[00:00:01] Speaker 1: — Bonjour Laure. — Bonjour Raphaël. — Et un projet de loi de finances définitivement adopté donc ce soir. Le texte a été beaucoup modifié par rapport à la version d'origine. Mais il y a effectivement moins de dépenses et surtout une augmentation des revenus, des recettes de l'État.
[00:00:15] Speaker 2: — Effectivement. C'est selon qu'on regarde de la gauche ou de la droite de l'échiquier politique. Ce budget est qualifié différemment. Non socialiste selon une partie de la droite, d'austérité pour la gauche radicale, mais de compromis, si vous demandez, à la majorité présidentielle, avec des hausses de revenus effectivement pour l'État, plus d'impôts et de taxes en particulier de la part des entreprises. D'abord, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, celle dont le chiffre d'affaires dépasse 1 milliard d'euros par an, elle est reconduite avec un total de gains attendus de 7,3 milliards d'euros. La CVE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, ne baissera finalement pas. Là, le gouvernement en espère 1,3 milliard d'euros. Le PLF 2026 prévoit aussi la création d'une taxe holding qui est centrée sur les biens dits « somptuaires », ceux que vous et moi possédons, les yachts, les chevaux de course. Mais ça ne devrait pas rapporter plus de 100 millions d'euros environ.
[00:01:08] Speaker 1: — Et en revanche, les pauvres particuliers que nous sommes aussi sont bel et bien épargnés.
[00:01:12] Speaker 2: — Oui, pour une partie en tout cas, parce qu'il n'y a par exemple pas de gel du barème de l'impôt sur le revenu. L'inflation sera donc bien prise en compte. Les retraités aussi conserveront leur abattement de 10% de l'impôt sur le revenu. Et ils échappent aussi au gel des pensions. Pas de taxe Zucman, certes, ou de nouvelle version de l'impôt sur la fortune. Mais le texte prévoit la prolongation de la CDHR, la contribution différentielle sur les hauts revenus. Elle a été instaurée en 2025. C'est un taux minimal d'imposition de 20% pour les personnes seules dont les revenus dépassent 250 000 euros par an, 500 000 euros pour celles qui sont mariées ou en paxe, ou paxées. Le gain est de 650. 50 millions d'euros pour cette année. A noter aussi cette taxe de 2 euros sur les petits colis qui va entrer en vigueur à compter du 1er mars. Ça devrait viser des revenus autour de 400 millions d'euros selon le gouvernement, qui en profite pour juguler cet afflux incessant de petits colis en provenance d'Asie et plus particulièrement de Chine. On pourrait même parler de taxes chiines.
[00:02:11] Speaker 1: — À côté des penses, que prévoit la dernière mouture du projet de loi de finances 2026 ?
[00:02:16] Speaker 2: — Eh bien Sébastien Lecornu se vante d'un budget où, dites pour la première fois depuis longtemps, la dépense ralentit réellement. Le Premier ministre estime que la progression de la dépense publique sera de 0,9% en 2026, moins rapide donc que les 1,7% de croissance pour 2025. Effectivement, les dépenses sont revues à la baisse, avec une baisse globale des crédits de fonctionnement des ministères qui devront serrer la ceinture, à une exception notable près le ministère de la Défense. Là, les dépenses vont augmenter de 6,5 milliards d'euros. Pour porter le but... — Le budget global du ministère à 57,1 milliards d'euros pour 2021, c'est moins qu'initialement annoncé, mais ça représente tout de même une hausse de 13%. C'est le gros dossier sur lequel le gouvernement ne veut pas faire de compromis à cause de cette période d'incertitude géopolitique majeure. En revanche, plusieurs programmes voient effectivement leur budget amputé. C'est le cas par exemple du programme d'investissement France 2030, moins 1,1 milliard d'euros. Le fonds vert pour la transition écologique baisse à 850 millions d'euros. Et puis, l'Institut national de la consommation, qu'on connaît surtout grâce à son magazine 60 millions de consommateurs, eh bien, sa disparition est actée. Mais il y a aussi des dépenses qui sont maintenues, voire créées ou augmentées. C'est le cas par exemple de ma prime Rénov' avec des dépenses qui restent à 3,6 milliards pour l'année prochaine. La prime d'activité de 50 euros en moyenne par mois sera versée à 3 millions de personnes au revenu modeste. Ça devrait coûter 700 millions d'euros à l'État. Il y aura la généralisation des repas à 1 euro pour les étudiants, une grande demande des socialistes, et puis la revalorisation des aides personnalisées, aux logements mieux connus sous le nom des APL.
[00:03:51] Speaker 1: Alors, est-ce que ce budget atteint ses objectifs en termes de dette, de déficit, et pour assurer les marchés ?
[00:03:57] Speaker 2: Alors, c'est le cas effectivement, mais en partie seulement. Il faut savoir qu'avec ce budget, le déficit de la France va baisser. 5,4% du PIB pour 2025, ce sera 5% normalement en 2026. C'est moins ambitieux que le projet d'origine qui visait un déficit à 4,7%, mais ça s'oriente effectivement dans la bonne direction, la baisse, avec un objectif final qui est quand même de 3%. 3% du PIB en déficit à horizon 2029, pour entrer dans les clous de ce qui est demandé par l'Union européenne. Alors, ces efforts sont certes vertueux, mais ils ne suffiront pas à enrayer la hausse de la dette, qui va continuer à augmenter. Elle était de 117,4% au troisième trimestre 2025, elle est attendue à 118,2% en 2026. Et même si ça n'est pas un renversement de situation pour la France, qui continue à dépenser beaucoup, eh bien c'est quand même un signal positif qui est envoyé au marché. Avant même l'adoption de ce fameux PLF 2021, eh bien le CAC 40 est reparti à la hausse, et surtout le spread, cette différence de taux entre la France et l'Allemagne, a réduit cette différence de taux auquel la France emprunte sur les marchés. Généralement, l'Allemagne, c'est la bonne élève à laquelle on se compare. Eh bien là, le spread est passé sous les 59 points de base, c'est bien moins que les 72% qu'on avait constatés au mois d'octobre dernier.
[00:05:10] Speaker 1: Merci Laure, c'était l'économie avec Laure Manon.
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