[00:00:00] Speaker 1: Générique Bonjour, deux morts en l'espace de deux semaines et demie, la ville de Minneapolis aux Etats-Unis et le théâtre d'une flambée de violence comme elle n'en avait plus connu depuis six ans et la mort d'un certain George Floyd, ce n'est plus la police locale à l'origine cette fois des tirs fatales mais des agents fédéraux, ceux de l'immigration dont les descentes musclées donnent lieu à d'innombrables vidéos qui tombent en boucle sur les réseaux sociaux. En voulant satisfaire le noyau dur de son électorat, Donald Trump est-il en train de braquer l'Amérique et décorner durablement l'image de son pays dans le reste du monde ? Vous nous répondrez Hélène Koons, directrice du pôle finance à l'INSEC. Vous êtes également l'auteur entre autres de ce livre, Portrait de VIP, qui revient sur l'incroyable histoire de Kamala Harris aux éditions LibriNova. Mais d'abord revenons en image sur l'événement qui a tout déclenché. Le meurtre par balle d'Alex Prétit, un manifestant de 37 ans tué à bout portant par des agents de la police aux frontières quelques jours seulement après René Goud, abattu dans les mêmes circonstances le 7 janvier dernier.
[00:01:09] Speaker 2: Dix coups de feu sur un manifestant au sol, l'homme est abattu par les agents fédéraux. Alex Prétit, vêtu d'un manteau marron, fait partie des habitants de Minneapolis qui filment, sifflent, et tentent de perturber les opérations de la police des frontières contre un migrant. Des agents viennent vers lui, début de l'altercation. Des policiers poussent une femme au sol. Alex Prétit semble s'interposer. Il est aspergé de gaz lacrymogène. Plusieurs agents se jettent sur lui, l'un d'eux en casquette et veste grise, retirent ce qui semble être le pistolet que le manifestant portait à la ceinture avant de l'emporter. Il a donc décidé de rester avec lui et de quitter la scène. Au même moment, un agent dégaine son pistolet. Un premier coup de feu retentit. Dix au total devant des témoins sidérés. « Mais putain, qu'est-ce que vous avez fait ? » « Oh mon dieu . Oh mon dieu . » Quelques instants avant le drame, un automobiliste a capturé ces images sur lesquelles on reconnaît Alex Prétit, téléphone à la main, en train de se débrouiller. « Oh mon dieu . » « Oh mon dieu . » « Oh mon dieu .
[00:02:10] Speaker 3: » Quelques instants avant le drame, un automobiliste a capturé ces images sur lesquelles on reconnaît Alex Prétit, téléphone à la main, en train de se débrouiller.
[00:02:18] Speaker 2: Quelques instants avant le drame, un automobiliste a capturé ces images sur lesquelles on reconnaît Alex Prétit, téléphone à la main, en train de se débrouiller. « Je vais me coucher. » L'homme avait 37 ans. Il était infirmier en réanimation dans un hôpital d'anciens combattants. Les autorités fédérales parlent d'un acte de légitime défense, affirment qu'Alex Prétit se montrait dangereux. Selon la police, il portait ce pistolet automatique sur lui pour lequel il possédait un permis. Les hommages pour Alex Prétit se multiplient dans plusieurs grandes villes du pays.
[00:02:50] Speaker 1: L'ancien président Barack Obama évoque une tragédie L'ancien président Barack Obama évoque une tragédie L'ancien président Barack Obama évoque une tragédie bouleversante.
[00:03:03] Speaker 4: Hélène Koons, la mort de René Goud puis d'Alex Prétit marque une rupture profonde pour l'opinion publique américaine. Je me permettrais de dire pas assez, malheureusement. Donald Trump est toujours entre 35 et 39 % dans les sondages. Donc malheureusement, j'ai beaucoup de mes concitoyens qui sont mal informés ou peut-être tout simplement d'accord avec ce qui se passe là.
[00:03:25] Speaker 1: Même si les dernières vidéos tentent à accréditer l'idée qu'Alex Prétit s'en était pris à ces mêmes agents de l'immigration 11 jours plus tôt, il avait même endommagé légèrement leur véhicule.
[00:03:36] Speaker 4: S'il avait endommagé leur véhicule, il y avait manière de le sanctionner sans l'avoir tué au bout pour temps. Ils étaient tout de même huit hommes face à un homme au sol et il a été désarmé. Donc, si vous voulez, il n'est pas entendable que, ça aurait pu se dérouler dans ces circonstances sans parler réellement d'une bavure fédérale.
[00:04:00] Speaker 1: Deux agents fédéraux américains impliqués dans la mort d'Alex Prétit ont été suspendus dès le samedi, qui a suivi donc ce drame d'après la police aux frontières. Le signe qu'on a pris la mesure au niveau des autorités de la gravité des faits reprochés aux agents fédéraux et de leurs responsabilités. S'ils ne sont que suspendus, on n'a pas pris la mesure. Il y a de quoi à reconnaître.
[00:04:17] Speaker 4: S'ils ne sont que suspendus, on n'a pas pris la mesure. Il y a de quoi à reconnaître. S'ils ne sont que suspendus, on n'a pas pris la mesure. Il y a de quoi à reconnaître. Un meurtre ou un assassinat, là, tout de même. Donc, pardonnez-moi, je trouve que la mesure n'est pas prise. C'est ce que dira l'enquête, enquête indépendante, il y aura, d'après vous? Pas du tout. Il n'y aura pas moyen d'avoir enquête, si vous voulez, parce que la justice, le garde des Sceaux, enfin, le Department of Justice fédéral, n'entend pas qu'il y avait erreur, là. Ils retournent même la faute sur les deux victimes, les deux victimes qui sont mortes, pour dire que c'était pour une... une voiture béliée, une autre une voiture bélière, une autre qui, voilà, qui était menaçante. Mais vous voyez ce qui est terrible, là, en tant que citoyen américain, je me dis, on nous demande de ne pas croire nos yeux et de ne pas croyer nos oreilles. Ça pose problème, ça.
[00:05:13] Speaker 1: Oui, il semble bien, en tout cas, Mathieu Mabin, qu'on assiste depuis à une forme de rétro-pédalage des autorités américaines. On a effectivement assisté à un rétro-pédalage.
[00:05:21] Speaker 5: On a effectivement assisté à un rétro-pédalage. On a effectivement assisté à un rétro-pédalage. de la Maison-Blanche dans le dossier de Minneapolis cette semaine. On se souvient des propos très tranchés de Caroline Leavitt, la porte-parole du président. C'était dans les heures qui ont suivi la mort brutale d'Alex Prétty. Eh bien, il n'est désormais plus question pour Donald Trump de terrorisme domestique, ni même de soutenir de manière inconditionnelle l'action des policiers impliqués ce jour-là. Les bureaux d'études chargés de calculer à la virgule la popularité présidentielle ont, à l'époque, été évoqués par les médias et les médias de l'économie et de l'économie de l'Union européenne. La cote de Donald Trump s'est abîmée à mesure que celle de ICE s'est, disons-le, effondrée. Un sentiment au moins partagé par la moitié démocrate de ce pays. La direction des opérations de ICE a changé. Le rythme de ces mêmes opérations a fléchi, c'est incontestable. Mais attention, Donald Trump prévient. Son programme, lui, est intact. Et la chasse aux migrants clandestines, c'est incontestable. Le destin n'est pas prêt de s'arrêter.
[00:06:27] Speaker 1: Hélène Kounf, le conseiller spécial de Donald Trump, le tsar aux frontières, comme on l'appelle là-bas, un Tom Homan, a remplacé sur place le très contesté Greg Bovino et annonce une diminution des effectifs des agents fédéraux de l'immigration. Est-ce suffisant, d'après vous, pour ramener le calme et mettre fin aux violences ?
[00:06:44] Speaker 4: Alors, ça va certainement ramener un petit peu le calme. Mais on peut tout de même interroger l'opération MetroSearch, qui a un langage de guerre. C'est un langage de guerre et très militarisé au sein des villes américaines et de surcroît des villes gérées par des démocrates. La Minneapolis, qui est dans le Minnesota, c'est un état, disons, rouge, enfin, un état bleu dans une marée d'états rouges autour. Et donc, avec un gouverneur qui est Tim Walz, Tim Walz qui était le colistier de Kamala Harris en 2024.
[00:07:20] Speaker 1: Oui, Donald Trump, d'ailleurs, accuse le maire de Minneapolis, lui aussi démocrate, de jouer avec le feu. Jacob Frey a en effet déclaré qu'il n'appliquerait pas les lois fédérales de l'immigration. C'est quoi une ville sanctuaire aux États-Unis ? Parce qu'on en entend beaucoup parler dans ce débat.
[00:07:34] Speaker 4: Ce sont des villes où le maire de la ville peut décider de ne pas livrer les migrants aux agents fédéraux. Vous savez, on parle beaucoup aux États-Unis de « states rights ». On veut bien que chaque état soit souverain et que le gouverneur, c'est l'exécutif de cet état. Donc, sans que le gouverneur soit l'exécutif de cet état. Donc, sans que le gouverneur soit l'exécutif de cet état. Donc, sans que le gouverneur ou le maire demandent de l'aide aux agents fédéraux. Ils n'ont pas à s'y rendre, si vous voulez, et juger par eux-mêmes que la situation est à ce point dangereuse.
[00:08:05] Speaker 1: Ce déploiement de force, il a en tout cas conduit les démocrates à exiger des changements dans les pratiques des agents fédéraux de l'immigration, sous peine de provoquer un blocage du budget au niveau de l'ensemble des États-Unis. Quels changements sont nécessaires, d'après vous ?
[00:08:19] Speaker 4: Vous savez, il y aura des votes là prochainement. Et le budget de ICE dépasse le budget du FBI, carrément. Donc, ce sont des milliards de dollars pour une opération, tout de même, on peut vraiment questionner. Comment se fait-il que tout d'un coup, aux États-Unis, on se retrouve avec une milice militarisée, à pleine rue, en plein jour, qui est capable d'abattre, non pas des immigrés, mais des citoyens passeportés américains ?
[00:08:51] Speaker 1: Cherchez l'argent, comme on dit. Car ce n'est pas qu'une affaire de protection des frontières. Derrière la lutte contre l'immigration clandestine se cache aussi une affaire de gros sous, Maya Anaïs Yataghen.
[00:09:00] Speaker 3: Et oui, avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le budget du département de la Sécurité intérieure a presque doublé ses 400 milliards de dollars en 2025. Et vous l'avez dit, désormais, ICE est devenue la première force fédérale en termes de moyens financiers. Mais ce n'est pas ICE qui va elle-même développer les technologies modernes de reconnaissance faciale avec l'intelligence artificielle. Mais ce n'est pas ICE qui va elle-même développer les technologies modernes de reconnaissance faciale avec l'intelligence artificielle. Mais ce n'est pas ICE qui va elle-même développer les technologies modernes de reconnaissance faciale avec l'intelligence artificielle. Ce n'est pas ICE qui va construire les prisons. Ce n'est pas ICE non plus qui va transporter, expulser des migrants. Ce sont des entreprises privées qui passent avec l'État de très juteux contrats fédéraux. Alors ce n'est pas nouveau, mais sous Donald Trump, de très nombreuses sociétés ont gagné énormément d'argent, plus que d'habitude, comme par exemple CSA Aviation ou encore Pallantier du milliardaire Peter Thiel, qui est un proche d'Ilon Musk. Alors ces patrons, ce sont des soutiens, �Soit financiers ou médiatiques de Donald Trump, ="# de Donald Trump, ou bien financiers ou médiatiques de Donald Trump, Donald Trump, avec son élection, ils ont vu pour la plupart leur action s'envoler et, pour certains, ont obtenu des marchés sans appel d'offres publiques. Pourquoi ? Parce que la lutte contre l'immigration illégale a été nommée urgence nationale et ainsi l'administration peut légalement se passer d'appel d'offres publiques. Et justement, parmi les membres de cette administration, plusieurs personnalités ont travaillé, notamment dans le secteur de la sécurité privée ou pour, par exemple, un cabinet de lobbying, comme dans ce cas où il y a, parmi les anciens membres, Pam Bandei, devenue procureure générale, ou encore Suzy Wiles, c'est la chef de cabinet de la Maison-Blanche.
[00:10:28] Speaker 1: Hélène Kuhn, Tom Oman lui-même a été pris en flagrant délit de corruption avant d'être désigné tsar aux frontières. Les Américains, aujourd'hui, les Républicains, en tout cas, lui font-ils confiance ?
[00:10:40] Speaker 4: Je pense qu'on ne peut plus dire grand-chose par rapport à la corruption aux États-Unis, sachant tout de même que... Qu'on aime ou on n'aime pas Donald Trump, c'était un président élu qui était lui-même un président condamné, si vous voulez, par la justice. Dans le cas de Tom Oman, ce sont vraiment des sacs de billets qui ont été découverts, en tout cas. On est très loin des administrations où l'exemplarité de l'exécutif valait quelque chose.
[00:11:09] Speaker 1: La formation des agents recrutés par cette police des frontières est sommaire, elle laisse à désirer, tout comme d'ailleurs le recours à des auxiliaires, comme des chasseurs de primes. Ça aussi, c'est un problème.
[00:11:20] Speaker 4: Alors, c'est un problème parce que, vous savez, on peut s'interroger. Où sont partis le Ku Klux Klan ? Où sont partis les Proud Boys et tous ces milices de suprématie blanche qui ont tué Donald Trump ? Peut-être qu'ils sont partis dedans, ils ont trouvé cette fameuse prime de 50 000 $, et puisqu'ils sont masqués, ils partent du principe que, quels que soient leurs agissements, ils ne craignent rien.
[00:11:45] Speaker 1: Et avec une possibilité d'engager le tir pour des... des individus dont on ne connaît pas, dont on ignore en partie la formation et les compétences.
[00:11:52] Speaker 4: Vous savez, on a abandonné malheureusement le respect des compétences à partir du moment où, dans... Je n'aime même pas parler de l'administration Trump, j'aime bien dire le régime Trump, parce que c'est plutôt être loyaliste que d'avoir des compétences.
[00:12:11] Speaker 1: D'ailleurs, parmi les entreprises qui prêtent main forte à ces opérations d'expulsion figurent un géant français du Conseil et Service. Numérique aux entreprises, j'ai nommé la société Capgemini. Explication.
[00:12:23] Speaker 6: Vous connaissez désormais ces images. Des agents surarmés de ICE qui arrêtent des migrants pour les expulser. Mais saviez-vous qu'en coulisses, ces policiers sont aidés par une entreprise française ? Capgemini, un fleuron du CAC 40, en mode chasseur de primes. L'œil du 20h à enquêter. Dans ses vidéos, Capgemini, champion français des services informatiques, fondé il y a près de 60 ans, revendique sa raison d'être.
[00:12:57] Speaker 7: Libérer les énergies humaines par la technologie pour un avenir inclusif et durable.
[00:13:03] Speaker 6: 350 000 collaborateurs dans le monde et une filiale américaine installée près de Washington. Elle travaille avec plusieurs agences gouvernementales, ministères de la Santé, des anciens combattants et depuis plus de 15 ans, le département de la sécurité intérieure. Des contrats que nous avons consultés sur les bases de données publiques. Pour ICE, Capgemini gère par exemple un standard téléphonique réservé aux victimes de crimes commis par des étrangers. Une création de Donald Trump. Et en novembre, le groupe français répond à un nouvel appel d'offres. Cette fois pour identifier et localiser des étrangers. Ça s'appelle du skip tracing. Une urgence pour ICE. ICE a un besoin immédiat pour du skip tracing. Capgemini rafle la plus grosse part du marché. Jusqu'à 365 millions de dollars à la clé. Et plus la société française localisera de migrants, plus elle pourra empocher d'argent. C'est écrit noir sur blanc. Des bonus financiers basés sur le taux de réussite dans la vérification des adresses des étrangers. On aurait bien voulu interroger le PDG, mais l'entreprise nous renvoie vers son communiqué.
[00:14:12] Speaker 7: Le groupe Capgemini est dans l'impossibilité d'accéder à des contrats classifiés conformément aux réglementations américaines.
[00:14:21] Speaker 6: En clair, Capgemini affirme ignorer le détail des contrats signés par sa filiale avec ICE. Mais le groupe s'engage à les regarder de plus près.
[00:14:28] Speaker 1: Voilà, il y a un extrait de l'œil du 20h de nos confrères de France 2. Hélène Kouns, la direction de Capgemini, affirme ne pas savoir si le contrat est en cours d'exécution. Il ne le serait plus d'après elle en tout cas. Et elle renvoie vers sa filiale américaine. Ça vous semble plausible ?
[00:14:47] Speaker 4: Dans la mesure, alors là, sur ce coup-là, je pense qu'à la décharge de Capgemini, on peut imaginer qu'ils sont dans leur technologie et pas dans l'idéologie de Donald Trump qui est tout de même surprenant, même pour les Américains qui sont sur place. Donc une entreprise qui est à l'étranger, on peut imaginer qu'ils ne sont pas dedans.
[00:15:08] Speaker 1: Oui, mais qu'ils ont simplement signé un contrat de fourniture de services sans s'interroger sur l'utilisation qui peut en être faite. Comme beaucoup d'entreprises.
[00:15:17] Speaker 4: Même des entreprises américaines qui ne se doutent pas qu'ils sont potentiellement, et je dis vraiment potentiellement, complices avec des choses qui pourraient leur causer un tort à la télé plus tard parce qu'ils sont dans des choses pas bonnes.
[00:15:34] Speaker 1: On l'a appris cette semaine aussi, des agents ODAI seront présents ici en Europe lors des Jeux olympiques d'hiver à Milan prévus du 6 au 22 février prochain. L'ambassadeur américain à Rome a dû présenter, préciser qu'il n'y aurait pas de patrouille. Le rôle de la division déployée sera seulement consultative. Voilà ce qu'il dit. Vous comprenez que le gouvernement de Giorgia Meloni a fait appel à ses agents fédéraux de l'immigration américaine contre d'ailleurs l'avis du maire de Milan lui-même.
[00:16:01] Speaker 4: Je serais étonnée si c'est Mme Meloni qui a vraiment fait l'appel d'elle-même ou si elle n'était pas un peu sous pression, comme beaucoup de dirigeants du Parlement pour répondre aux exigences parfois très... personnelles et très insistantes de Donald Trump lui-même.
[00:16:21] Speaker 1: Dans quel but envoyer des membres de la police fédérale de l'immigration aux côtés d'une délégation sportive américaine à des fins d'affichage de communication? Oui, tout à fait.
[00:16:31] Speaker 4: C'est tout à fait théâtral et c'est là où l'administration Trump, le régime Trump réussit très bien. Il ne veut pas, je pense, perdre leur présence dans le monde à combien même ils ont réduit à... à pas grand-chose leur crédibilité dans le monde.
[00:16:50] Speaker 1: Et on va en parler. Revenons d'abord sur les mesures décidées par l'administration Trump en matière d'immigration, Mayanna Isetaghen.
[00:16:56] Speaker 3: Alors la dernière mesure en date, c'est le gel des procédures de visa pour les citoyens de 75 pays. Il y a l'Iran, le Yémen, la Russie, mais aussi des alliés de Washington comme par exemple la Thaïlande ou encore le Cambodge. Objectif selon l'administration Trump, ce serait de mettre fin aux abus de ceux qui chercheraient à s'enrichir sur aux dépens des Américains. Alors ces mesures s'ajoutent... à des interdictions d'entrée totale et partielle qui touchent jusqu'à présent 39 pays. Les demandes d'asile ou de naturalisation sont également bloquées. Pour tous les pays, la loterie pour la Green Card, c'est-à-dire le sésame pour travailler sur le territoire américain, est également suspendue, arrêtée, tout comme les programmes de regroupement familial. Alors depuis le début du mandat de Donald Trump, l'administration dit avoir révoqué au moins 100 000 visas, avoir expulsé 650 000 personnes. C'est moins que l'objectif affiché qui était d'un million. La Maison-Blanche se félicite que plus de 2,5 millions de personnes aient déjà quitté le territoire américain, inquiète en partie par des mesures qui sont menées par ICE. Alors bilan pour la première fois en 50 ans, les Etats-Unis ne sont plus un pays d'immigration. Quand on regarde ce graphe, on voit qu'il y a plus de départs que d'arrivées et encore plusieurs projets sont dans les cartons de Donald Trump, comme par exemple s'attaquer aux droits du sol qu'il espère supprimer.
[00:18:13] Speaker 1: Merci Maya, Anaïs Yatagan, Hélène Kouns, un tiers mexicaine au sud des Etats-Unis a diminué de 80 % entre 2024 et 2025. N'est-ce pas le signe que la politique migratoire de Donald Trump porte ses fruits ?
[00:18:26] Speaker 4: Alors j'aimerais aussi donner un peu de crédit à la présidente de Mexique, à Mme Scheinbaum, qui de son côté a essayé d'améliorer les choses pour qu'il n'y ait pas de personnes qui se mettent en danger. Et peut-être aussi, les Etats-Unis ne donnent pas envie, comme ils auraient pu apparemment, comme...
[00:18:48] Speaker 1: L'administration Trump a toujours affirmé que les opérations dans le Minnesota, par exemple, avaient comme origine une vaste fraude aux aides sociales impliquant la communauté somalienne. C'est vrai ? Est-ce que ça justifie ce qu'on voit aujourd'hui, d'après vous ?
[00:19:02] Speaker 4: Ça ne peut absolument pas justifier ce qu'on voit aujourd'hui, qui est un assaut militarisé sur une ville où ils ont envoyé un nombre d'agents fédéraux trois fois plus que la police locale. Ce n'est pas du tout un problème de résoudre des problèmes de fraude à l'aide sociale, voyez-vous. Donc, encore une fois, je pense que Donald Trump a à cœur de faire en sorte que les Etats dits bleus ou tenus par les démocrates en souffrent en paix des prix. Et vous savez, si c'était réellement de bonne foi, il y a plein d'Etats dans le sud des Etats-Unis où il sera pressé d'envoyer des agents, où il y a réellement des problèmes de l'illégalité, de criminalité. Dans ces Etats dits rouges.
[00:19:48] Speaker 1: En tout cas, le signal envoyé avec ce gel des visas est perçu comment dans les pays concernés, par exemple au Sénégal, Sarah Sacco ?
[00:19:56] Speaker 8: Les Sénégalais sont frappés de plein fouet par le durcissement de la politique migratoire des Etats-Unis avec pas mal d'inquiétudes ici, pas mal de frustrations. Évidemment, cela a un impact direct, par exemple, sur le regroupement familial. Et la diaspora sénégalaise aux Etats-Unis est nombreuse. Également sur les Etats-Unis, sur les Etats-Unis, sur les Etats-Unis, sur les Etats-Unis, sur les Etats-Unis, sur les Etats-Unis, sur les Etats-Unis, les voyages de tourisme avec des conséquences et beaucoup d'inquiétudes pour les Sénégalais. Et c'est sans mentionner ceux qui ont un membre de leur famille en situation de migration clandestine aux Etats-Unis puisque ces dernières années, rappelons-le, la route pour les Etats-Unis via le Nicaragua a été particulièrement empruntée, même si on ignore par définition le nombre de personnes que cela concerne. Pas mal de réactions également du côté de la société civile. L'ONG Horizon Sans Frontières a dénoncé par exemple l'absence de réactions collectives pour rétablir la dignité de l'Afrique en espérant que la politique africaine, de manière collective, puisse protester, faire valoir ce droit à la mobilité qu'ils défendent. Enfin, autre inquiétude et pas des moindres, cela concerne le mondial de football qui doit se tenir à partir de juin, notamment aux Etats-Unis. Les supporters qui font environ... Un millier de demandes de visa à chaque Coupe du Monde se demandent si cette fois-ci, ils pourront aller supporter les Lyons aux Etats-Unis. En marge de la canne qui vient de s'achever au Maroc, plusieurs groupes de supporters s'étaient confiés à la presse en espérant que les autorités sénégalaises et également les autorités du football défendent leurs demandes de visa avec dans toutes les têtes ce match particulièrement attendu contre la France qui doit se tenir à New York.
[00:21:42] Speaker 1: Hélène Kuntz, Donald Trump. Beaucoup en termes d'images sur la réussite de cette Coupe du Monde de football co-organisée d'ailleurs par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Sa politique en matière d'immigration pourrait ternir l'événement en juin prochain ?
[00:21:57] Speaker 4: Ternir selon les codes actuels. Mais lui, il a ses propres codes, voyez-vous. Et je pense que ça ne l'inquiète pas qu'il y a des débordements, qu'il y a des personnes en très grande difficulté. Pour lui, je crois bien qu'il sera capable de dire que selon lui, c'est ça le réussite.
[00:22:17] Speaker 1: Quand on entend Nathalie Portman, par exemple, faire part de son effroi face aux événements de Minneapolis, Brune Springsteen faire une chanson même à ce sujet, cela contribue là aussi à dégrader le soft power américain, le pouvoir d'influence des Etats-Unis.
[00:22:31] Speaker 4: Le soft power américain est complètement délapidé et dans un temps record, n'est-ce pas ? Il a mis à peine un an pour faire en sorte que d'autres alliances se forment pour regretter les Etats-Unis et peut-être pour le mieux. On ne peut pas être tenu en haleine du jour en jour par la personnalité et le péripétie de Donald Trump que je rappelle est tout de même en déclin cognitif de manière visible aux yeux de tous.
[00:23:03] Speaker 1: Les morts de ces derniers jours à Minneapolis viennent rappeler le drame d'un autre décès, celui de George Floyd. C'était lors d'un contrôle de police en 2020. À l'époque, les Etats-Unis sortaient tout juste de la crise du Covid, une nouvelle bavure policière et une mort qui s'inscrit dans un contexte historique de racisme aux Etats-Unis.
[00:23:24] Speaker 9: 8 minutes et 46 secondes d'agonie sous le genou gauche de Derek Chauvin. Lorsque l'ambulance le prend en charge, George Floyd est inconscient. Il est déclaré mort à son arrivée à l'hôpital. Quelques minutes plus tôt, il est vers 20h, heure locale, à Minneapolis. Des policiers de la ville viennent arrêter un homme soupçonné par un épicier d'avoir utilisé un faux billet de 20 dollars. L'homme qui vient d'être arrêté, George Floyd, a 46 ans et s'est installé à Minneapolis après quelques années en prison pour des affaires de vol et de trafic de drogue. Père de trois enfants, il partage son temps entre l'église et divers emplois, mais lutte contre des addictions à la drogue. Ancien joueur de basketball universitaire, il est décrit par ses proches comme un doux géant. Derek Chauvin a travaillé dans le même bar que George Floyd en tant qu'agent de sécurité, mais les deux hommes ne s'y sont jamais croisés. Le policier cumule 19 ans de carrière, quatre médailles, mais aussi 22 plaintes et enquêtes internes. Des connaissances et des collègues le décrivent au choix comme taiseux, un peu raciste, voire antisocial. La vidéo de la mort de George Floyd tournée par une passante est publiée le jour même sur Internet. Elle va embraser le pays.
[00:24:49] Speaker 1: Hélène Kuntz, à l'époque de la mort de George Floyd avait déclenché plusieurs mois d'émeutes et réveillé le mouvement Black Lives Matter, on pourra assister au même phénomène cette fois-ci ?
[00:24:59] Speaker 4: Pas du tout. On est très loin de Black Lives Matter, on est très loin de la réponse white lives matter, on était aussi très loin de la réponse tous les vies se valent, All lives matter. Malheureusement, avec le régime Trump, no lives matter.
[00:25:18] Speaker 1: Aucune vie ne compte. C'est le sentiment que donnent ces événements. Même la moitié démocrate du pays ne va pas réagir plus fortement, autrement que ce qu'on voit ces derniers jours au Capitole.
[00:25:28] Speaker 4: Je crains et je regrette qu'il y ait beaucoup de sidérations. Et les gens sont terriblement fatigués de cette situation. Peut-être qu'on n'a pas l'habitude de mettre autant d'énergie derrière des difficultés politiques de jour en jour aux États-Unis.
[00:25:44] Speaker 1: Merci beaucoup Hélène Kuntz d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes directrice du pôle finance à l'INSEC. Pour aller plus loin et comprendre comment fonctionne la police de l'immigration aux États-Unis, je vous invite à aller regarder le long format de France 24, comment Donald Trump a mis en place une chasse aux immigrés sur YouTube, réalisée par Samia Metheny et Avaluke. Et c'est la fin de cette édition du Monde dans tous ses États. Rendez-vous la semaine prochaine et d'ici là sur notre site internet france24.com.
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