[00:00:00] Speaker 1: — Avec vous, Christophe Dansette. Bonjour, Christophe. — Bonjour, Pauline. — En ces temps compliqués, on dit souvent que c'est une valeur refuge. Mais on va voir que les cours de l'or ont brutalement calé depuis vendredi, les cours de l'or et de l'argent, avec une baisse qui se poursuit encore aujourd'hui.
[00:00:17] Speaker 2: — De manière spectaculaire. Même jeudi encore, l'or avait inscrit un record historique à près de 5 600 $ l'an. Ça correspond à environ 180 000 $ le kilo. Puis vendredi, effectivement, brutalement, il y a eu ce retournement. À l'instant, l'or s'échange à 4 604 $ l'once après être tombé proche de 4 400 $. Cela représente une chute de plus de 1 000 $, soit plus de 20 % en quelques jours. J'ai regardé un peu les précédents. Il n'y a jamais eu de craque aussi rapide et aussi brutale des cours de l'or. Le dernier épisode comparable remonte à 2013 avec une baisse d'environ 13 % de séance. Là, vous voyez, c'est plus important. Il y a eu un autre craque en 1979-1980, mais étalé sur près de 2 ans avec une chute de 65 %. Et le mouvement, il est encore plus violent sur l'argent. Jeudi, l'once avait dépassé 121 $, un niveau qui était inédit depuis le début des années 80. Ce matin, il est retombé à 73 $ avant de remonter. Et à 77 $, on était sur une baisse de 40 %.
[00:01:29] Speaker 1: Pourquoi une chute aussi brutale ?
[00:01:31] Speaker 2: Alors, il y avait très clairement une bulle spéculative, des niveaux qui n'étaient peut-être pas justifiés par les fondamentaux. Sur l'argent, par exemple, on n'avait pas vu l'argent redépasser les 50 $ depuis plus de 40 ans. Et là, on est monté à plus de 120. Vous voyez l'échelle de gains. Il ne manquait qu'une étincelle, finalement, pour faire éclater cette bulle. Et cette étincelle, elle est arrivée vendredi avec l'annonce de Donald Trump. Qui a donné le nom du futur président de la réserve fédérale, appelé à succéder à Jerome Powell au mois de mai.
[00:02:02] Speaker 1: Quel est le lien entre la banque centrale américaine, la Fed, l'or et l'argent ?
[00:02:08] Speaker 2: Si les métaux précieux flambaient autant, c'est parce que les marchés redoutaient ce choix politique risqué. Donald Trump n'a cessé de critiquer Jerome Powell ces derniers temps, l'accusant de ne pas baisser suffisamment les taux. Et face à ces attaques, eh bien, Jerome Powell a incarné une indépendance. Il a incarné une indépendance assez farouche, assez remarquable de la Fed, très rassurante, finalement, pour les investisseurs. Wall Street craignait donc que Donald Trump nomme un candidat inexpérimenté, trop docile, remettant en cause cette indépendance. Eh bien, finalement, le président américain a semblé reculer, tranché en faveur d'un homme, Kevin Walsh, un ancien gouverneur de la Fed, qui avait déjà été pressenti pour présider l'institution au moment où Donald Trump avait nommé Jerome Powell. Un profil jugé d'abord crédible, connu pour sa vigilance sur l'inflation et perçu comme un garant de la stabilité institutionnelle. Alors, il n'est pas encore officiellement nommé. Il faudra encore le feu vert du Congrès, mais ça semble être une formalité. Résultat, eh bien, d'abord, le dollar dont on parlait jeudi ensemble, Pauline, eh bien, il s'est redressé. Et puis, les métaux précieux, eux, ont décroché.
[00:03:16] Speaker 1: Est-ce que la baisse va se poursuivre ?
[00:03:18] Speaker 2: Alors, ça, c'est impossible à dire. Il y a quelques jours encore, Goldman Sachs, la célèbre banque, tablait sur un cours de l'once d'or à 5 400 dollars d'ici la fin de l'année. C'était évidemment avant le krach. Et vous voyez, c'est à peu près le taux qu'on a. On n'est pas si loin que ça. Mais plusieurs facteurs plaident pour des niveaux encore qui restent très élevés. On en parle ici beaucoup. Les incertitudes géopolitiques, la tension au Moyen-Orient. Est-ce que les États-Unis vont, oui ou non, bombarder l'Iran dans les prochains jours ? La perspective de négociation a d'ailleurs... L'or contribue à faire baisser les cours de l'or ces derniers jours. Mais l'épisode n'est pas terminé. Il y a la guerre en Ukraine, évidemment. Il y a les crispations entre États-Unis et Europe autour du Groenland. Et puis, bien sûr, il y a toutes les tensions commerciales avec le chaud et le froid sur les droits de douane constants de Donald Trump. Autant de raisons pour les investisseurs de continuer à chercher des valeurs refuge. Et l'or reste bien une valeur refuge. C'est d'ailleurs toujours le signe d'une instabilité ou d'incertitude lorsqu'il monte. Dernier élément intéressant qu'a relevé... Bloomberg, c'est que dans quelques jours, il y a le nouvel an chinois. C'est dans deux semaines très exactement. Et traditionnellement, c'est une période d'achat d'or pour les cadeaux en Chine. Alors avec des chutes de prix, des prix qui deviennent donc plus intéressants, eh bien peut-être que les Chinois se rueront davantage encore sur l'or. Et donc peut-être que ça fera remonter les prix. On a vu d'ailleurs depuis une heure que les prix ont quand même déjà pas mal remonté par rapport au pic bas d'il y a une heure.
[00:04:53] Speaker 1: Merci beaucoup Christophe, tout ça est assez fluctuant.
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now