[00:00:00] Speaker 1: Ce jeudi, l'Union européenne s'est alignée sur les Etats-Unis, le Canada et l'Australie en classant donc comme organisation terroriste le corps des gardiens de la révolution islamique. On va en parler avec vous, Cécile Galluccio, dans les clés de l'info. Quelle est cette milice tout d'abord ?
[00:00:16] Speaker 2: Les gardiens de la révolution sont appelés en Iran les Pajdaran, ça veut dire les gardiens en farcie. Ils ont été fondés le 5 mai 1979 dans la foulée de la révolution islamique qui a renversé le Shah d'Iran, fondée par l'Ayatollah Roumeni. L'histoire raconte, regardez, que c'est en France, à Neuf-le-Château exactement, durant ces derniers mois d'exil, fin 78, début 79, que l'idée d'une armée parallèle commence à germer dans la tête de l'Ayatollah. Il n'avait alors pas confiance en l'Artèche qui est l'armée régulière héritée de la monarchie et décide de mettre sur pied une sorte de garde nationale comme aux Etats-Unis. Quand il devient guide suprême, il met son dessein à exécution et crée son bras armé. Le rôle des gardiens de la révolution, regardez, c'est de protéger la république islamique, de servir l'idéologie révolutionnaire, de faire régner l'ordre, de se mettre au service du guide suprême. D'ailleurs, ils y ont tous juré fidélité. Les Pajdaran contrôlent tout dans les rues. Si les consignes du guide suprême sont suivies, si le jeûne du ramadan est respecté et si la tenue des femmes est conforme au Coran. Et alors, d'où viennent ces membres ? Alors, à la base, ces membres ont été recrutés au sein des milices révolutionnaires et la réputation des Pajdaran s'est construite dès 1980, lors de la guerre qui a opposé l'Iran à l'Irak. Ils ont essuyé des pertes deux fois plus importantes que celles de l'armée régulière et ça a renforcé leur légitimité dans le pays. Aujourd'hui, regardez, les Pajdaran représentent 200 000 hommes. C'est l'organisation la plus influente d'Iran. Un Etat dans l'Etat, tellement ils sont puissants. Une armée d'élite avec des moyens terrestres. Maritimes et aérospatiaux, mieux entraînés, mieux équipés et mieux payés que l'armée régulière. Chaque commandant en chef est nommé par le guide suprême. En juin dernier, Ali Ramenei a d'ailleurs nommé Mahmad Pakpour, qui est un ancien vétéran de la guerre Iran-Irak. Leur budget, regardez, militaire, serait compris entre 6 à 9 milliards de dollars par an, ce qui fait à peu près 40% du budget militaire officiel iranien.
[00:02:18] Speaker 1: Et ils sont déployés à chaque contestation ou manifestation ?
[00:02:21] Speaker 2: Oui. En 1993, en 99, en 2003, en 2009, en 2017, en 2019, en 2022, après la mort de Marsa Amini. Et en ce moment, regardez, ils jouent un rôle actif dans la répression du mouvement qui a débuté le 28 décembre dernier. Comment ils opèrent ? Grâce à un vaste réseau de renseignements au sein du régime, ils s'appuient sur une milice paramilitaire, les Basij, recrutés essentiellement dans la jeunesse et insérés dans toutes les strates de la société. On parle de 600 000 à 900 000 personnes.
[00:02:54] Speaker 1: Mais ils ne se contentent pas uniquement de la sphère militaire ?
[00:02:57] Speaker 2: Non, ce sont des acteurs majeurs de l'économie iranienne qui détiennent entre 40 à 70% du PIB brut de l'Iran. Cela passe, regardez, on le voit par le contrôle de sociétés publiques et privées, infrastructures, énergie, technologies, secteurs financiers et bancaires. Ils disposent aussi de puissants moyens politiques. Plusieurs de ces membres exercent comme ministre, haut fonctionnaire, ou gouverneur de province. A l'extérieur, regardez, ils jouent aussi un rôle prépondérant, ils ont un relais de Téhéran auprès de ses alliés dans la région, comme le Hezbollah libanais qu'ils financent, ou encore le Hamas palestinien.
[00:03:32] Speaker 1: Et donc, depuis ce jeudi, ils sont sur la liste noire du terrorisme de l'Union européenne.
[00:03:37] Speaker 2: Oui, une liste noire mise à jour tous les six mois. Elle a été créée après les attentats du 11 septembre 2001. Une liste où figurent notamment 13 personnes et 22 groupes, dont les talibans, dont le Hamas, dont l'administration État islamique. Pour l'heure, au moins 232 personnalités et 44 entités iraniennes font l'objet de sanctions européennes. Qu'est-ce que cela implique ? Ça veut dire un gel des avoirs financiers, une interdiction de fournir des fonds et une interdiction de voyager pour tous les membres permanents du corps des gardiens de la Révolution. Interdiction, évidemment, de venir en Europe.
[00:04:13] Speaker 1: Et puis, merci beaucoup, Cécile Galluccio. C'est terminé pour ces clés de l'info. Les clés de l'info avec Cécile Galluccio. On peut retrouver votre chronique sur nos réseaux sociaux, évidemment.
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