[00:00:00] Speaker 1: — Tout autre sujet avec vous, Christophe Dansette. Bonjour, Christophe. — Bonjour, Pauline. — Vous nous emmenez aujourd'hui à Hambourg, autour de la mer du Nord, avec ce sommet stratégique qui s'ouvre aujourd'hui. Sommet sur l'énergie, mais aussi sur la géopolitique, l'industrie et la souveraineté. Un rendez-vous très politique.
[00:00:16] Speaker 2: — Très politique, géopolitique. Ces sommets, ils ont commencé peu après l'offensive russe à grande échelle en Ukraine. L'Europe s'était rendue compte, peut-être que vous vous en souvenez, à quel point elle était dépendante du gaz russe. Et on avait, à l'hiver 2022-2023, ce risque de pénurie d'électricité, de gaz, surtout en France, en Europe plus généralement. Il a fallu trouver des alternatives. Le GNL, acheté aux États-Unis ou dans les pays du Golfe, mais là aussi avec une nouvelle dépendance, un manque de souveraineté. Et puis il y a eu la question des objectifs climatiques aussi, de la décarbonation. La France, elle avait relancé son parc nucléaire. Mais ça met du temps à se mettre en place. Et donc l'éolien, l'éolien est apparu comme une solution. Notamment en mer du Nord, où on voit pousser des champs en pleine mer, de quoi sécuriser l'approvisionnement. Ce qui est devenu une priorité géopolitique, au même titre que la défense ou que la politique commerciale. D'où le lancement de ces sommets. Le premier, c'était au Danemark fin 2022. Et quelques mois plus tard, il y a eu celui en Belgique. Et puis donc aujourd'hui à Hambourg, neuf pays de la mer du Nord. Le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne, le Luxembourg, la France, l'Irlande ou encore le Royaume-Uni. Il s'agit de ce troisième sommet à Hambourg. Ville par excellence tournée vers la mer du Nord. Plus grand port d'Allemagne. Et puis ville qui historiquement, depuis le XIIIe siècle, on pourrait remonter à cette époque-là, était au cœur de la ligue anciatique. Cette alliance de villes marchandes autour de cette mer du Nord.
[00:01:46] Speaker 1: L'éolien offshore, Christophe, est au centre de sommet. À quel point est-ce là encore très stratégique ?
[00:01:52] Speaker 2: Alors c'est absolument central. Aujourd'hui, la mer du Nord, elle concentre environ 40 gigawatts d'éolien offshore. Allez, soit plus de 80% des capacités européennes. Mais l'enjeu de ce sommet, c'est de monter la cadence et de tenir les engagements qui avaient été pris en 2023. 120 gigawatts d'ici 2030, c'est donc trois fois plus qu'aujourd'hui. Et plus de 300 gigawatts d'ici 2050. À terme, cette capacité pourrait fournir jusqu'à un quart de l'électricité consommée dans l'Union européenne.
[00:02:24] Speaker 1: Objectif très ambitieux. À quel coût ?
[00:02:26] Speaker 2: Eh bien, un coût très important. 800 milliards d'euros d'investissement. C'est colossal. Et ça inclut les parcs eux-mêmes, les fondations, les turbines géantes, les câbles sous-marins, mais aussi les réseaux électriques offshore nécessaires pour acheminer cette énergie vers le continent. Tout ça aussi pour développer à l'avenir une filière peut-être d'hydrogène vert. Mais c'est que cet argent, il va falloir le trouver en période de problèmes budgétaires. C'est aussi l'un des enjeux de ce sommet d'aujourd'hui. Et selon un récent rapport, sans effort supplémentaire, à Hambourg, l'objectif de 2030, il sera manqué. L'Allemagne, elle veut faire de cette mer du Nord le plus grand réservoir mondial d'énergie propre.
[00:03:08] Speaker 1: Un sommet aussi très important pour l'emploi et pour l'industrie.
[00:03:11] Speaker 2: Oui, puisque c'est une vraie filière industrielle, cet éolien offshore. Selon les estimations européennes, le développement de l'éolien en mer pourrait soutenir jusqu'à 300 000 emplois en Europe d'ici 2030. 500 000 emplois même à terme dans la construction navale, dans l'ingénierie. Dans la maintenance de ports spécialisés, dans la fabrication de câbles ou encore de turbines.
[00:03:33] Speaker 1: Et tout ça intervient dans un contexte international très contrasté.
[00:03:37] Speaker 2: Oui, on a vu certains pays qui avaient pris les deux vents en termes d'éolien. Le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, elle avait traîné, lançant son premier projet d'éolien offshore seulement il y a un peu plus de trois ans. C'était à Saint-Lazare. On en voit ici les images. Il reste encore beaucoup d'opposition. Et puis, il y a les Etats-Unis avec Donald Trump. Je ne sais pas si vous l'avez suivi lors de son discours à Davos. Il n'a pas eu de mots assez durs contre cette filière européenne, disant que l'Europe était perdue en suivant cette voie, en tournant le dos aux énergies fossiles. C'est presque ironique de voir ce sommet à Hambourg, quelques jours seulement après ce discours de Davos. A noter que le sommet sera aussi dominé par d'autres sujets. Évidemment, la question du Groenland. Le Groenland n'est pas en mer du Nord, mais sont présents les chefs de gouvernement du Danemark et de la Norvège, qui, eux, sont autour de cette mer du Nord. Et puis, il y a la question de la sécurité dans cette région. Comment se protéger contre des cargos espions russes ou des survols de drones qui se multiplient et qui multiplient les tentatives d'approche d'infrastructures stratégiques ? Encore une fois, les parcs éoliens, mais aussi les câbles de communication.
[00:04:44] Speaker 1: Et puis, encore un mot à propos du Groenland que vous évoquiez à l'instant. Les annonces contradictoires de Trump ces derniers jours sur le sujet ont eu un effet sur le cours de l'or.
[00:04:54] Speaker 2: Oui, l'incertitude, l'imprévisibilité. L'imprévisibilité, la baisse du dollar aussi pousse l'or. Vers des sommets, il a franchi ces dernières heures 5 000 dollars l'once. C'est un record absolu. Là, il flirte même, on va le voir, avec les 5 100 dollars. Ça fait plus de 160 000 dollars le kilo. En octobre, on en avait parlé ensemble, Pauline, il franchissait à ce moment-là les 4 000 dollars l'once. Il y a un an, il valait tout juste 2 700 dollars. Et c'était déjà un record. Vous imaginez l'accélération. Il a presque doublé en un an de présidence Trump, entraînant avec lui d'autres métaux. D'ailleurs. Le platinium et puis surtout l'argent qui a franchi lui aussi un seuil symbolique. Vous voyez, celui des 100 dollars l'once, il a plus que doublé en un an.
[00:05:36] Speaker 1: Merci beaucoup Christophe.
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now