Shein’s On-Demand Model: Fast Fashion’s Hidden Costs (Full Transcript)

In Guangzhou, Shein’s supplier network powers ultra-fast fashion—driving low prices, tight margins, long hours, and rising environmental concerns.
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[00:00:09] Speaker 1: Il est à peine 9h du matin et c'est déjà l'effervescence dans les rues de canton. Alors que certains achètent leur petit déjeuner sur le chemin du travail, d'autres, comme Li Rongshan, se mettent en quête d'un emploi. C'est ici qu'affluent des milliers de Chinois venant de tout le pays. Leur objectif, trouver un travail via ces annonces postées en pleine rue.

[00:00:37] Speaker 2: Les gens viennent ici parce qu'il y a des usines partout. C'est le centre névralgique de l'industrie textile. Venir ici facilite la recherche d'emplois. Nous demandons aux recruteurs combien ils payent à la pièce et s'ils ont besoin d'un emploi. Si le prix nous convient, nous acceptons de travailler pour lui.

[00:00:55] Speaker 1: Après négociation, les ouvriers peuvent commencer à travailler directement. Canton est un des hauts lieux de l'industrie textile chinoise. La ville abrite près de 50 000 entreprises, notamment une dont le nom revient sans cesse, Xi'in. Fondée en 2012, cette plateforme en ligne est devenue l'un des plus grands détaillants de fast fashion au monde. Tout son réseau de production est concentré ici, pourtant, Xi'in est invisible. La marque ne gère aucun site de fabrication. A la place, l'entreprise s'appuie sur un réseau informel d'usines indépendantes pour produire plus de 6 000 nouveaux articles par jour. Depuis deux ans, Peter Lin fabrique des vêtements pour le géant du e-commerce. Aujourd'hui, il rend visite à l'un de ses fournisseurs.

[00:01:40] Speaker 3: L'hiver est passé, donc nous travaillons maintenant sur les collections printemps et automne. Si vous regardez ce vêtement, sa matière est de qualité. Et il est très élastique.

[00:01:51] Speaker 1: Chez Xi'in, ce n'est pas seulement les vêtements qui sont extensibles. Avec son modèle à la demande, l'entreprise chinoise est aussi réputée pour sa flexibilité. Régulièrement, de petites séries de vêtements sont testés auprès des consommateurs du monde entier. Les articles qui se vendent bien sont immédiatement commandés de nouveau, ce qui permet de maintenir des coûts de fabrication bas et des délais de production courts.

[00:02:14] Speaker 3: Les petites usines dont les coûts de main-d'oeuvre sont moins élevés peuvent accepter le modèle à la demande en produisant des commandes de 6 000 euros. C'est pourquoi Xi'in peut proposer une grande variété de produits aux consommateurs.

[00:02:25] Speaker 1: Désormais cinquième plus grand détaillant de mode en France, Xi'in doit une grande partie de son succès à ce modèle économique. Les fabricants, eux, affirment que cette stratégie les fragilise.

[00:02:35] Speaker 3: Xi'in s'efforce en permanence de réduire les coûts de production. Quand un produit devient viral, Xi'in augmente ses commandes. Du coup, toutes les usines sont en concurrence, ce qui fait baisser les prix. C'est brutal pour les vendeurs, car leurs marges ne cessent de diminuer.

[00:02:49] Speaker 1: Si les marges sont faibles, les salaires des travailleurs le sont tout autant. La plupart des ouvriers sont payés à la pièce, entre 6 et 24 centimes par article, d'après un rapport de l'ONG China Labor Watch. Pendant le pic d'activité, Xi'in peut gagner plus de 1 600 euros par mois. Mais pour atteindre cette somme, il faut travailler jusqu'à très tard dans la nuit. La vie n'est pas facile en ce moment, alors j'essaie de travailler plus dur. Si je suis plus assidue, je commence vers 8 ou 9 heures. Je travaille jusqu'à minuit, parfois jusqu'à minuit et demi. L'entreprise exige de ses fournisseurs qu'ils limitent le temps de travail de leurs ouvriers à 60 heures et qu'ils disposent d'au moins un jour de repos par semaine. Mais le fonctionnement décentralisé de la marque permet de nombreuses entorses aux côtes du travail. Nous avons pu parler à des ouvriers qui, sous couvert d'anonymat, expliquent qu'ils travaillent régulièrement plus de 75 heures par semaine. Une fois que les vêtements sont fabriqués, ils sont mis dans des emballages. Comme celui-ci. Et ils n'attendent plus qu'à être récupérés par une armée de livreurs avant d'être expédiés à travers le monde. Ces colis, vous les recevrez en seulement quelques jours chez vous. Des robes, des pantalons ou encore des t-shirts pour seulement 4 euros. Ces petits prix inquiètent les ONG. Pour elles, les vêtements bon marché de Shein ont un coût environnemental.

[00:04:17] Speaker 4: Les marques telles que Shein présentent certaines caractéristiques. Déjà, on remarque que le tissu est fin et de mauvaise qualité. Lorsqu'on examine les coutures, on constate qu'elles ne sont pas faites pour durer.

[00:04:28] Speaker 1: En 2025, Shein a été classée parmi les plus grands pollueurs du secteur. Pour Nice à Corniche, la faute n'incombe pas seulement aux usines, mais aussi aux consommateurs.

[00:04:39] Speaker 4: D'un point de vue environnemental, le problème de l'ultra-fast fashion se situe dans la différence entre le volume des ventes et la mauvaise qualité des produits. Cela favorise un sentiment de déficit. La responsabilité est donc partagée, car si Shein et d'autres marques similaires produisent et répondent à cette demande, c'est parce que nous, consommateurs occidentaux, la stimulons.

[00:05:01] Speaker 1: Contactée, la direction du groupe nous a répondu par communiqué, dans lequel elle défend sa politique environnementale.

[00:05:08] Speaker 5: Notre modèle de production à la demande est au cœur de notre stratégie visant à limiter le gaspillage et à optimiser les ressources. Ce qui se traduit par une réduction des stocks inutiles et une minimisation du gaspillage des ressources liées à la surproduction.

[00:05:23] Speaker 1: Shein justifie également son modèle économique flexible et déclare s'engager pour que le droit du travail soit respecté par ses fournisseurs.

[00:05:31] Speaker 5: Les fournisseurs sont tenus de veiller au respect de toutes les lois et réglementations locales régissant les salaires et les heures de travail, y compris le respect des exigences légales en matière de rémunération des heures supplémentaires.

[00:05:44] Speaker 1: À la tombée de la nuit, le rythme ne ralentit pas. Les lumières des usines continuent d'éclairer les rues de canton. Jusqu'au petit matin, les ouvriers vont travailler d'arrache-pied pour que les vêtements puissent être expédiés aux quatre coins du monde le plus rapidement possible.

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Arow Summary
In Guangzhou (Canton), thousands of migrant workers look for textile jobs via street postings, negotiating piece rates and starting immediately. The city hosts a dense network of garment factories that supply Shein, founded in 2012, which operates without owning factories and instead relies on independent workshops to produce over 6,000 new items daily using a demand-driven model: small batches are tested globally and successful items are rapidly reordered. Factory intermediaries say Shein’s constant cost-cutting and viral-demand surges intensify competition among suppliers, squeezing margins and pushing down workers’ pay. Workers are often paid per piece (about €0.06–€0.24 per item) and may work very long hours—reports cite regular weeks exceeding 75 hours—despite supplier requirements to cap hours at 60 with a weekly rest day. Finished items are quickly packaged and shipped worldwide, enabling very low consumer prices (e.g., €4 garments). NGOs warn that ultra-fast fashion’s low quality and high volume drive waste and environmental harm; Shein was ranked among major sector polluters in 2025. Environmental advocates argue responsibility is shared with Western consumers fueling demand. Shein responds that on-demand production reduces overstock and waste and that suppliers must comply with local labor laws, including overtime rules.
Arow Title
Inside Shein’s Guangzhou Supply Chain: Speed, Low Pay, and Environmental Costs
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Arow Key Takeaways
  • Guangzhou’s informal job market feeds a vast textile manufacturing ecosystem.
  • Shein scales via a decentralized network of independent factories rather than owning production sites.
  • The on-demand model tests small batches, then rapidly reorders winners, enabling speed and variety.
  • Supplier competition and cost-cutting pressures can squeeze margins and translate into low piece-rate wages.
  • Reported working hours can exceed stated limits due to decentralized oversight.
  • Ultra-fast fashion combines low prices with quality issues, increasing waste and environmental footprint.
  • Responsibility for demand and impact is argued to be shared between brands and consumers.
  • Shein claims on-demand production reduces overstock and that suppliers must follow labor laws.
Arow Sentiments
Neutral: The piece is investigative and critical in parts—highlighting low pay, long hours, and pollution concerns—while also presenting Shein’s official defense of its model and compliance claims, resulting in an overall balanced, reportorial tone.
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