Un calendrier de conservation indique combien de temps garder vos audios, transcriptions, formulaires de consentement et fichiers d’analyse, puis quand les archiver ou les détruire. Pour un projet de recherche, il doit suivre trois choses : l’approbation IRB ou comité d’éthique, la politique de votre institution et les promesses faites aux participants.
Le modèle ci-dessous vous aide à poser des durées claires, à réduire les risques liés aux données personnelles et à garder une trace utile en cas d’audit.
Points clés à retenir
- Ne choisissez jamais une durée de conservation au hasard : partez du protocole approuvé, du consentement et de la politique interne.
- Les fichiers audio identifiants présentent souvent plus de risque que les transcriptions anonymisées.
- Gardez les formulaires de consentement assez longtemps pour prouver que la participation était autorisée.
- Documentez chaque suppression avec la date, le responsable, la méthode et les fichiers concernés.
- Si deux règles se contredisent, demandez une validation écrite à l’IRB, au comité d’éthique ou au service de conformité.
Pourquoi un calendrier de conservation est indispensable
Un entretien enregistré produit plusieurs types de fichiers, et chacun porte un niveau de risque différent. Un audio contient souvent la voix, des noms, des lieux, des émotions et des détails qui peuvent identifier une personne.
Une transcription peut aussi être identifiable si elle garde les noms, les titres de poste, les dates précises ou les événements rares. Une version anonymisée réduit ce risque, mais elle doit quand même rester protégée.
Un bon calendrier répond à des questions simples :
- Quels fichiers existent ?
- Qui peut y accéder ?
- Combien de temps faut-il les garder ?
- Quand faut-il les anonymiser, les archiver ou les supprimer ?
- Comment prouver que la suppression a eu lieu ?
Il aide aussi l’équipe à tenir ses engagements. Si le formulaire de consentement promet une destruction des audios après transcription, le calendrier doit reprendre cette promesse.
Dans l’Union européenne, le RGPD limite la conservation des données personnelles à une durée nécessaire à l’objectif déclaré. La CNIL explique le principe de limitation de la conservation et recommande de fixer des durées dès la conception du traitement.
Modèle de calendrier de conservation
Utilisez ce modèle comme point de départ, pas comme règle finale. Remplacez chaque durée par celle approuvée dans votre protocole, votre IRB ou votre politique institutionnelle.
| Catégorie | Exemples | Durée typique à adapter | Action à la fin | Responsable |
|---|---|---|---|---|
| Fichiers audio originaux | MP3, WAV, M4A, enregistrements Zoom ou téléphone | Jusqu’à validation de la transcription, ou selon l’approbation IRB | Supprimer de façon sécurisée, sauf obligation de conservation | Chercheur principal ou gestionnaire des données |
| Transcription identifiable | Texte avec noms, lieux, postes, dates ou détails directs | Jusqu’à anonymisation et contrôle qualité, ou selon le protocole | Anonymiser, archiver en accès restreint ou supprimer | Équipe de recherche désignée |
| Transcription anonymisée | Texte avec pseudonymes, codes participants et détails indirects retirés | Durée nécessaire à l’analyse, aux publications et aux exigences internes | Archiver, supprimer ou déposer dans un dépôt approuvé | Chercheur principal |
| Formulaires de consentement | PDF signés, consentements électroniques, versions papier scannées | Selon la politique de l’institution et les exigences du protocole | Archiver en sécurité, puis détruire selon la règle applicable | Bureau de recherche ou responsable du projet |
| Fichiers d’analyse | Codes, mémos, matrices, exports NVivo, Atlas.ti, Excel ou CSV | Jusqu’à fin d’analyse, vérification, publication ou période requise | Conserver les versions finales utiles, supprimer les copies temporaires | Analyste ou data manager |
| Clé de réidentification | Table qui relie les noms aux codes participants | Le moins longtemps possible, sauf besoin approuvé | Supprimer ou archiver séparément avec accès très restreint | Chercheur principal uniquement |
| Journal de conservation | Registre des créations, accès, transferts, suppressions et exceptions | Selon la politique d’audit de l’institution | Conserver comme preuve administrative | Responsable conformité ou projet |
Ajoutez une colonne « base de décision » si votre équipe gère plusieurs règles. Indiquez par exemple « protocole IRB », « politique institutionnelle », « contrat de financeur » ou « formulaire de consentement ».
Ajoutez aussi une colonne « lieu de stockage ». Notez le dossier, la plateforme approuvée, le serveur institutionnel ou le coffre numérique utilisé.
Comment aligner le calendrier avec l’IRB, le consentement et la politique interne
Commencez par réunir les documents qui encadrent le projet. Ne vous fiez pas à la mémoire de l’équipe, car les détails changent souvent entre le projet initial et la version approuvée.
1. Relisez le protocole approuvé
Cherchez les passages sur l’enregistrement audio, la transcription, l’anonymisation, le stockage et la destruction. Notez les durées exactes si elles existent.
Vérifiez aussi les personnes autorisées à accéder aux données brutes. Un calendrier utile doit reprendre les limites d’accès, pas seulement les dates.
2. Comparez avec les formulaires de consentement
Le consentement crée une attente claire pour les participants. Si le texte dit que les audios seront détruits après transcription, votre calendrier doit prévoir cette étape.
Si le consentement autorise une réutilisation future des données anonymisées, indiquez la portée exacte. Ne gardez pas une donnée identifiable pour une réutilisation qui ne demande qu’une version anonymisée.
3. Ajoutez les règles de l’institution
Votre université, hôpital, laboratoire, ONG ou entreprise peut imposer une durée minimale pour certains dossiers de recherche. Elle peut aussi imposer des outils de stockage précis.
Si une politique interne demande de garder les consentements plus longtemps que le protocole ne le précise, demandez une clarification écrite. Gardez cette réponse avec le dossier du projet.
4. Gérez les contradictions avant la collecte
Les conflits les plus fréquents concernent les audios. Le protocole peut dire « destruction après transcription », tandis qu’un financeur ou une équipe peut vouloir garder les enregistrements pour contrôle qualité.
Dans ce cas, ne modifiez pas la pratique en silence. Demandez un amendement IRB ou une approbation du comité compétent avant de changer la durée ou l’usage.
5. Inscrivez les exceptions dans le calendrier
Certains projets exigent des durées différentes selon les groupes de participants ou les sites. Par exemple, un site peut interdire le dépôt de données, tandis qu’un autre l’autorise.
Créez alors une ligne par site, groupe ou type de consentement. Cette méthode évite de traiter toutes les données selon la règle la plus vague.
Étapes pratiques pour remplir votre calendrier
Un modèle ne sert que si l’équipe peut l’appliquer. Suivez ces étapes avant le premier entretien ou dès que vous reprenez un projet existant.
Étape 1 : cartographier tous les fichiers
Listez chaque fichier créé pendant le cycle de vie des données. Incluez les copies temporaires, les exports, les sauvegardes et les fichiers transmis à des prestataires.
- Audio original
- Transcription brute
- Transcription corrigée
- Transcription anonymisée
- Formulaire de consentement
- Table de correspondance entre noms et codes
- Fichiers de codage et d’analyse
- Copies envoyées pour relecture, traduction ou sous-titrage
Étape 2 : classer les données par niveau de risque
Les données directement identifiantes demandent des règles plus strictes. La voix, le nom, l’adresse e-mail, une fonction rare ou un récit très spécifique peuvent identifier une personne.
Classez vos fichiers en trois groupes simples : identifiable, pseudonymisé, anonymisé. Si vous hésitez, traitez le fichier comme identifiable.
Étape 3 : fixer un événement déclencheur
Une durée comme « trois mois » reste floue si personne ne sait quand elle commence. Préférez un événement clair.
- Après validation de la transcription
- Après anonymisation finale
- Après fin de collecte
- Après publication de l’article
- Après clôture du financement
- Après fin de la période d’audit interne
Étape 4 : nommer un responsable
Chaque ligne doit avoir un responsable humain, pas seulement une équipe. Cette personne vérifie les dates, lance les suppressions et garde les preuves.
Prévoyez aussi un remplaçant. Les projets longs survivent souvent aux départs, congés ou changements de poste.
Étape 5 : prévoir la revue périodique
Revoyez le calendrier à des moments fixes, par exemple après la collecte, après la transcription et avant l’archivage. Une revue courte évite les stocks de fichiers oubliés.
Si vous utilisez un prestataire pour créer ou relire des transcriptions, notez aussi ce qui doit être retourné ou supprimé. Des services de relecture de transcription peuvent entrer dans ce flux si votre protocole les autorise.
Liste de contrôle pour la destruction et la conservation finale
La destruction doit suivre une procédure simple et répétable. Ne supprimez pas des fichiers sensibles sans preuve, car vous aurez besoin d’un audit trail si quelqu’un demande ce qui s’est passé.
Avant de supprimer
- Confirmer que la durée de conservation est atteinte.
- Vérifier le protocole IRB ou comité d’éthique.
- Vérifier le formulaire de consentement utilisé pour ces participants.
- Vérifier les politiques institutionnelles et les exigences du financeur.
- Confirmer qu’aucun litige, audit ou demande d’accès ne bloque la suppression.
- Identifier toutes les copies, y compris sauvegardes, exports et dossiers partagés.
- Prévenir les personnes responsables si une validation finale est requise.
Pendant la suppression
- Utiliser la méthode approuvée par l’institution.
- Supprimer les fichiers locaux sur ordinateurs, clés USB et disques externes.
- Supprimer les fichiers dans les espaces cloud ou serveurs partagés.
- Demander une confirmation écrite aux prestataires concernés, si applicable.
- Détruire les copies papier par une méthode autorisée.
- Garder les données anonymisées seulement si le protocole et le consentement le permettent.
Après la suppression
- Mettre à jour le registre de conservation.
- Noter la date et l’heure de l’action.
- Noter le nom de la personne qui a effectué la suppression.
- Décrire les catégories de fichiers supprimés, sans recopier de données sensibles.
- Indiquer la méthode utilisée.
- Joindre les confirmations de prestataires ou tickets internes.
- Signaler toute exception et sa justification.
Documentation pour un audit trail fiable
Un audit trail n’a pas besoin d’être compliqué. Il doit surtout montrer que l’équipe a suivi une règle connue, à une date connue, avec une personne responsable.
Créez un registre simple avec ces champs :
- Identifiant du projet
- Catégorie de fichier
- Emplacement de stockage
- Base de conservation : IRB, consentement, politique interne ou contrat
- Date de création ou de réception
- Événement déclencheur
- Date prévue de suppression ou d’archivage
- Action réalisée
- Date de l’action
- Nom du responsable
- Preuve ou référence du ticket
- Exception approuvée, si nécessaire
Évitez d’inclure des données personnelles dans le registre si ce n’est pas nécessaire. Utilisez plutôt des identifiants de projet, des codes de lot ou des plages de dates.
Gardez les versions du calendrier. Si une règle change après un amendement IRB, archivez l’ancienne version avec la date de fin et la nouvelle version avec la date d’entrée en vigueur.
Les fichiers de transcription méritent une attention spéciale, car plusieurs versions peuvent circuler. Si vous commandez une transcription, précisez le format, le niveau d’identification accepté et les règles de transfert avant l’envoi des fichiers.
Vous pouvez aussi choisir une transcription automatisée pour certains usages à faible risque, si votre protocole et votre politique de sécurité l’autorisent. Pour les données sensibles, vérifiez toujours les exigences de stockage, d’accès et de suppression.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur consiste à garder les audios « au cas où ». Si le protocole ne prévoit pas cet usage, cette habitude augmente le risque sans bénéfice clair.
La deuxième erreur consiste à confondre pseudonymisation et anonymisation. Un fichier reste réidentifiable si une clé, un contexte ou des détails rares permettent de retrouver la personne.
La troisième erreur consiste à oublier les copies. Les fichiers peuvent rester dans les téléchargements, les e-mails, les outils de réunion, les dossiers de transcription ou les sauvegardes locales.
La quatrième erreur consiste à supprimer sans trace. Une suppression non documentée peut créer un problème lors d’un audit, même si l’action était correcte.
La cinquième erreur consiste à appliquer la même durée à tout. Un consentement signé, un audio brut et une transcription anonymisée n’ont pas le même rôle ni le même niveau de risque.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il garder les fichiers audio de recherche ?
La bonne durée dépend du protocole approuvé, du consentement et de la politique de votre institution. Beaucoup d’équipes les gardent seulement jusqu’à validation de la transcription, mais cette pratique doit correspondre à vos règles écrites.
Faut-il garder les transcriptions identifiables après anonymisation ?
Seulement si une règle approuvée le justifie. Sinon, conservez plutôt la version anonymisée et supprimez ou archivez la version identifiable selon la procédure prévue.
Les formulaires de consentement doivent-ils être détruits avec les audios ?
Pas forcément. Les consentements servent souvent de preuve administrative et peuvent suivre une durée différente de celle des audios.
Que faire si l’IRB et la politique interne ne disent pas la même chose ?
Ne choisissez pas seul la règle qui vous arrange. Demandez une clarification écrite au bureau compétent, puis gardez cette réponse dans le dossier du projet.
Une transcription anonymisée peut-elle être gardée plus longtemps ?
Oui, si le protocole, le consentement et les règles internes l’autorisent. Vérifiez quand même que l’anonymisation retire les identifiants directs et les détails indirects trop révélateurs.
Faut-il documenter les suppressions faites par un prestataire ?
Oui. Demandez une confirmation écrite ou une référence de ticket, puis ajoutez-la au registre de conservation.
Qui doit posséder la clé de réidentification ?
Limitez cet accès à la ou aux personnes nommées dans le protocole. Stockez la clé séparément des transcriptions et supprimez-la dès qu’elle n’est plus nécessaire.
Un calendrier de conservation clair rend vos projets plus faciles à gérer et plus cohérents avec vos engagements envers les participants. Si vous avez besoin d’aide pour transformer des enregistrements en texte utilisable, GoTranscript propose les solutions adaptées, notamment des professional transcription services.