Fluopyram found in Hauts-de-France drinking water (Full Transcript)

An NGO reports fluopyram above quality limits in tap water; authorities dispute exposure scale as questions persist over toxicity, treatment, and persistence.
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[00:00:00] Speaker 1: — Bonjour, Audrey. — Bonjour, Raphaël. — Un fongicide a été détecté dans des quantités trop importantes dans l'eau du robinet de la région Hauts-de-France. 83 000 personnes seraient susceptibles d'en avoir consommé. C'est l'ONG Génération Futur qui lance l'alerte.

[00:00:21] Speaker 2: — Oui. Ce fongicide, c'est le fluopyram. Il est pour l'instant autorisé en Europe et en France. Mais sa toxicité pose question. On va le voir. L'ONG et l'Agence régionale de santé ne sont pas d'accord sur le nombre de personnes concernées. 46 communes selon Génération Futur. 30 communes selon l'ARS ont reçu de l'eau contaminée. Par ailleurs, l'ARS rappelle que le risque sanitaire du fluopyram n'est pas établi pour l'instant. En clair, on ne sait pas s'il est toxique. Dans le doute, normalement, il y a ce qu'on appelle en France le principe de précaution. D'autant regarder ce que nous dit Génération Futur, qu'il ne s'agit pas de simples traces de ce fongicide, mais d'une concentration en moyenne 4 à 5%. Plus élevé que la limite de qualité et jusqu'à 10 fois plus élevé dans 2 communes. L'ONG a repéré cette contamination à l'aide de son outil de suivi de la qualité de l'eau que vous pouvez aller consulter. C'est dansmoneau.fr et qui est basé, cet outil, sur les analyses de qualité de l'eau menées par les agences régionales de santé. Vous voyez dans cette carte que dans des zones étendues du nord de la France, il y a du rouge. Le rouge, c'est la consommation de l'eau du robinet qui est déconseillée. Toute ou partie de la population.

[00:01:29] Speaker 1: Pour revenir à cette alerte de l'ONG, Audrey, qu'est-ce que le fluopyrame ?

[00:01:33] Speaker 2: C'est un fongicide. Il va agir contre les champignons, les moisissures qui attaquent les cultures. Il est présent dans 37 produits phytosanitaires utilisés en France par les agriculteurs pour traiter les céréales, les pommes de terre, les betteraves, les arbres fruitiers, etc. Il est toujours autorisé parce qu'en 2013, une évaluation de l'Agence européenne de sécurité des aliments n'a pas démontré, toxicité particulière de cette molécule. Mais l'an dernier déjà, 30 ONG avaient demandé son interdiction en urgence. Et l'Autriche a déposé une demande officielle auprès de l'Agence européenne des produits chimiques pour que le fluopyrame soit classé suspect cancérigène. Sur les inquiétudes que soulève cette molécule, je laisse la parole à Pauline Servan. Elle est toxicologue pour Génération Futur.

[00:02:18] Speaker 3: Le fluopyrame, c'est un fongicide qui appartient à la famille des SDHI. C'est une famille de fongicides qui ont un mode d'action commun. Ils vont agir sur une enzyme et qui vont inhiber la respiration au niveau des cellules. Le problème, et pourquoi les scientifiques sont très préoccupés par ces substances et par ce mode d'action, c'est que cet effet n'est pas spécifique aux champignons. Ces fongicides ont aussi la possibilité, la capacité d'interagir avec les cellules humaines. Et ce mode d'action peut avoir un impact aussi chez l'homme. C'est pour ça que les scientifiques sont très inquiets parce qu'ils savent que quand on inhibe cette enzyme précise qui est la cible de ces fongicides, c'est un mécanisme d'action qui est responsable de maladies neurologiques et de certains cancers.

[00:03:10] Speaker 1: On peut nettoyer cette eau contaminée, Audrey ?

[00:03:13] Speaker 2: Ça va être compliqué parce qu'il va falloir mettre en place de nouveaux traitements de l'eau potable sur la zone, mettre de nouveaux filtres et ça, ça va avoir un coût qui va forcément être répercuté sur les consommateurs. Parce qu'il n'y a toujours pas en France de principe pollueur-payeur pour la contamination de l'eau potable. Il faut savoir par ailleurs que le fluopyram est un pyphase, un polluant éternel, donc il va rester longtemps dans l'eau. En l'absence d'intervention, il peut y rester des centaines d'années et se dégrader au-delà en TFA qui lui est indestructible. Le TFA, c'est ce qui reste des pyphases et pour information, 92% des échantillons prélevés dans toute la France contenaient du TFA. Le TFA est par exemple suspecté d'être toxique pour la reproduction et pour le système hormonal. Suspecté parce que les études sont toujours en cours, c'est une molécule qui a été découverte récemment. Il y a une question à laquelle je n'ai pas répondu et que les téléspectateurs se posent forcément, c'est comment ce fongicide s'est retrouvé dans l'eau du robinet ? Eh bien, rien n'est certain. Écoutez une nouvelle fois Pauline Servan.

[00:04:17] Speaker 3: Il y a plusieurs hypothèses. Soit les produits... ... ... ont été utilisés de façon non conforme, c'est-à-dire soit à des doses plus élevées que ce qui est recommandé ou à des fréquences plus élevées. Soit c'est parce que les modèles qu'on utilise pour prédire le comportement des molécules dans l'environnement ne sont pas très fiables et finalement on n'a pas pu prédire que ce fluopyrame est très persistant dans l'environnement, plus persistant que ce qu'on s'attendait. Et qu'il y a des risques qui se retrouvent dans les eaux brutes qui sont utilisées pour la production d'eau potable. Et comme les techniques utilisées pour la production d'eau potable ne sont pas très efficaces sur les pesticides, on en retrouve dans l'eau potable. Ce n'est pas quelque chose qui était attendu et c'est quelque chose qui... Voilà, la contamination de l'eau potable, c'est un aspect que la réglementation sur les pesticides n'autorise pas. Une substance active, un pesticide, n'est pas censé se retrouver dans l'eau potable à plus de 0,1 microgramme par litre. Merci Audrey.

[00:05:20] Speaker 1: Merci. Merci Audrey pour cette alerte au Fongicine. Merci pour ces précisions.

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Arow Summary
An NGO (Générations Futures) warns that the fungicide fluopyram has been detected above drinking-water quality limits in parts of Hauts-de-France, potentially affecting tens of thousands of residents. Authorities and the NGO disagree on the number of communes and people concerned, and the regional health agency says the health risk is not established. The report explains fluopyram’s agricultural uses, why SDHI fungicides raise scientific concern (potential effects on cellular respiration that may not be specific to fungi), and why removing it from drinking water would be difficult and costly. It also notes persistence and breakdown to TFA, a widespread and potentially harmful PFAS-related compound, and outlines possible routes of contamination (non-compliant use or underestimated environmental persistence and inadequate water-treatment removal).
Arow Title
Fluopyram detected above limits in Hauts-de-France tap water
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Arow Key Takeaways
  • Fluopyram levels in some Hauts-de-France communes reportedly exceed the 0.1 µg/L drinking-water quality limit, in some cases by up to 10×.
  • Générations Futures and the regional health agency disagree on the scale of exposure (number of communes/people).
  • Fluopyram is an SDHI fungicide; scientists worry its mechanism (inhibiting cellular respiration) may not be specific to fungi and could affect humans.
  • Regulators have previously allowed fluopyram, but NGOs and some countries are pushing for stricter classification (e.g., suspected carcinogen).
  • Removing such pesticides from drinking water is technically challenging and likely costly; costs are typically borne by consumers absent a strong polluter-pays framework.
  • Fluopyram is described as highly persistent and can degrade into TFA, a widespread, hard-to-destroy compound under ongoing toxicological study.
  • Possible contamination drivers include non-compliant application or flawed environmental models that underestimated persistence and mobility.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is informational and cautionary, presenting an NGO alert alongside the health agency’s uncertainty about established risk, with concern expressed by a toxicologist but without definitive conclusions.
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