Can US science remain a superpower under Trump? (Full Transcript)

France 24 explores 2025 US research cuts, academic constraints, a pivot to AI, and whether Europe can benefit from a potential researcher exodus.
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[00:00:00] Speaker 1: Pour l'analyse, on va à présent parler d'un secteur qui a été torpillé justement par Donald Trump. Coupe budgétaire massive, liberté académique contestée, la recherche scientifique américaine a subi, vous le savez, un choc sans précédent en 2025. Peut-elle survivre en 2026 ? Les Etats-Unis peuvent-ils rester une superpuissance scientifique sous Donald Trump ? Ces questions, Sofiane Aubin tente d'y répondre dans un article publié sur France24.com. Bonjour Sofiane, vous êtes sur ce plateau. Hier, Donald Trump a fêté sa première bougie depuis qu'il est de retour aux affaires. Dans quelle situation tout d'abord se trouve aujourd'hui la recherche aux Etats-Unis ?

[00:00:38] Speaker 2: Parfois, il y a des chiffres qui parlent mieux que les mots, Florent. 75% des chercheurs américains désiraient quitter les Etats-Unis, selon un sondage publié en mars dernier par la très sérieuse revue Nature. Ce n'est pas étonnant parce que c'est d'abord l'argent qui parle. Regardez un peu ces chiffres du New York Times. Le financement public dédié à la santé des minorités, moins 38%. La santé mentale, moins 31%. La lutte contre le cancer, moins 19%. Le message pour les chercheurs est insidieux. Si vous travaillez sur des sujets qui fâchent, le climat, le féminisme, l'antiracisme, attention, peut-être que vous n'aurez plus de subvention. Message insidieux ou alors très clair, les agences fédérales n'ont carrément plus le droit d'utiliser le terme dérèglement climatique. Moins d'argent, moins de liberté et moins de chercheurs aussi. Si vous prenez les National Institutes of Health, le secteur public de la santé, si vous voulez, ils ont déjà perdu 14% de leurs effectifs. Et ça, c'est une mauvaise nouvelle, bien évidemment, non seulement pour les Américains, mais aussi pour nous tous, parce que les États-Unis restent la locomotive scientifique du monde et que si cette locomotive est en panne, c'est toute la santé mondiale qui risque de trinquer.

[00:01:39] Speaker 1: Et les chiffres sont éloquents. Sofiane Trump unit une partie du monde scientifique. Par contre, il investit massivement dans la tech.

[00:01:46] Speaker 2: Regardez, c'est bien simple. Presque toutes les bourses doctorales ont été amputées. Et pendant ce temps-là, en informatique, il n'y en a jamais eu autant. Plus 48%. Et ce paradoxe, il s'appelle Donald Trump, ce monsieur qui promet littéralement la Lune à ses concitoyens, qui a juré de faire de l'Amérique, je cite, la nation la plus puissante de la Terre. Sauf que le président a un petit problème. C'est que depuis que nos ancêtres ont frotté des cailloux pour faire du feu, le vecteur de la puissance, celle pour être technique, est scientifique. Et voilà pourquoi Trump dit oui, au moins à la tech, d'autant que l'informatique quantique et surtout l'intelligence artificielle, ça promet d'en rapporter beaucoup et surtout ça promet d'en rapporter vite. En comparaison, la recherche fondamentale, je ne sais pas, par exemple en biologie, c'est lent et en plus ce n'est pas forcément lucratif parce qu'un chercheur, ça cherche, mais ça ne trouve pas forcément.

[00:02:33] Speaker 1: Est-ce que la recherche américaine en berne, ça peut être synonyme d'une opportunité pour l'Europe ? Est-ce qu'il y a une brèche ?

[00:02:41] Speaker 2: C'est la question qu'on se pose en Europe, question légitime. D'ailleurs, plusieurs dizaines de chercheurs américains ont déjà choisi la France en 2025. Mais alors attention, il y a au moins deux obstacles à surmonter. Tout d'abord, le salaire. Un professeur américain a un pouvoir d'achat. Jusqu'à deux fois supérieur à celui d'un collègue, par exemple, parisien. Deuxième obstacle, un chercheur, ce n'est pas juste un joli cerveau. C'est aussi une personne comme vous et moi, qui a peut-être une famille établie aux Etats-Unis, une famille qui parle anglais et d'accord, mener une brillante carrière à l'école normale supérieure, par exemple, que en anglais, pourquoi pas, mais vivre dans une ville comme Lyon sans parler français. Bonne chance. Que peuvent espérer les scientifiques du pays pour 2026, Sofiane ? Ils peuvent au moins miser sur la puissance des grandes universités américaines. En France, le CNRS est un agent public. Ça serait terminé, mais Harvard et L. Princeton sont assis sur des fonds qui sont essentiellement privés, et c'est pour ça qu'elles peuvent tenir. Mais je dirais que Trump a un adversaire encore plus puissant que Harvard. Ça s'appelle la réalité scientifique. Parce que je pourrais vous dire, les vaccins, Florent, ça ne marche pas, le réchauffement climatique, ce n'est pas vrai, la loi de l'attraction terrestre, c'est n'importe quoi. Sauf que si je lâche ce silo, il tombe, et il tombe parce qu'il est attiré par la Terre, et il tomberait même si j'étais président des Etats-Unis. Et il y a un exemple très sérieux, c'est la période Covid. Rappelez-vous, Donald Trump avait commencé par dire « c'est un canular », et puis le même Donald Trump, rattrapé par les sondages, et rattrapé surtout par la contagion pandémique, avait finalement reculé pour injecter 18 milliards de dollars dans une campagne de vaccination historique. Historique, mais un peu tardive quand même. Comme vous le savez, en 2020, il était battu par Joe Biden, en partie sur fond de mauvaise gestion pandémique. Donc cette année-là, la réalité scientifique versus Donald Trump, 1-0. Qu'est-ce que ça va donner en 2026 ? Eh bien, on va surveiller ça sur France 24, c'est promis.

[00:04:18] Speaker 1: Et on retrouve votre article sur notre site. France24.com. Merci, Sofiane. On repart à Davos pour écouter le président américain qui répond toujours aux questions.

ai AI Insights
Arow Summary
France 24 interview discusses the sharp downturn in US scientific research under Donald Trump in 2025, citing major federal funding cuts, constraints on academic freedom (including avoidance of climate terminology), and staff losses at NIH. While traditional and socially sensitive research areas (minority health, mental health, cancer, climate, feminism, anti-racism) face reduced support, funding for computer science rises, driven by fast-return priorities like AI and quantum. Europe may gain talent, but lower salaries and family/language ties are barriers. Elite US private universities may cushion impacts, yet scientific reality can force political reversals, as shown by Trump’s eventual COVID vaccine funding despite earlier denialism.
Arow Title
US Research Under Trump: Cuts, Constraints, and a Tech Pivot
Arow Keywords
United States Remove
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public health Remove
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COVID-19 vaccines Remove
Arow Key Takeaways
  • A significant share of US researchers considered leaving the country amid 2025 policy shifts.
  • Federal funding cuts hit public health research areas hard (minority health, mental health, cancer).
  • Politically sensitive topics (climate, feminism, anti-racism) are implicitly discouraged through funding and language restrictions.
  • NIH has already lost a notable portion of its workforce, threatening US and global health innovation.
  • Trump-era policy favors applied tech fields (AI/quantum) with faster economic returns over slower basic research.
  • Europe could attract US researchers, but salary gaps and family/language constraints limit mobility.
  • Private endowments at top US universities may buffer some damage, unlike fully public systems.
  • Scientific realities can force policy reversals, as seen during COVID when vaccine funding followed initial denial.
Arow Sentiments
Negative: The tone is largely alarmed and critical, emphasizing severe funding cuts, censorship-like constraints, researcher exodus risk, and global health repercussions, with only limited optimism tied to private university resilience and tech investment.
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