Paris elections refocus on homelessness and housing plan (Full Transcript)

A Paris NGO collective pushes a €110M homelessness plan—shelter, health, minors’ protection, and vacant-housing requisition—amid municipal campaigning.
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[00:00:00] Speaker 1: On va maintenant parler politique française, non pas des débats autour du budget et des 49.3, des guénées à tout va, mais plutôt d'une importante échéance politique à très court terme. On parle des municipales. Les municipales, mais sous un angle très peu traité, voire mal traité, l'angle du logement, du sans-abris, mais plus exactement. Avec nous, Paul Allosy. Bonjour. Merci de nous rejoindre sur France 24. Vous êtes le porte-parole du collectif Le Revers et vous êtes aussi coordinateur à Médecins du Monde. Comment expliquez-vous que si peu de places soient accordées au logement dans cette campagne municipale ?

[00:00:42] Speaker 2: Écoutez, c'est toujours un thème oublié. Les personnes à la marge, qu'elles soient sans-abris, travailleuses du sexe, étrangères, usagères de drogue, c'est toujours quelque chose qu'on met sous le tapis ou qu'on essaye de déplacer. Par contre, on a quand même le sentiment, avec notre collectif, que c'est la première fois que dans la campagne municipale à Paris, on parle autant des personnes à la rue. Donc, c'est une petite victoire pour nous. En tout cas, on arrive à décrocher les rendez-vous avec tous les candidats à la mairie centrale pour réussir à leur proposer notre plan de prise en charge des personnes sans domicile.

[00:01:16] Speaker 1: Effectivement, le sujet semble commencer à intéresser certains candidats ou élus. Il y a même eu des débats avec des candidats qui ont répondu présents, moins Rachida Dati, qui n'était pas là physiquement. C'est une bonne chose ? Ou on peut se dire qu'après tout, ce n'est que de l'opportunisme politique ?

[00:01:35] Speaker 2: Écoutez, c'est toujours difficile. C'est vrai que dans un temps de campagne, on se dit que les politiques ont évidemment toujours un intérêt à s'approprier certaines problématiques. Ce qui est important, c'est de se dire aussi que ce temps d'élection, ce n'est pas seulement un moment de mobilisation des politiques et d'accès au pouvoir pour eux. C'est aussi un moment pour nous, la société civile, de mettre en avant les problématiques qu'on veut porter. Et donc, on se dit que nous, là, collectif interassociatif, et l'Eurovéa n'est pas le seul, il y a aussi plein d'autres organisations, ONG, des collectifs communautaires qui essayent de pousser le sujet. C'est aussi notre moment de rappeler qu'il y a une crise humanitaire dans les rues de Paris et qu'on pourrait la régler si on s'y met collectivement.

[00:02:12] Speaker 1: Les municipales sont à un moment politique pour en parler. À quoi ressemble la cartographie du sans-abrisme à Paris pour la logique ? Que disent les données ?

[00:02:22] Speaker 2: Alors, on a un comptage qui est effectué chaque année par des équipes de la mairie. La mairie de Paris, l'année dernière, il avait permis de décompter 3500 personnes. On pense que cette année, les chiffres seront encore supérieurs. Sachant qu'il y a eu un plan grand froid qui fait que beaucoup de personnes, maintenant, sont mises temporairement dans des gymnases. Donc, les données vont être difficiles à traiter. Ce qu'il faut comprendre, c'est que les personnes à la rue se regroupent majoritairement dans le nord-est parisien et dans la petite couronne, dans un phénomène de campement. Et après, il y a des gens qui sont isolés et dans plein d'interstices urbains partout dans la capitale. Et on peut les diviser en cinq grandes populations. Ce sont des personnes qui sont identifiées comme exilées, roms, voyageuses, usagères de drogue, travailleuses du sexe ou simplement isolées à la rue, les grands marginaux, les SDF, comme disent les autorités.

[00:03:08] Speaker 1: Question annexe, toujours en lien avec le politique, Paul Allosy. Que sait-on du vote des sans domicile fixe ? Ce sont des électeurs, des électrices comme les autres, au sens légal du terme, on entend. Mais on se dit aussi que la chose ne doit pas être facile, l'acte de voter pour ces personnes-là. Ne doit pas être évident.

[00:03:28] Speaker 2: Écoutez, c'est très variable selon les personnes. Moi, je suis beaucoup en lien avec Francis, qui est quelqu'un à la rue qui, lui, va être très content de pouvoir voter parce que c'est quelque chose d'important pour lui. Et il nous a même aidé à faire une réponse à une vidéo de Rachida Dati sur son campement et son lieu de vie à lui. Donc, il se sent très investi dans cette campagne. Après, il y a beaucoup de gens aussi qui, quand ils sont dehors, sont dans une logique de survie. On a emmené un candidat sur un campement pour une visite terrain pour lui montrer la réalité. Il y a aussi un monsieur qui a ouvert sa tente et qui leur a dit, vous savez, vous, les politiques, c'est de votre faute si on est là. Donc, voilà, des fois, il y a de la lassitude, du rejet aussi de la part de ces personnes. Et c'est bien compréhensible.

[00:04:06] Speaker 1: Pour en revenir aux étrangers dont vous parliez tout à l'heure pour la logique, quelle est leur situation ? Quelle est aussi la situation des mineurs ?

[00:04:16] Speaker 2: Oui, il faut bien entendre qu'à Paris, et c'est ce qu'on propose dans notre plan de prise en charge des personnes sans domicile, si on accueillait correctement les personnes étrangères qui viennent demander l'asile et demander des papiers ici en France et qui viennent chercher refus finalement dans les rues de la capitale, on pourrait diviser par deux déjà le phénomène du sens abrissement ici. Et donc, on a des personnes qui viennent demander l'asile, mais on a aussi un phénomène de mineurs, des mineurs non accompagnés qui arrivent à Paris. Et donc là, c'est l'aide sociale à l'enfance qui doit les prendre en charge. Et en France, on ne respecte pas la présomption de minorité, ce qui est un énorme problème parce qu'en fait, il y a des gamins qui se retrouvent dans nos rues, adolescents, complètement perdus, après des parcours traumatiques énormes, et qu'on laisse errer dans la capitale. Alors, ils sont admirables dans leur détermination à essayer de s'en sortir. Dès que vous parlez avec eux, ce qu'ils vous disent, c'est je veux aller à l'école, je veux travailler ensuite. Et donc nous, ce qu'on propose, c'est que la présomption de minorité, lors de la prochaine mandature, soit reconnue et que tous ces gamins soient mis à l'abri et pris en charge.

[00:05:14] Speaker 1: Ce qui nous amène à essayer de détailler votre plan en réponse à cette situation, qui prévoit d'ouvrir des milliers de places d'hébergement, un centre de premier accueil pour les personnes exilées, des nouveaux centres de santé. Il est budgété, ce plan, à 100 millions d'euros, si mes chiffres sont bons, soit 1% du budget de la ville de Paris. Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ? Est-ce qu'il évolue, ce plan, ou est-ce qu'il en est concrètement ?

[00:05:43] Speaker 2: Écoutez, c'était un peu le moment liste au Père Noël avec toutes les associations du collectif. On a réuni tout le monde autour de la table en disant voilà, ne nous limitons pas, qu'est-ce qu'il faut à Paris ? Donc en effet, vous avez cité quelques mesures, mais donc un centre de premier accueil, la prise en charge des mineurs, des places pour les familles, des places d'hébergement d'urgence pour des milliers de personnes, des centres de santé. C'est un plan qui est fait en 12 étapes. On demande aussi la consultation des personnes concernées pour qu'elles puissent participer à l'élaboration des politiques publiques. Et en fait, on est arrivé au total de 110 millions d'euros. Et sur le coup, on s'est dit mince, c'est une somme énorme à demander à la mairie de Paris. Et en fait, quand on met ça en rapport avec le budget total, de notre ville, on a un budget total de 12,5 milliards d'euros de fonctionnement à Paris. Donc c'est seulement 1% de ce budget. Donc voilà, ce qu'on demande et ce qu'on s'époumonne à proposer à la société et aux candidats lors de ces élections, c'est un choc de solidarité. C'est possible de s'attaquer à la misère et d'arrêter de s'attaquer aux personnes qui en souffrent. On peut résoudre les choses à Paris et les municipales peuvent le permettre.

[00:06:43] Speaker 1: L'objectif zéro SDF dans les rues de Paris, est-ce qu'il est réaliste ? Sachant que le sans-abris, c'est un phénomène complexe. Il y a des gens, de toute façon, quoi que vous fassiez, qui resteront dans la rue. Peut-être malgré eux.

[00:06:56] Speaker 2: Nous, on n'a pas un objectif zéro SDF. C'est vrai que vous entendrez souvent les politiques vous proposer cet objectif-là. Et méfiez-vous quand vous entendez des solutions trop simples à des problèmes compliqués. Il y a des gens, par exemple, qu'on suit, qui ont des syndromes psy et qui, des fois, sont, en fait, membres à part d'un quartier. Ils sont stabilisés quelque part. Ils occupent un petit perron devant une porte, quelque chose. Ils font mal à personne. Et des fois, il y a des gens, c'est bien de les laisser. C'est en place plutôt que de les perturber. Donc, nous, on veut sortir les gens de la rue qui le souhaitent. Par contre, c'est le cas de 90, 90 % des gens qui sont dehors. Et donc, il faut que les politiques ne se cachent pas derrière leurs petits doigts. Il faut se retrousser les manches et offrir des solutions à toutes les personnes qui le souhaitent.

[00:07:35] Speaker 1: Paul Allosy, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé il y a deux jours un plan de construction de 2 millions de logements d'ici 2030. Est-ce que vous en avez pris connaissance ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

[00:07:48] Speaker 2: Je n'ai pas pris connaissance de ce plan. Ce qu'on peut vous dire, c'est que nous, on demande déjà la réquisition des logements vides, au-delà de construire des nouvelles choses. Il y a des tonnes de logements qui sont vides, qui sont vacants, qui sont inoccupés. Et pour nous, l'association, c'est ça la priorité. C'est d'aller d'abord récupérer tous ces espaces qui sont vides avant de se lancer dans des grands chantiers qui vont mettre des années à sortir du sol. Il y a des solutions qui sont là, très concrètes. Paris est la seule ville de France qui n'a pas le droit de réquisition. Et donc, nous, on aimerait beaucoup que la mairie de Paris puisse directement le faire. Ce n'est pas le cas. On doit toujours attendre. On doit toujours adresser les demandes à la préfecture de police, qui, elle, n'est pas du tout dans une logique d'aider à la résomption du sans-embrisement.

[00:08:26] Speaker 1: Merci beaucoup, Paul Allosi, d'avoir été avec nous sur À la Une Week-end. Porte-parole du collectif Le Rouvaire, coordinateur à Médecins du Monde. Merci.

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Arow Summary
Interview on France 24 about French municipal elections in Paris through the lens of housing and homelessness. Paul Alos(y), spokesperson for the inter-associative collective Le Revers and coordinator at Médecins du Monde, argues homelessness and marginalized groups are often neglected politically, though the 2026 Paris municipal campaign is giving the issue more visibility. He describes Paris homelessness data (city count around 3,500 last year, likely higher), geographic concentration in the northeast and inner suburbs, and diverse groups (asylum seekers/exiles, Roma/travellers, drug users, sex workers, isolated rough sleepers). He stresses barriers to voting for people on the street, highlights the role of asylum system failures and unaccompanied minors left without protection, and calls for respecting the presumption of minority. The collective proposes a 12-step plan costing ~€110M (~1% of Paris’ €12.5B operating budget): thousands of emergency accommodation places, first reception center for exiles, healthcare centers, family places, and participation of affected people in policymaking. He rejects simplistic “zero SDF” slogans, focusing instead on offering solutions to the ~90% who want to leave the street. He favors requisitioning vacant housing over long-term new construction and notes Paris lacks direct requisition power, depending on the police prefecture.
Arow Title
Paris municipal elections: homelessness, housing, and a €110M plan
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Arow Key Takeaways
  • Homelessness and housing are often sidelined in campaigns, but Paris municipal debates are increasingly addressing rough sleeping.
  • Paris’ official count found ~3,500 people on the street last year; real numbers likely higher and fluctuating due to temporary cold-weather shelters.
  • Rough sleeping is concentrated in northeast Paris and the inner suburbs, with both camp-based and dispersed street homelessness.
  • Key affected groups include exiles/asylum seekers, Roma/travellers, drug users, sex workers, and isolated rough sleepers.
  • Improving reception and processing for asylum seekers could significantly reduce street homelessness in Paris.
  • Unaccompanied minors are a major concern; the collective calls for respecting the presumption of minority and immediate protection.
  • The collective’s 12-step plan costs ~€110M, about 1% of Paris’ operating budget, aiming for a ‘solidarity shock’.
  • Rather than ‘zero SDF’, the aim is to provide solutions to the majority (~90%) who want to leave the street.
  • Priority should be requisitioning vacant housing before relying on slow, large-scale new construction.
  • Paris lacks direct power to requisition vacant units and must go through the police prefecture, which the speaker says is not aligned with resolving homelessness.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is urgent and critical regarding policy failures (humanitarian crisis, minors left on the street) but also pragmatic and solution-oriented (budgeted plan, feasible measures), resulting in an overall neutral informational sentiment with concern.
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