Pour un acheteur juridique, la différence entre une transcription « relue » (proofread) et une transcription « certifiée » tient surtout au niveau d’assurance : la relecture vise la qualité du texte, la certification ajoute une attestation formelle sur l’exactitude et/ou le processus. En pratique, vous payez davantage quand le risque augmente (audience, preuve, délais, exigences de tribunal). Ce guide définit les niveaux de qualité, explique quand monter en gamme, et propose une checklist QA applicable quel que soit le prestataire.
Mot-clé principal : niveaux de qualité de transcription
Key takeaways
- « Brut/rough » sert au travail interne rapide, pas aux dépôts sensibles.
- « Proofread/relu » convient à beaucoup d’usages juridiques internes et de préparation, si l’audio est bon.
- « Certifié » se justifie quand vous devez prouver l’intégrité du livrable (tribunal, conformité, chaîne de contrôle).
- La qualité dépend autant de l’audio (bruit, accents, chevauchements) que du prestataire.
- Une checklist QA simple réduit les surprises, même avec un bon fournisseur.
1) Les 3 niveaux de qualité, en termes pratiques
Les labels varient selon les fournisseurs, donc vous devez raisonner en « niveau d’assurance » et en « tolérance au risque ». Voici des définitions opérationnelles que vous pouvez utiliser dans un cahier des charges.
Transcription brute / rough (brouillon)
Vous recevez un texte rapidement, avec des erreurs possibles (noms propres, chiffres, termes techniques) et parfois des trous (inaudible). Le formatage reste simple, et l’objectif est surtout la vitesse.
- Ce à quoi vous attendre : ponctuation et orthographe perfectibles, confusions de locuteurs possibles, timestamps parfois absents, normalisation faible.
- Ce que ça n’est pas : un document « prêt à déposer » ou prêt à citer mot pour mot sans vérification.
Transcription relue / proofread (relecture et correction)
Le texte passe par une étape de correction (orthographe, grammaire, cohérence, terminologie) et, selon le service, une écoute de contrôle ciblée. Vous visez un document exploitable pour la plupart des usages professionnels, avec une meilleure stabilité des noms, chiffres et citations.
- Ce à quoi vous attendre : meilleure attribution des locuteurs, corrections des erreurs évidentes, formatage plus propre (paragraphes, labels, timestamps si demandés).
- Points à clarifier : la relecture se fait-elle sur le texte seul ou avec ré-écoute audio, et sur quelle proportion ?
Transcription certifiée (attestation)
La certification ajoute un élément formel : une déclaration (souvent signée) attestant qu’une personne qualifiée a produit ou vérifié la transcription selon un processus défini. Elle sert quand vous devez montrer une diligence renforcée, ou répondre à une exigence de procédure.
- Ce à quoi vous attendre : un certificat/affidavit ou une attestation, un périmètre clair (ce qui est certifié et ce qui ne l’est pas), parfois des exigences de mise en page.
- Point crucial : « certifié » ne veut pas toujours dire « parfait », surtout si l’audio est mauvais, mais cela augmente l’assurance et la traçabilité.
2) Quand monter en gamme : critères de décision (risque, usage, audio)
Le bon niveau n’est pas « le plus élevé », mais celui qui couvre votre risque réel. Posez trois questions : à quoi sert le texte, que se passe-t-il s’il y a une erreur, et quelle est la qualité de l’enregistrement.
Critère 1 : l’usage final (interne vs externe)
- Interne (analyse, préparation, recherche) : rough ou proofread selon l’importance des détails.
- Externe (communication à un client, à un expert, à une autorité) : proofread au minimum, avec règles de mise en forme.
- Procédural/tribunal (pièce, annexe, citation) : souvent certifié, surtout si le texte soutient un argument clé.
Critère 2 : le coût d’une erreur
Dans le juridique, une erreur peut changer le sens d’une phrase, un montant, une date, ou l’identité d’une personne. Plus l’erreur a d’impact (stratégie, calendrier, responsabilité), plus vous avez intérêt à exiger un niveau d’assurance élevé et des contrôles.
Critère 3 : la difficulté audio
- Audio facile : une seule voix, micro proche, peu de bruit, débit normal.
- Audio difficile : plusieurs locuteurs, chevauchements, accents, téléphone, salle réverbérante, interruptions.
- Conséquence : même une transcription certifiée devra signaler des passages « inaudible » si l’audio ne permet pas de trancher.
Critère 4 : exigences de confidentialité et de traçabilité
Si le contenu est sensible (données personnelles, secret des affaires, secret professionnel), vérifiez aussi le cadre de sécurité et de traitement. En Europe, la conformité peut impliquer des obligations au titre du RGPD, notamment sur les sous-traitants, l’accès et la conservation.
3) Guide d’achat par type de matière (quoi choisir, et pourquoi)
Ce guide vous aide à choisir un niveau, puis à ajouter des options (timestamps, verbatim, identification des locuteurs). Ajustez selon votre juridiction et vos règles internes.
Contentieux civil et commercial
- Entretiens clients et réunions d’équipe : proofread pour des notes fiables, rough si c’est juste pour retrouver des thèmes.
- Dépositions, auditions, interviews de témoins : proofread renforcé, et certifié si vous prévoyez d’annexer des extraits ou de vous appuyer sur des citations.
- Expertise et réunions techniques : proofread avec glossaire (termes, acronymes, noms), surtout si vous devez citer des chiffres.
Droit pénal
- Entretiens préparatoires : proofread, avec identification claire des locuteurs.
- Éléments susceptibles d’être produits : certifié recommandé, avec une politique claire sur les passages inaudibles et les chevauchements.
- Enregistrements difficiles (terrain, téléphone) : prévoyez un budget plus élevé et des attentes réalistes, car l’audio fixe la limite.
Droit social (CSE, enquêtes internes, entretiens RH)
- Comptes rendus de réunions : proofread, souvent en version « clean verbatim » (sans tics de langage) pour une lecture facile.
- Enquête interne sensible : proofread + règles strictes de confidentialité, et certifié si le document doit être opposable ou communiqué.
Conformité, éthique et investigations
- Signalements et interviews : proofread avec timestamps pour retrouver vite les passages.
- Dossiers à forte exposition (régulateur, audit) : certifié et traçabilité renforcée (versioning, historique de modifications).
Immobilier et M&A (due diligence)
- Réunions de négociation : proofread, car les dates, montants et conditions comptent.
- Enregistrements destinés à documenter une décision : certifié si vous devez démontrer qui a dit quoi et quand.
Arbitrage et international
- Multilingue : séparez « transcription » et « traduction », et exigez un processus clair pour les noms propres.
- Audiences longues : proofread avec timestamps réguliers, ou certifié selon le règlement et les exigences du tribunal arbitral.
4) Ce que vous devez spécifier avant de commander (pour éviter les malentendus)
La plupart des déceptions viennent d’un brief incomplet, pas d’un mauvais prestataire. Définissez clairement le style, la mise en page et le niveau de preuve attendu.
Décisions de style qui changent tout
- Verbatim intégral (avec hésitations, répétitions) ou clean verbatim (plus lisible, sens conservé).
- Identification des locuteurs : noms, rôles (Avocat, Client, Enquêteur), ou « Locuteur 1/2 » si vous ne pouvez pas révéler les noms.
- Timestamps : aucun, toutes les 30–60 secondes, ou à chaque changement de locuteur.
- Traitement des inaudibles : balises [inaudible 00:12:31], niveau de confiance, et règles pour les chevauchements.
Pièges fréquents côté achat
- Confondre “relecture” et “ré-écoute complète” : exigez la définition exacte du contrôle.
- Oublier les noms propres : fournissez une liste (parties, avocats, sociétés, lieux, produits).
- Ignorer le format final : certains tribunaux ou équipes veulent une pagination, des marges, ou une numérotation des lignes.
- Sous-estimer l’audio : un fichier bruyant coûtera plus cher et demandera plus de temps, même au meilleur niveau.
5) Checklist QA pour équipes juridiques (indépendante du prestataire)
Utilisez cette checklist pour contrôler un échantillon avant de valider un lot, ou pour qualifier un nouveau fournisseur. Elle marche aussi si vous utilisez un outil automatique puis une révision humaine.
A. Contrôle de base (5 minutes)
- Le fichier correspond-il au bon enregistrement (date, affaire, durée) ?
- Tous les intervenants sont-ils identifiés de façon cohérente ?
- Les sections clés existent-elles (début/fin, pauses, apartés importants) ?
- Les passages [inaudible] sont-ils horodatés et raisonnables (pas “cachés”) ?
B. Exactitude ciblée (15–30 minutes, sur un échantillon)
- Noms propres : parties, témoins, sociétés, lieux, références de dossier.
- Chiffres : montants, dates, horaires, pourcentages, articles, numéros de pièces.
- Termes juridiques : mots qui changent le sens (doit/peut, accord/désaccord, condition/réserve).
- Négation : vérifiez les “ne… pas”, “jamais”, “aucun”, souvent mal entendus.
C. Cohérence et exploitabilité
- La ponctuation rend-elle le sens clair, surtout dans les phrases longues ?
- Les paragraphes suivent-ils la logique de l’échange (questions/réponses) ?
- Les timestamps permettent-ils de retrouver rapidement une citation ?
- Le document est-il dans le format demandé (Word/PDF, marges, police, numérotation) ?
D. Traçabilité et contrôle des versions
- Le fichier porte-t-il un identifiant (affaire, version, date de livraison) ?
- Les corrections ultérieures sont-elles documentées (log, commentaires, versioning) ?
- Pour un livrable certifié : l’attestation précise-t-elle le périmètre (audio fourni, méthode, limites) ?
E. Sécurité et conformité (questions simples à poser)
- Qui a accès aux fichiers (principe du moindre privilège) ?
- Comment les données sont-elles stockées et supprimées (durées, procédure) ?
- Y a-t-il un accord de sous-traitance et des clauses de confidentialité adaptées ?
- Où sont traitées les données (pays, sous-traitants) et comment sont gérés les transferts ?
6) Common questions (FAQ)
1) Une transcription certifiée est-elle toujours exigée par un tribunal ?
Non, cela dépend de la juridiction, du type de procédure et des règles applicables. Vérifiez vos exigences locales et demandez au prestataire ce que couvre exactement sa « certification ».
2) Proofread veut-il dire “écoute complète” ?
Pas forcément. Exigez une description du processus (relecture texte seule, ré-écoute partielle, ré-écoute complète) et faites valider un échantillon.
3) Est-ce que je dois choisir verbatim ou clean verbatim pour un dossier sensible ?
Si chaque mot compte (contradictions, aveux, formulations), le verbatim intégral aide. Si votre objectif est une lecture rapide et une analyse, le clean verbatim peut suffire, tant que le sens reste strictement fidèle.
4) Que faire si l’audio est mauvais ?
Fournissez la meilleure source possible (fichier original, pas une capture), et demandez des timestamps sur les passages difficiles. Vous pouvez aussi demander une première passe rough pour repérer les zones critiques, puis une révision renforcée sur ces segments.
5) Comment comparer deux prestataires sans “tout” retranscrire deux fois ?
Demandez une transcription test sur 10–15 minutes d’audio représentatif, puis appliquez la checklist QA (noms, chiffres, négations, locuteurs). Comparez aussi la clarté du périmètre (options, limites, versions).
6) L’IA suffit-elle pour un usage juridique ?
L’IA peut accélérer pour des usages internes, surtout si l’audio est propre. Pour un texte destiné à être cité, partagé largement ou attesté, prévoyez une relecture humaine et des contrôles ciblés.
7) Quels formats et livrables dois-je demander ?
Le plus courant est .docx, avec noms de locuteurs, paragraphes, et timestamps. Pour certains besoins, vous pouvez demander aussi PDF, fichiers séparés par séance, ou une mise en page spécifique (numérotation des lignes, en-têtes).
Si vous devez produire des transcriptions fiables, au bon niveau d’assurance, GoTranscript peut vous aider à choisir entre options (brouillon, relecture, certification) et à cadrer le livrable selon votre usage. Vous pouvez aussi consulter nos solutions de transcription automatique pour les besoins internes rapides, ou démarrer directement avec des professional transcription services quand vous avez besoin d’un résultat prêt à utiliser.
