le savent très bien. Et on sait aujourd'hui que deux tiers des harceleurs sont d'anciennes personnes victimes. Ça veut dire que comme on ne les a pas pris en charge, à un moment, la meilleure défense, c'est parfois l'attaque. Et l'appartenance au groupe à partir du collège est plus forte que l'empathie qu'on peut avoir pour son semblable.

[00:05:08] Speaker 1: Et on revient à la famille de Camélia. Sa maman, son oncle ont pourtant dit qu'ils avaient tout bien fait. C'est-à-dire que des courriers avaient été envoyés, des alertes avaient été mises. On sait d'ailleurs à travers les échanges, les derniers échanges que Camélia a eu avec sa maman, que tout avait été fait. Et pourtant, à la fin. Cette jeune fille met fin à ses jours, plutôt à ses souffrances. Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui dysfonctionne d'après vous dans les écoles ? On sait que des dispositifs ont été mis en place. On a parlé du dispositif phare déployé depuis 2022. Est-ce que ça marche ? D'abord, vous, vous avez suffisamment de connaissances là-dessus. Est-ce que ça marche ? Est-ce que c'est installé dans toutes les écoles ou pas ?

[00:05:49] Speaker 7: Alors, pour les parents, oui, ils ont fait ce qui semblait devoir être fait, comme tous les parents. Donc moi, je dirige une association. Donc on forme à la fois des enseignants, des élèves en France et à l'étranger pour déployer ce programme phare, mais plus encore. Les parents connaissent bien le protocole. Donc d'un point de vue de communication institutionnelle, ça y est, ça fonctionne. Mais à un moment, ça déraille. C'est-à-dire que l'enfant, une fois sur deux, n'en parle jamais. Et là, il a la chance. Les parents, je dis, c'est une chance d'entendre son enfant qui nous dit « je subis ça ». Ça veut dire qu'on peut actionner le protocole. Et qu'à un moment, la parole de l'enfant et la parole de la famille n'est pas comprise. Par qui ? Par les membres de la communauté éducative. Alors non pas parce que c'est intentionnel, en disant « je n'ai pas envie de les écouter ». C'est parfois par méconnaissance du phénomène. On a aussi les enseignants qu'on interroge dans chacun de nos baromètres. Et le chiffre ne baisse pas à 65%. Ils disent qu'ils ne sont pas formés et qu'ils sont démunis face à ce phénomène. Donc c'est parfois une méconnaissance du sujet. Aussi parce que nous, les adultes, de manière générale, on ne se met pas à hauteur d'enfant. On minimise. Mais pour un adulte, on ne dira jamais « c'est une petite gifle, c'est une petite violence conjugale, c'est un petit viol ». Mais pour les enfants, comme ils disent souvent, ce n'est pas parce qu'on est petit qu'on a des petits soucis. Et puis souvent, les enfants, comme je l'écrivais dans « Marion 13 ans pour toujours », je crois qu'à un moment, ils ont ce que j'appelle le courage du désespoir. C'est-à-dire qu'ils mettent... Je vais être émue. Parce que c'est compliqué quand même d'être porte-parole d'une association et de parler de décès. Moi, je suis là pour sauver des vies à mon humble niveau. C'est partie de votre histoire aussi, ce combat ? C'est une mission aujourd'hui, oui, oui, oui. Je vais faire plein d'autres choses, mais là, je consacre une grosse partie de ma vie à ça. C'est que nos enfants, ils nous le disent parce que... Par exemple, moi, je pars à l'étranger lundi, former des élèves ambassadeurs dans un lycée français de l'étranger et tous les autres. Ils disent « Avec vous, on peut le dire parce qu'on l'a dit et on ne nous a pas cru. » Et moi, je leur dis « Je vous crois. Et maintenant, comment on va prendre en charge ? » Donc cette souffrance de nos enfants, il faut la comprendre, il faut l'accompagner, il faut la prendre en charge. Qu'est-ce qui fonctionne ? C'est que d'abord, il n'y a pas de sanction. Et la sanction, elle a valeur de réparation pour la personne victime et aussi pour les auteurs.

[00:07:49] Speaker 1: Et pourtant, depuis 2022, Nora Thiran, le harcèlement scolaire, est considéré comme un délit. Donc on avance ?

[00:07:56] Speaker 7: Oui, mais pardon d'être un peu radicale. C'est la loi en tout cas. Oui, la loi, elle empêche aussi les viols, les féminicides, elle empêche les cambriolages. Moi, quand je dis aux enfants « Voilà ce que dit la loi », mais je ne peux pas dire qu'elle les protège aujourd'hui. Il n'y a quasiment pas de condamnation. Les faits ont eu du mal à être caractérisés. Donc ce que je veux dire, c'est que les parents ont fait ce qu'ils avaient à faire. Et justement, c'est terrible parce que nous, parents, on culpabilise quand ça dysfonctionne parce qu'on se dit « Je n'ai pas été convaincant, je n'ai pas réussi. Je n'ai pas réussi à l'accompagner. » Et les enfants, il faut continuer à en parler. Et le programme phare, oui, moi j'y ai participé dans l'élaboration. On l'a élaboré, imaginé pour les écoles primaires et les collèges. Jamais pour les lycées. C'est-à-dire qu'en lycée, c'est quelque chose de particulier. Le collège, c'est un collège unique. Donc je ne peux pas vous dire que ça fonctionne dans les lycées, puisqu'on l'a testé dans les collèges, que ce système n'a pas été évalué, et que c'est un dispositif qui doit permettre surtout aux enseignants d'être formés. Et quand vous posiez la question au début, est-ce que tous les établissements l'ont ? Non. Peut-être qu'au moment où je vous parle, oui. Et demain, non, parce que c'est mouvant, parce que les personnels bougent, parce que ça manque de formation sur le terrain, parce qu'il n'est pas complètement développé avec les parents ambassadeurs. Donc il faut arrêter de dire 100% des établissements, parce que vous savez, dans la vie, il n'y a rien de plus déceptif qu'une fausse promesse et une surpromesse. Mais il faut continuer à en parler. Mais vraiment, je dirais aux parents, tous les parents, et ceux de Camélia et tous les autres, que vous n'y êtes pour rien, que la culpabilité va vous accompagner longtemps, que vous serez en deuil illimité, mais qu'un jour, la lumière revient.

[00:09:32] Speaker 1: Merci beaucoup, Nora Thirade. Merci d'être passée par le plateau de France 24. Je renvoie votre ouvrage, Marion, 13 ans pour toujours, et puis l'association que vous présidez, Marion, la main tendue. Merci beaucoup.

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Arow Summary
A France 24 segment recounts the suicide of Camélia, 17, in Mitrimori after alleged prolonged school bullying, highlighting community grief, an ongoing investigation, and a family complaint against the principal and presumed harassers. The report includes testimony from students, local solidarity actions, and a planned memorial march against bullying. In studio, Nora Thirane, president of the association “Marion, la main tendue” and mother of a bullying victim who died in 2013, argues the tragedy reflects a collective failure: despite greater awareness and legal recognition of school bullying as an offense since 2022, schools remain underprepared. She notes increased reporting as definitions are better understood, emphasizes bullying’s group dynamics, that many bullies were once victims, and stresses persistent lack of staff training, insufficient sanctions, uneven implementation and evaluation of the “programme pHARe,” especially in high schools. She urges listening to children, avoiding minimization, supporting families burdened by guilt, and improving training, accountability, and real-world enforcement.
Arow Title
Camélia’s death reignites debate on school bullying response
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Arow Key Takeaways
  • Camélia, 17, died by suicide after reporting school bullying; an investigation and legal complaints are underway.
  • The local community and students remain deeply affected, organizing tributes and an anti-bullying march.
  • Awareness of bullying has improved, which may increase reporting, but institutional responses still often fail victims.
  • Bullying frequently involves group dynamics; a significant share of perpetrators were previously victims.
  • Many educators report being insufficiently trained and feeling powerless to handle bullying cases.
  • Legal classification of bullying as an offense since 2022 has not yet translated into consistent consequences or protections.
  • The pHARe anti-bullying program is unevenly implemented and not properly evaluated for high schools.
  • Adults must avoid minimizing children’s suffering and ensure victims are believed and supported.
  • Families often experience lasting guilt; support systems and clearer accountability are needed.
Arow Sentiments
Negative: The segment is dominated by grief, shock, and indignation following a teenager’s suicide, alongside criticism of systemic failures in prevention, training, and enforcement, with a somber but determined call to act.
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