[00:00:00] Speaker 1: — Alors bonsoir. On va parler des prix de l'or avec vous. L'or qui a franchi la barre des 5 000 $.
[00:00:09] Speaker 2: L'once, c'est une première historique. — Absolument. Et ça a même dépassé le seuil des 5 100 $ aujourd'hui en séance à la Bourse. C'est le reflet de cette hausse de la demande face aux incertitudes géopolitiques. On pense bien sûr aux tensions autour du Groenland, mais aussi plus récemment du Canada, du Venezuela et au Moyen-Orient. Tout ça, ça pousse les investisseurs à chercher à se protéger des risques en achetant cette éternelle valeur refuge jugée beaucoup plus sûre que les actions, elles, considérées plus risquées. En un an, le prix de l'or a quasiment doublé. Il est passé de 2 738 $ l'once. C'était en janvier 2025 à donc 5 100 $ aujourd'hui. 5 052 $ pour être précise à la fermeture de Wall Street. En tout cas, ça pourrait continuer à grimper jusqu'à 5 400 $ pendant l'année 2026, selon la banque Goldman Sachs. Une hausse partout et pour tous, par tous, aussi bien du côté des acheteurs institutionnels que des particuliers. Les banques centrales, notamment, achètent davantage d'or ces derniers mois qu'elles le font d'habitude. Par exemple, 60 tonnes en moyenne chaque mois contre 17 habituellement avant 2022. En cas de besoin, effectivement, ces banques centrales, des institutions... qui, notamment, assurent la valeur de la monnaie de chaque devise nationale, eh bien, elles peuvent l'échanger contre des liquidités, des matières premières ou même, si nécessaire, contre des armes.
[00:01:30] Speaker 1: Et ce retour de la popularité de l'or, c'est un phénomène qu'on observe à chaque crise géopolitique ou économique et qui s'est déjà observé plusieurs fois depuis le début du siècle.
[00:01:40] Speaker 2: Mais est-ce vraiment une garantie ? Et c'est la question parce qu'on parle de valeur refuge. Mais parfois, il y a des petits retournements de situation. Je vais vous expliquer de quoi il retourne. D'abord, effectivement, à chaque période d'incertitude, d'entour, d'amour, d'affection vers l'or. Les investisseurs se tournent à nouveau vers le métal jaune parce qu'il est indépendant des décisions de politique monétaire des pays. Il résiste aux chocs financiers et il ne présente pas de risque en termes de crédit. L'once a dépassé, dans un premier temps, les 1 000 dollars lorsqu'on était en 2008, au lendemain de la crise financière. Elle est passée ensuite à 2 000 dollars. Ça, c'était pendant la pandémie de Covid-19. 3 000 dollars lorsque les taxes douanières de Donald Trump, les taxes punitives, ont déferlé sur les marchés. On est alors en mars 2025. Mais cette ruée vers l'or s'accompagne en général de la crainte d'une bulle spéculative. En tout cas, c'est la crainte de Bloomberg en ce moment. Certains analystes estiment même que l'or a grimpé trop vite, trop fort et qu'il s'expose à une correction dans les mois à venir. Par exemple, si Donald Trump calme ses ardeurs territoriales ou ses ardeurs sur les tarifs douaniers ou même si la guerre entre l'Ukraine et la Russie prend fin, ça pourrait calmer cette course à l'échalote de l'or. Au moment du redémarrage de l'économie, après la pandémie de Covid-19, par exemple, l'or avait perdu 20% de sa valeur.
[00:02:59] Speaker 1: D'ailleurs, la Russie aurait anticipé des sanctions internationales après son invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022 en augmentant ses stocks d'or.
[00:03:07] Speaker 2: Absolument. C'est une stratégie que Vladimir Poutine a mise en place, qui s'est accélérée. Alors, il l'a mise en place tout au long de ses différents mandats, mais ça s'est vraiment accéléré ces dernières années. En fait, c'est très pratique l'or, notamment quand l'accès aux devises étrangères est restreint, ce qui est le cas de la Russie en ce moment et des sanctions occidentales depuis l'invasion à grande échelle en février 2022. D'ailleurs, la Russie a tout au long de son histoire beaucoup compté sur les stocks d'or, sur le métal jaune, pour assurer une certaine sécurité. Par exemple, à la fin du XIXe siècle, c'est là que les tsars ont pris conscience pour la première fois de l'importance de l'or. Ils en ont accumulé 1400 tonnes pour garantir la valeur du rouble, mais aussi pour pouvoir emprunter et pour pouvoir s'équiper au moment de la Première Guerre mondiale. Ensuite, il y a eu la révolution, la révolution soviétique, sociale. Lénine a d'abord puisé dans ce premier trésor. Ensuite, quand Staline est arrivé au pouvoir, il n'y avait plus grand-chose. Il a reconstruit les stocks. Ensuite, ce sont ses successeurs qui ont à nouveau puisé dedans pour reconstruire le pays. On est à ce moment-là, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il y a des besoins. Et finalement, quand Vladimir Poutine arrive au pouvoir, on est début 2000, il reconstitue les stocks avec une accélération. En effet, ces dernières années, les réserves russes d'or jaune sont passées de 450 tonnes. En 2007, à presque 2300 tonnes fin 2021, selon le World Gold Council. Mais depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, il y a eu un retournement de situation, un changement total d'attitude. Depuis la mi-2022 jusqu'à début 2025, Moscou a liquidé 71% de ses réserves d'or pour soutenir l'effort de guerre et notamment pour colmater son budget qui sent fortement le manque de ressources venues des hydrocarbures. Les hydrocarbures qui représentaient avant. Les sanctions occidentales, presque 27% du PIB russe a noté que, ironiquement, la hausse des prix de l'or, avec ces situations à rebondissement récemment dans la géopolitique et dans le monde, ça a renforcé la valeur de l'or en général et notamment des stocks russes. Et ça a permis à Moscou d'absorber une partie de ses pertes liées aux sanctions.
[00:05:11] Speaker 1: Alors, Valeurs Refuges, c'était l'économie. Merci beaucoup, Laure Manin.
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