Trump, culture wars, and country music’s new fault lines (Full Transcript)

A look at Trump’s cultural clampdown, artists’ pushback, and how country music reflects America’s deep political polarization.
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[00:00:00] Speaker 1: Donald Trump qui s'immisce aussi dans les affaires culturelles pour asseoir sa politique. Louise Dupont, vous nous avez rejoint, bonjour à vous. Quel rapport entretient Trump avec la culture et les arts ?

[00:00:08] Speaker 2: Un rapport paradoxal et conflictuel. On le rappelle, évidemment, Donald Trump a construit une partie de sa notoriété sur la télé-réalité, The Apprentice, qu'il présentait. Et il connaît donc parfaitement le pouvoir de la culture et des arts. Depuis le début de son deuxième mandat, il affiche une volonté claire de reprendre un peu le contrôle du récit culturel américain. Ça se voit dès les premiers jours après son retour à la Maison-Blanche. Il nomme les acteurs John Voight, Mel Gibson et Sylvester Stallone ambassadeurs à Hollywood qui seront, je cite Donald Trump, « ses yeux et ses oreilles dans l'industrie ». Son autre grand cheval de bataille, ce sont ce qu'on appelle les politiques de diversité, d'équité et d'inclusion qu'il voit d'un très mauvais œil. Et ça se sent très concrètement, puisque en quelques semaines après son retour, la National Gallery of Art, par exemple, a mis fin à tous ses programmes de diversité. Le Smithsonian Institution, qui réunit pas moins de 20 musées et autant de bibliothèques dans la capitale, ferme son bureau dédié à l'inclusion. Et en mars 2025, un décret est adopté pour, je cite, « restaurer la vérité et la raison dans l'histoire américaine ». Et puis, dernier symbole fort, c'était il y a un mois à peine, en décembre, la reprise en main du Kennedy. Le Kennedy Center à Washington, une institution culturelle, vous le voyez à l'image, Donald Trump s'est programmé président et a rebaptisé, tout simplement, le lieu. Et ce serait l'équivalent, en France, d'un président qui déciderait de diriger lui-même l'Opéra ou le Louvre.

[00:01:37] Speaker 1: Dans ce bras de fer, Louise, entre Donald Trump et la culture, comment réagissent les artistes, alors ?

[00:01:42] Speaker 2: Bon, alors, certaines voix s'élèvent, bien sûr, mais l'administration Trump et sa pression sont très fortes. On l'a vu, notamment avec la suspension, vous vous en souvenez, ça a fait beaucoup de bruit. La suspension de Trump, c'est un peu le cas. La suspension de Trump, c'est un peu le cas. La suspension de Trump, c'est un peu le cas. La suspension temporaire de l'animateur Jimmy Kimmel par la chaîne ABC, après qu'il ait tenu des propos critiques à l'égard du président à l'antenne. Il a finalement, évidemment, été réintégré, mais c'était face à la mobilisation du public et du monde culturel. 400 artistes ont signé une lettre dans la foulée défendant la liberté d'expression, avec des noms comme ceux de Nathalie Portman, Meryl Streep ou Tom Hanks. Et puis, en octobre 2025, l'actrice Jane Fonda a, elle, relancé le comité de défense du premier amendement qui protège la liberté d'expression. C'est une initiative qui avait été créée par son père, Henry Fonda, pendant la guerre froide. Tout un symbole, c'était au moment de la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy. Et puis enfin, ça c'est tout récent, c'est ce samedi soir, lors d'un concert caritatif dans le New Jersey, le chanteur Bruce Springsteen, un opposant de longue date à Donald Trump, a dédié une chanson à René-Nicole Goode, abattue par la police de l'immigration américaine ICE. Et il a appelé un sursaut face à des méthodes qu'il juge. Je le cite, digne de la Gestapo.

[00:02:54] Speaker 1: Et vous, vous vous êtes rendue aux Etats-Unis, à Nashville, Louise, pour nous proposer deux numéros exceptionnels de l'affiche autour de la musique country.

[00:03:02] Speaker 2: Oui, la country, on l'a choisie parce qu'elle est en quelque sorte au cœur de cette bataille culturelle que je viens de vous décrire. D'abord, c'est un phénomène massif. On s'en rend moins compte ici en France où elle va sans doute arriver, la country. Mais aux Etats-Unis, c'est une des musiques les plus écoutées, avec 120 milliards d'écoutes en streaming en 2025. L'un des artistes les plus écoutés. Atlantique, c'est un chanteur de country, Morgan Wallen. Mais surtout, la country est devenue l'un des miroirs de cette Amérique ultra-polarisée. C'est une musique qui est bien sûr profondément ancrée dans l'histoire, les traditions, la ruralité, un univers que Donald Trump cherche en quelque sorte à réinvestir politiquement. Et à Nashville, on a justement rencontré des artistes des deux bords et notamment ces artistes conservateurs qui revendiquent un retour aux valeurs traditionnelles. Regardez. La musique country est depuis longtemps le porte-voix d'une Amérique rurale, blanche et chrétienne. Mais elle a pris une nouvelle résonance à l'ère de Donald Trump. Dès la première présidence de Donald Trump, plusieurs grands noms de la country s'affichent à ses côtés. Après sa réélection en 2024, Underwood, Lee Greenwood et Billy Ray Cyrus chantent à son investiture.

[00:04:27] Speaker 3: Ce qui attire le président Trump vers la country, je pense que c'est un homme droit. Il dit toujours exactement ce qu'il pense. Et je crois qu'il choisit aussi des chansons qui font la même chose. C'est ce que j'aime chez lui. Que Dieu bénisse les Etats-Unis et que Dieu bénisse le président Trump.

[00:04:44] Speaker 2: Voilà un soutien affiché et affirmé. Alors de l'autre côté du spectre, il y a aussi une nouvelle génération d'artistes noirs, queers, progressistes. Qui bousculent les codes parfois dans un contexte très difficile.

[00:04:55] Speaker 4: Écoutez.

[00:05:01] Speaker 2: L'Itsino fait partie de ces artistes qui mettent en lumière l'héritage afro-américain de ce genre longtemps associé à l'identité blanche.

[00:05:17] Speaker 5: Je me suis installée à Jefferson Street parce que je connaissais l'histoire de Jimi Hendrix. Et celle de la scène musicale du quartier.

[00:05:27] Speaker 6: Il y avait le Ritz Theater, juste en face. Jimi Hendrix, Little Richard, Aretha Franklin. Mon héroïne. Toutes les grandes stars sont passées par ici. Parce que c'est le seul endroit où l'on pouvait accueillir les artistes noirs.

[00:05:52] Speaker 5: Avec... Black Lives Matter, plusieurs artistes ont signé des contrats avec des maisons de disques. Une façon de dire aux Noirs, ne nous en voulez pas. Et pour la première fois, on a donné de la visibilité aux femmes noires dans la musique country.

[00:06:11] Speaker 4: Voilà, conservateurs ou progressistes qui met en tout cas tout le monde d'accord, c'est que la country vit une renaissance.

[00:06:23] Speaker 2: Et que bien plus qu'un genre musical, elle fait résonner les fractures de l'Amérique d'aujourd'hui.

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Arow Summary
The segment describes Donald Trump’s contentious relationship with culture during his second term, highlighting efforts to shape the U.S. cultural narrative: appointing celebrity “ambassadors” to Hollywood, targeting diversity/equity/inclusion programs at major institutions, issuing an order to “restore truth and reason” in American history, and taking control of the Kennedy Center. It then outlines artistic pushback, including reactions to alleged media pressure, an open letter signed by prominent actors defending free expression, Jane Fonda’s revival of a First Amendment defense committee, and Bruce Springsteen’s public condemnation of immigration enforcement tactics. Finally, it frames country music as a key battleground in America’s culture wars: a massively popular genre tied to rural, white, Christian identity and embraced by conservative, pro-Trump artists, while also being reshaped by emerging Black, queer, and progressive performers reclaiming its African American roots and expanding representation in the industry.
Arow Title
Trump, culture wars, and country music as America’s mirror
Arow Keywords
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Arow Key Takeaways
  • Trump’s second-term approach includes actively influencing cultural institutions and narratives, including high-profile symbolic moves like taking over the Kennedy Center.
  • DEI programs have been curtailed at major institutions, reflecting a broader political campaign against diversity and inclusion policies.
  • Artists and public figures have organized defenses of free expression, including open letters and revived advocacy groups.
  • Media and entertainment figures face perceived political pressure, with incidents sparking public and industry mobilization.
  • Country music is a central arena of U.S. cultural polarization, aligned with traditionalist politics yet undergoing diversification and renewed interest.
  • A growing cohort of Black, queer, and progressive country artists is foregrounding the genre’s African American roots and pushing for broader representation.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is largely reportorial, describing policy moves and reactions on both sides. It includes critical cues (concerns about pressure on artists, references to censorship and historical revisionism, and Springsteen’s condemnation) balanced with descriptive context about country music’s popularity and polarization.
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