Gabès residents demand action on chemical pollution (Full Transcript)

Fish kills, toxic fumes and a delayed trial fuel protests against Tunisia’s state chemical complex as activists push for dismantling and cleanup.
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[00:00:09] Speaker 1: « Il en sort 3 ou 4 par semaine des cadavres comme ça. La pollution tue tout ici.

[00:00:14] Speaker 2: » Salar Gouma est président du syndicat des pêcheurs de Gabès. Depuis des décennies, il voit la biodiversité marine détruite par les activités du groupe chimique tunisien face à la mer. Cette entreprise publique transforme le phosphate en engrais et déverse ses eaux usées directement sur le littoral.

[00:00:32] Speaker 1: « Dès que l'entreprise fait des purges ou nettoie ses unités, elle déverse toutes les eaux usées dans la mer. Cela asphyxie les poissons et toute forme de vie dans l'eau. Là, c'est une tortue, mais parfois, c'est des centaines de poissons morts que vous trouvez ici, échoués.

[00:00:45] Speaker 2: » À l'origine de cette destruction, cette mousse boueuse, le phosphogypse, issue de la transformation du phosphate en engrais, destinée au marché local et à l'exportation, selon une étude de l'Institut de géosciences à Toulouse, la quantité de phosphogypse déversée depuis l'entrée en activité du groupe chimique dans les années 70 a dépassé les 500 millions de tonnes. Des résidus remplis de métaux lourds et d'éléments radioactifs.

[00:01:12] Speaker 1: « Avant, on pêchait pas loin de cette plage. Et puis, progressivement, on s'est éloigné de plus en plus, car il n'y avait plus rien, à cause du phosphogypse. Évidemment, ça coûte plus cher en carburant, et c'est un poids économique pour nous. Avant, 1000 litres pouvaient me tenir le temps. » « Maintenant, je peux me tenir 10 jours. Maintenant, je consomme tout en 2 jours. Je comprends ceux qui disent que c'est nécessaire à l'économie du pays. Mais une économie qui détruit la santé humaine et la mer, vous appelez ça comment ? Pour moi, c'est une économie criminelle.

[00:01:37] Speaker 2: » Salah n'est pas le seul à être en colère. Car la pollution du groupe touche aussi l'air que les habitants respirent au quotidien. Devant le tribunal de Gabès le 8 janvier, les familles des jeunes collégiens asphyxiés entre septembre et octobre 2025 par des émanations de gaz industriel en provenance du groupe chimique attendent une décision de justice sur la responsabilité de l'entreprise. Akram est le père d'une adolescente victime d'une intoxication.

[00:02:07] Speaker 3: « Depuis la rentrée scolaire, en septembre, ma fille s'est sentie mal au moins une trentaine de fois. Elle et ses camarades sont devenus très sensibles à l'air et au gaz qui s'échappent du groupe juste à côté.

[00:02:28] Speaker 2: » Le procès, intenté contre le groupe chimique, est de nouveau reporté au 22 janvier prochain. Akram a perdu espoir.

[00:02:36] Speaker 3: « Qaï Saïed a dit que ce qui se passe à Gabès est un crime. Pour moi, la définition d'un crime, c'est un motif des conséquences des criminels. Mais apparemment, dans notre cas, les criminels sont intouchables et ne sont pas tenus responsables devant la justice.

[00:02:50] Speaker 2: » Pour cette mère d'une fille intoxiquée qui a dû arrêter d'aller à l'école pendant deux mois, la situation est intenable.

[00:02:57] Speaker 4: « Ça va durer combien de temps encore ? J'ai l'impression qu'ils veulent nous avoir à l'usure. Moi, je vois la vie de mes enfants être bouleversée sans que rien ne soit fait derrière. Nous voulons que Qaï Saïed prenne une décision forte.

[00:03:07] Speaker 5: » « C'est vraiment nul comme politique et malheureusement, ce n'est pas différent des autres gouvernements.

[00:03:11] Speaker 2: » Au sein des manifestants devant le tribunal, les militants du mouvement Stop Pollution mobilisent et tentent de raviver l'espoir. Depuis des mois, ce collectif formé en 2012 organise les manifestations pour réclamer le démantèlement du groupe chimique promis par le gouvernement en 2017. Ils se basent sur une vaste communication grâce aux réseaux sociaux et à des relais comme cette créatrice de contenu, Rim Sapti, originaire de Gabès.

[00:03:43] Speaker 4: « Moi, ça fait depuis la révolution que les gens me connaissent ici. Ils savent que je viens avec mon téléphone et que je montre les choses telles qu'elles sont. Pas d'artifices ou de déformations. C'est tout ce qu'ils veulent. » « Je suis là pour relayer leur voix. Je ne suis pas affiliée à un parti politique ou à une idéologie. Je me sers de ma visibilité sur les réseaux sociaux pour porter la voix des gens de Gabès.

[00:04:02] Speaker 2: » Les militants du groupe Stop Pollution ont grandi avec les acquis de la liberté d'expression lors de la révolution tunisienne. Ils ont également un ancrage local et la confiance de la population, comme leur porte-parole Khérédine Débaya.

[00:04:18] Speaker 5: « La force de ce mouvement, c'est que nous fédérons toute une mosaïque de Gabésiens. » « Et surtout, cela fait des mois que nous manifestons pacifiquement. Nous avons montré à tout le monde que nous pouvons revendiquer notre droit à un environnement sain en restant pacifique et solidaire.

[00:04:30] Speaker 2: » Malgré ces mobilisations, l'activité polluante du groupe industriel continue jusqu'à présent à Gabès. Mais la pression populaire a permis de remettre en marche des projets de dépollution laissés à l'arrêt depuis une dizaine d'années, notamment les unités de nettoyage de gaz toxiques. Khemeiz Bahri, ancien ingénieur de l'entreprise, qui a désormais sa propre société, s'occupe de l'un de ces projets.

[00:04:53] Speaker 6: « Le projet qui va être achevé, c'est la réduction des gaz qu'on appelle NOx, dégagés suite à la fabrication de l'ammonitrate. On va les dévier dans une nouvelle unité qu'on est en train de construire actuellement. Et cette unité-là va traiter ces gaz-là pour les changer en autres gaz qui ne gênent pas.

[00:05:13] Speaker 2: » Lui-même est originaire de la ville. Il admet que ces projets ne sont que des solutions temporaires face à la vétusté des infrastructures qui sont en train de se dégager.

[00:05:21] Speaker 6: « Nous avons fait des projets de dégager des gaz toxiques. » Et ça, la vétusté des infrastructures. « Je pense que, d'après mon avis, que ce sera beaucoup plus rentable de démanteler, reconstruire ici ou ailleurs pour mettre en place des nouvelles technologies et des nouvelles machines qui n'ont pas ce problème qu'on voit aujourd'hui.

[00:05:40] Speaker 2: » En décembre 2025, le président Qaïs Saïed a appelé à accélérer la finalisation d'un rapport technique sur la crise environnementale à Gabès. Dans le cadre socio-économique, la décision de démanteler le groupe chimique reste politique.

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Arow Summary
In Gabès, Tunisia, fishers and residents accuse the state-owned Tunisian Chemical Group of decades-long marine and air pollution tied to phosphate fertilizer production. Wastewater discharges and the dumping of phosphogypsum—estimated to exceed 500 million tonnes since the 1970s—are blamed for mass fish kills, dead sea turtles, and severe biodiversity loss, pushing fishers farther offshore and increasing fuel costs. Residents also report repeated schoolchild poisonings from industrial gas emissions in 2025, prompting a court case that has been repeatedly postponed, fueling anger and distrust in accountability. The Stop Pollution movement, active since 2012, mobilizes peaceful protests and social-media advocacy, demanding the dismantling promised in 2017. Under popular pressure, partial depollution projects (e.g., NOx reduction units) have resumed, but engineers describe them as temporary fixes given aging infrastructure. President Kaïs Saïed called the situation a crime and urged faster technical reporting in late 2025, yet the ultimate decision to dismantle the complex remains political amid socio-economic tradeoffs.
Arow Title
Gabès: Pollution from phosphate industry sparks anger and activism
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Arow Key Takeaways
  • Fishers report frequent dead marine animals and link biodiversity collapse to industrial wastewater discharges.
  • Phosphogypsum dumping from phosphate-to-fertilizer processing is presented as the main driver, with claims of over 500 million tonnes released since the 1970s.
  • Pollution imposes direct economic costs on fishers, who must travel farther offshore and spend more on fuel.
  • Residents allege toxic gas emissions have repeatedly sickened schoolchildren; legal action is ongoing but delayed.
  • Civil society group Stop Pollution leverages peaceful protests and social media to demand dismantling of the industrial site promised in 2017.
  • Depollution upgrades (e.g., NOx treatment) are restarting but described as temporary given obsolete infrastructure.
  • Political leadership acknowledges severity, but the decision to dismantle or relocate the complex remains unresolved.
Arow Sentiments
Negative: The tone is dominated by anger, grief, and frustration over environmental destruction, health harms to children, economic hardship for fishers, and perceived impunity and delayed justice; hope appears only in references to peaceful activism and partial mitigation projects.
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