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Guide de configuration ATLAS.ti pour analyser des transcriptions (formatage, intervenants, citations)

Matthew Patel
Matthew Patel
Publié dans Zoom mars 21 · 23 mars, 2026
Guide de configuration ATLAS.ti pour analyser des transcriptions (formatage, intervenants, citations)

Pour bien analyser une transcription dans ATLAS.ti, vous devez la préparer avant l’import : une mise en page simple, des identifiants d’intervenants (Speaker IDs) cohérents, et un texte segmenté en passages faciles à citer et à coder. Avec ces bases, vos citations restent propres, vos codes restent cohérents, et votre analyse avance plus vite. Ce guide explique exactement quoi faire, étape par étape.

Mot-clé principal : configuration transcription ATLAS.ti.

Key takeaways

  • Gardez un format de transcription simple : une idée par tour de parole, pas de styles complexes.
  • Utilisez des Speaker IDs stables (ex. INT, P01, P02) et une règle unique pour tout le projet.
  • Segmentez le texte en unités « codables » : assez courtes pour être précises, assez longues pour garder le sens.
  • Construisez une structure de projet (codes, groupes, mémos, réseaux) dès le début pour éviter les doublons.
  • Évitez trois pièges fréquents : codes en double, libellés incohérents, et citations sorties de leur contexte.

1) Préparer vos transcriptions : le format qui marche bien dans ATLAS.ti

ATLAS.ti peut importer plusieurs formats, mais votre objectif reste le même : un texte stable, lisible, et facile à découper en citations (« quotations »). Plus vous simplifiez la mise en page, moins vous aurez de surprises pendant le codage.

Format recommandé (simple et robuste)

  • Un tour de parole par paragraphe (ou au moins une séparation claire entre tours de parole).
  • Speaker ID au début de la ligne, suivi de deux-points.
  • Texte en continu sans tableaux, colonnes, ou mise en page lourde.
  • Horodatage : gardez-le si vous en avez besoin pour revenir à l’audio, sinon retirez-le pour alléger la lecture.

Exemple :
INT : Pouvez-vous décrire votre expérience du service ?
P01 : Au début, c’était confus, puis j’ai compris le parcours.

Nettoyage minimal avant import

  • Supprimez les en-têtes et pieds de page répétitifs (ils polluent les citations).
  • Remplacez les sauts de ligne « bizarres » (retours à la ligne au milieu d’une phrase).
  • Uniformisez les guillemets et apostrophes (utile si vous recherchez des mots).
  • Vérifiez l’encodage (UTF-8) pour éviter les caractères cassés (accents, symboles).

Si vous devez livrer un corpus très propre (entretiens, réunions, audio difficile), une relecture aide beaucoup à éviter des passages incompréhensibles au moment du codage. Vous pouvez aussi confier la vérification à un service de relecture de transcription si vous avez déjà un premier jet.

2) Speaker IDs : choisir une convention cohérente (et s’y tenir)

Les Speaker IDs servent à garder le contexte : qui parle, à quel moment, et dans quel rôle. Une convention simple vous évite de créer des « faux intervenants » à cause d’une faute (ex. “P1”, “P01”, “Participant 1”).

Une convention d’identifiants qui fonctionne

  • Rôle + numéro : INT (intervieweur), OBS (observateur), P01, P02.
  • Longueur fixe pour les numéros : P01, P02… P10 (pas P1).
  • Majuscules ou minuscules : choisissez, puis gardez la même règle.
  • Pas de noms réels si vous devez anonymiser (préférez P07 plutôt que “Marie”).

Ajouter des informations sans casser la lisibilité

Si vous avez besoin d’indiquer un statut (ex. manager, client), ajoutez-le dans une note de cas, un mémo, ou un document séparé plutôt que dans chaque ligne. Cela évite d’alourdir la transcription et garde des citations propres.

  • Exemple léger : P03 (au lieu de “P03_Manager_Paris_42ans”).
  • Vous gardez les détails dans un tableau de correspondance sécurisé, hors du texte.

3) Segmenter le texte pour créer des citations (« quotations ») faciles à coder

Dans ATLAS.ti, vous codez des citations, pas « tout le document ». Votre but : découper le texte en segments qui portent une idée claire, sans perdre le contexte qui donne le sens.

Règle simple : « une idée utile » par segment

  • Trop court : une phrase isolée peut devenir ambiguë.
  • Trop long : le code devient flou et vous récupérez du bruit.
  • Bonne longueur : 2 à 6 phrases, selon la densité.

Conseils pratiques pour un découpage propre

  • Gardez la question de l’intervieweur avec la réponse si elle change le sens.
  • Incluez les précisions (“parce que…”, “dans ce cas…”) dans la même citation.
  • Si une réponse contient deux thèmes, créez deux citations qui se chevauchent légèrement, ou deux citations séparées avec une phrase de transition.

Si vous travaillez à plusieurs, définissez une règle de segmentation commune dès le premier entretien. Sinon, vos citations auront des tailles très différentes et vos comparaisons seront plus difficiles.

4) Structure de projet recommandée dans ATLAS.ti (codes, groupes, mémos, réseaux)

Une bonne structure évite que votre projet devienne un “tas” de codes. Elle aide aussi à garder une trace de vos décisions d’analyse.

Organiser vos documents

  • Un document = une session (un entretien, une réunion, une observation).
  • Nommez vos fichiers avec une règle : TYPE_YYYY-MM-DD_PXX (ex. ENT_2026-03-10_P01).
  • Gardez les fichiers audio à part, mais avec le même nom racine si vous les utilisez.

Construire un système de codes (simple d’abord)

  • Créez une liste courte de codes de départ si vous avez un guide d’entretien (approche déductive).
  • Ajoutez des codes émergents quand vous voyez un thème nouveau (approche inductive).
  • Donnez à chaque code une définition en une phrase, plus 1–2 exemples.

Utiliser des groupes de codes (code groups) pour garder le contrôle

  • Regroupez par thème (ex. “Freins”, “Besoins”, “Solutions”).
  • Ou par niveau (ex. “Individu”, “Organisation”, “Contexte”).
  • Ou par type (ex. “Émotion”, “Action”, “Justification”).

Mémos : votre « carnet de bord » (à créer dès le jour 1)

  • Mémo de projet : objectif, périmètre, règles de nommage, décisions.
  • Mémos méthodo : comment vous segmentez, comment vous codez les cas limites.
  • Mémos analytiques : vos hypothèses, liens entre thèmes, questions ouvertes.

Écrivez vos mémos en phrases courtes et datées. Quand vous relisez votre analyse plus tard, vous comprenez pourquoi vous avez choisi un code plutôt qu’un autre.

Réseaux (networks) : relier concepts, causes et conséquences

  • Créez un réseau par grande question (ex. “Pourquoi les utilisateurs abandonnent ?”).
  • Reliez codes, mémos et citations clés.
  • Gardez des relations simples : “mène à”, “empêche”, “explique”, “fait partie de”.

5) Flux de travail conseillé : de l’import au codage sans chaos

Un bon flux de travail vous évite de recoder des heures parce que le projet a changé de règles en cours de route. L’idée : standardiser tôt, puis coder de façon régulière.

Étapes recommandées

  • Étape 1 : préparation (format + Speaker IDs + nettoyage).
  • Étape 2 : import dans ATLAS.ti et vérification visuelle (lisibilité, sauts de ligne).
  • Étape 3 : pilote sur 1 ou 2 transcriptions (segmentation + codes de départ).
  • Étape 4 : stabilisation : fixez règles de nommage et définitions des codes.
  • Étape 5 : production : codage du corpus, mémos fréquents, ajustements contrôlés.
  • Étape 6 : revue : fusion de codes, nettoyage, réseaux, synthèse.

Si vous travaillez en équipe

  • Faites un mini-guide interne : conventions de Speaker IDs, segmentation, liste de codes, exemples.
  • Planifiez une courte réunion de calibration après 1–2 entretiens codés.
  • Décidez qui peut créer de nouveaux codes, et quand.

Si vous partez de fichiers audio et que vous devez créer rapidement des transcriptions exploitables, une solution de transcription automatique peut servir de premier jet, puis vous corrigez ce qui compte pour votre analyse.

6) À éviter : les pièges qui cassent l’analyse (et comment les prévenir)

Trois erreurs reviennent souvent quand on prépare une configuration transcription ATLAS.ti. Elles ne semblent pas graves au début, mais elles coûtent cher lors de la synthèse.

Piège 1 : codes en double (synonymes cachés)

  • Exemples : “Manque de temps”, “Pas le temps”, “Temps insuffisant”.
  • Prévention : utilisez une forme standard et mettez les synonymes dans la définition du code.
  • Correction : planifiez des sessions de fusion (merge) à intervalles réguliers.

Piège 2 : libellés incohérents (Speaker IDs, noms de fichiers, codes)

  • Exemples : P1 vs P01, “Entretien_3” vs “INT3”, accents parfois, parfois non.
  • Prévention : une convention écrite + un contrôle rapide avant import.
  • Correction : renommez tôt, avant que les citations et mémos s’accumulent.

Piège 3 : perte de contexte (citations trop courtes ou coupées)

  • Symptôme : une citation ne “veut plus rien dire” hors de la page.
  • Prévention : incluez la question ou la phrase d’explication quand elle est nécessaire.
  • Astuce : ajoutez un court mémo “contexte” sur les citations clés.

Common questions

  • Dois-je garder les horodatages dans mes transcriptions pour ATLAS.ti ?
    Gardez-les si vous devez revenir souvent à l’audio, sinon retirez-les pour simplifier la lecture et les citations.
  • Quel est le meilleur format de fichier pour importer une transcription ?
    Un fichier texte simple ou un document Word sans mise en page complexe fonctionne bien, tant que les tours de parole et les intervenants sont clairs.
  • Comment anonymiser sans perdre l’information utile ?
    Remplacez les noms par des IDs (P01, P02) et gardez les détails (rôle, âge, site) dans un fichier de correspondance séparé et sécurisé.
  • Faut-il coder la question de l’intervieweur ?
    Souvent, non, mais vous devez parfois l’inclure dans la citation si elle donne le cadre de la réponse.
  • Quand créer des groupes de codes ?
    Dès que vous dépassez une liste courte, créez des groupes pour naviguer plus vite et éviter les doublons.
  • Que faire si deux personnes codent différemment le même passage ?
    Comparez les exemples, clarifiez la définition du code, puis mettez à jour le mémo méthodo pour éviter que le désaccord revienne.
  • Comment éviter que mon projet ATLAS.ti devienne ingérable ?
    Fixez tôt les conventions (noms, segmentation, définitions), écrivez des mémos, et faites un nettoyage régulier (fusion, renommage, regroupement).

Si vous voulez partir d’enregistrements audio propres et obtenir des transcriptions prêtes à coder, GoTranscript peut vous aider avec des solutions adaptées, y compris des professional transcription services pour gagner du temps tout en gardant un format exploitable dans ATLAS.ti.