[00:00:00] Speaker 1: On va revenir évidemment sur cet exploit, celui de Thomas Coville. C'était ce week-end, le skipper a battu le record du Tour du Monde à la voile.
[00:00:06] Speaker 2: 40 jours, 10 heures et 45 minutes, c'est donc le temps qu'il aura fallu à Thomas Coville et ses 6 équipiers pour boucler ce Tour du Monde en passant par les 3 caps mythiques. Le cap de Bonne Espérance en Afrique du Sud, le cap Lewin en Australie, le cap Horn à la pointe de l'Amérique du Sud avant de remonter l'Atlantique vers le point de départ, Brest en Bretagne. Thomas Coville et son équipage accueillis, vous allez le voir hier, dans la rade du Port Breton à la mi-journée, porté par un dernier front, la tempête Ingrid, dont on a beaucoup parlé en France ce week-end, qui ne leur a laissé aucun répit dans les dernières heures de navigation dans le golfe de Gascogne. C'est donc un nouveau record pour un Tour du Monde à la voile. Il était détenu depuis 2017 par Francis Joyon. Ils ont été plus rapides d'une demi-journée à l'image d'un Tour du Monde. C'est évidemment pas... à l'échelle, pardon, d'un Tour du Monde, ça n'est évidemment pas grand-chose. Un homme heureux, en tout cas, une fois sur le terrain. Le ponton de retour sur le plancher des vaches, Thomas Coville, qui nous donne sa définition de la joie du bonheur. Écoutez.
[00:01:06] Speaker 3: On a du mal à déterminer ce que c'est que la joie. Mais la joie, c'est des moments très rares comme ça dans une vie, où, de façon collective, vous avez œuvré pour quelque chose, et elle aboutit en même temps pour tout le monde. Et ça, c'est... moi, je suis pas autre chose que... Je recherche ça. J'essaye d'éclairer ça. Et toute ma vie est tournée... Et aujourd'hui, je ressens cette joie de ces gens qui ont construit ça.
[00:01:33] Speaker 1: Voilà, c'est un exploit qui est rendu possible grâce aux skippers, mais pas que, on le sait bien, il y a le bateau.
[00:01:40] Speaker 2: Oui, un concentré de technologie, évidemment, et d'innovation technique. 32 mètres de long par 23 de large, 36 mètres de hauteur de mâle à surface, des voiles 700 mètres carrés par rapport au premier record, qui avait été établi en 1993. On a gagné 39 jours. C'est deux fois plus... C'est plus rapide qu'en 1993. C'est donc un trimaran ultra-puissant, quasiment tout carbone, construit pour battre des records. La principale innovation de ce bateau, c'est la position du cockpit en avant du mât, totalement conçu autour du skipper, pour que tout soit à portée de main très rapidement. Deux atouts, l'amélioration de la visibilité pour le skipper, et le déplacement du centre de gravité, qui permet de gagner en performance et améliore la stabilité du bateau. Ça donne plus de confort pour l'équipage dans cet espace de vie, et ça, c'est un des plus grands atouts de la vie. C'est un bateau intérieur qui ne dépasse pas les 9 mètres carrés. Il y a moins de secousses, les nuisances sonores sont diminuées, on a moins l'impression d'être dans un shaker ou dans le tambour d'une machine à laver. Ça optimise la récupération des marins, surtout lorsqu'on mène le bateau à des allures assez folles, assez impressionnantes. 45 nœuds, c'est 83 km heure. Des vitesses que ce débat peut atteindre grâce à ces folles. On en a déjà parlé, ces fameux appendices situés à bas bord et tribord sur les flotteurs. C'est folle qui plonge. Sous la surface de l'eau, ça permet de hisser le bateau hors de l'eau et d'avoir moins de traces hydrodynamiques et d'augmenter la vitesse. On parle de 7 hommes à bord, 7 équipiers. On oublierait presque que le bateau, c'est quasiment le 8e homme de cette aventure. Attentif, c'est marin à chaque soubresaut, chaque bruit suspect. Un trimaran dont il a fallu prendre soin à chaque instant pendant ces 40 jours de mer. Quelques frayeurs pour l'équipage, notamment dans les mers du Sud, dans le Grand Sud, avec des rencontres que tout marin... préfèrent éviter. Rien d'autre.
[00:03:40] Speaker 4: Putain, c'est impressionnant celui-là.
[00:03:45] Speaker 5: Ouais, ouais, c'est impressionnant. Pas très rassurant non plus. Là, on en voit deux. Robert Heisberg ? Non, j'ai vu le sujet. Ah ouais ?
[00:04:03] Speaker 4: Tant qu'on n'en a pas vu... C'est un peu abstrait, mais quand on en a vu, ça devient la réalité de la zone. Un petit gros leurre d'une 15-20 mètres qui était à quelques milles du bateau. C'est pas ce qu'on voulait voir. C'est sûr que c'est, mine de rien, un gros, gros danger pour nous. C'est des choses qui sont très difficiles à détecter au radar, quasiment impossibles dès qu'il y a un petit peu d'état de mer. Mais c'est sûr que ça rajoute un petit peu de tension dans l'affaire, quoi.
[00:04:29] Speaker 1: On était en train de se demander, mais Heisberg, on va le faire revoir Titanic. Peut-être que ça va remettre l'église au centre du village. Nous, on a compris le danger avec Benoît. C'est quand même un record qui fascine les Français. On en a beaucoup parlé ici en France. Par contre, à l'étranger...
[00:04:43] Speaker 2: Oui, tous les grands médias nationaux et internationaux ici en France en ont parlé. Ils ont même ouvert leurs journaux sur cette info. France Info était même en direct hier à Brest en presse écrite. Thomas Coville est en ligne de l'équipe aujourd'hui. Et d'aujourd'hui en France, ça n'est absolument pas le cas dans la presse étrangère. On trouve quelques articles dans la presse spécialisée, quelques entrefilés au meilleur des cas dans la presse nationale. Alors, à quoi ça tient ? La voile et en particulier la course au large, c'est très franco-français. C'est même culturel. Tout le monde ici connaît le Vendée Globe, la Route du Rhum, le Trophée Jules Verne, dont les recordmen sont tous français. Hormis un autre. Néo-Zélandais à Lorient, à Brest, la Trinité-sur-Mer, Port-la-Forêt, les Sables d'Olonne. Vous pouvez approcher ces bateaux, ces géants des mers ainsi que leurs skippers. Dans ces villes, une partie de l'économie locale est même tournée vers la course au large. Ça va du concepteur de bateaux à l'architecte naval en passant par tous ceux qui conçoivent évidemment ces voiles. Pour un média étranger, ça reste un sport de niche avec un vocabulaire, des technologies qu'il faut savoir vulgariser pour le grand public. Alors quand on sait que sur la ligne de départ des plus grandes courses, on trouve pour la plupart du temps et en grande majorité des marins français, ça dissuade sans doute nos confrères français de traiter ces infos-là. Et puis la course au large, il n'y a que de spectaculaire. Eh bien le départ et l'arrivée, loin des yeux, loin du cœur. C'est vrai que pour par exemple la Coupe de l'América où ça se déroule sur un plan d'eau pas très loin des côtes, ça permet aux caméras et aux hélicoptères d'être présents. C'est moins le cas évidemment pour la course au large. Et puis si les skippers de la course au large qui envoient malgré tout de plus en plus de vidéos, c'est vrai que ça ne permet pas encore d'intéresser les médias étrangers. Et puis à tous ceux que je n'ai pas encore convaincus, la course au large vaut la peine d'être suivie pour ses aventures humaines, pour se reconnecter aussi à la nature. C'est quelques images de ce début.
[00:06:43] Speaker 1: Il a sorti le paquet là, Benoît Perrochet. C'est le breton qui parle, il faut le dire à nos téléspectateurs.
[00:06:48] Speaker 6: On regarde, pas meublé il paraît. Benoît Perrochet. Benoît Perrochet. Benoît Perrochet.
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