Why Putin’s Syria meeting matters for Russia and the West (Full Transcript)

A photo-driven analysis of Putin–al-Shara ties, Russian bases, U.S. and French outreach, Kurdish negotiations, IS detainee risks, and Turkey–Israel tensions.
Download Transcript (DOCX)
Speakers
add Add new speaker

[00:00:00] Speaker 1: — 14h30 à Paris. Bienvenue dans votre rendez-vous « Derrière l'image ». On s'arrête pour décrypter l'info à partir d'une photo qui fait sens. Et on va revenir aujourd'hui sur cette séquence, cette rencontre plutôt entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue syrien Ahmed Al-Shara. La rencontre a eu lieu hier. Il s'agissait de la deuxième rencontre en 4 mois entre les deux dirigeants quand même. Bonjour, Wassim Nass. — Bonjour. — C'est vous qui avez sélectionné pour nous le cliché qu'on va commenter ensemble. On le regarde peut-être. Et puis vous nous expliquez de quoi il s'agit.

[00:00:30] Speaker 2: — Donc en fait, c'est la deuxième rencontre, comme vous l'avez très bien rappelé, entre Ahmed Al-Shara, donc le président syrien, et le président Poutine. Il faut dire que c'est la seule rencontre qui s'est faite à deux fois avec un chef d'État hors les pays de la région. Donc c'est très important parce que ça marque en tout cas l'importance de la relation de la Russie avec la Syrie, l'importance que les deux hommes, donc les deux présidents, misent sur cette relation. Il y a plusieurs intérêts entre les deux pays. Malgré l'animosité jusqu'au dernier moment, parce qu'on se rappelle quand même que la Russie a aidé, a soutenu Bachar Al-Assad jusqu'au bout, et que Bachar Al-Assad, donc le président déchu, a trouvé refuge en Russie à l'heure où on parle. Donc il y a beaucoup d'intérêts entre les deux. Il y a des bases russes en Syrie. Il y en avait trois. Maintenant, il y en a deux. La base de Kamishli a été évacuée dans le nord-est il y a deux jours. Il y a deux bases militaires, une base ayayenne, Ahmed Imim, et une base navale. Et pourquoi ça intéresse la Russie ? Parce que la base de Ahmed Imim, ayayenne, c'est celle qui fait la logistique entre la Russie, le territoire russe et le continent africain. Donc on sait l'importance du déploiement russe sur le continent africain. En ce qui concerne la base navale de Tartus, c'est un port, c'est le seul port sur la Méditerranée en capacité d'accueillir les sous-marins nucléaires russes, sachant que la mer Noire est fermée. Donc si les sous-marins nucléaires russes veulent se ravitailler, il n'y a que le port. Le port de Tartus. Donc l'intérêt stratégique pour la Syrie, il est bien réel. Et la Syrie a aussi des cartes à jouer avec Damas. Par exemple, tous les contrats industriels et miniers qui avaient cours avec la Russie avant la chute d'Assad, pour certains, selon nos informations, vont être réactivés. Ça veut dire que les compagnies russes auront priorité sur les autres compagnies, par exemple sur le phosphate, parce qu'elles étaient déjà sur place et elles exploitaient déjà. On pense aussi aux produits agricoles. Par exemple, la Russie est le seul pays qui a très vite... envoyé du blé et des céréales au nouveau pouvoir syrien. Ça veut dire qu'on parle de quelques semaines après la chute d'Assad. Et il y a aussi un volet très important qui peut rester sous les radars, mais c'est le volet militaire. Ça veut dire que l'armée syrienne, la nouvelle armée syrienne, tout son équipement, ou 80% de son équipement, est de provenance russe ou de fabrication russe. Donc ils ont besoin des arsenaux russes pour acheter du matériel pas cher et facile à utiliser.

[00:02:57] Speaker 1: Du coup, s'il fallait résumer... La nature de cette relation, en un mot, ce serait quoi ? Ce serait intéresser, peut-être ?

[00:03:03] Speaker 2: C'est une relation bilatérale, contractuelle, disons. Et elle ne vient pas... C'est pas gratuit. Gagnant-gagnant, on va dire. On va dire ça, mais ça coûte cher politiquement au président syrien, parce que convaincre sa base que les Russes, qui les bombardaient avec les avions et qui soutenaient Assad il y a encore un an, vont être désormais des partenaires assez difficiles. Et en même temps, pour le président Poutine, c'est très difficile de dire que cet ancien djihadiste, en l'occurrence le président Chara, est aujourd'hui un partenaire.

[00:03:31] Speaker 1: Alors, on va regarder justement l'état de ces relations à Chara avec d'autres puissances. On va parler de Donald Trump, forcément. Vous parlez de ses relations avec les Américains. Donald Trump qui assurait hier à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue syrien que tout se passait très bien. On va l'écouter, on en repart juste après.

[00:03:52] Speaker 3: J'ai eu une excellente conversation avec le très respecté président syrien. Et tout ce qui concerne la Syrie et cette région se passe. Très, très bien. Nous en sommes donc très heureux.

[00:04:04] Speaker 1: Tout se passe si bien, Wassim, alors ?

[00:04:06] Speaker 2: Tout se passe bien, en tout cas comme l'entend Donald Trump. Parce qu'il faut rappeler que Donald Trump a ramené la Syrie dans le giron des Etats-Unis. Donc la Syrie qui était hors, disons, alliance américaine avec les pays de la région depuis plusieurs décennies, même si ponctuellement le père d'Assad a eu certaines alliances avec les Américains pendant la guerre d'Irak. Donc pour Donald Trump, c'est un gain très important. De ramener un pays très important géographiquement et stratégiquement dans le giron américain. On met ça aussi dans le contexte de l'Iran. Parce qu'on sait très bien que sous Assad, la Syrie était alliée à l'Iran. Et aujourd'hui, Donald Trump est en train de tout faire pour essayer de garder la Syrie loin de l'Iran, en gardant en tête aussi le contexte irakien. Parce que l'Iran est toujours influente en Irak, l'Iran est toujours influente au Liban. Et si la Syrie reste du côté des Etats-Unis, ça va entraper la politique iranienne dans la région. Mais ça aussi, ça vient à un prix très élevé politiquement pour Donald Trump, mais aussi pour la Syrie. Parce que la Syrie est rentrée dans la coalition contre l'Etat islamique, à la signature de l'accord à Washington, là la photo on la voit avec Donald Trump. Donc ils sont aujourd'hui partenaires des Etats-Unis dans la coalition anti-Etat islamique dans la région. Et ça aussi, ça a un prix politique pour le président syrien concernant sa base.

[00:05:23] Speaker 1: Parlons des Français, peut-être Emmanuel Macron qui a été quand même le premier à ouvrir les portes des pays occidentaux à Al-Shara. Il a été beaucoup critiqué. Est-ce qu'on peut dire que le temps lui a donné raison ?

[00:05:34] Speaker 2: Évidemment le temps lui a donné raison parce que tout le monde a suivi derrière. Donc derrière cette rencontre ou cette invitation à Paris, Donald Trump avait rencontré Shara Ariad en Arabie Saoudite. Puis il l'a reçu à Washington et entre-temps on voit bien deux visites à Moscou, sans parler de toutes les visites au niveau régional. Donc évidemment la France a eu raison parce qu'elle a compris quel était le projet de ce président syrien et qu'il fallait miser là-dessus pour gagner ou récupérer. Il a récupéré une certaine stabilité en Syrie après 14 ans de guerre civile, sachant que la France n'a jamais flanché sur son animosité vis-à-vis du président Assad et même son frère était jugé ici même en France, le frère d'Assad, l'oncle d'Assad, pardon, Refat Al-Assad. Donc la France mise sur la stabilité après 14 ans de guerre civile, mais aussi sur son influence sur d'autres acteurs en Syrie. Donc en l'occurrence les forces démocratiques syriennes qui sont un commandement kurde que la France a aidé à bout de bras. Pendant un an pour que les Kurdes de Syrie puissent récupérer leurs droits, ce qui a été accordé par le président syrien dernièrement, où les Kurdes ont récupéré des droits qu'ils réclamaient depuis la création de l'état syrien. Ça veut dire le droit à la nationalité, le droit à la langue, le droit à un jour à férié et les droits normaux de citoyenneté. Ce qui a été accordé parce que aussi, encore une fois, les négociations avec les forces démocratiques syriennes étaient soutenues activement par la diplomatie française depuis la signature des accords du 10 mars dernier.

[00:06:59] Speaker 1: La France qui est justement un allié très proche des forces démocratiques syriennes, appelée FDS aussi, historiquement des Kurdes, quelle est la situation sur le terrain aujourd'hui ?

[00:07:08] Speaker 2: On va regarder sur une carte la situation aujourd'hui après les combats qui ont démarré début janvier et qui ont fait que les forces démocratiques syriennes, donc les zones contrôlées en jaune ici, ont été perdues au profit de Damas pour la simple raison, et moi j'étais en Syrie en décembre dernier, et le gros du travail qui a été fait, que vous pouvez retrouver sur le site, c'est que les forces démocratiques syriennes, sur le site de France 24, étaient au sujet des clans, donc les clans arabes qui peuplent cette zone est de la Syrie. Et tous ces clans arabes, depuis la chute d'Assad, retrouvent à Damas un projet qui leur ressemble. Et donc le projet auquel les FDS adhèrent, donc une certaine autonomie des Kurdes, ne parle plus aux populations arabes de ces régions qui ont juste fait défection, ce qui explique la défaite territoriale des FDS pendant quelques jours. Donc là on voit aujourd'hui que des négociations sont toujours en cours, mes informations aujourd'hui même, il y a une délégation qui va aller à Kobané, donc cette ville symbolique, pour négocier avec les Kurdes, pour la continuité du cessez-le-feu qui dure depuis 48 heures, et qu'est-ce qui va être gagné par rapport à ce qu'ils réclament, par exemple au ministère de la Défense, au ministère de l'Intérieur ou ailleurs, mais aussi pour d'autres opposants kurdes que forcément juste les forces démocratiques syriennes, représentées aujourd'hui par l'UEPG kurde.

[00:08:25] Speaker 1: Sur le terrain, puisqu'on y est, on va poursuivre, on a commenté, ces derniers jours, le transfert de sécurité des prisons, aussi des camps de détention des FDS, la majorité kurde, aux autorités de Damas, ça s'est déroulé dans la confusion la plus totale, on en est où exactement ?

[00:08:39] Speaker 2: Effectivement, il y a eu beaucoup de confusion, on va remettre la carte pour voir un peu où sont les prisons et les camps, donc on va voir sur la carte qu'il y a deux camps majeurs, donc deux camps de familles, disons, de djihadistes, le camp d'Al-Hol et le camp d'Arroj, le camp d'Arroj toujours sous le contrôle des forces démocratiques syriennes, donc du UEPG, le camp d'Al-Hol qui est entre les mains de Damas aujourd'hui, il y a eu beaucoup de confusion à Al-Hol qu'on voit et à la prison de Chaddadi, qui a été abandonnée par les forces kurdes et avant que les forces gouvernementales arrivent, il y a eu une période quand même de chaos. Paradoxalement, la prison d'Oraqa était bien gérée, donc les clés de la prison ont été données aux autorités syriennes, qui par ailleurs sont en train de faire le tri parmi les prisonniers. On va voir des images d'hier soir du camp d'Al-Hol, donc une tentative, une tentative de... de sortie du camp, donc on peut peut-être voir les images, qui en fait étaient empêchées par les forces de sécurité syrienne, c'est la deuxième tentative qui échoue, il y a une tentative très importante par une cellule de l'État islamique il y a quelques jours, donc six combattants de l'État islamique ont essayé de sortir des familles, des gens ont réussi à sortir, et puis ils ont été empêchés au dernier moment par les forces de l'ordre syrienne, donc la situation reste très tendue pour la simple raison... Pour la simple raison...

[00:09:55] Speaker 1: Ce sont les images du camp d'Al-Hol.

[00:09:57] Speaker 2: Ce sont les images du camp d'Al-Hol, mais ce ne sont pas les images de la tentative qu'on aurait pu voir, qu'on aurait pu voir, mais ce n'est pas grave, donc en tout cas, c'est une patate chaude disons, voilà les images de la tentative, on peut peut-être entendre même le son. Donc ça c'était hier soir, ça c'était hier soir, donc une vraie tentative d'échapper du camp qui a été empêchée, donc toutes les rumeurs qui disent que les forces syriennes essayent d'empêcher, ou essayent de libérer... D'empêcher... D'empêcher les djihadistes des prisons, ce n'est pas vrai, ils essayent plutôt de les empêcher, et d'ailleurs il y a eu un grand édito de l'État islamique il y a une heure qui met sur le même plan les forces kurdes, Assad, le gouvernement irakien et les nouvelles autorités syriennes. On va voir quand même des images de la prison de Chaddadi, donc c'est la seule prison depuis laquelle il y a des djihadistes qui ont réussi à s'échapper pendant plusieurs heures, et donc les voilà, donc là ce sont des djihadistes qui étaient dans la prison de Chaddadi, là ils sont récupérés par des sénateurs. Il y a des civils sur la route, là la caméra va tourner, on va voir, ils erraient sur les routes, et ils sont comme ça parce qu'ils ont enlevé leur uniforme orange, et donc à peu près 150 ont réussi à sortir de la prison quand elle a été abandonnée par les forces kurdes, 90 ont été rattrapés, il y a encore 30 personnes dans la nature, mais on voit dans quel état ils sont.

[00:11:23] Speaker 1: On n'a pas encore parlé, Wassim, des deux acteurs majeurs dans la région. Difficile de faire l'impasse Israël et la Turquie, quel rôle joue Ankara auprès des nouvelles autorités syriennes, et qu'est-ce qui se profile dans les négociations avec l'État ?

[00:11:36] Speaker 2: Il faut imaginer, sans trop rentrer dans le détail, que même les rapports entre HTS, donc entre Chara et Ankara pendant la période d'Idleb, ont toujours été des rapports de force, donc je t'aime, moi non plus. Donc si les Turcs pouvaient contrôler Chara autant qu'ils pouvaient, ils l'auraient fait jusqu'au bout. Il faut rappeler quand même qu'en novembre 2024, les Turcs, essayant de contrôler le accord, de retisser des liens avec Bachar el-Assad. Et qu'en novembre 2024, le 28, l'opération d'Ahmad Chara a été lancée, Alep a été prise, puis Assad est tombé, et donc les Turcs, évidemment, ils se sont précipités à Damas, parce qu'ils ont des bons rapports avec Damas. Mais c'est un rapport de force. Ça veut dire que les Turcs ne sont pas donneurs d'ordre, disons, à Damas, et on se rappelle que le premier voyage, qu'on parle de voyage diplomatique, d'Ahmad Chara, à l'extérieur de la Syrie, c'était plutôt vers l'Arabie Saoudite et pas vers la Turquie. Donc ils ont des très bons rapports. Mais c'est aussi des rapports de force et des rapports d'intérêt, parce qu'il ne faut pas oublier que la Turquie aussi est en négociation avec le PKK kurde chez elle, et essaye d'arriver à un accord pour arrêter la guerrilla kurde en Turquie. Donc tous ces dossiers sont liés. Et aussi, très bien de rappeler Israël, parce que la Syrie est devenue d'une certaine manière un lieu de tension ou de compétition entre la Turquie et Israël. Donc on a vu les incursions israéliennes dans le sud, on a vu les frappes israéliennes contre les aéroports pour empêcher les Turcs d'y mettre des radars, etc. Mais aujourd'hui, en tout cas, pour être court, celui qui donne le la, c'est Donald Trump. Et Donald Trump a dit aux Israéliens et aux Turcs, vous vous entendez, on veut la stabilité en Syrie, et on a fait le choix d'Ahmed Echara. Donc on voit que la dernière délégation israélienne qui a été envoyée pour négocier avec les Syriens, c'était à Paris, c'était il y a quelques semaines, et que la délégation avait changé par rapport à celle d'avant, et qu'il y a des avancées sur le terrain, sur le terrain des négociations. C'est peut-être un accord sécuritaire qui sera appliqué, peut-être pas un accord de paix, mais un accord sécuritaire. Et pour terminer, tout le monde mise sur la Syrie aujourd'hui, parce que personne n'est en capacité, en tout cas dans la région, de trouver des solutions pour Gaza. Et donc, paradoxalement, l'incapacité de trouver des solutions pour Gaza et de contenter les peuples de la région, s'il y a une réussite en Syrie, que les Saoudiens pourraient la mettre à leur crédit, que les Turcs pourraient la mettre à leur crédit, que Donald Trump peut mettre à son crédit, évidemment, ça contente tout le monde. Donc c'est une phase, c'est une parenthèse qui pourrait être très profitable. C'est la Syrie, si la stabilisation continue. Mais évidemment, ça reste un dossier très volatil.

[00:14:03] Speaker 1: Merci beaucoup, Hassim Nasr, pour ce décryptage, cet éclairage. C'était Derrière l'image. Restez avec nous, l'info se poursuit dans ce pareil direct. Avec votre grand format, tout de suite, c'est l'heure du Focus. Regardez.

ai AI Insights
Arow Summary
The segment analyzes a photo-op and broader diplomacy around a second meeting in four months between Russian President Vladimir Putin and Syria’s new President Ahmed al-Shara. It frames the Russia–Syria relationship as transactional and mutually beneficial yet politically costly for both sides given Russia’s past backing of Bashar al-Assad and al-Shara’s background. Key Russian interests are retaining military facilities: the Hmeimim air base for logistics to Africa and the Tartus naval facility as a critical Mediterranean port capable of servicing Russian nuclear submarines, especially with constraints in the Black Sea. Syria’s interests include reviving Russian industrial/mining and agricultural contracts (e.g., phosphates) and accessing affordable Russian-origin military equipment that comprises most of Syria’s arsenal. The discussion then contrasts U.S. engagement under Donald Trump, who claims things are going well and seeks to keep Syria away from Iran while integrating Damascus into the anti–Islamic State coalition—also a politically sensitive move domestically for al-Shara. France is portrayed as having been early to engage al-Shara (Macron’s invitation), later followed by others, and as leveraging influence with the Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF) to secure Kurdish rights and support negotiations with Damascus. The report reviews shifting control in northeastern Syria after clashes and defections among Arab tribes, ongoing talks including a ceasefire and delegation to Kobane, and the complicated handover of IS detainee camps and prisons (al-Hol, Roj, and prisons including Shaddadi), noting escape attempts and persistent security risks. Finally, it assesses Turkey’s relationship with Damascus as cooperative but competitive, linked to Turkey’s own PKK negotiations, and highlights Syria as a locus of Turkey–Israel tension; however, the U.S. is depicted as setting the tone, nudging Ankara and Israel toward arrangements short of a full peace deal. The segment concludes that regional actors are invested in a Syrian stabilization “success” amid inability to resolve Gaza, though Syria remains volatile.
Arow Title
Russia, US, France and regional powers court Syria’s new leadership
Arow Keywords
Syria Remove
Russia Remove
Vladimir Putin Remove
Ahmed al-Shara Remove
Bashar al-Assad Remove
Hmeimim air base Remove
Tartus port Remove
phosphate contracts Remove
wheat shipments Remove
Syrian army equipment Remove
United States Remove
Donald Trump Remove
Iran Remove
France Remove
Emmanuel Macron Remove
Syrian Democratic Forces (SDF) Remove
Kurds Remove
Kobane Remove
al-Hol camp Remove
Roj camp Remove
Shaddadi prison Remove
Islamic State Remove
Turkey Remove
Israel Remove
PKK Remove
regional stability Remove
Arow Key Takeaways
  • Putin and al-Shara’s repeated meetings signal a high-stakes, transactional reset despite Russia’s prior support for Assad.
  • Russia’s key priorities are maintaining Hmeimim for Africa logistics and Tartus as its crucial Mediterranean naval foothold.
  • Damascus seeks economic reactivation of Russian contracts and continued access to Russian-made military hardware that dominates its arsenal.
  • Trump’s Syria approach aims to pull Damascus into the U.S. orbit, limit Iran’s regional reach, and formalize anti-IS cooperation.
  • France’s early outreach to al-Shara is framed as vindicated, alongside its role in backing SDF–Damascus negotiations and Kurdish rights gains.
  • Territorial shifts in the northeast reflect Arab tribal defections from the SDF toward Damascus, reshaping bargaining power.
  • The handover and management of IS detainee camps and prisons remain fragile, with escape attempts and ongoing threats.
  • Turkey’s influence over Damascus is real but contested; Syria is also a competition arena between Turkey and Israel, with the U.S. pushing for de-escalatory security arrangements.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is analytical and pragmatic, emphasizing strategic interests, transactional diplomacy, and security risks without strong emotive language; it notes political costs and volatility but balances them with potential stabilization gains.
Arow Enter your query
{{ secondsToHumanTime(time) }}
Back
Forward
{{ Math.round(speed * 100) / 100 }}x
{{ secondsToHumanTime(duration) }}
close
New speaker
Add speaker
close
Edit speaker
Save changes
close
Share Transcript