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Comment construire des thèmes à partir de codes (fiche de cartographie + exemple complet)

Christopher Nguyen
Christopher Nguyen
Publié dans Zoom mars 5 · 8 mars, 2026
Comment construire des thèmes à partir de codes (fiche de cartographie + exemple complet)

Pour construire des thèmes à partir de codes, regroupez d’abord vos codes qui parlent de la même idée (clusters), puis donnez un nom clair à chaque groupe, fixez ses limites (ce qui entre et ce qui n’entre pas), et listez les preuves nécessaires (extraits + diversité des sources). Une fiche de cartographie des thèmes (“theme mapping worksheet”) vous aide à le faire de façon cohérente et traçable. Ci-dessous, vous trouverez une méthode pas à pas et un exemple complet avec clusters, labels, frontières et éléments de preuve.

Key takeaways

  • Un thème n’est pas un code “plus gros” : c’est une idée centrale qui relie plusieurs codes et répond à votre question de recherche.
  • Travaillez en 4 étapes : nettoyer les codes, faire des clusters, nommer et délimiter les thèmes, puis vérifier les preuves.
  • La fiche de cartographie sert à documenter : label, définition, codes inclus/exclus, citations, cas négatifs, et niveau de confiance.
  • Un bon thème a des frontières nettes et des preuves variées (plusieurs participants, plusieurs situations, pas une seule citation “forte”).

Pourquoi passer des codes aux thèmes (et ce que c’est vraiment)

Un code décrit un détail observable dans vos données (un sujet, une action, une émotion, une situation). Un thème, lui, résume une idée plus large qui aide à expliquer un phénomène et qui apporte une réponse utilisable à votre objectif.

Vous pouvez avoir des dizaines de codes, mais seulement quelques thèmes, car un thème rassemble des codes qui “racontent la même histoire”. Le passage aux thèmes sert à transformer une liste de signaux en une structure claire.

Code, catégorie, thème : ne pas tout confondre

  • Code : “difficulté à trouver le bouton”, “peur de se tromper”.
  • Catégorie (optionnelle) : groupe descriptif : “navigation”, “émotions”.
  • Thème : idée interprétative : “l’interface crée une insécurité qui freine l’action”.

Signes qu’un thème n’en est pas un

  • Il répète un intitulé de code (“prix”, “délais”) sans expliquer le “pourquoi”.
  • Il est trop large (“expérience utilisateur”) et vous ne pouvez pas dire ce qui est dedans.
  • Il dépend d’une seule personne ou d’un seul extrait.

La fiche de cartographie des thèmes (theme mapping worksheet)

Une fiche de cartographie est un tableau simple qui vous force à prendre des décisions explicites. Elle évite les thèmes “flous” et elle facilite la relecture par un collègue ou un client.

Vous pouvez la faire dans Google Sheets, Excel, Notion, Airtable, ou sur papier si vous préférez.

Colonnes recommandées (modèle prêt à copier)

  • Cluster de codes (nom provisoire)
  • Codes inclus (liste)
  • Définition du thème (1–2 phrases simples)
  • Label du thème (nom final, court et clair)
  • Ce qui est inclus (frontières : règles d’inclusion)
  • Ce qui est exclu (frontières : règles d’exclusion)
  • Preuves attendues (types d’extraits à réunir)
  • Citations clés (2–5 extraits, avec ID participant / source)
  • Étendue (combien de participants/sources)
  • Cas négatifs (extraits qui contredisent le thème)
  • Notes / décisions (pourquoi vous avez regroupé ainsi)

Règles simples pour que la fiche reste utile

  • Écrivez une définition testable : quelqu’un d’autre doit pouvoir coder un extrait avec vos règles.
  • Gardez des labels courts : 3 à 7 mots, orientés action ou mécanisme.
  • Ajoutez au moins un cas négatif par thème quand c’est possible, car cela clarifie les limites.

Méthode pas à pas : de la liste de codes aux thèmes

La méthode ci-dessous fonctionne pour l’analyse thématique, les entretiens, les focus groups, l’analyse de retours clients, et même des tickets support. Adaptez seulement le niveau de détail.

Étape 1 : nettoyer et stabiliser vos codes

Avant de regrouper, vérifiez que vos codes ne se chevauchent pas trop. Fusionnez les doublons (“peur de se tromper” et “crainte d’erreur”) et clarifiez les codes ambigus (“friction”).

  • Renommez les codes en verbes + objet quand possible : “cherche une preuve”, “évite une option”.
  • Notez les codes “fourre-tout” et planifiez de les découper.

Étape 2 : créer des clusters (regroupements) sans forcer

Créez des groupes provisoires en vous basant sur la proximité de sens. Vous pouvez utiliser des post-its, un tableau blanc, ou un tri dans votre feuille.

  • Regroupez par cause (ce qui déclenche), comportement (ce que les gens font), conséquence (ce que ça change).
  • Acceptez les codes “ponts” : ils peuvent relier deux clusters au début.

Étape 3 : proposer un thème et tester ses frontières

Pour chaque cluster, écrivez une phrase : “Ce cluster montre que…”. Puis définissez ce qui compte comme preuve.

  • Inclusion : quels extraits doivent entrer dans ce thème ?
  • Exclusion : quels extraits ressemblent, mais doivent rester ailleurs ?
  • Granularité : si le thème devient trop gros, scindez-le en 2 thèmes.

Étape 4 : vérifier la solidité (preuves, diversité, cas négatifs)

Un thème solide repose sur plusieurs extraits et plusieurs sources. Il doit aussi survivre à la question : “Et si je lis les données autrement ?”.

  • Rassemblez des extraits “normaux” et pas seulement les phrases choc.
  • Cherchez ce qui contredit : cela renforce votre définition.

Étape 5 : nommer, réduire, et relier les thèmes

Réduisez le nombre de thèmes à une structure lisible. Donnez un nom qui exprime l’idée centrale, et montrez comment les thèmes se relient (par exemple : “Déclencheurs → Stratégies → Résultats”).

Exemple travaillé : fiche de cartographie avec clusters, thèmes, limites et preuves

Exemple fictif pour montrer la méthode : vous analysez 10 entretiens sur l’adoption d’un nouvel outil interne (logiciel de demandes). Votre question : “Qu’est-ce qui freine ou aide les employés à utiliser l’outil chaque semaine ?”.

Vous avez déjà codé vos verbatims et obtenu une liste de codes (extraits non inclus ici). Vous allez maintenant construire des thèmes.

Liste de codes (extrait simplifié)

  • ne sait pas par où commencer
  • trop d’options au même endroit
  • cherche une confirmation avant d’envoyer
  • a peur de faire une erreur visible
  • revient au mail “par sécurité”
  • demande à un collègue de valider
  • a besoin d’un exemple rempli
  • ne comprend pas certains termes
  • notifications trop nombreuses
  • ignore les notifications
  • ne sait pas où voir l’avancement
  • apprécie quand le statut est clair
  • utilise l’outil quand son manager le demande
  • adopte quand le gain de temps est évident
  • abandonne après un blocage

Clusters → thèmes (vue d’ensemble)

  • Cluster A : “incertitude + besoin de validation” → Thème 1
  • Cluster B : “surcharge d’infos + signaux ignorés” → Thème 2
  • Cluster C : “visibilité du processus” → Thème 3
  • Cluster D : “pressions et bénéfices concrets” → Thème 4

Fiche de cartographie (résumé lisible)

Ci-dessous, vous voyez comment remplir les champs clés. Dans votre propre worksheet, ajoutez les citations exactes et les IDs de participants.

  • Thème 1 (label) : “La peur de se tromper bloque l’envoi”
  • Définition : Les utilisateurs hésitent à finaliser une demande car ils craignent une erreur visible ou irréversible, et ils cherchent une validation externe.
  • Codes inclus : cherche une confirmation avant d’envoyer; a peur de faire une erreur visible; demande à un collègue de valider; revient au mail “par sécurité”; abandonne après un blocage.
  • Inclus (frontières) : extraits où l’émotion (crainte, stress) mène à une action d’évitement ou de vérification.
  • Exclus (frontières) : problèmes purement techniques (bug, lenteur) sans mention d’hésitation ou de risque perçu.
  • Preuves requises : au moins 3 participants décrivent la crainte + une stratégie (validation, retour au mail); au moins 1 extrait montre un abandon concret; au moins 1 cas négatif (quelqu’un envoie sans crainte).
  • Thème 2 (label) : “Trop de signaux, plus personne n’écoute”
  • Définition : La surcharge d’options et de notifications fatigue les utilisateurs, qui finissent par ignorer des informations importantes.
  • Codes inclus : trop d’options au même endroit; notifications trop nombreuses; ignore les notifications; ne comprend pas certains termes.
  • Inclus : extraits où “trop d’informations” entraîne une baisse d’attention ou une stratégie d’évitement (désactiver, ignorer).
  • Exclus : manque de visibilité du statut (à mettre dans le Thème 3), même si l’utilisateur dit “je ne sais pas”.
  • Preuves requises : au moins 2 exemples concrets d’info ignorée (notification, message); au moins 2 sources différentes; 1 extrait sur un terme incompris qui empêche l’action.
  • Thème 3 (label) : “Sans statut clair, l’outil paraît inutile”
  • Définition : Les utilisateurs adoptent mieux quand ils voient l’avancement, et ils se découragent quand le statut est flou.
  • Codes inclus : ne sait pas où voir l’avancement; apprécie quand le statut est clair; abandonne après un blocage.
  • Inclus : extraits sur la traçabilité, la visibilité, et la compréhension des étapes (“où ça en est”).
  • Exclus : pression du manager (Thème 4) et peur de se tromper (Thème 1), même si cela touche aussi à la clarté.
  • Preuves requises : 2 extraits “avant/après” (flou → frustration; clair → confiance); 1 cas négatif (quelqu’un n’a pas besoin du statut et utilise quand même).
  • Thème 4 (label) : “L’adoption suit l’incitation, pas l’envie”
  • Définition : Les utilisateurs utilisent l’outil quand une autorité le demande ou quand un bénéfice immédiat est visible (gain de temps), sinon ils reviennent aux habitudes.
  • Codes inclus : utilise l’outil quand son manager le demande; adopte quand le gain de temps est évident; revient au mail “par sécurité”.
  • Inclus : extraits où la décision d’usage dépend d’une pression externe ou d’un bénéfice concret observé.
  • Exclus : apprentissage par exemple rempli (peut devenir un sous-thème du Thème 1 ou une catégorie “support”).
  • Preuves requises : 2 extraits sur le rôle du manager; 2 extraits sur le gain de temps; 1 extrait montrant le retour aux anciennes pratiques.

Ce que l’exemple montre (et comment décider)

  • Même code, thèmes différents : “revient au mail” peut appartenir au Thème 1 (sécurité) ou au Thème 4 (habitude), selon le contexte de l’extrait.
  • Frontières obligatoires : sans “exclus”, vos thèmes se chevauchent et vous ne pouvez plus expliquer vos choix.
  • Preuves définies à l’avance : cela réduit le risque de choisir uniquement des citations qui “sonnent bien”.

Pièges courants (et comment les éviter)

La plupart des problèmes viennent d’un manque de définition ou d’un regroupement trop rapide. Utilisez ces contrôles simples.

Piège 1 : thèmes trop proches des codes

  • Symptôme : thèmes qui ressemblent à une liste (“notifications”, “termes”, “manager”).
  • Fix : reformulez en mécanisme : “la surcharge mène à l’ignorance”, “la pression déclenche l’usage”.

Piège 2 : thèmes trop larges

  • Symptôme : vous mettez 12 codes dans un thème et vous n’arrivez pas à l’expliquer en 2 phrases.
  • Fix : créez 2 sous-thèmes, ou séparez “causes” et “conséquences”.

Piège 3 : absence de cas négatifs

  • Symptôme : tout semble confirmer vos thèmes.
  • Fix : cherchez activement les exceptions (“quand ça ne se produit pas”) et notez-les dans la fiche.

Piège 4 : thèmes basés sur des citations “spectaculaires”

  • Symptôme : une phrase très forte devient un thème à elle seule.
  • Fix : exigez plusieurs sources et des exemples variés, puis gardez la phrase forte comme illustration, pas comme preuve unique.

Critères de qualité : quand dire “ce thème tient”

Vous n’avez pas besoin de chiffres complexes, mais vous avez besoin de critères stables. Utilisez cette checklist avant de finaliser.

  • Clarté : définition en 1–2 phrases, sans jargon.
  • Frontières : au moins 2 règles d’inclusion et 2 d’exclusion.
  • Preuves : extraits de plusieurs participants/sources, dans plusieurs contextes.
  • Traçabilité : vous pouvez remonter du thème aux extraits et aux codes.
  • Utilité : le thème aide à prendre une décision, à expliquer un blocage, ou à créer une recommandation.

Common questions

Combien de thèmes dois-je viser ?

Visez un nombre qui reste lisible, souvent entre 4 et 8 pour un projet moyen. Si vous en avez plus, regroupez en niveaux : thèmes principaux + sous-thèmes.

Un code peut-il appartenir à deux thèmes ?

Oui, surtout au début. Ensuite, utilisez les frontières : le même libellé de code peut aller dans un thème ou un autre selon le sens de l’extrait.

Comment nommer un thème de façon claire ?

Utilisez une phrase courte qui dit le mécanisme ou la tension (“X conduit à Y”, “Sans X, Y échoue”). Évitez les noms trop neutres (“communication”, “process”).

Que faire si un thème n’a pas assez de preuves ?

Trois options : le fusionner avec un thème proche, le garder comme “insight à confirmer”, ou retourner aux données pour vérifier si vous avez sous-codé. Ne le présentez pas comme thème principal sans support.

Comment gérer les désaccords entre codeurs ?

Revenez aux définitions et aux frontières, puis recodez 5–10 extraits ensemble. Mettez à jour la fiche de cartographie pour que la règle soit explicite.

Est-ce que je dois faire une carte visuelle en plus du tableau ?

C’est utile si vous devez expliquer les liens entre thèmes (causes, étapes, boucles). Une simple carte avec des flèches suffit, mais gardez le tableau comme source de vérité.

La méthode marche-t-elle avec des transcriptions automatiques ?

Oui, si le texte reste assez fiable pour coder des phrases exactes. Si vous voyez des erreurs fréquentes, relisez ou faites corriger la transcription avant de coder, sinon vos codes risquent de refléter des erreurs.

Rendre le travail plus simple : bien préparer vos transcriptions

Le passage des codes aux thèmes dépend beaucoup de la qualité du texte. Une transcription claire (locuteurs identifiés, passages inaudibles marqués, timecodes si besoin) accélère le codage et réduit les ambiguïtés.

Selon votre volume, vous pouvez démarrer avec une solution d’transcription automatique, puis sécuriser la qualité avec une relecture via des services de relecture de transcription.

Si vous voulez gagner du temps sans sacrifier la clarté de vos données, GoTranscript peut vous aider avec les bonnes options, des transcriptions jusqu’aux formats adaptés à votre analyse. Découvrez nos professional transcription services.