[00:00:00] Speaker 1: C'est l'heure du journal de l'Afrique, soyez les bienvenus sur France 24. À la une ce soir, ces manifestants, ce mercredi à Lagos, ils protestaient contre la destruction de leur maison dans le quartier de Makoko, un quartier construit sur la lagune. Il a été démoli au profit de projets immobiliers coûteux. La manifestation a été réprimée. Les détails à suivre. Le bras de fer judiciaire entre le Rwanda et le Royaume-Uni, Kigali a engagé des poursuites contre Londres après la suspension de paiements dans le cadre d'un accord pour accueillir des migrants expulsés. Un accord controversé abandonné par les travaillistes en 2024. Nous serons à Kigali dans ce journal. Et puis à la fin de cette édition, on vous parle de l'espoir du cyclisme féminin au Bénin. Georgette Vignon-Fondo, elle va quitter les routes de son pays pour rejoindre un centre d'excellence en Suisse. Son portrait signé Emmanuel Souji. Ces manifestations réprimées à Lagos, au Nigeria. Des centaines de personnes ont défilé pour protester contre la destruction de leur maison dans le quartier de Makoko. Des destructions qui vont laisser place à de coûteux projets immobiliers. Les habitants demandent à être relogés. Clarisse Fortuné.
[00:01:20] Speaker 2: Des scènes de chaos dans les rues de Lagos. La police tire des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants. Qui réclament des compensations pour la démolition de leur maison. Ces habitants des bidonvilles de la capitale économique du Nigeria accusent les autorités d'avoir mené des opérations de décarpissement sans préavis ni plan de relogement.
[00:01:41] Speaker 3: Ma maison a été démolie. Mon église a été démolie parce que mon mari était le pasteur de l'église. Tout a été démoli avec toutes nos affaires. Nous n'avons plus rien. La plupart de mes frères d'hommes sont sous le pont à Utumara.
[00:01:55] Speaker 2: Des tensions qui surviennent alors que des milliers de personnes, ont été déplacées à Makoko. Longtemps l'un des plus grands quartiers flottants d'Afrique. Où la pêche et le commerce informel faisaient vivre des générations entières.
[00:02:08] Speaker 4: Je transporte des marchandises de Lagos à Kotonou en bateau. Depuis qu'ils ont démoli tout le quartier, tous mes clients se sont dispersés. Et l'activité commerciale ne reprend plus. Je suis simplement bloqué.
[00:02:22] Speaker 2: Des familles ont fui avec enfants et personnes âgées. Tandis que des écoles ont également été remplacées. Pour les autorités de l'Etat de Lagos, ces démunitions visent à faire respecter les règles d'urbanisme. Réduire les risques environnementaux et prévenir les inondations. Assurant que les constructions étaient illégales et dangereuses. Mais en l'absence d'un plan officiel de relogement, de nombreux déplacés se retrouvent démunis. Ne sachant où ils passeront la nuit.
[00:02:51] Speaker 1: Et on vous parle ce soir des poursuites judiciaires engagées par le Rwanda contre le Royaume-Uni. Kigali conteste la suspension. De paiements dans le cadre d'un accord controversé visant à accueillir des migrants expulsés. Un accord abandonné par Londres en 2024. Le gouvernement rwandais réclame un solde de 100 millions de livres sterling. La correspondance à Kigali de Juliette Monty.
[00:03:14] Speaker 5: Entre le Rwanda et le Royaume-Uni. Une saga qui n'en finit pas. Depuis l'annulation du partenariat migratoire entre les deux pays. Dernier épisode, Kigali poursuit Londres devant la cour permanente d'arbitrage de la haie. Au cœur du programme, le président de la République, au cœur du litige, deux versements de 50 millions de livres sterling dont Londres ne s'est pas acquitté. L'accord migratoire conclu entre les deux pays, rappelons-le, prévoyait l'expulsion de migrants illégaux vers le Rwanda qui en contrepartie devait recevoir un paiement. Mais ce contrat a été annulé en 2024 par le gouvernement travailliste. Alors tout juste arrivé au pouvoir à Londres. Pour les Rwandais qui avaient déjà perçu 240 millions de livres. Cette rupture ayant été unilatérale et n'ayant pas respecté les clauses prévues à cet effet, ces montants restent dus. Les relations entre les deux pays se sont largement détériorées l'année dernière quand Londres a par ailleurs suspendu une grande partie de son aide en raison du rôle de Kigali dans la guerre en RDC. Kigali qui cherche de plus en plus à se placer comme une solution clé en main pour les pays occidentaux souhaitant sous-traiter leurs politiques migratoires.
[00:04:21] Speaker 1: Les familles des Kenyans enrôlées de force pour combattre dans les rangs de l'armée russe en Ukraine demandent de l'aide aux autorités de leur pays. 18 d'entre eux ont été rapatriés de Russie depuis septembre. Mais un grand nombre de ces jeunes attirés par de fausses promesses d'emploi sont toujours sur le front. La correspondance de Bastien Renouilh.
[00:04:42] Speaker 6: Selon ces familles, il y a deux types de combattants kenyans en Ukraine. Il y a ceux plus nombreux qui savaient très bien dans quoi ils s'engageaient et les autres qui ont été trompés par des agences de recrutement. Il y a notamment un père qui explique que son fils était parti en Russie en pensant devenir chauffeur sur place. Une fois arrivé en Russie, il s'est rendu compte que ce n'était pas le cas. Il a été incorporé de force dans l'armée russe. Il a subi un entraînement de deux semaines avant d'être envoyé sur le front à la frontière entre l'Ukraine et la Russie. Son père a alors perdu tout contact avec lui. Il a été blessé quelques mois plus tard à la main par un drone. L'armée russe a refusé de le laisser partir. Il a dû s'échapper du front pour rejoindre l'ambassade kenyane à Moscou. C'est elle qui l'a fait. L'armée russe lui a permis de l'évacuer. Écoutez son père.
[00:05:26] Speaker 7: J'ai essayé de le dissuader. Mais son désir d'y aller était plus fort que mes mots. Mon fils n'a jamais reçu son argent pour tous ces mois de travail. J'estime qu'il mérite d'être payé. Il ne se battait même pas pour le Kenya. Il se battait pour un autre pays. Donc ce pays en question doit prendre ses responsabilités. Il y a des blessés dans cette guerre et même des morts. Et quelles sont les compensations ?
[00:05:52] Speaker 6: Aujourd'hui, ces familles demandent de l'aide à l'État kenyan. De l'aide pour rapatrier les soldats blessés ou tués sur la ligne de front. Et également pour enquêter sur les agences de recrutement ici à Nairobi. L'État promet de faire le nécessaire. Il aurait rapatrié 28 soldats depuis le mois de décembre dernier. Et il condamne de plus en plus fermement les actions de la Russie. Et c'est intéressant à noter car il y a encore de cela un an. Le gouvernement kenyan signait des accords avec le gouvernement russe pour envoyer ses citoyens travailler à l'étranger.
[00:06:20] Speaker 1: On attend toujours la décision de la CAF après la folle finale de la Coupe d'Afrique des Nations Sénégal-Maroc. Le Sénégal est au cœur d'une procédure disciplinaire suite aux incidents qui ont émaillé la finale du 18 janvier dernier. Le pays des lions de la Teranga a comparu mardi devant la commission de discipline de la CAF. L'instance a mis l'affaire en délibéré et devra rendre sa décision d'ici demain. En attendant, Benoît Pérochet nous explique ce que risque le Sénégal. Écoutez.
[00:06:50] Speaker 8: Cette commission qui doit statuer sur les incidents qui avaient émaillé cette finale et des incidents, il y en avait eu en tribune avec ces affrontements entre supporters et forces de l'ordre, envahissement d'une partie du terrain, affrontements après deux décisions arbitrales que les Sénégalais jugeaient défavorables aux lions de la Teranga, un but refusé au Sénégal suivi d'un pénalty accordé aux Marocains. La suite, on s'en souvient, le sélectionneur du Sénégal, Paptio, qui demande à ses joueurs de quitter la pelouse, de rentrer au vestiaire avant même que ce pénalty ne soit tiré. Des Sénégalais qui, finalement, étaient revenus sur la pelouse à l'initiative de la star Sadio Mane, un pénalty raté, une prolongation, un but en prolongation inscrit par Pape Gueye et le titre, donc, le deuxième sacre du Sénégal dans la Coupe d'Afrique des Nations. Autre incident, l'affaire de la serviette. Ces joueurs et ramasseurs de balles marocains qui ont passé une partie de la finale, en tout cas de longues minutes, a tenté de subtiliser la serviette d'Edouard Mendy. Le deuxième gardien sénégalais était venu s'interposer de sa propre initiative pour protéger cette fameuse serviette mise à terre, coursée par les ramasseurs de balles alors que nous étions en pleine finale. C'est une commission qui va prendre le temps d'écouter chacune des deux parties, d'analyser également les rapports, les rapports des arbitres, d'analyser également les vidéos qui ont été tournées dans l'enceinte du stade, ainsi que sur les réseaux sociaux. Le climat qui est toujours tendu puisque dimanche, le président de la Fédération sénégalaise, Abdoulaye Fay, a publiquement accusé le Maroc et la CAF d'exercer une influence déterminante sur l'instance continentale et rappeler que les conditions d'accueil avant la finale n'avaient pas été optimales. Le camp d'entraînement, la sécurité à Rabat, l'hébergement, la logistique, la billetterie, les textes réglementaires, eux, sont clairs. En cas de refus de jouer ou d'abandon non autorisé, les règlements prévoient des sanctions lourdes, jusqu'à la perte du match. Il y a un large éventail de sanctions. Il y a la suspension de joueurs, des entraîneurs, du staff, en tout cas technique, pour plusieurs rencontres, valables sur l'ensemble des compétitions organisées par la Confédération africaine de football, l'exclusion d'une équipe des futures compétitions continentales, des amendes, des huis clos, des retraits de points, mais aussi des recommandations de sanctions auprès de la FIFA, susceptibles d'influer sur les qualifications à la Coupe du monde ou à d'autres tournois, des joueurs internationaux. Dans le cas du Sénégal, certains joueurs avaient quitté la pelouse et pourraient recevoir des suspensions individuelles applicables au-delà de la Cannes. Elles pourraient atteindre 2 à 4 matchs pour les joueurs et membres du staff impliqués dans le retrait du terrain. Dans le code disciplinaire de la CAF, les sanctions ne concernent que les compétitions organisées par la Confédération. Est-ce que le Maroc et le Sénégal, aujourd'hui, ont à craindre pour leur participation à la prochaine Coupe du monde pour laquelle ils sont qualifiés ? Pour qu'une sanction soit applicable au niveau international, il faudrait que la CAF sollicite auprès de la FIFA l'extension des sanctions ou qu'elle précise directement dans son compte rendu l'extension de cette sanction au match de la FIFA. Ça, c'est très difficile à imaginer. Les sanctions qui sont immédiatement en tout cas exécutoires. Il y a une possibilité de faire appel. Enfin, la FIFA peut également s'auto-saisir si elle le juge nécessaire.
[00:10:13] Speaker 1: Modulo, champion incontesté de lutte sénégalaise, est à Paris. Le roi des arènes y prépare son prochain combat, aidé par le boxeur français Souleymane Sissoko. Modulo est en déplacement en France avec une dizaine d'autres lutteurs venus du Sénégal pour participer à un camp d'entraînement.
[00:10:34] Speaker 7: La séance s'est bien passée. Au Sénégal, les lutteurs ne parlent que de l'aspect lutte en général. Mais la lutte avec frappe nous intéresse aussi. Donc la boxe a une grande importance. Donc nous devons nous entraîner dans ces deux aspects. La séance a été intense et nous envisageons de revenir ici pour d'autres stages. Chaque personne veut être au sommet de son art. C'est pourquoi j'ai toujours rêvé de devenir roi des arènes. J'ai travaillé très dur et relevé plusieurs défis. Ce n'est qu'en 2018 que j'ai atteint ce stade. Maintenant, je dois travailler encore plus dur parce que j'ai plus de responsabilités.
[00:11:10] Speaker 1: Elle s'appelle Georgette Vignon-Faudot. Elle a 18 ans et elle incarne le cyclisme féminin au Bénin. La jeune femme va rejoindre un centre d'excellence en Suisse sous l'égide de l'Union cycliste internationale. C'est une première dans l'histoire du cyclisme béninois. Reportage d'Emmanuel Sochi.
[00:11:27] Speaker 9: Bon les gars, on va continuer un peu vers Ida. Ils ont déjà deux heures de route dans les jambes depuis Porto Novo. Sur la route des pêches, près de Cotonou, le peloton poursuit l'effort. Georgette Vignon-Faudot, 18 ans. Le 2 février prochain, direction la Suisse, elle intègre le centre mondial programme d'excellence de l'Union cycliste internationale. Un cap pour elle et un signal pour les autres cyclistes.
[00:11:57] Speaker 10: Ça nous motive aussi ici de travailler et de donner tout ce qu'on a.
[00:12:00] Speaker 9: Dans ce peloton mixte, les femmes restent minoritaires mais elles prennent leur place.
[00:12:05] Speaker 10: Elle est ambitieuse et elle a une volonté et un objectif à atteindre. Et là, ça nous donne l'envie de beaucoup l'aider.
[00:12:14] Speaker 9: Sur la route, la détermination de Georgette Vignon-Faudot s'impose.
[00:12:20] Speaker 11: Le plus dur pour moi actuellement, c'est le vent et la chaleur.
[00:12:26] Speaker 9: Elle s'inspire des meilleures. Tadej Bogacar chez les hommes et Demi Vollorigne, référence mondiale en montagne chez les femmes. De quelle part en Suisse, automatiquement, elle a un stage d'entraînement en altitude. Car pour franchir un palier, il faut aussi plus de compétition et se frotter au haut niveau.
[00:12:49] Speaker 12: Depuis 1960, c'est la première qui a pu franchir cette limite, c'est-à-dire passer la limite nationale pour entrer dans une équipe continentale de l'Union cycliste internationale.
[00:13:00] Speaker 9: Une première qui change les repères. Tu es parti pour être une grande championne. Une porte d'entrée pour le reste des coureurs. Sur son home trainer, dernière séance avant de s'envoler pour l'Europe et passer à l'étape supérieure.
[00:13:17] Speaker 11: Mon plus grand défi, une fois là-bas, est de mieux intégrer l'équipe et apprendre des autres.
[00:13:24] Speaker 9: C'est précisément le rôle du centre qui s'apprête à l'accueillir en Suisse. Encadrement, suivi et compétition, le centre mondial du cyclisme prépare les jeunes talents aux circuits internationaux.
[00:13:36] Speaker 1: Voilà, c'est la fin du journal de l'Afrique. Restez avec nous, l'info continue sur France 24.
[00:13:41] Speaker 9: Sous-titrage ST' 501
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now