Myanmar junta vote cements power amid civil war (Full Transcript)

Interview: Myanmar’s elections seen as a legitimacy veneer as the junta adapts militarily, resistance fragments, and civilians endure deepening hardship.
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[00:00:00] Speaker 1: Gros plan comme promis sur la Birmanie. Le pays, en pleine guerre civile, vient d'organiser des élections législatives. Les résultats officiels publiés hier vendredi confirment la victoire du parti pro-militaire au pouvoir depuis le coup d'État de 2021. On parle de la jeune victoire écrasante, 80%. À quoi faut-il s'attendre ? Comment vit-on aussi en Birmanie ? Dans ce contexte de fragmentation, on en parle avec notre invité de ce samedi matin. Bonjour David Camerou, merci de nous faire l'amitié encore une fois d'être sur notre chaîne. Vous êtes chercheur spécialiste de l'Asie du Sud-Est. On va évoquer avec vous en long et en large la situation en Birmanie. On commence évidemment par les éléments les plus importants. Les résultats de ces élections législatives, est-ce qu'ils vous semblent crédibles ? Est-ce que le pouvoir sera renforcé ?

[00:01:02] Speaker 2: Oui, malheureusement, le pouvoir sera renforcé parce que ces élections avaient deux objectifs. Le premier objectif, c'est pour le chef de l'agent, le général Minanung, qui a carté toute concurrence et donc qui va renforcer sa position, qui va nommer le président. En fait, les ministres et le gouvernement. Donc, sa position est renforcée. Et deuxièmement, le but de ces élections était de légitimiser le régime par rapport à ses voisins les plus proches, la Chine, l'Inde, la Thaïlande, et qui se sont aussi fatigués de cette guerre qui est depuis cinq ans. Je veux savoir que les Chinois étaient aussi... Ils sont hostiles au coup d'État du 1er février 2021. Ils ne sont pas tellement favorables à Minanung, mais il faut vivre avec. Et ils ont leurs propres intérêts économiques, stratégiques en Birmanie. Donc, ces pays-là souhaitent une sorte de, entre guillemets, cash sex démocratique pour être en mesure ensuite de s'engager avec le régime.

[00:02:19] Speaker 1: Si on vous suit bien, ces élections... Ils servent de vernis démocratique, tant pour l'intérieur que pour l'extérieur. Mais sur le fond, David Camerou, comment, par exemple, est-ce que la junte arrive à tenir dans ce contexte de guerre ? Le pays est en guerre, la Birmanie.

[00:02:39] Speaker 2: Alors, il y a un an, on disait que la junte était à la retraite. La junte était en train d'être battue après les actions... ...des forces rebelles de ce qu'on appelle le 2027. Mais le régime n'est pas aussi bête qu'on peut le croire. Donc, l'armée, d'abord, ils ont instauré le régime de service militaire. Donc, ils ont pu remplacer les 90 000 morts parmi les soldats avec les nouveaux construits. Deuxièmement, ils ont changé de stratégie. Troisièmement... Troisièmement, ils ont importé des technologies telles que les drones. Donc, on voit l'efficacité, entre guillemets, en Ukraine, de la Russie et de la Chine, qui ont accentué l'aide militaire à la junte. Le budget militaire représente à peu près le deux tiers du budget de l'État. C'est extraordinaire.

[00:03:45] Speaker 1: La junte a...

[00:03:45] Speaker 2: Et troisièmement...

[00:03:47] Speaker 1: Troisièmement ?

[00:03:50] Speaker 2: Troisièmement, ils ont... Donc, ils ont... Le rebelle, en fait, le mouvement démocratique est affaibli parce que la Chine, avec ses groupes, en fait, ses partis sur les frontières qui sont proches de la Chine, a coupé un peu les vivres aux rebelles. Ils n'ont pas assez de munitions, ils n'ont pas assez d'armes. Et en plus, maintenant que les Américains et un peu les Européens ont coupé l'aide humanitaire, ils doivent utiliser cet argent pour acheter des armes. Donc, c'est une situation dramatique, en fait, pour l'existence, avec ces élections où l'opposition a été quasiment interdite, en fait. Ce n'était pas étonnant que le parti au pouvoir, en fait, le parti MNN, qui représente les militaires de l'USDP, a gagné ces élections, parce qu'il n'y avait pas de présence des partis d'opposition.

[00:04:53] Speaker 1: On se résume, professeur David Camus, pardonnez-moi de vous interrompre. L'agent renforce son pouvoir à utiliser un certain nombre de technologies militaires avec l'aide de pays alliés pour pouvoir se renforcer. Reste que, quand même, il reste l'avis des gens. Au bout du bout, professeur David Camus, c'est ma prochaine question. À quoi ressemble la vie en Birmanie, la vie de tous les jours ? On rappelle quand même, avant que vous ne répondiez, que l'inflation dans ce pays dépasse les 30 %, selon la banque. À quoi ressemble la vie sur le plan économique des Birmans ?

[00:05:24] Speaker 2: C'est une vie misérable, parce qu'il faut savoir que 90 % de la population sont des paysans. Mais ces gens n'ont pas le choix, soit de travailler pour les gens au pôle, par exemple les centres d'arnaques, qui maintenant apportent quelque chose comme 15 milliards de dollars, par an, au régime. Le système de santé est très affecté. Il y a 90 000 morts parmi les civils. Il y a 3 millions de déplacés internes. Et donc, ce qu'on essaie de vivre tous les jours, en espérant que plus tard, les choses vont évoluer. Mais c'est vraiment, après 5 ans de guerre civile, qu'on sonde vraiment l'usure sur la population.

[00:06:23] Speaker 1: Qu'en est-il de la résistance armée ? Elle a subi des coups de boutoir, on l'a compris. Mais est-ce qu'aujourd'hui, sur le plan politique, elle représente quand même une alternative à la junte ?

[00:06:39] Speaker 2: Ce qu'on craint le pied, c'est une fragmentation du pays. C'est ce qu'on appelle une bourgonisation du pays. Les groupes, par exemple, dans l'État irakien, l'armée irakienne, contrôlent presque la totalité de cet État. Sur les périphéries, les groupes armés contrôlent largement leurs propres États. Le problème, c'est dans les cœurs d'ethnies Bahamas de la région, où la situation est beaucoup plus floue. Et donc, la représentation politique de la résistance, c'est le gouvernement d'unité nationale, ne peut pas s'imposer par rapport... D'abord aux groupes armés ethniques, mais également par rapport à ses propres forces de défense, aux forces de défense du peuple. Et ils n'ont pas eu le soutien international qu'ils méritent. Parce qu'en fait, le Birmanisme est loin. Il y a d'autres problèmes dans le monde. L'Ukraine, Gaza, Venezuela. Et donc, les Birmanistes sont bien loin. Ça fait depuis l'indépendance, même avant l'indépendance en 40, 47, 49, qu'il y a cette instabilité chronique, le retour des militaires, une toute petite période de démocratie. Donc, il y a une certaine fatigue de l'incumulation internationale en disant que c'est les Birmanes qui continuent leur triste histoire.

[00:08:12] Speaker 1: David Camus, quand on parle de la Birmanie, on ne peut s'empêcher de penser à Aung San Suu Kyi et à la Ligue pour la Bourse. Oui, c'est ça. La démocratie, qu'est-ce qu'elle devient ? Et puis aussi, quelque part, est-ce qu'indirectement, elle n'a pas, ou son parti, les pro-démocraties, comme on les a appelées, une part de responsabilité dans ce désastre birman aujourd'hui ?

[00:08:37] Speaker 2: Premièrement, Aung San Suu Kyi, on n'a pas de nouvelles. À 80 ans, elle est en prison isolée depuis maintenant 5 ans. Le problème pour l'opposition, c'est que l'opposition manque, entre guillemets, une sorte de Zelensky, quelqu'un qui incarne cette opposition. C'est elle, mais elle est absente, elle est silencieuse. Et ça s'est exprimé. Les gens la gardent, comme ça qu'elle ne devienne pas un martyr. Les gens, le parti au pouvoir, effectivement, le parti au pouvoir, la Ligue nationale de la démocratie, qui était au pouvoir pendant 5 ans, 2015-2020, effectivement, on a pu, on n'a pas pu suffisamment renforcer la démocratie. Mais bon, c'est un peu facile, après coup, de le critiquer. Et effectivement, on n'a pas trouvé ce modèle de fédéralisme démocratique dans un pays multicultural, multi-religieux, multi-ethnique. Et on a toujours la recherche maintenant, depuis 80 ans, de ce modèle.

[00:09:49] Speaker 1: Un dernier mot, peut-être rapide, professeur David Camus, sur les Rohingyas, on en a beaucoup parlé. Est-ce que cette question des Rohingyas pèse encore dans la vie politique en Birmanie ?

[00:10:00] Speaker 2: La chose positive, c'est que dans le mouvement démocratique, il y a une reconnaissance que les Rohingyas sont un peuple bimond. Donc ça, c'est une avance. Il y a une certaine mise à coup de pas du traitement par les Bahamas majoritaires, qui sont en train de se faire enceintes, qui sont en train de se faire enceintes, qui sont en train de se faire enceintes, qui sont assez racistes envers les Rohingyas. Mais malheureusement, un million de Rohingyas qui se trouvent en Bangladesh se trouvent toujours dans les camps et les réfugiés. Et leur avenir n'est pas du tout... Même avec le retour d'un régime démocratique, on l'espère, mais on est vraiment, vraiment loin du retour d'une... du retour d'un régime civil et démocratique en Birmanie.

[00:10:52] Speaker 1: Merci beaucoup, David Camerou, pour vos explications sur la Birmanie. Chercheur spécialiste de l'Asie du Sud-Est. Merci d'être intervenu ce matin sur notre chaîne dans A la Une Week-end. A vous.

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Arow Summary
Interview about Myanmar (Birmanie) amid civil war: the junta held legislative elections whose official results show an overwhelming victory for the pro-military party. The guest argues the vote mainly serves to consolidate Gen. Min Aung Hlaing’s power and to provide democratic “varnish” to legitimize the regime externally (China, India, Thailand). The junta has stabilized its position via conscription, strategic shifts, drones/tech, and increased support from Russia/China; military spending dominates the state budget. The resistance is weakened by lack of arms/munitions, pressure from China on border armed groups, and reduced Western humanitarian aid forcing diversion of funds. Daily life is described as increasingly miserable: high inflation, collapsed health system, civilian deaths, and mass internal displacement. Politically, resistance alternatives are fragmented; ethnic armed groups control peripheries and a “balkanization” risk grows. Aung San Suu Kyi remains isolated in prison, leaving the opposition without a unifying figure; the prior NLD government failed to entrench democracy/federalism. On Rohingya, there is some growing recognition within the democratic movement, but refugees remain in Bangladesh camps with uncertain prospects.
Arow Title
Myanmar’s junta elections, war dynamics, and civilian hardship
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Arow Key Takeaways
  • The elections are portrayed as largely non-competitive and aimed at consolidating the junta’s power and external legitimacy.
  • Regional neighbors may engage with the regime using the elections as a democratic pretext, despite doubts about credibility.
  • The junta has adapted militarily through conscription, new tactics, drones, and expanded backing from Russia/China; defense spending dominates the budget.
  • Resistance forces face shortages of weapons and resources and increasing fragmentation, raising fears of de facto partition.
  • Civilians face severe hardship: high inflation, degraded health services, large civilian death toll, and millions displaced.
  • Aung San Suu Kyi’s continued imprisonment deprives the opposition of a unifying symbol; democratic federalism remains unresolved.
  • Some democratic actors show greater recognition of Rohingya rights, but refugee return and safety remain distant.
Arow Sentiments
Negative: Somber tone focused on illegitimate elections, entrenched military rule, worsening humanitarian conditions, civilian casualties, displacement, and bleak prospects for democratic transition.
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