[00:00:00] Speaker 1: ... Faire parler la jeunesse du quartier, la confronter à ses émotions, ses peurs.
[00:00:22] Speaker 2: C'était le pari de Youssouf Timéra, acteur de cinéma. C'est par le 7e art qu'il a doucement amené des dizaines de jeunes à s'interroger et se livrer. Près d'un an plus tard, ils sortent Retour à la lumière, un court-métrage à leur image, aux accents de thérapie collective. On est à Ivry-sur-Seine, vous êtes dans Pas-de-Quartier.
[00:00:40] Speaker 3: Information, on a attendu 50 euros pour faire un film. Vraiment, premier degré, les gars, ça se fait en équipe, un film.
[00:00:45] Speaker 4: Moi, si je dis à mon pote, je veux voir un psy, il va rigoler. Tu fais le fort, mais t'as peur en vrai. Il va rire, il va dire, je veux voir un psy. Pourquoi tu veux voir un psy, Youssouf ? T'as peur qu'il n'y ait plus personne pour dire ton prénom ?
[00:00:59] Speaker 3: Ok. Silence plateau, les gars, s'il vous plaît.
[00:01:01] Speaker 4: Deux fois, il faut parler, en fait.
[00:01:03] Speaker 3: Et action .
[00:01:04] Speaker 4: Mon nom, c'est Timira, donc prénom Youssouf. Je suis comédien et puis en ce moment, on fait un projet intercommunal. Le principe, c'est de lier le cinéma à la santé mentale.
[00:01:14] Speaker 2: Au centre jeunesse du quartier Montmousseau... Quand je dis deux, vous faites vos animaux . C'est le rituel chaque mercredi.
[00:01:21] Speaker 5: Ça fait quel bruit, un kangourou ?
[00:01:23] Speaker 2: Tu te débrouilles ? Les ateliers Cinémarne ont commencé il y a un an, emmenés par Youssouf, un ancien du quartier. Deux . Félins, loups ou rapaces, la cohue se veut d'emblée libératrice.
[00:01:41] Speaker 4: La surprise totale. Pas de regard, on s'en fout, là. Là, ils sont là, ils font des trucs qui sont incohérents, mais moi, c'est une cohérence pour moi.
[00:01:52] Speaker 2: Sac . Sac . Autre objectif, créer une cohésion entre les habitants de deux villes, Ivry et Attisson. On commence.
[00:02:02] Speaker 6: Ça fait du bien. Ça fait du bien de flux. Après, t'es fatigué.
[00:02:07] Speaker 7: Par exemple, de crier, on ne crie pas tous les jours. Donc le fait qu'on crie à ce moment-là, on exerce quelque chose qu'on n'a pas l'habitude de faire et ça nous permet d'être plus à l'aise après.
[00:02:17] Speaker 8: À l'extérieur, moi, je n'arrive pas à exprimer mes émotions. Et du coup, à travers le théâtre, j'arrive. On me prend comme quelqu'un de fort, de stable. Le grand frère. Le pilier sur qui on peut compter. Mais moi, parfois, j'ai envie de tout lâcher. De crier, de pleurer. Mais je n'y arrive pas. J'ai peur qu'on ne me comprenne pas.
[00:02:44] Speaker 4: Il y a à peu près 15 ans, j'ai pris des cours de théâtre pour travailler sur ma diction. Et j'avais des rêves, frustrations, parce que je n'arrivais pas à aligner deux phrases sans que les gens me comprennent, parce que je parlais très vite. Allez, allez, allez, vas-y, c'est parti.
[00:02:57] Speaker 9: Allô, allez, allô, allez, allô.
[00:02:58] Speaker 4: Ça m'a bouclé dans beaucoup de choses. Même dans un blocage aussi émotionnel.
[00:03:06] Speaker 6: Pour des adolescents, c'est très compliqué de s'asseoir et d'entendre un discours sur la santé mentale.
[00:03:11] Speaker 2: Au contact des jeunes au quotidien, Bilal a embarqué dans l'aventure de Youssouf les yeux fermés.
[00:03:15] Speaker 6: Ce type d'outil-là, c'est le top du top pour en parler aux jeunes et pour les sensibiliser à ça. Prendre un truc qu'ils aiment, le mélanger à quelque chose dont ils ont besoin. Et la mayonnaise, elle est obligée de prendre, du coup.
[00:03:27] Speaker 9: Je n'arrivais pas à canaliser mes émotions. Et mes énergies. Et grâce à ce cours-là, ça m'a permis de savoir jouer un rôle. Même bien le jouer. Et voilà, je vous remercie aussi parce que ça m'a permis d'apprendre sur moi et d'apprendre sur vous aussi.
[00:03:43] Speaker 4: C'est un remède pour beaucoup de choses. Que ce soit l'expression morale, pouvoir jouer avec des émotions sincères. Parce qu'on travaille sur la sincérité.
[00:03:51] Speaker 10: Ce qui est bien avec Youssouf, c'est qu'il est cruel. S'il faut dire les choses, il dit. S'il ne faut pas, il ne les dit pas.
[00:03:56] Speaker 4: Il pense que c'est simple de savoir rigoler sincèrement. Ce n'est pas rigoler sincèrement. Et quand j'en ai pleuré, là, c'est encore pire.
[00:04:04] Speaker 5: Moi, j'ai vu des amis à moi. Si j'aurais su, ils auraient fait du théâtre. J'aurais dit, wesh. Et il y a à manger pour tout le monde. Il n'y a pas que le foot, il n'y a pas que le rap, il n'y a pas que le shit. Il y a tout dans la vie.
[00:04:15] Speaker 2: Comédien professionnel, Youssouf joue dans de nombreux films et séries. Félicitations, la meilleure note de la classe. 15,5. Avec Cinémarne, il réalise en 2025, Sous Influence, un court-métrage sur les dérives d'un jeune influenceur.
[00:04:35] Speaker 1: Ce matin, les caméras du collectif
[00:04:55] Speaker 2: reprennent du service dans le décor du centre de santé de la ville. Pour le tournage de Retour à la Lumière. Bénévole, les acteurs ont été castés par l'équipe de Youssouf.
[00:05:06] Speaker 1: Moi, je suis la psychologue d'Eddy. Le psychiatre dit à Eddy qu'il va sortir plus tôt et je ne suis pas contente du tout parce que je sens qu'Eddy est encore un petit peu fragile. Moi, je suis encore fragile.
[00:05:15] Speaker 2: Élève des ateliers, Lino Bonnet joue Eddy, un adolescent en détresse psychologique.
[00:05:20] Speaker 7: Je retourne à l'école, je suis content, je revois mes amis, mais après, au moment où je vais faire quelque chose de très vilain. Parce que ma mère, elle est morte.
[00:05:28] Speaker 3: OK, silence plateau et action.
[00:05:31] Speaker 7: Comment tu te sens Eddy ?
[00:05:33] Speaker 5: Mieux.
[00:05:35] Speaker 11: Tu penses que tu vas pouvoir retourner à l'école, suivre le rythme et revoir les autres ?
[00:05:41] Speaker 4: Oui, je crois que oui. Le court métrage, nous, ce qu'on aimerait, c'est de l'amener dans les meilleurs faits ce qu'on peut et j'aimerais aussi l'utiliser comme support pédagogique pour les jeunes et j'aimerais que ce soit les jeunes qui le présentent.
[00:05:51] Speaker 2: Du maquillage à la direction d'acteurs.
[00:05:53] Speaker 4: C'est pas que t'es pas heureux de le prendre, t'es content de le prendre, mais c'est ton fils, mais tu ne sais pas trop comment tu le récupères.
[00:05:58] Speaker 2: Sur les plateaux, tout est prétexte à échanger.
[00:06:02] Speaker 4: Monsieur, il est interné par le papa, mais la solution, est-ce que ce n'est pas plutôt de parler avec son fils ? Moi, j'avais 23 ans quand j'ai perdu ma maman, tu vois. Mais moi, j'avais beaucoup de monde, j'avais mes frères, mes sœurs et mon père. Voilà, vous êtes entouré. Moi, je n'ai pas le rêve de dire ouais, tu viens dans mon cours, tu seras comédien. Venez pour être épanoui, déjà. Le plus important, c'est surtout qu'ils prennent du plaisir, c'est tout.
[00:06:28] Speaker 1: Sous-titrage ST' 501
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